Un an avec les consoles next-gen : que faut-il en retenir ?

Publicité

Un an avec les consoles next-gen : que faut-il en retenir ?

JVFR
© Epic

Pour être francs, on n'a pas vu le temps passer. Le mois dernier marquait, déjà, le premier anniversaire des PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Toujours difficiles à se procurer, mais assurément très prisées, les consoles de neuvième génération nous ont accompagné pendant plus d'un an et sont devenues nos machines de prédilection. Moment idéal pour en dresser un petit bilan.

Et vous, où étiez-vous les 10 et 17 novembre 2020 ? Peut-être faisiez-vous la queue devant la boutique de votre revendeur favori, attendant fébrilement votre tour pour récupérer votre précieuse console. Ou alors faisiez-vous le pied de grue à la fenêtre, guettant l'arrivée d'un livreur qui mettrait fin à vos craintes que votre PS5 ou Xbox Series n'arrive pas « day one ».

Ou peut-être faites-vous partie des patients. Des gamers et des gameuses raisonnables qui n'ont pas encore vidé leur backlog et savent bien que la première année d'une console nouvelle génération n'est certainement pas la plus passionnante. Et on ne peut pas dire que vous ayez raté grand-chose, finalement.

Publicité

Des consoles difficiles à se procurer

C'était le cas le jour de leur sortie et c'est toujours d'actualité alors que j'écris ces lignes : les PlayStation 5 et Xbox Series X restent très difficiles à trouver. Impossible de se pointer inopinément au rayon dédié des magasins ; elles ne s'offrent toujours qu'à celles et ceux qui guettent les comptes Twitter ou les groupes Discord consacrés à ce qui s'est mué en un remake de La Course au jouet.

Du désespoir nait la plaisanterie. Et l'aigreur. Aussi il n'est pas rare de lire ici ou là que « c'est bien beau de sortir des jeux next-gen », mais que « personne n'a de console next-gen ! » Une affirmation évidemment fausse, puisque d'après le dernier décompte, la PlayStation 5 se serait écoulée à 13,3 millions d'exemplaires de novembre 2020 à octobre 2021. C'est sensiblement identique à la performance de la PS4 sur la même période (13,5 millions). Côté Xbox, les chiffres sont imprécis mais avoisineraient les 8 millions de consoles écoulées depuis leur commercialisation.

Bien sûr, l'importante pénurie de composants que traverse l'industrie de la tech au sens large rend difficile l'acheminement des consoles jusqu'au foyer des joueurs et des joueuses. Mais il faut avant tout comprendre qu'il s'agit moins un problème d'offre que de demande. Beaucoup (beaucoup) plus de personnes souhaitent se procurer une console de nouvelle génération par rapport à la PS4 et la Xbox One de 2013.

Actuellement en flux tendu (dès qu'une console est mise en rayon, elle trouve preneur), Sony et Microsoft n'espèrent aucune embellie avant 2023 au mieux. Dans l'attente, il faudra donc rester aux aguets si vous souhaitez vous procurer une PlayStation 5 ou une Xbox Series X. Moins puissante (et bien moins chère), la Xbox Series S se trouve quant à elle sans trop de problème.

Publicité

Des innovation « game changer » ?

Mais pourquoi passer, déjà, aux consoles de nouvelle génération ? Après tout, la plupart des jeux qui ont été commercialisés cette année l'ont également été sur PC, PS4 et Xbox One. Une tendance qui devrait d'ailleurs se poursuivre pour le gros de 2022.

Early adopter (et acheteur compulsif, rayez la mention inutile), je me suis rapidement équipé des deux consoles (c'est pour le boulot — en tout cas c'est ce que je me suis dit au moment de passer à la caisse). Et, rétrospectivement, ce qui me frappe avec ces nouvelles consoles est qu'elles ne proposent pour le moment que des améliorations qui n'ont d'apparence rien d'impressionnant. Ou du moins qui ne se ressentent plus qu'elles ne se montrent.

N'importe qui est capable de constater les évolutions graphiques qui ont accompagné le passage de la PS1 à la PS2, ou de la PS3 à la PS4. La surpuissance de ces nouvelles machines étaient visibles. On en prenait plein la vue.

Cette fois, peu aidées par un catalogue plutôt maigre, les PS5 et Xbox Series X ne proposent en majorité que des titres développés pour la génération précédente, mais présentés sous leur meilleur jour.

JVFR
Plus beau et plus fluide sur consoles next gen, Forza Horizon 5 n'en est pas moins disponible sur Xbox One. © Xbox Game Studio

Le fait est que les atouts des nouvelles consoles ne sont pas très vendeurs. Là où la PS4 nous proposait des graphismes révolutionnaires, la PS5 nous donne des temps de chargement réduit et une manette qui vibre plus-mieux que celle d'avant. A priori, pas de quoi motiver à se délester des 499€ requis pour en profiter.

Les PS5 et Xbox Series ne sont pas des consoles de rupture ; elles améliorent l'existant. Mais elles le font de façon suffisamment convaincante pour que tout retour en arrière soit impossible.

C'est indéniable, il y a un effet « cliquet » à jouer sur PlayStation 5 ou Xbox Series X. Certes, l'apport des SSD n'est pas nouveau — sur le papier. Également joueur PC (c'est pour le boulot), ma tour est solidement équipée. Pourtant, les consoles de nouvelle génération tirent bien mieux partie de leur unité de stockage, au point que lancer un jeu sur mon ordinateur me paraît maintenant prendre une éternité.

Et, mine de rien, ce temps gagné me motive énormément à lancer une partie à la volée, alors que mon planning ne me l'aurait normalement pas permis. Sur PS4, la lenteur du système m'a souvent découragé à lancer un jeu alors que je n'avais qu'une petite demi heure à lui consacrer. Il faut dire que le lancement de certains titres se compte en minutes. Au pluriel. Sur la dernière console de Sony, je suis de retour dans ma partie en moins de 60 secondes.

C'est encore plus criant sur Xbox Series qui, avec sa fonctionnalité Quick Resume, permet de ne même plus avoir à se soucier de quitter un jeu ou d'avoir à le relancer. Sur les titres compatibles (ils sont nombreux), on pourra librement basculer de l'un à l'autre façon alt+tab sans même avoir à repasser par le menu d'accueil. Une révolution, rien de moins. Car, pour moi, la rapidité fait naître la curiosité. Et pour peu que vous soyez abonné au Game Pass (la véritable star du catalogue Microsoft), vous allez avoir envie de tester plein de jeux.

Un catalogue pas bien épais

La période que nous traversons ne rend pas les choses faciles pour les studios et les éditeurs de jeux vidéo. Vous l'aurez remarqué, il n'y a pas un mois qui passe sans qu'un ou plusieurs titres voie sa date de sortie glisser à 2022 — au mieux. La pandémie a durement frappé l'industrie, et l'a contraint à essayer de rentrer des ronds dans des carrés. Développer des jeux à distance, ce n'est pas idéal.

Aussi à part une petite poignée d'exclusivités (dont on retient essentiellement Demon's Souls, Returnal et Ratchet & Clank), les consoles de nouvelle génération ont surtout été l'occasion de replonger dans des jeux que l'on connaît déjà, que l'on n'aurait pas déjà faits, ou simplement de profiter d'une version supérieure que celle qui est aussi disponible sur PS4 et Xbox One. La plupart du temps, le bagage technique des consoles de nouvelle génération permet de jouer dans une résolution 4K dynamique et de profiter d'une fréquence de 60 images par seconde constante — et ici aussi, il n'y a aucun retour en arrière possible.

Mais cet entre-deux générationnel pose d'importants soucis de tarification. Cela ne vous aura pas échappé : Sony a décidé de faire passer le prix de ses jeux first party de 69,99€ à 79,99€ sur PlayStation 5. Une brèche dans laquelle se sont engouffrés un certain nombre d'éditeurs (Take Two, Activision, Electronic Arts) pour leurs titres phares comme NBA 2K, Call of Duty ou FIFA.

Un effort supplémentaire à produire pour les acheteurs, qui doivent parfois remettre la main au porte-monnaie pour se payer les mises à niveau de jeux d'ancienne génération. Récemment, Sony a ainsi tarifé 19,99€ la version next gen de Ghost of Tsushima, 10€ celle de Death Stranding et redemandera une dizaine d'euros pour s'offrir la version PS5 de Uncharted 4 et Uncharted Lost Legacy en janvier prochain. Au moins, on sait à quoi s'en tenir pour le consolier japonais. Et si l'on ne parle pas de Microsoft dans ces lignes, c'est pour la simple et bonne raison qu'il a fait le choix de la simplicité : tous ses jeux sont (pour l'instant) cross-gen, et vendus 69,99€.

Aussi la conclusion de notre bilan s'annonce aussi cliché que celle d'une dissertation peu inspirée : le meilleur est à venir, pour les consoles de nouvelle génération. À part un meilleur confort de jeu (ce qui est accessoire), vous n'avez donc pas raté grand-chose.

2022, en l'occurrence, devrait apporter son lot de gros jeux qui nous feront, on l'espère, mieux entrevoir ce qu'ont dans le ventre les PS5 et Xbox Series. Entre Horizon: Forbidden WestGod of War : RagnarökS.T.A.L.K.E.R. 2Final Fantasy XVI ou encore Starfield, on devrait enfin en avoir pour notre argent... même si certains de ces titres, et beaucoup d'autres, seront toujours disponibles sur PS4 et Xbox One.

Modifié le 13 décembre 2021 à 14h17

Publicité

Dernières actualités