Test NBA 2K22 sur PS5 : la saison s'annonce complètement folle !

Publicité

Test NBA 2K22 sur PS5 : la saison s'annonce complètement folle !

JVFR

Être champion n’empêche pas les sorties de route. Il n’y a qu’à voir le bilan des Toronto Raptors depuis le départ de Kawhi pour s’en convaincre. Si l’arrivée de nouvelles consoles est souvent l’occasion pour Visual Concepts de montrer un peu les crocs avec NBA 2K, le studio californien n’a pas vraiment convaincu l’année dernière avec un épisode bien trop porté sur l’offensive. Désespérément seul sur le segment du concours de shoots du parking en 5 contre 5 - on appelle ça la NBA - 2K a cette fois squatté la salle pour muscler un peu son offre et justifier les kilotonnes de microtransactions qui ont fait la réputation de la licence. Easy bucket.

8

JVFR
NBA 2K22
  • Gameplay complet, complexe et bien équilibré
  • Réalisation impeccable sur le terrain
  • De vraies sensations en défense grâce à la Dual Sense
  • Jauge de tir mieux pensée (et désactivable)
  • Des réussites et échecs au tir un peu systématiques
  • Pas de place à la contre-attaque, peu à la transition
  • Incitation permanente à la micro transaction
  • Des incohérences frustrantes en Carrière

Publicité

Un premier contact très rassurant

Impatients, nous voilà déjà sur le terrain alors même que le jeu se télécharge encore. Vengeons les Suns de la rouste reçue en juillet dernier, et profitons-en pour faire un premier état des lieux de la version reine après quelques heures à s'échauffer sur PS4. D’abord, la technique. On écarquille les yeux comme des foréziens devant un immense grec en visite de courtoisie : NBA 2K est toujours un régal pour les yeux quand on aime le basket. Le respect des attitudes et mouvements spécifiques des joueurs - et plus seulement les stars - est un régal, la fluidité des animations, la pilosité, les tatouages… Sensiblement similaire à la version next-gen de l’année dernière, NBA 2K22 sur PS5 reste à des années-lumière des versions current, notamment en termes de rythme et d’éclairages. Même les regards vides et inexpressifs des joueurs - comble de l’uncanny valley - sont légèrement gommés avec l’ajout bienvenu d’expressions faciales en fonction de l’action sur le terrain.

JVFR
La vie est belle comme un Sky Hook de Jabbar...

Côté parquet justement, certains ajustements de gameplay sautent aux yeux. Exit l’étrange réglette horizontale de l’année dernière, place à une jauge verticale plus classique. Elle demande certes un petit temps d’adaptation pour être maîtrisée, mais s’avère assez pratique sur la durée. En ajoutant une jauge secondaire à l’intérieur de la principale, elle permet de cerner en un instant les chances de réussite de son tir, en fonction du timing, de la pression défensive et des capacités intrinsèques du joueur. Stephen Curry libre dans le corner et la jauge intercalaire devient les Champs Élysées ; Ben Simmons pris en tenaille en tête de raquette, et nous voilà rue de l’Enfer. Les connaisseurs pourront néanmoins la désactiver et profiter d’un petit boost de précision bienvenu : il faudra relâcher le bouton ou le stick droit dans le bon timing en fonction de la mécanique du shooteur, sensiblement différente d’un joueur à l’autre. C’est jouable en mode carrière, mais plus compliqué en match normal (c’est un enfer avec Shawn Marion et Brook Lopez, entre autres).

Publicité

Ma tactique, c’est l’attaque, clair et net pas de micmac

Le revers de la médaille, c’est que côté IA ça filoche quand même beaucoup du parking. C’est la tendance NBA, certes, mais les wagons de gros 3 en sortie de double écran, un système facile à mettre en place et particulièrement redoutable, s’avèrent un peu décourageants sur la durée (et d’autant plus en multijoueur, où ce type d’archétype est plébiscité). Il n’est d’un autre côté pas non plus évident de varier les approches, puisque Visual Concepts a encore un peu de mal avec la gestion des différents temps de jeu. Le rythme plutôt lent et posé conviendra parfaitement aux adeptes du demi-terrain, sans parvenir à faire totalement honneur au run and gun cher à Mike D’Antoni. Les animations sur les rebonds tirent un peu trop en longueur, les longues passes sont un peu trop flottantes et autorisent systématiquement le retour rapide des défenseurs : les 1 contre 0 sont extrêmement rares, et les transitions peu évidentes à mettre en place. Tout le monde va tranquillement se mettre en fer à cheval, avec un appui au poste bas, sans qu’on ait eu réellement l’opportunité de profiter d’éventuels replacements défensifs hasardeux.

JVFR
Les débordements sont moins faciles à réaliser, même quand la différence de taille est significative

On pourrait croire à un retour de l’autoroute offensive de l’opus précédent, mais ce n’est pas vraiment le cas. Déjà, la réussite au tir chute grandement quand on colle un peu de bidoche dans les pattes des snipers. L’échec est d’ailleurs un peu systématique - hors tir parfait - lorsqu’un défenseur est au contact, même si l’on est très proche du panier. On doit sans doute pouvoir tempérer cet excès, tout comme celui-ci des rebonds offensifs craqués, par un détour dans les menus pour jouer avec les sempiternelles réglettes d’ajustements, mais on aurait aimé un meilleur équilibre de base.

La défense bénéficie ensuite d’un équilibrage bienvenu qui calme un brin la driblaille infinie ponctuée de crossovers impeccables des joueurs bardés d’insignes boostant leurs stats. Encadrer les appuis du porteur de balle s’avère moins vain que l’année dernière, notamment grâce aux vibrations subtiles de la Dual Sense qui aident pas mal à situer le point d’équilibre des contacts. Bon point, les alley-hoops ont été complexifiés et nécessitent désormais un brin de timing de la part du receveur pour être validés, en plus d’être plus faciles à gêner.

JVFR
La défense est de retour, et c'est tant mieux pour le réalisme

Attention tout de même aux changements étranges de l’IA sur les pick and rolls et à ses aides pour le moins discrètes : la défense en équipe nécessite pas mal de temps de pratique pour gommer au maximum les fautes grossières de marquage. On pourrait enfin ergoter sur l’emprise un peu trop appuyée des statistiques sur la gestion des corps à corps (puissance et mobilité font loi), mais force est de reconnaître que l’équilibre est plutôt sain et que le jeu respecte le sport qu’il virtualise sans pour autant laisser le fun sur le bord de la route.

Spectaculaire et agréable, le basket façon NBA 2K s’accompagne évidemment d’une tonne de cut-scenes, vidéos de présentation et autres halftime report typiques des retransmissions américaines de NBA. La playlist est une fois encore impeccable, bardée de morceaux de rap US plus ou moins récents qui mettent immédiatement dans le ton. Les coups de sifflet, le public, les speakers officiels des trente franchises, tout concorde à immerger le joueur dans ce gigantesque show. Finalement, ce sont les commentaires un peu plats et redondants qui dénotent, malgré l’effort consenti au niveau de la variété des intervenants. Kevin Harlan, Doris Burke, Brian Anderson et leurs consultants Greg Anthony, Brent Barry ou encore Grant Hill se succèdent au hasard des rencontres, et si on n’est pas au niveau de France Télévisions et qu’on nous épargne les anachronismes ou les poncifs - « super smash renversé de Boris Viaw », « ce diable de David Lillard, l'ailier des Warriors » - les anecdotes finissent par tourner en boucle et le ton policé de rigueur devient lassant.

JVFR
Welcome to the NBA !

You talk about practice ?

Impeccable ou presque sur le terrain, NBA 2K l’est également en dehors. Respect à Visual Concepts, qui est parvenu à condenser parfaitement son immense catalogue de modes de jeu et d’options de personnalisation en quelques écrans plutôt limpides, et à optimiser un maximum les temps de chargement, véritable plaie sur la précédente génération. Gargantuesque, le contenu solo et multijoueur de NBA 2K22 offrira quelques mois de grinding aux moins dépensiers. Une fois encore, le VC se fait rare et les augmentations de statistiques sont tellement chères que l’incitation permanente à la microtransaction aura raison de bien des patiences. Un système de saisons bardées de récompenses diverses vient bien animer un peu les modes Carrière et MyTeam, sans que cela ne soit suffisant pour satisfaire durablement vos besoins en monnaie virtuelle.

JVFR
Le mode Draft est cool, mais nécessite de passer à la caisse après quelques défaites

En dehors de cette sucrerie bienvenue, l’équivalent du mode FUT brandé NBA ne fait pas vraiment peau neuve, et partage d’ailleurs ses données avec les versions old-gen si vous les possédez également. Les milliers de cartes disponibles dont certaines à faire évoluer, les chaussures à blinder d’atouts, les modes solos ou multi en 3vs3 ou 5vs5, les centaines de défis en tout genre, un système d’enchères et d’évaluation (payante) de carte… Ce mode pousse-au-crime est truffé de petites options et de grandes possibilités, et s’offre même cette année le retour du mode Draft. On affronte d’autres joueurs avec un deck aléatoire temporaire que l’on façonne en fonction de ses tirages, et on remporte des prix en cas de victoire. Trois défaites et c’est fini, sachant que le ticket d’entrée se monnaie une fois les trois premiers dilapidés.

Glisse dans mes MP

L’autre gros morceau, c’est évidemment le mode Carrière qui fait cette année peau neuve sur next-gen. Mi-influenceur, mi-prospect, MP est un jeune basketteur prometteur dont on a la charge de tracer le destin. College ou G-League (l’antichambre de la NBA), Draft Combine, la décision nous revient après la traditionnelle session de création de personnage, entre physique atypique - merci la modélisation variable à partir des photos prises sur l’application NBA 2K22 sur smartphone - et choix du poste, de la morphologie et des perspectives d’évolutions statistiques. Les cinématiques un peu lame sont toujours là, mais le mode prend cette année de l’ampleur en fusionnant avec le MyCity de 2K21.

JVFR
JVFR
JVFR
Je vois des gens qui sont morts. La ville est vaste, mais laisse un sentiment plutôt étrange.

Cette ville modélisée regorge d’activités annexes solo comme multijoueur, de boutiques pour dépenser ses VC et affirmer son style et de PNJ à aborder pour ouvrir une myriade de quêtes diverses et variées. Le destin de MP se joue en filigrane de ce hub correctement fourni que l’on arpente à pied, mais aussi en skateboard ou tout autre véhicule que l’on débloquera par la suite. Très vide malgré la présence des autres joueurs - souvent statiques à côté des points d’intérêt - la cité reste malgré tout un espace sympa pour regrouper l’intégralité des choses à faire avec son poulain. Dommage que des sautes de framerate viennent régulièrement gâcher la fête.

Toujours aussi costaude et engageante, Ma Carrière souffre de quelques incohérences crasses qui servent un scénario décidé d’avance. Champion NCAA, MVP du tournoi universitaire et numéro 1 de la Draft, notre champion s’est par exemple fait brocarder par l’inénarrable Kendrick Perkins avant même le premier match de la saison, commencée à chauffer le banc du côté de Detroit. On a rarement vu un polémiste si prompt à invectiver une jeune pousse, ou même un first pick jouer trois minutes par match en début de carrière. Même Anthony Bennett a eu sa chance !

JVFR
Les débuts en NBA ne sont pas évidents, mais libre à vous de demander un trade

Win or go home

Ce démarrage plutôt lent évite à notre joueur d’atteindre trop vite le statut de légende, mais il y avait sans doute un équilibre plus fin à trouver ici. Le mode reste néanmoins toujours aussi complet et bien troussé, malgré l’absence de fast travel dans la ville et une interface loin d’être un modèle d’ergonomie. Un problème dont souffre également le mode MyNBA, qui met en avant le côté gestion en vous mettant aux commandes d’une franchise de la grande ligue. Les options de personnalisation sont extrêmement nombreuses, tout comme les subtilités : entraînements, tactiques, gestion du staff et du prix du ticket, ce véritable Basketball Manager est aussi labyrinthique que complet et se destinera avant tout aux passionnés de salary cap et autres trade exceptions. Visiblement partisan d’une éventuelle expansion de la ligue, Visual Concepts a même ajouté trois franchises imaginaires aux trente équipes historiques.

JVFR
Le mode General Manager est une usine à gaz, mais vaut vraiment le coup

Fin de ce tour d’horizon de NBA 2K22 avec The W, le mode carrière dédié à la WNBA. Moins complet et vaste que son pendant masculin, ce mode tourné vers l’émergence d’une star du basket féminin se veut aussi plus efficace, en plus de permettre de gratter des VC sans trop d’effort. Très respectueux du sport tel qu’il est pratiqué par les femmes, tout en fondamentaux et très ancré sur la mailloche au poste bas, ce mode offre un aspect plus « pur » du basket, débarrassé d’une partie de ses grigris et plus centré sur l’exécution appliquée des systèmes. En plus, priorité est donnée aux voix féminines côté tracklist, donc on ne voit aucune raison de se priver d’un détour par la WNBA entre deux 360 windmills dans le trafic.

JVFR
De retour, le basket féminin est parfait pour les esthètes du basket et les amateurs de jeu « à l'européenne »

NBA 2k22, que dire de la version PC ? (par Rémi P)

On pourrait répondre « pas grand chose », tellement la déception est grande. Point de « Next Gen » à l'horizon puisque cette année encore, on doit se contenter d'un simple skin des versions précédentes légèrement amélioré, avec les mises à jour d'équipes. Encore heureux me direz vous ! Face aux multiples trailers alléchants des versions PS5 et Xbox Series X, difficile de ne pas être salé, pour ne pas dire très en colère. Le contenu est similaire aux versions PS4 et Xbox One, avec un mode carrière cantonné à un grand yacht en lieu et place d'une ville clinquante, mais nos RTX fringantes méritaient mieux. Ainsi les fans de King James, Giannis ou encore Evan Fournier (cocorico) devront attendre une longue année de plus avant, espérons-le, de passer à une version digne de ce nom sur PC.

NBA 2K22 sur PlayStation 5, l’avis de JVFR

NBA 2K22 est bien l'épisode canon sur lequel Visual Concepts va s'appuyer pour assoir sa domination sur cette nouvelle génération de consoles. Mieux équilibrée et toujours aussi pointue, la simulation de référence a encore besoin de quelques ajustements côté gameplay - réussite au tir suspecte, rythme de jeu très posé, rebonds offensifs surpuissants - et doit encore affiner la nouvelle version du mode Carrière, mais sa générosité débordante et sa réalisation impeccable lui assurent sans conteste le titre de Most Improved Player, à une pointure de chaussure de celui de MVP unanime.

NBA 2K22

8

Réalisation impeccable, contenu immense, gameplay équilibré même si quelques lacunes subsistes : NBA 2K22 est une référence incontestable sur PlayStation 5, doublé d'un compagnon idéal pour la saison passionnante qui s'annonce.

Les plus

  • Gameplay complet, complexe et bien équilibré
  • Réalisation impeccable sur le terrain
  • De vraies sensations en défense grâce à la Dual Sense
  • Jauge de tir mieux pensée (et désactivable)
  • Temps de chargement minimes
  • Contenu gargantuesque en solo et multi
  • Du basket féminin respectueux de ses spécificités

Les moins

  • Des réussites et échecs au tir un peu systématiques
  • Pas de place à la contre-attaque, peu à la transition
  • Incitation permanente à la micro transaction
  • Des incohérences frustrantes en Carrière
  • La ville est statique, mais rame un peu
  • Les commentaires, mous et lassants

Modifié le 29 septembre 2021 à 19h16

Dernières actualités