#ADayOffTwitch : la fréquentation de la plateforme en forte baisse suite à la grève de ce mercredi

Publicité

#ADayOffTwitch : la fréquentation de la plateforme en forte baisse suite à la grève de ce mercredi

JVFR
© Twitch

Mercredi, streameurs et streameuses du monde entier se sont unis sous la bannière #ADayOffTwitch, et ont fait le choix de ne pas diffuser leur contenu habituel sur la plateforme d’Amazon afin de protester contre le laxisme dont elle fait preuve pour combattre les hate raids — les raids lancés dans le but de nuire à un ou une créatrice de contenu. 

Accompagnés dans leurs démarches par leurs followers et abonnés, qui se sont retenu de consommer Twitch le 1er septembre, ils et elles ont causé une chute brutale du taux de fréquentation du site, rapporte Gamesight.

Publicité

14 000 grévistes (aux USA) d’après un décompte

Interrogé par Axios, le cabinet d’analyse Gamesight observe que seules 172 000 chaînes étaient en ligne mercredi à midi (heure de la côte ouest-américaine), contre 186 000 à la même heure une semaine plus tôt. Bien sûr, cela ne comptabilise donc que les diffuseurs calés sur ce fuseau horaire, mais le chiffre donne néanmoins à voir une tendance.

Côté utilisateurs, #ADayOffTwitch aurait également trouvé du répondant. Toujours selon Gamesight, le nombre total d’heures de contenucontenus visionnées par les internautes ce mercredi 1er septembre a dégringolé pour s’établir à 3,5 millions d’heures en cumulé contre plus de 4,5 millions d’heures la veille et les jours suivants. 

D’après l’analyste Zach Bussey, qui publie sur Creator Hype ses observations, cela représenterait le troisième jour le moins important de l’année pour Twitch en termes de fréquentation. Le premier étant le jour de l’An et le second le 28 juin (date sur laquelle débattent les spécialistes pour savoir ce qui a causé une telle décrue : la vague de chaleur qu’ont connue les États-Unis, ou le bannissement de la streameuse IndieFoxx ?).

JVFR
© Gamesight, Axios

Publicité

Plusieurs facteurs compliquent l’analyse

Présenté comme ça, tout porte à croire que la campagne #ADayOffTwitch a rencontré un franc succès. Zach Bussey estime que son impact sur la fréquentation de la plateforme s’étale sur une fourchette de 5 à 15 %. Mais il explique également que les circonstances entourant l’événement n’aident pas à se faire une idée précise des données imputables à cette grève.

D’abord, l’analyste rappelle que, quelques jours plus tôt, les streamers ultra populaires DrLupo et Timthetatman ont récemment quitté Twitch pour s’établir sur YouTube, exportant logiquement avec eux une partie de leur audience. De manière générale, les diffusions du mercredi du premier intéressent environ 9 354 viewers au maximum, contre 53 185 pour son concurrent. Autant de personnes qui, peut-être, étaient donc branchées sur YouTube ce mercredi pour suivre leur streamer favori.

Un autre élément, et pas des moindres, est à prendre en compte. La rentrée — tout simplement. Les données publiées sur Creator Hype permettent d’estimer que cette période est généralement propice à une baisse de fréquentation de Twitch. Mais la fourchette est large : entre 1,8 et 6 % les dernières années. Difficile donc, de se faire un avis précis sur l’importance de la fronde menée plus tôt dans la semaine.

Twitch doit faire mieux

#ADayOffTwitch n’est qu’une goutte d’eau ayant fait déborder un vase trop plein. Ce n’est pas la première fois que les créateurs et créatrices de contenu, la plupart du temps issus de communautés marginalisées, tirent la sonnette d’alarme sur les vagues de harcèlement qu’ils et elles subissent quotidiennement sur Twitch. En cause : l’introduction de nouveaux tags en mai dernier, qui permet notamment aux personnes LGBTQIA+, racisées ou handicapées, de se constituer une audience qui leur ressemble. Mais dans le même temps, cela leur accroche aussi une cible dans le dos qui facilite l’organisation de hate raids par des utilisateurs malveillants.

Les raids, qui permettent aux diffuseurs de renvoyer leur audience vers un autre stream lorsqu’ils s’apprêtent à rendre l’antenne, sont en effet parfois détournés pour conduire des campagnes de harcèlement massives. Et les conditions d’utilisation de Twitch étant à ce jour particulièrement laxistes, chacun est libre de se créer des dizaines ou des centaines de comptes, notamment en configurant des bots, pour accentuer encore les effets de ces raids toxiques.

Créé par la streameuse RekItRaven, le hashtag #TwitchDoBetter (Twitch doit faire mieux) liste une partie des revendications des utilisateurs réguliers de la plateforme d’Amazon. Ils et elles demandent notamment l’organisation de tables rondes, et l’implémentation d’outils plus complets pour leur permettre de se prémunir de ces vagues de haine (comme la possibilité de refuser un raid avant qu’il soit lancé).

Forcément alerté par l’événement, Twitch n’a pas encore commenté la grève ni annoncé de nouvelles mesures pour protéger celles et ceux qui en font le succès. La plateforme a néanmoins lancé ce matin le « Subtember » : un mois de réduction, permettant de s’abonner à ses strameurs favoris pour 20 % moins cher le premier mois. Pour rappel, Twitch s’octroie entre 30 et 50% des revenus générés par les abonnements à un vidéaste.

SourceSources : Creator Hype, Axios

Modifié le 03 septembre 2021 à 08h45

Dernières actualités