Les employés d'Ubisoft publient une lettre ouverte en soutien aux grévistes d'Activision Blizzard

Publicité

Les employés d'Ubisoft publient une lettre ouverte en soutien aux grévistes d'Activision Blizzard

JVFR
© Ubisoft

Mise à jour du 29/07 à 10h20 : Le syndicat Solidaires Informatique Jeu Vidéo, notamment porteur de la plainte pour « harcèlement sexuel systémique » déposée contre Ubisoft, apporte lui aussi son soutien aux employés d'Activision Blizzard.

Alors qu’Ubisoft est lui-même embourbé dans de multiples affaires de harcèlement et de management toxique, 500 employés du groupe ont pris la plume pour soutenir leurs homologues d’Activision Blizzard, actuellement en train de manifester pour améliorer leurs conditions de travail au sein du groupe.

« Nous vous croyons, nous sommes à vos côtés, et nous vous supportons », écrivent les signataires de cette lettre, qui appelle également à un bouleversement total des conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo.

Publicité

« Il est temps d’arrêter d’être choqué »

Un an après que des enquêtes de Libération, Numerama ou encore Gamasutra ont révélé d’innombrables cas de harcèlement moral, sexuel et de discrimination dans les nombreux studios d’Ubisoft, voir les employés du groupe prendre la défense de leurs consœurs et confrères a quelque chose d’émouvant. Mais cela montre également que rien, ou si peu, n’a changé en l’espace d’une année.

« Il est clair, compte tenu de la fréquence de ces rapports, qu’il existe une culture du comportement abusif profondément ancrée et répandue dans notre industrie, analyse la lettre des employés d’Ubisoft. Cela ne devrait plus être une surprise pour qui que ce soit : pour les employés, les dirigeants, les journalistes ou les fans que ces actes odieux sont une réalité.

Il est temps d’arrêter d’être choqué. Nous devons demander à ce que de véritables actions soient entreprises pour les empêcher de se produire. Les auteurs de ces faits doivent être tenus pour responsables de leurs actions ».

Publicité

Les employés demandent des comptes à Ubisoft

À mi-parcours, la lettre durcit le ton et ses signataires s’adressent directement à leur employeur, Ubisoft. Las des promesses et des beaux discours, les employés et employées du groupe demandent des comptes.

« Nous en avons eu assez. Cela fait plus d’un an que les premières révélations de discrimination systémique et de harcèlement au sein d’Ubisoft ont éclaté. À l’époque, vous aviez joué la surprise et nous vous avons accordé le bénéfice du doute. Mais depuis, nous n’avons rien vu d’autre que des paroles compatissantes, des promesses creuses et l’inaptitude ou la réticence à licencier des agresseurs connus ».

« Nous n’avons plus confiance en votre engagement à résoudre ces problèmes à la racine. Vous devez faire plus », avertissent les employés.

Pour eux, il sera impossible d’apaiser les tensions qui règnent dans l’entreprise et dans l’industrie sans « faire tomber les piliers qui supportent ce système ». En effet et malgré de premières actions entreprises par Ubisoft pour licencier certains des agresseurs les plus « publics » de ses effectifs, il apparaît que de nombreuses personnes au comportement problématique travaillent encore dans l’entreprise. « Nous vous avons observés renvoyer uniquement les harceleurs les plus connus. Vous avez laissé les autres démissionner ou, pire, les avez promus, mutés dans un autre studio ou transférés dans une autre équipe, leur offrant ainsi une seconde chance sans conséquences ».

Des mots qui rappellent une enquête publiée en mai dernier dans le quotidien français Le Télégramme, qui mettait effectivement en lumière une politique de « nettoyage » moins rigoureuse que ce que les vœux du P.-D.G. d’Ubisoft Yves Guillemot semblaient promettre en septembre dernier.

Ubisoft dit poursuivre ses efforts

Appelé à des actions concrètes par ses employés, Ubisoft a publié un communiqué dans lequel il dit « prendre cette lettre − et les problèmes qu’elle soulève − très au sérieux », tout en rappelant que des engagements ont été pris durant l’année pour amorcer un changement profond de la culture d’entreprise.

« Ubisoft a accompli des changements significatifs qui visent à créer un espace de travail plus sûr et inclusif pour tous, et il y a encore du travail à accomplir, admet l’entreprise. Nous soutenons ces efforts et l’impact positif qu’ils ont eu sur notre culture d’entreprise tout en reconnaissant que nous devons continuer de nous engager auprès de nos employés pour nous assurer que nous construisons un espace de travail où ils se sentent mis en valeur, écoutés et, plus important, en sécurité ». Aucune nouvelle mesure n'a toutefois été annoncée par Ubisoft pour le moment.

La semaine dernière, peu de temps avant qu’une plainte soit déposée par l’État de Californie contre Activision Blizzard pour des faits similaires, une enquête de Kotaku mettait en lumière l’ambiance de travail au sein d’Ubisoft Singapour. Une antenne décrite par certaines et certains employés comme étant « la plus toxique » du groupe.

Quelques jours plus tôt, le syndicat Solidaires Informatique déposait plainte à l’encontre d’Ubisoft pour des motifs de « harcèlement sexuel, harcèlement moral et tentative d’agression sexuelle ».

Source : Axios

Modifié le 29 juillet 2021 à 08h22

Dernières actualités