Activision Blizzard : après une journée de grève historique, l'exécutif prend la parole mais peine à convaincre

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Activision Blizzard : après une journée de grève historique, l'exécutif prend la parole mais peine à convaincre

JVFR
© Activision Blizzard

Hier était un jour à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire d’Activision Blizzard. Une semaine à peine depuis qu’une plainte a été déposée à son encontre par l’État de Californie pour discrimination et harcèlement sexuel systémique, une grève d’envergure a été organisée sur le campus de Blizzard à Irvine.

Et dans un pays à ce point frileux à la moindre évocation du terme « syndicat », ce n’est pas anecdotique. Un événement qui a d’ailleurs poussé Bobby Kotick, P.-D.G. du groupe Activision Blizzard, à prendre la parole dans un communiqué officiel. Il y regrette notamment une première réponse de l’entreprise restée « sourde » aux accusations (« tone deaf » en anglais dans le texte).

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Cinq mesures pour lutter contre le harcèlement

Publiée hier peu de temps avant le coup d’envoi de la grève de ses employés, la lettre de Bobby Kotick apporte une réponse plus empathique à ce qu’il définit lui-même comme « une semaine difficile et bouleversante ».

« Il est impératif que nous reconnaissions toutes les perspectives et expériences, et que nous respections les émotions des personnes qui ont été mal traitées de quelque façon que ce soit, écrit le chef d’entreprise. Je suis désolé que nous n’ayons pas fait preuve d’une empathie suffisante et de compréhension ».

Rappelant l’évidence, à savoir que le harcèlement et la discrimination n’avaient pas leur place chez Activision Blizzard, l’emblématique P.-D.G. annonce plusieurs mesures pour (re)devenir « l’entreprise compatissante et attentionnée pour laquelle vous êtes venu travailler » et pour assurer à toutes et tous un environnement de travail sûr.

D’abord, Activision Blizzard a fait appel au cabinet d’avocats WilmerHale afin de mener un audit complet sur ses pratiques managériales et sur l’ambiance de travail en général.

Bobby Kotick annonce également cinq mesures effectives immédiatement dans l’espoir d’améliorer les conditions de travail dans l’entreprise.

  1. Soutien des employés. Nous continuerons d’enquêter sur chaque accusation et n’hésiterons pas à prendre des mesures décisives. Pour renforcer nos capacités dans ce domaine, nous recrutons davantage de personnes seniors et de personnes spécialisées à notre pôle dédié aux ressources humaines.
  2. Sessions d’écoute. Nous savons que beaucoup d’entre vous ont des idées inspirantes sur les façons d’améliorer notre culture d’entreprise. Nous créerons des espaces sécurisés, modérés par des tiers, qui vous permettront de vous exprimer.
  3. Changements de personnel. Nous évaluons sans plus attendre les manageurs et les responsables de notre entreprise. Quiconque s’est montré inapte à respecter l’intégrité de nos processus d’évaluation et de réclamations sans prendre les mesures qui s’imposaient sera licencié.
  4. Pratiques d’embauche. Plus tôt cette année j’ai envoyé un e-mail demandant à tous les chargés de recrutement d’auditionner au moins un ou une candidate issue de la diversité pour chaque poste vacant. Nous allons ajouter des ressources de conformité pour nous assurer que nos chargés de recrutement respectent bien cette directive.
  5. Changements dans le jeu. Les communautés d’employés et de joueurs nous ont fait savoir que certains de nos contenus en jeu étaient inappropriés. Nous allons les supprimer.

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Des déclarations inadéquates pour répondre aux enjeux

Les promesses de Bobby Kotick sont non seulement tardives et bienvenues, elles sont aussi décevantes ; du moins pour les quelque 2 600 employés et employées qui ont signé la lettre ouverte publiée il y a quelques jours et qui appellent à un changement profond de la culture de l’entreprise − et de l’industrie en général.

Aussi, la réponse des grévistes ne s’est pas fait attendre et un communiqué a été publié dans la journée d’hier. Pour ses signataires, la déclaration du P.-D.G. d’Activision Blizzard évitait soigneusement plusieurs points clés nécessaires, selon eux, à l’amélioration des conditions de travail dans l’entreprise. À savoir :

  • La fin de l’arbitrage forcé pour tous les employés ;
  • la participation des employés à la surveillance des politiques d’embauche et de promotion ;
  • la nécessité d’une plus grande transparence salariale pour assurer l’égalité ;
  • la sélection par les employés d’un tiers pour auditer les RH et d’autres processus de l’entreprise.

« Nous ne nous tairons plus ; nous ne serons plus endormis par les mêmes processus qui nous ont conduits à ce que nous vivons aujourd’hui », peut-on encore lire dans la déclaration des employés. Une communication qui, d’ailleurs, déclare que la grève qui s’est tenue hier n’était pas un événement isolé « que nos dirigeants pourront choisir d’ignorer ».

« Ceci marque le début d’un mouvement durable en faveur de meilleures conditions de travail pour tous les employés, notamment les femmes, en particulier les femmes de couleur ou trans, les personnes non-binaires, et autres groupes marginalisés ».

Via : Eurogamer

Modifié le 29 juillet 2021 à 07h21

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