Ubisoft visé par une plainte pour « harcèlement sexuel institutionnel »

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Ubisoft visé par une plainte pour « harcèlement sexuel institutionnel »

JVFR
© Ubisoft

Un an après les révélations, le temps de l’action est venu. Le syndicat Solidaires Informatique Jeu Vidéo a déposé en fin de semaine une plainte contre Ubisoft auprès du tribunal de Bobigny pour des motifs de harcèlement sexuel, harcèlement moral et tentative d’agression sexuelle.

Une plainte qui vise non seulement le groupe Ubisoft en tant que personne morale, mais également dix personnes physiques au sein de l’entreprise dont Yves Guillemot, P.-D.G., et Cécile Cornet, ex-directrice des ressources humaines.

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En jeu, une jurisprudence pour « harcèlement sexuel institutionnel »

La plainte déposée au tribunal pénal par maître Maude Beckers, représentante du syndicat Solidaires Informatique ainsi que de plusieurs victimes d’Ubisoft, vise également Tommy François, Serge Hascoët, l’assistant de ce dernier et plusieurs personnes au sein du pôle des ressources humaines.

Les RH sont en effet sous le feu de nombreuses critiques de la part des victimes, qui les accusent d’avoir couvert les personnes accusées de harcèlement sexuel et moral. Les enquêtes croisées de Libération et Numérama publiées à l’été 2020 avaient mis en lumière un véritable « système » visant à protéger contre vents et marées les « talents » d’Ubisoft. Quand bien même ceux-ci se rendraient coupables du pire.

Dans son communiqué, le syndicat Solidaires Informatique invite d’ailleurs « toutes les personnes qui ont été victimes du groupe Ubisoft à rejoindre cette action », qui vise non seulement à réclamer des comptes à l’entreprise, mais aussi à introduire la notion de « harcèlement sexuel institutionnel », inédite dans le droit français. « Toutes ces femmes décrivent un harcèlement environnemental d’ampleur, tellement présent qu’il détruit les conditions de travail des femmes de l’entreprise », explique Me Beckers à Mediapart. « La situation était connue de la direction, tolérée et même institutionnalisée : malgré leur obligation de protéger leurs salariées, plusieurs membres du service des ressources humaines ont refusé d’agir, car Ubisoft souhaitait avant tout fidéliser les hommes qu’elle voyait comme des « talents ». »

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#HoldUbisoftAccountable

Le présent dépôt de plainte relance de plus belle la campagne #HoldUbisoftAccountable à laquelle participent depuis de longs mois des joueuses, joueurs, salariées et salariés de l’industrie vidéoludique, ainsi que de simples observateurs et observatrices du milieu. Un hashtag pour demander des comptes à Ubisoft, mais surtout pour ne plus laisser passer des comportements jugés toxiques au sein d’une entreprise qui se veut aussi ouverte, inclusive et bienveillante.

Mais il est d’autant plus difficile de prendre Ubisoft au sérieux que nous apprenions il y a une dizaine de jours que le futur opus d’Assassin’s Creed serait piloté par Jonathan Dumont. Un homme décrit comme « tyrannique » par les personnes interrogées par le site américain Gamasutra, auteur d’une enquête poussée sur les conditions de travail au sein du studio Ubisoft Québec. 

Questionné sur cette nomination étonnante par nos confrères de Numerama, Ubisoft assure avoir « entièrement confiance dans les équipes d’Assassin’s Creed ».

« Ubisoft prend très au sérieux toutes les allégations et a conduit une série d’enquêtes au cours de l’année dernière avec une entreprise indépendante, qui a pris des mesures rapides et appropriées. »

Dans un document financier publié la semaine dernière, Ubisoft qualifiait les faits de harcèlement dans ses studios comme un « risque important » dans sa capacité à retenir ses « talents » actuels et à en attirer de nouveaux.

Modifié le 18 juillet 2021 à 15h38

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