Eidos adopte la semaine de 4 jours à Montréal et Sherbrooke

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Eidos adopte la semaine de 4 jours à Montréal et Sherbrooke

JVFR
© Marco Campanozzi, La Presse

Alors que l'on parle beaucoup de crunch dans le jeu vidéo, Eidos veut montrer qu'il est possible de ne travailler « que » quatre jours par semaine sans diminution de salaire.

La pandémie de COVID-19 a modifié l'organisation du travail dans de nombreux secteurs, et pour beaucoup d'entreprises du jeu vidéo, cela s'est traduit par une logistique nouvelle avec des employés « bloqués » à la maison. Si la crise sanitaire est en recul au Canada, la réflexion se poursuit, comme Eidos nous le prouve aujourd'hui.

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Une meilleure productivité ?

Les 460 employés d'Eidos Montréal et les 40 d'Eidos Sherbrooke vont passer à la semaine de travail de 32 heures répartis sur 4 jours, contre 40 heures sur 5 jours jusqu'à présent, sans baisse de salaire. Une nouvelle façon de voir le rapport au travail qui ne date pas d'hier, comme David Anfossi, responsable d'Eidos Montréal, l'explique à La Presse.

« On ne s’est pas réveillés un matin en se disant : "On fait une transition vers quatre jours de travail par semaine" […] C’est une idée qui nous est venue à l’esprit en 2019. »

David Anfossi reconnaît toutefois que l'arrivée de la pandémie a rebattu les cartes. Le télétravail s'est imposé à tous les employés, et des mesures de bien-être et d'équilibre travail/famille ont été mises en place. Comme de nombreuses autres sociétés, Eidos s'est rendu compte que cela s'était traduit par une augmentation de la productivité des employés.

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Attirer de nouveaux talents, garder les meilleurs

David Anfossi explique que « comme dans tout grand changement culturel, c’est l’adhésion, en fait, qui est un challenge » avant de préciser que « oui, ça peut paraître beau, mais il y a un challenge qui vient avec ça, celui de s’organiser pour que vos 32 heures soient efficaces […] Il y a beaucoup de communication, tout le monde est impliqué dans la réussite de cette transition ».

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© Gamasutra

Honnête, le responsable d'Eidos Montréal reconnaît que cette quête du bien-être chez les employés n'est pas désintéressée : « C’est l’enchère, on ne se le cachera pas. C’est très difficile. Le taux de rétention et le taux de recrutement font partie aussi des données que l’on va mesurer à travers cette initiative. »

Alors que les effectifs d'Eidos Montréal (environ 460 employés donc) sont relativement stables depuis maintenant plusieurs années, il ne s'agit plus simplement d'attirer de nouveaux talents, mais aussi de conserver ses meilleurs éléments, qu'ils ne partent pas dans les nombreux autres studios situés à Montréal ou, plus largement, au Québec.

Reste donc la question du « saut dans l'inconnu », mais s'il est toujours envisageable de revenir en arrière si les résultats ne sont pas à la hauteur, David Anfossi insiste sur la volonté de tous les acteurs : « On veut s’embarquer à 100 %. On est dans une vraie transition, tout le monde y croit, et c’est pour ça que l’on a défini des critères de mesure. »

David Anfossi conclut : « Au cours de cette évolution et dans les essais que l’on va faire, on va pouvoir mesurer ce qui fonctionne et ce qui fonctionne bien moins bien. Mais le but est d’arriver à des solutions. On va voir si on arrive à le faire et comment le faire, mais c’est sûrement une expérience qu’on aimerait partager avec l’industrie. Peu importe les industries, d’ailleurs. »

Qui sait, peut-être Eidos Montréal et Sherbrooke feront-ils tâche d'huile ?

Source : La Presse

Modifié le 08 octobre 2021 à 06h30

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