Activision Blizzard visé par une plainte pour discrimination et harcèlement sexuel

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Activision Blizzard visé par une plainte pour discrimination et harcèlement sexuel

JVFR
© Shutterstock

Il y a des articles qu’on aimerait écrire moins souvent, et celui-ci en fait partie. Alors qu’une enquête publiée hier par Kotaku jette l’opprobre sur Ubisoft Singapour, Bloomberg révèle aujourd’hui qu’une plainte vise le groupe Activision Blizzard pour des faits similaires.

Déposée par le ministère de l’Emploi équitable et du Logement (DFEH) de Californie après une enquête qui a duré deux ans, la plainte accuse l’entreprise de « discriminer ses employées sur la base de leur genre, de représailles, d’incapacité à prévenir la discrimination et le harcèlement, et de rémunération inégale. »

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Une « bro culture » d’entreprise

Activision Blizzard cultive une ambiance de « fraternité universitaire » dans laquelle les employées sont soumises à un harcèlement sexuel permanent, des disparités salariales et menacées de représailles en cas d’objection. Voici les conclusions d’une enquête menée pendant deux ans par le DFEH, et sur lesquelles se base justement la plainte déposée mardi dernier à la Cour de Los Angeles.

Représentant environ 20 % de la masse salariale de l’entreprise, les femmes sont sujettes à diverses pratiques comme celle du « cube crawl », pendant laquelle les hommes « boivent d’énormes quantités d’alcool tout en rampant vers les postes de travail du bureau, et en engageant des comportements inappropriés envers les employées. »

Toujours dans les open-spaces de l’entreprise, l’agence gouvernementale a observé que les hommes jouaient aux jeux vidéo pendant leur temps de travail, et déléguaient leurs responsabilités à leurs collègues femmes. Tout cela en se racontant des blagues grivoises, ou en plaisantant ouvertement sur le viol.

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Les femmes éjectées des salles d’allaitement pour des réunions

Outre des cas de harcèlement ciblé, de commentaires sexistes et de drague insistante, la plainte s’appuie aussi sur le cas d’une employée, victime de revenge porn, qui s’est suicidée pendant un voyage d’entreprise alors qu'elle était accompagnée de son harceleur.  

De manière générale, on comprend à la lecture de la plainte que la culture d’Activision Blizzard est ainsi faite qu’elle empêche tout bonnement les femmes qui y travaillent de se sentir à leur place, et de pouvoir prétendre à de hautes fonctions. À évaluations égales, et même si ses performances crèvent le plafond, une employée est systématiquement dévalorisée par rapport à un homologue masculin. Notamment sous prétexte « qu’elles risquent de tomber enceintes », rapporte Bloomberg.

Les mères ont d’ailleurs aussi maille à partir avec Activision Blizzard. Moquées lorsqu’elles doivent quitter le bureau pour aller récupérer leurs enfants, elles sont aussi régulièrement évacuées des salles d’allaitement qui leur sont dédiées pour que des collègues puissent y organiser des réunions. 

Activision Blizzard a publié un communiqué dans lequel il assure prendre toute accusation très au sérieux afin de garantir des espaces de travail inclusifs. « Il n’y a pas la place dans notre entreprise ou notre industrie pour des comportements sexuellement répréhensibles ou du harcèlement d’aucune sorte. Mais le rapport de la DFEH comprend des descriptions déformées et, dans bien des cas, fausses du passé de Blizzard, reprend la déclaration. Nous avons été extrêmement coopératifs avec la DFEH pendant leur enquête, notamment en leur fournissant de nombreuses données et de la documentation, mais ils ont refusé de nous informer des problèmes qui ont été perçus. »

« Le tableau que peint la DFEH n’est pas le Blizzard d’aujourd’hui », conclut le communiqué.

Source : Bloomberg

Modifié le 22 juillet 2021 à 07h14

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