Test Severed Steel : un FPS cyberpunk et virevoltant, amputé d'une véritable histoire

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Test Severed Steel : un FPS cyberpunk et virevoltant, amputé d'une véritable histoire

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© Digerati / Greylock Studios

En attendant The Matrix Resurrections et des FPS AAA plus velus, mais classiques, Digerati et Greylock Studios nous proposent Severed Steel. Un pur shooter indépendant à l'ancienne mâtiné d'acrobaties et de bullet-time que Max Payne et Neo n'auraient pas renié. Le tout dans une ambiance cyberpunk néon du plus bel effet. Qui dit shooter à l'ancienne dit forcément une grande emphase sur le gameplay, au prix d'une histoire amputée. Qu'en est-il réellement ? Laissez-nous traverser votre écran au ralenti pour vous en dire plus.

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Severed Steel
  • Une direction artistique cyberpunk néon réussie
  • Un gameplay virevoltant superbement chorégraphié et fluide
  • Une destruction des décors impressionnante
  • Une bande-son qui dépote
  • ... Beaucoup moins pour une histoire principale très courte et peu développée
  • Exclusivement solo
  • Forcément un peu répétitif à la longue
  • Un chaos manquant parfois de lisibilité

Test réalisé sur la version PC (via Steam) du jeu grâce à une clé fournie par l'éditeur. Severed Steel est disponible depuis le 17 septembre 2021 sur PC (via Steam, GOG et Epic Games Store), PS4 et Xbox One. Des versions PS5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch sont prévues d'ici la fin de l'année.

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Acier amputé

Severed Steel nous met dans la peau de Steel, une jeune femme mystérieusement amputée de son bras gauche, mais qui ne manque certainement pas de dextérité pour autant. Lâchée au beau milieu d'un immense complexe appartenant à une quelconque méga-corporation, celle-ci devra faire parler son agilité et ses armes pour se tirer de ce pétrin. Quitte à éliminer tous les mercenaires sur son chemin et tout faire exploser pour parvenir à son objectif.

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Notre personnage se réveille avec un bras mystérieusement amputé.

Il s'agit là d'un des plus gros points faibles de Severed Steel. Son histoire et sa narration, dont la seule exposition passe par de très belles, mais avares illustrations, se montrent tristement classiques pour un shooter pur et dur. Celles et ceux qui recherchent ici un scénario digne des plus grandes œuvres cyberpunk risquent donc de se heurter à une cruelle déconvenue. La campagne solo se termine en effet en à peine deux heures, sauf dans une difficulté extrême s'adressant aux plus aguerris.

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De belles illustrations sont les seuls éléments exposant l'histoire du jeu.

Il serait toutefois fort dommage de s'arrêter à cette seule campagne principale, le jeu de Greylock Studios cachant bien des atouts dans sa manche amputée. À commencer par une direction artistique très typée cyberpunk néon chatoyante. Sur PC, il est possible de magnifier encore le tout grâce à des reflets ray tracing qui viennent compléter des niveaux au design à la fois coloré et épuré. Gare toutefois à celles et ceux sensibles à des épisodes épileptiques, le jeu nous noyant littéralement sous les effets lumineux flashy. Severed Steel se montre également particulièrement bien optimisé, même avec tous les éléments graphiques à fond, histoire de profiter au maximum de l'expérience en toute fluidité.

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Le jeu fait la part belle aux néons et aux reflets par ray tracing.

Autre élément impressionnant proposé par le moteur de Severed Steel : un décor en voxel presque entièrement destructible. Après quelques niveaux pour se faire la main, Steel fera l'acquisition d'un canon qui viendra remplacer son bras manquant. Un petit clin d'œil appuyé à Samus de Metroid, mais qui permettra surtout d'exploiter cette destruction des décors particulièrement réussie.

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La destruction du décor est particulièrement bien exploitée.

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Jump The Matrix

En parlant de creuser dans le décor, il est temps de sauter sur le cœur du jeu : son gameplay. Nous disions que Steel ne manque pas de dextérité, mais cela ne lui rend absolument pas justice. Telle une combattante du monde réel dans la Matrice, elle fait montre d'un impressionnant panel de prouesses acrobatiques. Salto avant et arrière, double saut, course sur les murs, glissades, coups de pied dans les ennemis ou dans les murs pour se projeter dans les airs, Severed Steel est un véritable ballet aérien de balles dans des chorégraphies tout simplement stylées. Par la simple pression d'une touche, il sera possible de ralentir l'action afin de mieux la suivre. Ce mode bullet-time dispose cependant d'une jauge se vidant au fur et à mesure de son utilisation. Il faudra donc s'en servir avec parcimonie, au risque d'en manquer à des moments cruciaux.

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Severed Steel est un permanent ballet aérien de balles.

Il faudra également composer avec un arsenal somme toute classique, mais complet. Le jeu de Greylock Studios tire d'ailleurs sur cet aspect une certaine inspiration de Mirror's Edge. Quand une arme est vide, l'action de tirer sera remplacée par une animation pour la jeter au sol, ou de préférence au visage de nos opposants. Il faudra donc en récupérer une par terre ou en s'approchant d'un adversaire pour la lui subtiliser afin de reprendre le carnage acrobatique.

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Le seul « boss » du jeu, qui n'est d'ailleurs pas très difficile à vaincre.

Les acrobaties de Steel ne sont donc pas seulement là pour proposer un gameplay stylé mais sont une mécanique inhérente au jeu qui assurera notre survie. Comme dans tout bon shooter qui se respecte, il faut éviter le feu ennemi à tout prix. Tuer des ennemis nous permettra d'ailleurs de récupérer notre vie manquante, ainsi que de recharger notre mode bullet-time. Il sera également possible de récupérer des munitions pour notre canon en abattant des ennemis « d'élite ». Mais se contenter de courir en tirant dans le tas ne nous emmènera pas loin, surtout dans les plus hauts niveaux de difficulté. Tant que Steel est en mouvement et assure le show acrobatique, le jeu nous indiquera par des stries rouges qu'elle esquivera tous les feux adverses.

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Tant que ces stries rouges garnissent notre écran, le feu adverse ne nous fera aucun mal.

Malheureusement, cet apparent challenge est quelque peu entaché par des ennemis peu variés et une intelligence artificielle assez basique. Il arrivera en effet souvent à nos adversaires de simplement nous tirer dessus sans bouger, voire de ne carrément pas nous voir ou nous entendre. Toujours est-il que Severed Steel nous demande constamment d'être en mouvement et d'enchaîner les tricks pour avancer dans les niveaux. Mention spéciale également à une bande-son très typée cyberpunk qui vient admirablement rythmer nos virevoltes de destruction.

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L'intelligence artificielle n'est clairement pas l'élément le plus réussi du jeu.

À l'instar de DOOM Eternal, les niveaux sont découpés entre phases de plateforme/d'exploration et des arènes dans lesquelles il faudra abattre une myriade d'ennemis pour progresser. Faisant forcément la part belle à la verticalité, les différents niveaux du jeu se montrent assez variés dans leur design, leur construction et leur mécanique de gameplay. Nous avons par exemple découvert avec surprise une arène parsemée de portails permettant de se déplacer rapidement d'un point à un autre, même du sol au plafond.

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La fameuse arène parsemée de portails... après le carnage.

Pour ce qui est des objectifs dans chaque niveau, Severed Steel se montre là encore assez classique. Il faudra généralement aller d'un point A à un point B, soit en éliminant toute opposition sur le chemin, soit en détruisant des éléments du décor pour débloquer le niveau suivant. Vers la fin de la campagne, nous avons l'occasion d'améliorer le canon de notre main gauche. Celui-ci tirera alors un puissant laser pouvant tout détruire sur son passage, venant ainsi ajouter à un chaos parfois difficilement lisible tant il y a d'éléments à l'écran.

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Notre canon surchargé peut faire de véritables ravages sur le décor et les ennemis.

Scoring Steel

Une fois la campagne terminée, nous pouvons nous attaquer à ce qui fait le sel du gameplay proposé par Severed Steel. Le menu « Fusillade » nous permet en effet de refaire les différentes arènes de l'histoire principale afin de briguer le meilleur score. Cette partie du jeu s'adresse donc principalement aux férus de Scoring et de speed-runs.

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Le mode « Fusillade », qui s'adresse aux férus de Scoring.

Il faudra ainsi utiliser tout l'arsenal acrobatique et balistique de Steel pour engranger des points. Effectuer trois éliminations dans la tête tout en courant sur un mur nous octroiera par exemple un certain montant de points, et ainsi de suite. Chaque arène présentera également plusieurs défis à réaliser afin de faire encore plus monter notre note finale. Bien entendu, le style ne fait pas tout, car il faudra en plus finir l'arène le plus rapidement possible en vue de s'établir au top du classement.

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Le score final prend autant en compte nos points de style que notre temps pour finir le niveau.

Des mutateurs viendront également altérer drastiquement ce dernier. Il est ainsi possible d'affubler nos adversaires de plus grosses têtes, de faire l'impasse sur le ralenti, de s'accorder une seule vie, et plus encore. Les mutateurs positifs viennent donc réduire notre score final, tandis que les négatifs nous apporteront d'importants multiplicateurs. Pour débloquer de nouveaux niveaux, armes ou mutateurs, il faudra toutefois finir chaque arène et remplir certains objectifs.

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Toute une série d'options nous permet de refaire chaque niveau selon nos préférences et notre envie de scorer.

Si la campagne principale propose déjà son lot d'arènes, Greylock Studios nous a gâté d'un éditeur de niveaux particulièrement complet, quoiqu'encore en bêta. Une belle manière de fidéliser la communauté, puisqu'il sera possible de parcourir les niveaux créés par d'autres joueuses et joueurs et tenter d'y établir le meilleur score. Severed Steel propose ainsi pour les adeptes du Scoring une durée de vie virtuellement illimitée. À condition bien sûr que sa communauté s'investisse pour constamment proposer de nouveaux contenus.

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Voici ce à quoi ressemblent notre personnage et l'éditeur de niveaux.

Severed Steel : l'avis de JVFR

Severed Steel se présente donc comme un excellent shooter défouloir à l'action aussi frénétique qu'acrobatique dans une ambiance cyberpunk particulièrement réussie. Cependant, le parti pris par le jeu de Greylock Studios, tant sur sa direction artistique que sur son gameplay, risque de ne pas plaire à tout le monde. S'il fera le plaisir des adeptes du Scoring ou des architectes en herbe, celles et ceux qui y recherchent une narration complexe risquent d'être déçus. Malgré tout, le jeu est proposé, en tout cas sur Steam, au tarif très généreux de 20,99€. Il serait donc dommage de bouder un titre aussi atypique que réussi dans ce qu'il propose, sauf si une bonne histoire est un critère absolument indispensable pour vous.

Severed Steel

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Exemple typique du « jeu à gameplay », Severed Steel brille par son ambiance cyberpunk néon réussie et son action digne d'un film Matrix, et s'adresse surtout aux adeptes du Scoring. Les férus d'une histoire bien développée resteront cependant sur leur faim avec une campagne pliée en moins de deux heures. Greylock Studios nous délivre ici malgré tout un défouloir aussi grisant que stylé.

Les plus

  • Une direction artistique cyberpunk néon réussie
  • Un gameplay virevoltant superbement chorégraphié et fluide
  • Une destruction des décors impressionnante
  • Une bande-son qui dépote
  • Un éditeur de niveaux (encore en bêta) très complet
  • Une énorme durée de vie pour les fans de Scoring...

Les moins

  • ... Beaucoup moins pour une histoire principale très courte et peu développée
  • Exclusivement solo
  • Forcément un peu répétitif à la longue
  • Un chaos manquant parfois de lisibilité
  • Une IA globalement pas très futée

Modifié le 27 septembre 2021 à 09h58

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