Test Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin, plus qu'une histoire de monstres ?

Publicité

Test Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin, plus qu'une histoire de monstres ?

Difficile de passer à côté du phénomène Monster Hunter dernièrement. Après le carton de World en 2018 puis de Rise cette année, la franchise de Capcom a atteint des sommets en matière de popularité. Ainsi, à l'annonce de ce Monster Hunter Stories 2: Wings of Ruin, il y avait de quoi être surpris face à la relative indifférence des amoureux de la saga à l'encontre de cet opus... Mais il faut dire que ce dernier s'éloigne considérablement du concept si accrocheur de la chasse aux monstres. Nous allons bien le constater au cours de ce test.

7

Voir le prix

Monster Hunter Stories 2: Wings of Ruin

  • Très riche côté RPG
  • La patte artistique réussie
  • Des combats plutôt rythmés et bien fichus
  • Le petit côté multijoueur
  • Une catastrophe technique
  • Scénario et thèmes abordés assez convenus
  • Missions répétitives

À sa sortie en 2016 (au Japon) sur 3DS, le premier Monster Hunter Stories choisissait d'opter pour une dimension « RPG à l'ancienne » assez intrigante. Le jeu introduisait au passage un système de combat au tour par tour inédit pour la franchise et des graphismes colorés, avec une patte un brin plus enfantine que sur les épisodes principaux. Une approche qui a visiblement porté ses fruits puisque cinq ans après, Capcom nous livre une suite qui reste dans la droite lignée de son ancêtre.

Publicité

Une histoire toute mignonne et pleine de monstres

L'aventure commence par la personnalisation de notre héros (ou héroïne) qui restera tristement silencieux jusqu'au générique de fin. Rapidement, un événement étrange se produit et provoque la disparition de tous les Rathalos des environs. Quant aux autres monstres, ils deviennent sensiblement agressifs et menacent l'intégrité de notre petit village paisible bien installé sur une île paradisiaque. C'est dans ce contexte que le joueur devra tout faire pour devenir un bon rider, c'est-à-dire une sorte de maître Pokémon (et ce ne sera pas le seul parallèle avec la licence) dans l'univers de Monster Hunter.

Le style est présent pour se lancer dans l'aventure

Globalement, le trame principale prend son temps avant de vraiment décoller. Sans trop en dire, un autre personnage s'emparant d'un œuf de Rathalos est introduit dès les premières minutes mais il faut patienter de longues heures avant de voir le scénario se mettre au diapason de ce départ canon. Monster Hunter Stories 2 prend le joueur par la main afin de lui inculquer les différentes mécaniques de gameplay, quitte à enchaîner les quêtes assez barbantes. Car à trop vouloir édulcorer une saga habituellement mature, le titre tombe vite dans les clichés avec les éternels « pouvoir de l'amitié » et l'importance de croire en soi. Le public visé est donc assez jeune (PEGI 7!). Ainsi, force est de constater que les habitués de Monster Hunter risquent d'être pris au dépourvu.

L'humour est assuré par Navirou, l'amoureux des donuts

Publicité

Attrapez-les tous

À l'instar d'un Pokémon, Monster Hunter Stories 2 appuie fortement sur la création d'un lien avec les monstres (ici renommés Monsties) et leur Rider. Pour former une belle escouade de six créatures, il est assez logiquement obligatoire de les capturer au préalable. Afin d'atteindre cet objectif, le joueur doit explorer des tanières dispersées un peu partout sur la carte pour y dénicher des œufs. Après l'éclosion, un Monstie en sortira pour se joindre à notre fine équipe. Chacun possède des compétences en combat mais aussi des facultés utiles à l'exploration comme escalader des murs, réaliser des sauts longs ou nager. En tout, 128 monstres peuvent être croisés au fil du jeu.

Petite balade estivale sur l'île Hakolo

Mais une fois encore, et c'est un défaut inhérent au titre, le processus est vite répétitif. Toutes les tanières sont presque similaires malgré certaines variations peu frappantes. Les écuries servent à stocker les œufs, à gérer le groupe de Monsties ou encore à lancer des expéditions avec eux. Nous n'allons pas nous mentir, ce système est directement emprunté à Pokémon (encore lui!) et la recette demeure donc peu originale pour réellement marquer les esprits. Mais pour nous occuper, Monster Hunter Stories 2 a choisi de mettre le paquet sur son aspect RPG.

Mais quel voleur !

Un menu monstrueux

Car le nerf de la guerre de ce nouveau Monster Hunter se trouve dans ses combats. Exit les chasses épiques en temps réel et place aux bonnes vieilles joutes au tour par tour. Si le tout est fatalement moins spectaculaire, Capcom a pourtant bien fait le choses. Le gameplay utilise un système de types d'attaque. Au nombre de trois, chacune dispose d'un atout et d'une faiblesse. Par exemple, la force l'emporte sur la technique, la technique sur la vitesse et cette dernière sur la force. Il faut alors choisir la bonne technique et l'arme adéquate pour prendre le dessus durant un duel. Quant à la jauge d'amitié qui se remplit au fil des actions, elle permet d'utiliser des talents puis de chevaucher le Monstie à nos côtés pour infliger de lourds dégâts. Les affrontements peuvent même être ponctués par des QTE servant également à prendre l'ascendant sur le monstre adverse.

Préparez vous à fracasser les boutons de votre Switch !

Reconnaissons la complémentarité parfaite de ces mécaniques auxquelles s'ajoutent les éléments classiques de tout bon RPG qui se respecte. À savoir le forgeron pour acheter et améliorer de l'équipement, la récolte de ressources, le gain de niveaux des monstres comme des Riders, la boîte aux prières pour obtenir des bonus éphémères, le craft à base de recettes et bien plus encore. Tout cela dans l'unique but de dérouiller du monstre à tour de bras... Aucune mission ne fait exception à cette règle et toutes se finissent par un combat face à un mini boss. Si bien qu'il n'est pas rare de perdre de vue le postulat de départ (qui est de sauver le monde, rien que ça !). Un défaut à imputer aux requêtes pénibles des PNJ comme Récupérer tel insecte ou ramasser des matériaux pour relancer un moulin.

Quatre contre un... Ça passe !

Les objectifs secondaires tentent d'apporter un peu de variété à l'expérience mais sans grand succès. Par ailleurs, Monster Hunter Stories 2: Wings of Ruin renferme des fonctionnalités connectées inattendues. Nous pouvons ainsi affronter d'autres joueurs lors d'un combat ou se lancer dans une mission en coopération. Malheureusement, nous n'avons pas pu tester en profondeur ces modes à cause du manque cruel de joueurs sur les serveurs... Le jeu n'étant pas encore sorti, c'est assez logique. Soulignons tout de même ce bel effort de la part des développeurs qui pourrait offrir une bonne rejouabilité une fois le jeu terminé.

Les montres donnent le ton avant chaque combat

Des problèmes techniques qui ruinent l'expérience

Esthétiquement parlant, la production de Capcom a fière allure. Les couleurs chatoyantes et la modélisation des monstres y sont pour beaucoup. Les décors extérieurs sont assez variés, les pouvoirs en combat en mettent plein la vue et les intérieurs bénéficient d'un certain sens du détail. De jour comme de nuit (avec la possibilité de switcher entre les deux via les points de voyage rapide), la patte graphique est donc agréable. MAIS ! Il est temps de sortir notre carton rouge écarlate pour toute la partie technique de Monster Hunter Stories 2... Car c'est un vrai cataclysme !

Une scène paisible... Alors laissez ces pauvres herbivores tranquilles !

Que ce soit au sein des zones ouvertes, dans les villages ou durant un affrontement, le jeu donne l'impression de ramer en permanence (en mode portable comme sur une TV). Le cap des 30 FPS est difficilement atteint durant de trop nombreuses séquences et la Nintendo Switch semble lourdement souffrir. La console va même jusqu'à chauffer abondamment et à vider sa batterie en quelques dizaines de minutes lorsque le jeu tourne. Sous oublier le clipping prononcé ou la végétation qui apparaît à 30 centimètres des pieds du héros. Cela fait peine à voir...

Un beau village qui rame beaucoup

Et c'est bien dommage car le monde de Monster Hunter Stories 2 est assez immersif. Les Felynes apportent de l'humour, les musiques sont entraînantes et le doublage (anglais ou japonais) est convaincant. Il est regrettable que ces points positifs puissent être gâchés par une technique déplorable que devra impérativement être corrigée via de futures mises à jour.

Monster Hunter Stories 2: Wings of Ruin, l'avis de JVFR

Capcom a le mérite de viser une tout autre audience avec Wings of Ruin. Le soft se montre ultra complet dans son gameplay RPG et en occupant le joueur sur des dizaines d'heures. L'atmosphère qui se dégage du jeu est aussi agréable grâce à une direction artistique maîtrisée, des musiques savamment orchestrées et une histoire « bon enfant » bien qu'un peu longue à pleinement se lancer.

Mais il est absolument inimaginable de passer outre les immenses lacunes techniques du titre qui risquent de gêner plus d'un joueur. Et mettons également en lumière une formule un poil classique et trop empruntée à Pokémon pour réellement impressionner.

Monster Hunter Stories 2: Wings of Ruin

7

Conçu pour un jeune public, Monster Hunter Stories 2 transpose relativement bien l'univers de la licence vers un format purement RPG. Dommage que le scénario et la technique ne suivent pas le mouvement. S'il ne restera pas dans les anales, le titre de Capcom se laisse consommer…. mais avec modération.

Les plus

  • Très riche côté RPG
  • La patte artistique réussie
  • Des combats plutôt rythmés et bien fichus
  • Le petit côté multijoueur

Les moins

  • Une catastrophe technique
  • Scénario et thèmes abordés assez convenus
  • Missions répétitives

Test effectué sur Nintendo Switch à partir d'un code fourni par Nintendo

Modifié le 07 juillet 2021 à 15h29

Les dernières news