Test de Chivalry II : le sang est la sueur des héros

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Test de Chivalry II : le sang est la sueur des héros

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Créateurs d’un mod remarqué sur Half Life 2, le studio Torn Banner a créé la sensation en 2012 avec Chivalry : Medieval Warfare, un FPS multijoueur fun et un peu débile qui est parvenu à renouveler le genre balisé du jeu d’action compétitif en carburant aux têtes coupées, aux cris gutturaux et aux hectolitres d’hémoglobine. Il aura fallu pas moins de neuf ans au studio canadien pour accoucher d’une suite, qui fait des choix de gameplay tranchés sans pour autant révolutionner sa formule.

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Chivalry 2
  • Gameplay accessible et technique
  • Combats fun !
  • On peut tout balancer
  • Des moments d’anthologie à chaque partie
  • Contenu faiblard (modes, cartes)
  • Options communautaires manquantes
  • Des collisions parfois hasardeuses
  • Quelques problèmes de finition

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Chivalryra bien qui rira le dernier

Chivalry doit désormais faire face à un concurrent de taille : le sémillant Mordhau fait le bonheur des médiévistes agressifs depuis plus de deux ans, malgré une gestion laxiste par ses créateurs slovènes des nombreux abus d’une communauté plutôt toxique. Attaqué sur le flanc, Torn Banner se devait de réagir avec un second volet coup de poing. La première impression est excellente : le jeu n’a rien perdu de son mordant et chaque partie est toujours truffée des élans de bravoure et autres séries invraisemblables d’exécutions à l’arme blanche qui ont fait la réputation de la licence, sans oublier les ratés immenses et les fails mythiques qui ne manquent jamais de faire sourire ou rager (souvent les deux).

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C'est souvent un joyeux bordel

Il suffit de relancer le premier volet pour être ébloui, puisque la réalisation a fait un sacré bond en avant. En misant à fond sur les effets spéciaux - reflets, éclairages, feu et fumée, hémoglobine - Chivalry II cache parfaitement la misère de textures pas bien fines, de bugs de collision rageants et d’animations un peu old school, témoins de l’ambition mesurée de son équipe de développeurs côté technique pure. Un peu vides et dépouillés, les décors font quand même leur petit effet lors des premières parties, et on oublie rapidement certains panoramas franchement ratés pour se plonger bien volontiers dans l’action trépidante du jeu.

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Plus accessible, mais aussi plus technique

Chivalry II offre des affrontements beaucoup plus nerveux et spectaculaires que son aîné, en plus d’un confort de jeu incomparable : les déplacements sont plus vifs et précis, les coups s’enchaînent de manière plus fluide tandis que les nombreux ajouts et ajustements de gameplay offrent un cocktail goûtu, où l’instinct et la technique se côtoient de manière très équilibrée. Les quatre classes disponibles disposent désormais toutes d’une esquive, pas forcément évidente à caser dans le feu de l’action - elle est assignée à la touche de saut, ce qui peut occasionner quelques ratés - mais qui s’avère mortelle une fois maîtrisée. La garde n’est plus temporaire, mais permanente, avec une jauge qui se vide quand on la maintient ou que l’on prend trop de coups à la suite.

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La garde peut être maintenue, mais cela ne facilite pas pour autant les duels

Plus besoin de timing spécifique pour parer une attaque, ce qui permet au jeu de gagner en accessibilité sans trop faire de concessions sur la technicité des duels : les affrontements contre plusieurs ennemis s’en trouvent grandement facilités, même si l’on peut se faire casser sa défense d’un simple coup de pied. Le système de riposte a quant à lui été complexifié : s’il est toujours possible de donner un coup à son adversaire après une estocade défendue, il faut choisir le même type d’attaque ainsi parée pour espérer le toucher (attaque horizontale ou verticale, fente), tandis que la contre-attaque ne peut pas être cassée par les ennemis impliqués dans la rixe. Complexe, le système s’avère parfaitement bien équilibré une fois maîtrisé, et permet aux chevaliers les plus agiles de se sortir de situations autrefois désespérées.

Ruée pour mettre l’ennemi au sol, attaque plus ou moins puissante en fonction du temps de pression sur la commande, coup spécial lent mais très puissant, objet bonus qui se débloque après quelques minutes (grenade incendiaire, corne pour booster ses alliés, drapeau pour les soigner), petit coup de poing pour casser un mouvement adverse : les possibilités sont si nombreuses qu’on s’y perd un peu au début, mais la richesse de l’arsenal offensif et défensif à notre disposition est aussi impressionnante qu’utile sur la durée, notamment lorsque l’adversité devient plus nombreuse et agressive.

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On peut projeter ses alliés avec une catapulte, et c'est une très bonne chose

Plus accessible que Mordhau, et donc plus immédiatement fun, Chivalry II s’avère finalement suffisamment riche pour satisfaire les esthètes du corps à corps sur la durée. Un grand écart accessibilité/technique périlleux, mais parfaitement maîtrisé par le titre, qui offre par ailleurs de nombreuses manières de marquer des points sans combattre directement au corps à corps. Participer à la mission, terminer quelqu’un au sol, soigner ses alliés, utiliser la classe archer malgré sa mauvaise réputation : de nombreux moyens sont disponibles pour exister si on a un peu de mal avec la complexité des affrontements, même si la meilleure manière de progresser sera de se frotter à la plèbe glaive ou flamberge en main.

Enflammer un poulet pour le balancer sur un archer

Autre nouveauté vraiment bienvenue, celle de pouvoir balancer tout un tas de trucs à la tête des ennemis. Arme principale et secondaire, bouclier, cailloux ramassés par terre et même un poulet qui gambade innocemment dans la cour du château peuvent servir de projectiles, et potentiellement terminer un ennemi mal en point. C’est con, marrant, utile parfois malgré la portée restreinte du coup, et souvent surprenant pour l’adversaire qui ne pense pas forcément à défendre quand vous êtes hors de portée d’une offensive classique à l’épée.

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Ramassez ce qui traîne, et jetez-le sur les ennemis !

On y aura notamment souvent recours pour terminer quelqu’un au sol. La possibilité de relever ses alliés tombés au combat, comme dans n’importe quel Battle Royale moderne, ajoute à la confusion générale et s’avère plutôt rigolo au final. Uniquement en cas de blessure normale - oubliez le revive si vous avez la tête tranchée - vous pouvez ramper hors de la mêlée pour être relevé par un compagnon, ou même tenter de vous redonner vie seul en mettant quelques patates aux malandrins à portée. Bien souvent, un coup de lame rageur de l’adversaire aura raison de votre outrecuidance, mais cet ajout permet quelques retournements un peu fous dont Chivalry a le secret.

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Les affaires sont les affaires

Un effort a également été consenti côté interactions, les cartes étant truffées d’éléments interactifs pour pimenter un peu l’action. Piques affutées sur lesquelles envoyer les ennemis d’un tacle bien senti, étals regroupant armes, boucliers et munitions, livres et légumes à balancer sur les ennemis, balistes et catapultes mortelles trainent ça et là pour permettre aux moins dégourdis de la hallebarde de passer un bon moment malgré tout. Des équipements parfois liés aux objectifs de mission, mais souvent simplement disposés là pour le show pour des happenings ludiques magnifiques que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde du jeu vidéo.

Un point sur la technique

Chivalry II fait plutôt bien le job côté technique, avec des moyens que l’on imagine limités. Le jeu est toujours fluide (entre 100 et 144 fps), tout à fond en 2K sur notre Ryzen 5 5600 X couplé à une RTX 2080 Super, et entre 60 et 75 fps sur un Ryzen 5 3600 et une RTX 2070. L’absence logique de DLSS et de Ray Tracing ne se fait pas spécialement regretter, même si la seconde option aurait pu donner encore un peu plus de relief à des éclairages plutôt réussis dans l’ensemble. 

L’essentiel est assuré dans les options, avec la possibilité de modifier le fov et de jouer avec différentes possibilités (textures, anticrénelage, ombres, distance d’affichage…) pour trouver le meilleur compromis par rapport à sa configuration. Assez joli de loin, le constat n’est plus le même si on se colle le nez à l’écran avec des textures un peu ternes, des modèles 3D basiques pour les décors et des collisions parfois très hasardeuses, à la première comme à la troisième personne. RAS côté son, avec des musiques dans le ton qui s’agitent un peu quand l’étau de la mission se resserre, et surtout des doublages parfaitement surjoués qui ajoutent à l’ambiance, entre lames qui s’entrechoquent, boucliers qui se brisent et têtes tranchées qui roulent au sol dans un souffle particulièrement plaisant.

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Des options graphiques assez complètes pour trouver le bon compromis

Cheval dire à ma mère

Sur de grandes cartes, jusqu’à 64 joueurs s’affrontent le temps de cinq ou six objectifs censés pimenter un peu les joutes : libérer des prisonniers, pousser les échelles jusqu’au château avant d’en contrôler les différentes zones, détruire les trébuchets, exécuter le roi, etc. Une équipe attaque, l’autre défend à la manière du mode Ruée de Battlefield : bien que les cartes soient assez larges et plutôt bien construites, pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent pour le moment côté modes de jeu, même si Torn Banner promet rapidement plus de cartes et de contenu. Batailles à 64 ou 40 sur cinq cartes, matchs à mort dans trois malheureuses arènes, le contenu se paie le luxe d’être moins touffu que celui de l’original, et ce n’est pas vraiment le système de progression qui vous motivera à y revenir.

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La scénographie des combats fonctionne souvent bien, malgré une technique correcte sans plus

Pas de classe entièrement personnalisable comme dans Mordhau, mais trois variantes d’équipements à débloquer pour chacune des quatre classes, avec de nombreuses armes différentes pour chacune d’entre elles, et des couronnes à dépenser en cosmétiques aussi nombreux qu’inutiles. Chivalry II n’a à l'heure actuelle pas encore ce qu’il faut pour retenir l’attention plus d’une grosse quinzaine d’heures, au mieux, et manque un peu de folie côté dans ce qu’il propose malgré des cartes franchement bien pensées et des manières de jouer assez différentes d’une mission à l’autre, en attaque comme en défense. Gageons que Torn Banner offrira à cette suite le même suivi exemplaire qu’au premier épisode : des cartes gratuites sont déjà annoncées, de même que la possibilité de créer divers contenus pour la communauté. C’est un peu ce qui avait sauvé Medieval Warfare de l’oubli.

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Les objectifs sont prétextes à la bamboche sanglante, mais néanmoins variés

L’impression de jouer à une early access très bien troussée reste malgré tout assez tenace. Outre le contenu limité, l’impossibilité d’ajouter des amis ou même de jouer avec ceux que l’on a déjà, même lorsque l’on est sur la même plateforme, fait quand même tâche en 2021 au même titre que l’absence de chat vocal. Au moins dispose-t-on d’une alternative au matchmaking avec la possibilité de choisir son serveur, une option de moins en moins en vogue dans les jeux compétitifs d’aujourd’hui. De nombreux bots sont régulièrement ajoutés aux parties pour faire le nombre : espérons que la communauté ne lâchera pas trop rapidement le jeu, dont on attend déjà les mises à jour (contenu, optimisation, options, chevaux !) avec une certaine impatience.

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La situation est plutôt mal embarquée

Chivalry II : l’avis de Clubic

Nerveux, fun et complètement décomplexé, Chivalry II s’impose grâce à ses nombreux ajustements de gameplay et une foultitude d’idées qui font mouche. Au delà de la dramaturgie largement exagérée des situations et l’humour permanent qui se dégage des affrontements, c’est surtout grâce à l’excellent feeling de ses combats que le titre de Torn Banner s’impose comme une excellente alternative aux FPS militaires classiques. Les impacts sont lourds, les mouvements amples et ses chorégraphies en armures prennent une nouvelle ampleur sous l’impulsion d’un design sonore remarquable. Du contenu en plus, des options communautaires au niveau de la concurrence et quelques soucis de finition en moins (interface, qualité des serveurs, collisions) permettraient à Chivalry II d’atteindre l’excellence.

Chivalry 2

7

Chivalry II tient parfaitement sa promesse avec des affrontements intenses et fun, même si son manque de contenu et des problèmes de finition pourraient l'empêcher de s'imposer sur la durée.

Les plus

  • Gameplay accessible et technique
  • Combats fun !
  • On peut tout balancer
  • Des moments d’anthologie à chaque partie
  • Design sonore impeccable

Les moins

  • Contenu faiblard (modes, cartes)
  • Options communautaires manquantes
  • Des collisions parfois hasardeuses
  • Quelques problèmes de finition

Modifié le 12 octobre 2021 à 14h01

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