Lost Ark : un premier contact convaincant avec l'Occident

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Lost Ark : un premier contact convaincant avec l'Occident

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© Smilegate

Véritable arlésienne de la sphère hack'n slash en Occident, campée par le studio coréen Smilegate, Lost Ark trouve peu à peu le chemin vers nos côtes, en partie grâce au concours d'Amazon à l'édition. Après une alpha assez restreinte, ce MMO atypique s'est laissé approcher au travers d'une bêta fermée que nous avons pu essayer, non sans une certaine fébrilité. L'attente en valait-elle la peine ? Voici quelques premiers éléments de réponse.

Les férus de hack'n slash les plus impatients avaient déjà pu essayer la version coréenne ou russe du jeu en utilisant de savants stratagèmes comme un VPN. L'expérience n'était cependant pas optimale, tant pour la latence que pour une localisation pas forcément adaptée. Mais tout vient à point à qui sait attendre, et Smilegate s'est donc fendu d'une version spécialement consacrée au public occidental pour son MMO hack'n slash free-to-play qui vaut vraiment le détour.

Preview réalisée sur la bêta fermée de Lost Ark via l'achat personnel d'un Pack Fondateur. La version finale occidentale du jeu est attendue début 2022 sur PC (Steam).

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Lost Ark'n slash

Le premier contact avec Lost Ark s'opère via le choix d'une classe. Au nombre de cinq au total, avec des pendants masculins et féminins, on y retrouve des classiques du genre heroic fantasy : Guerrier, Martialiste, Tireur d'élite, Mage et Assassin. Ma fourberie naturelle m'a bien sûr conduit vers la classe Assassin, exclusivement féminine. Chaque classe dispose de huit compétences utilisables et d'une forme spécifique venant altérer ses dernières ou en offrir de nouvelles.

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Cinq classes au gameplay bien spécifique sont pour l'instant au rendez-vous © Smilegate

Après le choix de la classe, MMO coréen oblige, on a droit à un moteur de création de personnage particulièrement poussé qui permet vraiment de créer un avatar unique. Et, comme dans beaucoup de titres coréens, notre avatar sera forcément jeune et divinement beau. Les personnages féminins ne font bien sûr pas exception, avec des tenues (trop ?) révélatrices qui risquent de déplaire à certains.

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Le créateur de personnage de Lost Ark se montre particulièrement complet © Smilegate

Pour le bien de cette bêta fermée, Lost Ark a fait fi d'un prologue spécifique à chaque classe et fait passer tous les nouveaux arrivants directement au niveau 10. Un choix qui n'est pas anodin, puisqu'il nous permet de débloquer une spécialisation pour notre classe. Pour notre Assassine, nous avons jeté notre dévolu sur la spécialisation Démoniste, pour son petit côté Edge-Lord.

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Le niveau 10 est l'occasion de choisir une spécialisation pour notre classe © Smilegate

Dès l'introduction, un élément saute directement aux yeux : si la technique s'avère légèrement datée (le jeu a fait ses premiers pas en Corée du Sud en 2017), la direction artistique est une franche réussite. Tantôt sombre et colorée quand il le faut, souvent majestueuse, celle-ci nous immerge directement dans un univers qui arrive plutôt bien à se départir des clichés habituels des MMO coréens.

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Une majestueuse entrée en matière qui annonce la couleur © Smilegate

La deuxième chose qui saute aux yeux, grâce à une introduction qui nous donne le contrôle de notre classe au summum de sa puissance, est le gameplay typiquement hack'n slash du titre. Sans y aller par quatre chemins, il s'agit probablement du plus pêchu et spectaculaire qu'il nous ait été donné de voir, alors que votre serviteur a pourtant déjà bien écumé ce genre. Les attaques sont impressionnantes de fluidité et de brutalité, et c'est avec un plaisir malsain que l'on voit les vagues d'ennemis devant nous valdinguer dans les airs ou être réduites en purée écarlate.

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Les combats se montrent particulièrement fluides et spectaculaires © Smilegate

Les nombreux combats de boss se montrent souvent particulièrement épiques et demandent une certaine dextérité et gestion de nos temps de recharge afin d'éviter leurs attaques dévastatrices. Le côté combat est donc un véritable plaisir, clavier et souris en main, qui vient sauver quelques éléments assez redondants inhérents aux jeux hack'n slash, et aux MMO coréens en particulier.

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Lost Ark ne manque certainement pas de boss épiques © Smilegate

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Un MMO coréen pur jus

En effet, si Lost Ark est l'un des rares titres de sa catégorie à proposer une approche hack'n slash, il reste avant tout dans son cœur un MMO coréen. Pendant une trentaine de niveaux, notre personnage sera donc tenu par la main afin de suivre une trame très rectiligne à la recherche d'une Arche, le seul élément pouvant empêcher une invasion démoniaque en Arkesia.

Si, durant les premières heures, nous avons lu et écouté avec une attention scolaire chaque dialogue, la lassitude a rapidement pris le pas, tant les quêtes principales et secondaires parfois sans queue ni tête s'enchaînent. MMO coréen oblige, Lost Ark a également tendance à nous perdre avec différents objets à collecter pour des récompenses à l'utilité douteuse.

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L'un des nombreux menus parmi tant d'autres liés à des myriades d'objets à collecter © Smilegate

Heureusement, celles et ceux qui n'accordent que peu d'importance à ces activités annexes devraient voir leur phase de levelling avancer sans heurts. Petite déception toutefois quant au fait que les combats offrent une quantité risible d'expérience, forçant donc les joueuses et joueurs à accomplir toutes les quêtes sur leur chemin afin d'atteindre le niveau maximum. Certaines quêtes se montrent cependant assez originales dans leur réalisation, en nous équipant autrement, en nous transformant ou en nous octroyant de nouvelles capacités et manières de les terminer. Mention spéciale à la présence d'une monture, qui ne sera vraiment pas de trop dans le vaste monde d'Arkesia.

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Le cheval, surtout dans Lost Ark, c'est génial ! © Smilegate

Un autre élément est quelque peu déroutant lorsque l'on découvre Lost Ark pour la première fois : un système clairement inspiré des gachas et qui passe par la collection de cartes. La construction d'un deck avec différentes cartes d'un même set nous octroie des bonus spécifiques, mais leur obtention passe tantôt par une exploration assez fastidieuse, tantôt par un passage à la caisse. Nous y reviendrons plus tard.

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Le système de cartes est aussi déroutant que fastidieux à compléter © Smilegate

Enfin, la partie farming de Lost Ark tire davantage son inspiration du MMO que du hack'n slash. Ne vous attendez donc pas à une pluie de butin en terrassant des adversaires à la pelle. L'équipement se récupère principalement au travers de quêtes, de récupérations des innombrables objets à collecter ou de donjons. Un élément un peu dommageable, mais qui ne bloque cependant en aucun cas la progression.

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La partie équipement du jeu se montre un peu en deçà des autres hack'n slash © Smilegate

Une aventure de longue haleine

Si, pendant une trentaine de niveaux, la progression dans Lost Ark se veut assez dirigiste, la quête principale du jeu n'en est pas pour autant ennuyeuse. Celle-ci s'offre au contraire des fulgurances agréablement surprenantes, qui se permettent même dans certains cas de nous proposer des choix moraux. Une fois, nous participons à l'impressionnant siège d'une forteresse en apparence inexpugnable ; une autre, nous assistons à une invasion démoniaque à grande échelle.

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La campagne principale propose d'impressionnantes fulgurances © Smilegate

Ces parties de la quête principale apportent ainsi un souffle nouveau particulièrement épique au jeu et s'accompagnent également de l'introduction de nouvelles activités assez atypiques pour un hack'n slash. Autour du niveau 30, nous débloquerons par exemple une île personnelle que nous pourrons décorer et faire évoluer afin d'acquérir des avantages qui nous serviront dans notre progression.

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Bienvenue à Jyféria, notre petite île paradisiaque rien qu'à nous ! © Smilegate

Autour du niveau 35, rebelote avec un élément scénaristique des plus épiques qui nous fait enfin plus ou moins quitter l'aspect dirigiste de l'histoire principale en nous permettant de voguer plus librement autour d'Arkesia. Un nouveau pan du jeu se débloque alors, avec une flotte de navires et des équipages à gérer. La quête principale continue un peu de nous tenir par la main, mais nous pouvons toutefois accoster sur différentes îles afin d'y accomplir des quêtes secondaires ou collecter la myriade d'objets que propose Lost Ark.

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Un appréciable vent de liberté se lève, hissez les voiles ! © Smilegate

Comme dans tout MMO qui se respecte, il existe également un pan relativement important lié à l'artisanat. Heureusement, aucune spécialisation pour un métier n'est ici nécessaire. Chacun pourra donc s'adonner à la coupe du bois, à la chasse ou à la fouille de ruines anciennes sans avoir à faire un choix entre seulement deux activités. Encore une fois, cette partie demandera un investissement en temps conséquent afin de progresser dans une profession donnée. Si, comme nous, ce genre de mécanique vous rebute, sachez qu'elle est loin d'être indispensable, durant la phase de levelling tout du moins.

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MMO oblige, on ne peut pas couper à une importante partie Artisanat © Smilegate

Est-ce que Lost Ark est un jeu pay-to-win ?

Cette question a été très (TRÈS) souvent posée dans le canal de discussion général durant nos aventures. Et la réponse est quelque peu à nuancer. Pour notre part, mis à part l'achat du Pack Fondateur pour un accès assuré à la bêta fermée et dont le contenu ne sera actif que lors du lancement du jeu en 2022, nous n'avons pas déboursé un seul centime dans la boutique en ligne.

Free-to-play oblige, il existe bien entendu des mécaniques que les plus réfractaires pourraient appeler pay-to-win. Le premier élément qui nous vient en tête est l'Aura Cristalline, qui fait office de service d'abonnement Premium mensuel chez de nombreux autres MMO gratuits. Celle-ci offre fatalement quelques menus avantages, comme un voyage rapide gratuit ou des temps d'attente réduits. Rien de scandaleux pour autant, tant le coût du voyage rapide s'avère en réalité faible ou la réduction du temps d'attente, légère. En phase de test durant la bêta fermée, l'Aura Cristalline devrait également voir ses avantages réduits au lancement du jeu, à la suite des retours de la communauté.

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La fameuse Aura Cristalline, le service Premium mensuel de Lost Ark © Smilegate

Autre élément un tantinet pay-to-win : les avantages apportés par les animaux de compagnie. Si, contrairement à la version coréenne, ceux-ci ramassent automatiquement le butin sans bourse délier, certains avantages, comme un inventaire consacré ou des bonus, demandent une activation. Celle-ci s'opère via les cristaux, la seule monnaie que l'on ne peut obtenir que contre de l'argent réel. De plus, ces avantages ne pourront être activés que pendant un mois et demanderont de repasser à la caisse le mois suivant. Encore une fois, cette option donnera un léger avantage à celles et ceux sortant la carte bleue, mais en réalité, elle permettra uniquement d'arriver plus vite au niveau maximal afin de débloquer le contenu endgame.

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Pour débloquer le plein potentiel de son compagnon, il faut payer tous les mois ! © Smilegate

Enfin, la boutique en ligne du jeu offre un large choix d'éléments à acheter contre des cristaux, mais ceux-ci relèvent principalement de l'ordre du cosmétique. Nous mentionnions cependant des éléments à collecter comme des cartes, et la boutique permet justement d'acheter des paquets de cartes. L'achat n'octroie cependant qu'une seule carte par paquet, et l'on ne saura qu'à l'ouverture de celui-ci quelle carte nous avons obtenue, et de quelle rareté. Gacha, quand tu nous tiens…

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La boutique en ligne propose principalement des éléments cosmétiques, mais pas que... © Smilegate

Lost Ark : nos premières impressions

Sous tous rapports, Lost Ark semble être un mélange particulièrement équilibré entre un MMO coréen et un hack'n slash, et emprunte véritablement aux deux genres. Autant dans leurs aspects positifs que négatifs. La progression se veut donc fatalement assez répétitive, et un nombre d'activités annexes à donner le tournis pourra occuper celles et ceux que ça intéresse des heures durant.

Heureusement, cette répétitivité est sauvée par l'un des gameplays hack'n slash les plus percutants du genre et par une histoire principale qui sait nous tenir en haleine grâce à certains passages particulièrement épiques. Ceci mélangé à un aspect gestion de notre propre forteresse et d'une flotte de navires plutôt bien amenée offre ainsi à celles et ceux attirés par ce genre d'élément une agréable échappatoire à la progression principale.

Malgré son modèle économique free-to-play, Smilegate a l'air d'avoir fait de véritables efforts afin de proposer une formule correspondant au public occidental. Fatalement, certains éléments payants apporteront un confort indéniable, mais toutefois pas indispensable.

En somme, il s'agit là d'un premier contact avec l'Occident particulièrement prometteur. Dommage qu'il faille attendre encore des mois alors que cette bêta fermée se montrait déjà particulièrement solide en matière de latence et de performances, et qu'elle était de surcroît globalement dépourvue de bugs bloquants. Quoi qu'il en soit, vivement 2022 pour se perdre des dizaines (centaines ?) d'heures durant à la recherche de l'Arche perdue !

Modifié le 11 novembre 2021 à 12h30

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