Darkest Dungeon II : un accès anticipé qui ne retient pas ses coups

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Darkest Dungeon II : un accès anticipé qui ne retient pas ses coups

JVFR

Presque 6 ans. Voilà depuis combien de temps les joueurs de Darkest Dungeon attendent fébrilement une suite à l'acclamé titre de Red Hook Studios. Mais leur patience est aujourd'hui partiellement récompensée, puisque le bien nommé Darkest Dungeon II s'est lancé en cette fin octobre en accès anticipé sur l'Epic Games Store. À l'instar de son ancêtre, il devrait beaucoup changer et évoluer durant cette période de développement et de retours de la communauté, mais voici malgré tout notre preview de ce que le RPG sans pitié a déjà en réserve.

Et autant vous dire que si certains éléments du premier opus sont sans surprise de retour, le studio canadien a fait énormément d'efforts pour que les vétérans n'aient pas l'impression de jouer à Darkest Dungeon 1.5, tant sur le fond que sur la forme.

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« Ah shit, here we go again »

Vous pensiez qu'avoir affronté et battu les adversaires du Darkest Dungeon après des centaines d'heures de jeu dans le premier opus allait vous assurer la victoire sur les forces du mal ? Vous êtes bien naïf. Dans Darkest Dungeon II, le monde est en ruines, les survivants se comptent sur les doigts d'une main de lépreux, et votre chariot avec lequel se déplacent vos 4 héros est porteur de - littéralement - la dernière flamme d'espoir de l'humanité. Si celle-ci s'éteint (avec le temps ou suite à des événements fâcheux), c'est la défaite. Même chose si vos héros meurent tous, bien entendu. L'objectif, à terme, est de survivre à différentes zones pour atteindre une lointaine montagne et la débarrasser de ses occupants maléfiques.

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Encore un charmant village

Comme dans le premier jeu, le niveau d'intensité de la flamme influence les statistiques des héros et ennemis en combats, mais impossible ici de la raviver simplement avec une torche. Il faudra profiter d'événements positifs sur son chemin pour lui redonner du panache, tandis qu'il faudra également faire son maximum pour faire baisser une jauge de « loathing » (l'accès anticipé est en grande partie proposé en français, mais quelques traductions manquent encore à l'appel), sous peine de se retrouver submergé par trop de monstres trop puissants.

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Et si je parle de chemin et de chariot, c'est bien parce que la structure de progression de Darkest Dungeon II a profondément changé comparée à celle du premier. Adieu le village où rentrer entre chaque expédition dans un donjon représenté sous la forme de cases (ce système d'exploration me manque, d'ailleurs), ici il faudra diriger son véhicule à chevaux sur une route à plusieurs embranchements (enfin, essayer, car l'inertie heureusement un peu paramétrable du véhicule est atroce). Impossible de ne pas penser à Slay the Spire et autres rogue-like du genre, puisqu'il faudra choisir entre combats avec potentielles récompenses, soins, zones à événements, tours de guet pour connaître les prochaines zones…etc.

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Attention à la cupidité cependant, puisqu'il faudra tenter de survivre aux combats prévus et embuscades surprises jusqu'à la prochaine auberge pour se soigner et améliorer ses personnages et le chariot, tandis que des boss protégés par plusieurs vagues de créatures se dressent évidemment sur la route. Le chemin jusqu'à la montagne s'annonce long et il faudra fort probablement de nombreux essais pour y parvenir.

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The Flame in the Mood

Parmi les événements qu'il est possible de croiser durant l'aventure, deux méritent spécialement d'être mentionnés. Les temples, tout d'abord. Ici vous aurez à choisir l'un de vos héros et revivre une scène de son passé (soit via un texte soit via un combat unique) afin de débloquer une nouvelle compétence (quand dans Darkest Dungeon il fallait l'acheter en ville). Cette partie où la narration et la mise en scène sont spécialement mises en avant est une très bonne idée, car elle permet de varier les plaisirs et de s'attacher un peu plus à ses héros voués à mourir. On apprécie également les événements où il faudra décider comment interagir avec des survivants pour récupérer des ressources, des objets ou raviver la flamme. Les membres de votre troupe proposent chacun leur souhait, et c'est à vous de décider qui suivre. Cela pourra alors rapprocher ou éloigner les membres en (des)accord.

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Le passé du bandit : tout d'abord, sortir de prison

Car l'une des autres nouveautés de Darkest Dungeon II, c'est que désormais chaque pair d'aventurier possède sa relation propre. Au fil des péripéties en combats et en dehors (événements aléatoires, objets à utiliser à l'auberge…), une jauge va se remplir dans un sens positif ou négatif, et à terme une relation d'amitié ou de haine peut naître. Une riche idée sur le papier, mais qui va cependant demander un peu de travail d'affinage aux développeurs. Non seulement les différents types d'amitié ou de haine ne sont pas clairs (comme les afflictions ou vertus, vous me direz), mais surtout cela nuit trop aux combats.

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Maxence et Nerces, il va falloir discuter :(

Trop souvent, une action va générer une réaction positive ou négative d'un membre du groupe envers un autre et casser le rythme. Combien de fois en seulement quelques heures de jeu un de mes aventuriers s'est moqué de ou s'est plaint auprès d'un autre de lui avoir volé son kill alors que tuer un adversaire devrait simplement être positif pour tout le monde ? La réponse ? Trop. Mais rien qui ne puisse être amélioré et corrigé durant l'accès anticipé heureusement.

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Cet écran d'aide n'est vraiment pas de trop

Un jeu dur uniquement sur l'EGS : un rêve pour les masochistes

À la surprise d'absolument personne, Darkest Dungeon II est un jeu très difficile et qui n'est pas là pour vous ménager. Les monstres (le bestiaire est d'ailleurs déjà composé de nombreuses nouvelles créatures) tapent fort, la jauge de santé mentale se remplit très vite (et engendre des dégâts physiques en plus d'une affliction quand elle est pleine) et la moindre erreur se paye cash. Mais c'est bien entendu le souhait des développeurs, d'autant que désormais un run perdu ne l'est pas totalement.

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Dans cette suite, le joueur possède un niveau de compte à faire progresser simplement en jouant afin de débloquer de nouveaux objets, traits et classes (au nombre de 9 dans l'accès anticipé, dont un personnage inédit). Une bonne nouvelle pour les joueurs qui aiment avoir une carotte pour avancer et ne pas être submergés d'options dès le début, mais moins pour ceux qui veulent pouvoir jouer tout de suite avec tous les outils. Notez d'ailleurs en passant que vous ne pourrez pas vendre vos objets en surplus contre l'une des monnaies du jeu : il faudra les jeter, heureusement contre de l'expérience pour votre niveau de compte.

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Non mais regardez moi ces effets de lumière !

Concernant les combats, à quelques différences près, ils ressemblent beaucoup à ceux (solides) du premier jeu. On retrouve donc du tour par tour à 4 cases contre 4 cases, où il faudra bien placer ses aventuriers pour profiter au mieux de leurs capacités. On appréciera cependant l'apparition d'une frise qui affiche l'initiative des personnages. Autre changement, les objets actifs à charge (bandages, eau bénite…etc.), à utiliser précédemment à la volée ou en dehors des combats, doivent désormais être équipés par les héros afin de leur donner une 5ème capacité, gratuite si utilisée en premier. Enfin, certains éléments semblent avoir disparu pour simplifier un peu la formule, comme l'apparition de buff après un coup critique. Même chose pour la personnalisation des héros d'ailleurs, puisqu'ici une capacité ne peut être améliorée qu'une fois à l'auberge et que seules les breloques pour améliorer les statistiques sont de retour.

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Enfin, impossible de ne pas relever le changement visuel opéré. Si la direction artistique sombre, hallucinée et hallucinante du premier Darkest Dungeon est heureusement toujours là, de nombreux éléments sont désormais en 3D. Et, de manière assez étonnante, cela fonctionne à merveille. La moindre animation, et notamment les préparations d'attaques, les attaques ou les événements entre personnages sont un véritable plaisir pour les yeux, m'incitant à pousser de petits cris de contentement à chaque fois. Le boulot abattu est hallucinant et il faut le voir en action pour le croire, et ce n'est pas le toujours solide narrateur qui viendra gâcher la fête pour les sens qu'est Darkest Dungeon II.

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Darkest Dungeon II : nos premières impressions

Il va me falloir beaucoup de volonté pour ne pas relancer Darkest Dungeon II en attendant sa version 1.0. Cette suite en est une vraie, tant certains systèmes centraux du premier opus ont été modifiés, affinés, ou tout simplement supprimés. Quelques nouveaux éléments vont demander encore un peu de travail d'équilibrage évidemment, et d'autres mériteraient peut-être de revenir, mais en l'état le jeu est déjà solide et bluffant à bien des niveaux, à commencer par son identité visuelle encore plus marquante que le premier jeu.

En plus de sa difficulté relevée, avec son nouveau système de progression, ce nouvel opus promet déjà une solide durée de vie, et nul doute que Red Hook Studios en a encore sous le pied. Les plus impatients peuvent donc retourner devenir fous dès maintenant, mais attendre au moins un peu d'équilibrage peut également s'avérer être une solution raisonnable. Reste désormais à voir si à terme cette nouvelle formule, qui s'avère peut-être un peu moins originale que la précédente à certains niveaux, fonctionnera mieux que celle du premier jeu, difficile à battre.

Darkest Dungeon II est disponible en accès anticipé sur PC en exclusivité sur l'Epic Games Store depuis le 26 octobre.

Modifié le 29 octobre 2021 à 09h10

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Darkest Dungeon II

  • PC

Date de sortie :

25 octobre 2021

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