Sony était vraiment opposé au crossplay sur PS4 et fait payer les studios utilisant la fonctionnalité

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Sony était vraiment opposé au crossplay sur PS4 et fait payer les studios utilisant la fonctionnalité

JVFR
© Sony

Pendant des années, Sony Interactive Entertainment a fait de la résistance concernant l'arrivée du crossplay au sein de son écosystème. Si le constructeur a fini par céder face aux demandes insistantes des joueurs, la décision s'est vraisemblablement faite dans le douleur.

Mise à jour du 4 mai 2021 à 13h50 :

Selon Tom Warren de The Verge, Sony ne souhaitait pas que le document relatif à ses politiques en matière de crossplay soit rendu public. Visiblement, le tribunal l'aurait mis accidentellement en ligne ce lundi. C'est également le cas pour l'email échangé entre le constructeur japonais et Epic Games (voir dans l'article ci-dessous). Voilà qui risque de faire parler…

Les informations suivantes ont été révélées par Epic Games à l'occasion de son procès face à Apple. Celui-ci a débuté ce lundi 3 mai 2021.

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Sony détestait le crossplay

Avant d'entrer dans le vif du sujet, rappelons que le crossplay est une fonctionnalité permettant aux joueurs de s'affronter en ligne sans prendre en compte leur support de prédilection. Par exemple, les utilisateurs PS4, Xbox One, Switch et PC de Rocket League peuvent tous se croiser sur les serveurs du jeu. Aujourd'hui, ce mode est en vigueur sur divers softs comme Fortnite et Minecraft (même s'il existe certaines restrictions selon la plateforme choisie). Mais Sony s'y est pourtant longtemps opposé...

Un document confidentiel révélé durant le procès entre Apple et Epic semble illustrer cette volonté de la marque japonaise de s'opposer au crossplay. Dans le cas de Fortnite, le vice-président d'Epic, Joe Kreiner, avait à l'époque tout tenté. Face à la fermeté de Sony, il aurait proposé « d'annoncer le crossplay conjointement avec Sony » afin de mettre l'éditeur nippon dans les bottes « du héros » lors de l'annonce. Fortnite souhaitait aussi assurer sa présence à l'E3 sous la bannière PlayStation et offrir un personnage exclusif aux abonnés PlayStation Plus pour renforcer le deal passé avec Sony.

Mais, une fois encore, Epic a essuyé un refus catégorique...

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Pas assez rentable...

Toujours sur ce même document, Gio Corsi, alors en charge des relations avec les développeurs tiers pour Sony, déclarait dans un email que « le jeu cross-plateform n'est jamais une simple formalité, qu'importe la renommée du jeu concerné ». Plus intriguant encore, Corsi poursuit son argumentaire en rappelant que le crossplay entre les différentes consoles n'est en aucun cas « bénéfique dans l'amélioration du business de PlayStation ». Mais, en 2019, Sony a trouvé la parade avec une stratégie qui devrait faire grand bruit.

En effet, le constructeur japonais impose un partage des recettes avec les studios qui souhaitent activer le cross progression (soit la possibilité de jouer sur PS4 et de poursuivre sa partie sur PC par exemple) sur leur jeu. Pour faire simple, Sony récupère une sorte de commission sur les achats réalisés par un joueur sur une boutique concurrente lorsqu'un certain pourcentage est dépassé. En gros, si une personne joue à Fortnite sur PlayStation, mais qu'elle achète majoritairement des contenus sur l'App Store, la compensation peut être activée par Sony.

Pour couronner le tout, le patron d'Epic Games affirme que Sony est le seul constructeur qui pratique une telle politique sur le crossplay.

Modifié le 12 octobre 2021 à 14h00

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