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Publiée le 07/02/2013 à 16:02, par Daniel

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Japan Game Center n°1 : Dragon Quest, l’Eden du Japon

C'est mon premier édito consacré aux jeux vidéo import sur jeuxvideo.fr. Faisons simple pour la première et parlons un peu du passé.

En l'an 2000, j'écrivais pour le magazine officiel Dreamcast sous le pseudonyme "Nathan". Je ne sais même plus pourquoi j'avais laissé momentanément mon nom de guerre habituel, Kamui, que j’avais rodé dans le magazine Player One. C'était une période assez riche en jeux vidéo japonais, juste après l’âge d’or de 97/98. Le net balbutiait encore. Shenmue était sorti quelques mois plus tôt mais la console de Sega plafonnait, malgré ses quelques hits et pas mal de coups de cœurs. Depuis le lancement incroyable de la PlayStation 2 et son million écoulé à la vitesse de l'éclair et ce, sans la moindre killer app, on sentait tout ce petit monde dans un timide entre deux. Et pourtant, c’est dans ce mouchoir de poche que déboulait l’artillerie lourde: Zelda: Majora's Mask, Final Fantasy IX et Dragon Quest VII, dit « Les guerriers de l’Eden ». C'est de ce dernier dont je vais parler aujourd’hui..

Dragon Quest 7 - PS1
C'était la dernière fois que Square et Enix allaient s'affronter blockbuster contre blockbuster. En fait, Dragon Quest a toujours gagné sur le terrain des ventes tandis que ses développements devenaient de plus en plus longs. Quand Squaresoft a démultiplié ses coûts en images de synthèse, nombres de CD, développeurs et testeurs, les Dragon Quest ont toujours su rester des entreprises à « dimensions humaines », presque familiales. Dragon Quest 7 a beau être le premier épisode en 3D, la team originelle ne dépassait pas la trentaine de personnes, à tout casser. Pourtant la série fichait les jetons à tout le monde. Yû Suzuki, le créateur de Shenmue a avoué à demi-mot que son jeu-phare a été bouclé en quatrième vitesse car Dragon Quest 7 venait de se faire retarder encore une fois.

La politesse des rois
Les retards et la ponctualité, c'était le gros problème de Dragon Quest. Cela explique que tout l'aspect technique du RPG est déjà falot avant même sa sortie, quasiment une génération de décalage à chaque fois. Et je vous dis ça après avoir passé 5 jours de jeu sur Dragon Quest 10 sur Wii, j’ai les yeux qui brûlent.

Annoncé en 1997 puis retardé et encore retardé. Square en était devenu chèvre et faisait tout pour que Final Fantasy 9 n’attaque pas de front Dragon Quest 7, le favori des bookmakers. Il y a même eu des publicités fin 98 où des japonais imploraient dans la bonne humeur, ils priaient les grands dieux pour que Dragon Quest 7 sorte l'année d'après.


Toute une époque...


Durant des mois, Square a joué à cache-cache avec son rival. Tant d’efforts pour rien car Final Fantasy 9 ne sortira finalement qu’un mois avant Dragon Quest 7 avec des ventes qui ont finalement tournées autour des deux millions d’exemplaires vendus. “Seulement”. A l’époque, il fut considéré comme un mini flop (sorti au top de la vista de la PsOne, Final Fantasy 8 reste à ce jour le Final Fantasy le plus vendu au Japon). Et dire qu’aujourd’hui, personne ne cracherait sur deux millions. Coup de chance ou presque, j’étais au Japon le jour où Dragon Quest 7 débarqua enfin. La queue dans la rue à n’en plus finir, sans doute une des dernières grosses files d’attente. Aujourd’hui, il y a internet, les réservations et on n’y fait la queue que pour des produits iPhone. Quoiqu’il en soit, j’avais mon exemplaire et une télé m’avait interviewé ce jour-là, sans doute parce que j’étais le seul gaijin de la file d’attente. Heureusement, c’était avant Youtube, car mes réponses de jeune fanboy étaient sans doute ringardes. Ce jour-là, il s’est vendu des camions entiers de Dragon Quest 7.

« Tu seras un homme »
Au final il aura fait pas loin du double de son éternel concurrent Final Fantasy. 4 millions, pépère. Et ce rapport de force a directement influencé l’équilibre du futur géant du RPG « Square Enix » au moment de la fusion. Dragon Quest 7 était de loin l’épisode le plus aride de la série, un cas unique de fresque RPG. Son modo disait déjà tout : le RPG où « l’on devenait quelqu’un ».

Dragon Quest 7
Extrêmement ambitieux, il s’étendait des plombes, d’après un scénario original épais comme plusieurs bibles alignées. Des PNJ à la pelle et bon sang tellement de donjons. Des dizaines de pièces de puzzle planquées dans le moindre pot. Démentiel ! C’est le RPG « à l’ancienne » le plus long de ma mémoire de gamer. 80 heures seulement pour l’histoire de base, sans terminer le donjon insoutenable de l’après-jeu. Tout y est décompressé jusqu’à l’usure. Moi qui boucle tout assez vite, j’étais servi. Mon ami me rappelait encore hier qu’il l’avait fini en 120 heures. Il est si gigantesque que l’idée d’avoir à tout retraverser un jour fait un peu peur. Apogée commerciale de la PsOne, Dragon Quest 7 est véritablement une épopée, au sens propre du terme.

Après un tel sommet, l’industrie japonaise connut un passage à vide. Les jeux de baston 2D ont connu une longue éclipse, la Dreamcast s’éteignit. Fini le petit bruit strident des VMU au démarrage de la console, adieu le blue blue sky (A écouter : http://youtu.be/a14tqUAswZU). Même Nintendo enchaîna quelques déconvenues avant de retrouver son groove. Basta l’an 2000.

2013. Dans une industrie nippone que tout le monde dit morne, Dragon Quest 7 débarque à nouveau sur 3DS. Beaucoup plus joli, histoire modifiée et un système de stèles bouleversé car on pourra désormais se les échanger par Street-Pass (génie !). Et une musique orchestrale sur portable, tranquille.

Bande-annonce #1 - Un trailer japonais


« Depuis, j’ai tellement envie d’y rejouer. En test bientôt ici, donc. C’est qu’il est long, Dragon Quest 7... »

Mais l’ironie, douze ans et demi après, c’est que l’original sur PlayStation était considéré comme un summum de son temps, la meilleure vente absolue tandis que l’autre ressemble à un vieux champion qui veut remonter sur le ring. Le Japon a comme un petit goût de Rocky Balboa pas désagréable.

Dans quelques heures, on sera fixé: Dragon Quest 7 3DS ne se vendra jamais aussi bien que l’original mais il va sans doute remettre de l’essence dans un marché grippé, après une année 2012 assez déplorable, particulièrement pour les Square Enix malgré quelques bons jeux ( Dragon Quest 10 Online, Bravely Default : Flying Fairy). Et finalement, comme ce marché fonctionne en boucle, il faut laisser passer l’orage pour voir un jour nouveau, quelque chose que le Japon sait particulièrement faire.

Dragon Quest 7
Dragon Quest 7
Dragon Quest 7


separateur sommaire a suivre


Le but de cet édito sera de revenir sur des points intéressants de l’actualité (et du passé!) du jeu vidéo japonais, toutes les deux semaines. Ce sera peut être des flashbacks insolites, des coups de cœur récents ou à venir venus de « là-bas ». Il y a pas mal de choses intéressantes à explorer, et pas seulement des histoires de lolitas à gros seins et aux cheveux bleus. Même si on ne peut pas faire l’impasse dessus non plus. Et puis si vous avez des idées de sujets qui vous tiennent à cœur et qui méritent un éclairage différent de celui des néons d’un restaurant japonais brochette-fromage, allez-y. Je lirais vos questions, que ce soit dans les commentaires ou directement sur mon compte twitter (lien http://twitter.com/kamuirobotics) et j’essayerais d’en alimenter cette rubrique que jeuxvideo.fr a la gentillesse de m’accorder. J’écris sur les jeux vidéo japonais depuis si longtemps que je crois qu’on peut dire sans rougir que c’est une vocation.

Dans mes articles passés sur jeuxvideo.fr, j’utilisais le pseudonyme « Nathan ». Désormais, je signerais, comme il est de coutume ici, par mon vrai prénom.

Daniel

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