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Test Xenoblade Chronicles (Nintendo Wii) : 8/10 sur JeuxVideo.fr



Sortie le 19 Août 2011 , Nintendo Wii

Les +

  • Aventure épique
  • Scénario classe
  • Sensation de monde vivant et cohérent
  • Le digne successeur de FFXII
  • La téléportation judicieuse
  • Musiques qui tuent
  • Un New Game+ très chouette
  • Un max de quêtes annexes
  • Un casting de voix génial
  • Un héros charismatique

Les -

  • S'y repérer dans les nombreuses quêtes
  • Ça piquera un peu les yeux par moment
  • Trop d'objets tuent les objets
  • IA trop simplifiée à l'extrême pour les techniciens du combat
La note de jeuxvideo.fr
8.0
incontournable
La note des internautes
9.1

(1020 votes)
Publiée le 19/08/2011 à 10:08, par Nathan

Test de Xenoblade : un joyau du RPG sur Wii est né

Test d'un RPG sur Wii véritablement exceptionnel. Son nom : Xenoblade !

Parfois, la vie, ça tient à peu de choses. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, Xenoblade aurait dû s'appeler « Monado ». Sage décision de ne pas appeler un jeu par le nom de l'épée du héros. On se demande si George Lucas aurait rencontré le même succès mondial avec « Sabre Laser : Un Nouvel Espoir ». En optant pour Xenoblade, Monolith Soft et Nintendo s'ouvrent un accès direct vers la classe et le cool qui résonnent, comme un réflexe pavlovien dans le cœur de tous les gamers.

Les 90's pour toujoursRetour au sommaire
Xenoblade
« Xeno », ça évoque tout de suite une des pages les plus importantes du RPG japonais, Xenogears, le jeu culte PSone dans sa quintessence, qui jouait sur les clichés et sur ce tout ce qui marchait à l'époque. Evangelion, philosophie, robots géants, religion et coups de pied dans les dents, tout s'y mélangeait avec une certaine maestria. Mais malgré ce mix d'anthologie et de bonnes ventes, ça n'a pas suffi pour convaincre un Squaresoft, se la jouant caïd aux gros bras à la fin des années 90, de faire une suite. Un clash des familles plus tard, Takahashi se retrouve à la tête de Monolith Soft pour qui il développe les controversés Xenosaga, découpés en de lancinants épisodes, dont on dira pudiquement, qu'au moins, ils ne manquaient pas d'ambition. Depuis, ils ont été rachetés comme à une braderie par Nintendo qui leur a fait bidouiller des petits jeux sans conséquence. De Disaster à Xenoblade, tout pourrait se résumer dans cette phrase.

Et l'histoire est, « comme d'hab » chez Takahashi, très travaillée. Il y a des milliers d'années, se sont affrontés deux géants. Le géant de pierre contre le colosse robotique. Et puis ils se sont encastrés là, et se sont encroutés comme des députés à l'Assemblée nationale et ont fini par se fossiliser. Du coup, des colonies multiraciales se sont installées dans les parties les plus hospitalières de leurs membres. Une jambe restée horizontale, un bras coupé et tombé dans l'étendue de l'océan, une fois recouverts de végétation sont des lieux d'habitation formidables. Mais ce n'est que tout récemment que la guerre entre les Homs (les humains, pour faire classe) et les Kishin, ces divinités mécaniques, a repris de plus belle. Les pauvres humains sont désormais régulièrement attaqués et se font dévorer par ces machines sans pitié. Dunban, un héros classieux comme seul les RPG japonais peuvent vous en sortir, s'est bien interposé mais, désarroi déjà roi, les machines sont plus fortes. Blessé, ce sera le jeune Shulk qui va hériter, un an plus tard lors d'une nouvelle vague d'attaque, de son épée laser surpuissante, la Monado.

Malgré ses efforts et le don de prémonition que lui apporte sa Monado, ça ne suffira pas. L'amie d'enfance, le genre de fille typique à balancer des sorts de soin pendant que le héros en est amoureux, va mourir dès le début du jeu. Ulcéré, Shulk va partir avec son autre pote d'enfance (mais bien vivant) se venger des maudits Kishin. Ils vont littéralement escalader la gigantesque structure du géant sur lequel ils vivent depuis des années. Et vu la taille du bestiau, ça tiendra plus de l'exploit que de la balade champêtre.


« Une équipe parfaitement équilibrée avec en plus un héros qu'on n'a pas envie d'exploser à la grenade, rien que ça, ça mérite la note maximale »

Le gigantisme, depuis Shadow of Colossus, c'est un des trucs les plus faciles pour rajouter de la mélancolie dans un jeu à peu de frais, encore plus que la musique lente au piano et le héros taciturne sous la pluie battante. L'homme face à la solitude, aux plaines étendues, à une puissance qui le dépasse... tous ces ingrédients font en général bon ménage. Dans Xenoblade, une carte (un schéma du corps du colosse) marquera votre avancée. La première fois qu'elle s'affiche, le fan de RPG ne peut s'empêcher de lâcher un petit « Woow », le râle de plaisir du gamer immergé dans une aventure dantesque.

Mais l'autre succès de l'entreprise Xenoblade, ce sont ces personnages. Shulk sort d'un drame mais ne baisse pas pour autant les bras. Il ne sombre pas dans la dépression, le mal le plus partagé par les personnages de RPG nippons. Mieux, il parle. C'est le poing serré qu'on regarde les séquences, plus cool (encore !) les unes que les autres, invoquant ce qui se fait de plus classe dans le genre « Shonen ». Un détail qui ne trompe pas, c'est le soin de Monolith Software apporté au choix des comédiens. Dunban, doublé par Ryô Horikawa alias Vegeta, va croiser le fer avec son nemesis interprété par Norio Wakamoto, récemment starisé dans le rôle de Nobunaga dans Sengoku Basara de Capcom et idolâtré pour sa prestation en tant que... Cell. Ce n'est pas un hasard. Tout est fait pour nous rendre les personnages classieux, même l'inévitable petite mascotte qui a le bon goût de ne jamais venir faire « niah » en gros plan pendant une séquence émotion. Une équipe parfaitement équilibrée avec en plus un héros qu'on n'a pas envie d'exploser à la grenade ; rien que ça, ça mérite la note maximale.

Bande-annonce #4 - Lancement du jeu



L'esprit « Meuporg »Retour au sommaire
Et pour le système, Monolith Soft ne s'est pas gêné pour faire un pot-pourri du meilleur de Final Fantasy XII mélangé à quelques coups de cutter inspirés du XIII. Révolutionnaire en 2006, on est presque en terrain connu dans cet assemblage un peu fou de MMORPG et de J-RPG traditionnel, celui qui procure cette sensation de « Sekaikan » comme disent les Japonais : impression d'évoluer dans un monde persistant, qu'on pourrait presque toucher. Pas de changement d'échelle pour les combats, pas de coupures ; des plaines à visiter à la force des cuissots de ses héros, on baigne dedans. Et puis il y a ce côté très « organique » à rencontrer, pour le meilleur et souvent pour le pire, des monstres dix fois plus balaises que les moutons mutants qu'on vient juste d'éviscérer. Un paquet de gros dinosaures ou de géants vous inciteront à revenir faire un tour quand votre niveau d'expérience sera décent.

Xenoblade Chronicles
Mais Xenoblade ne se contente pas de reprendre une recette. Les coups se donnent automatiquement à la FFXII. Mais attention, impossible ici de programmer la manette pour aller se faire un bol de chocolat chaud pendant que ça tue le boss. Il faut constamment aviser, réagir. Et mieux ne vaut pas compter sur l'I.A. qui se résume en 3 ordres. « Attaquez ma cible », « Venez, on se casse » et le fameux « Chacun fait ça comme il veut, à la bien » qu'on déclenche via un combo de boutons. On est loin des Gambits de Final Fantasy XII, mais vu qu'il n'y a plus de points de magie, les personnages n'agissent pas de manière agaçante, à utiliser une cosmo-nova qui vide sa jauge de magie pour tuer un bête mouton mutant dans un pré. Non, les persos secondaires s'occuperont même de vous secouer si le héros est groggy.

Le fameux pouvoir de prémonition de Shulk agit aussi durant les combats. Il le préviendra quand l'ennemi balancera une attaque décisive ou mortelle dans un petit ralenti stylisé en noir et blanc. Une barre de temps s'affichera alors, vous indiquant quand le monstre lâchera la purée qui va vous dégommer vos mecs. Une dizaine de secondes, c'est largement assez pour déclencher un bouclier ou se remettre de la vie. Ou même contre-attaquer. L'autre idée radicale, c'est d'avoir supprimé complètement les objets de soin. Ni potion, ni plume, le réveil d'un personnage mort se fera en utilisant une part de sa jauge de combos. Cercle vertueux ou vicieux, utiliser son attaque combinée ôte momentanément toute chance de résurrection. Il faudra être sûr de son coup, et pour ça, il est nécessaire d'apprendre à canaliser un adversaire. Ça commence par le renverser après l'avoir bien démoli, puis lui avoir fait perdre conscience avec la technique adéquate. Pour obtenir ce résultat, il faut bien gérer ses « Arts », ces fameuses techniques qu'on peut utiliser à volonté, mais qui se rechargent doucement. On prend le pli assez vite de les déclencher méthodiquement à chaque combat. Et puis, pas d'inquiétude, les gredins peuvent vous la mettre à l'envers aussi.

Xenoblade Chronicles
Xenoblade Chronicles
Xenoblade Chronicles
Xenoblade reprend toutes les idées de gigantisme de FFXII jusque dans les combats


Le meilleur de sa générationRetour au sommaire
Menus, gemmes, skill, Xenoblade se la joue aussi complet à ce niveau-là, tout pour faire la nique aux autres consoles. Les équipements se récupèrent par dizaines dans les coffres laissés négligemment par les ennemis. Un système de Kizuna viendra sanctifier les liens qui unissent vos personnages entre eux. Tuer un monstre rare, terminer des quêtes ou encore réussir un QTE simple et pas trop intrusif durant un combat, autant de moyens qui marchent pour serrer les rangs mieux qu'un meeting politique. À l'image de ces items destinés aux quêtes qui dégoulinent hors de votre sac, Monolith Soft a joué l'abondance des Noces de Cana. Entre la « collopédia » d'objets pour débloquer des gemmes bonus, un système de « Gem Crafting » et un système de skills croisés entre les personnages qui se débloquent au fur et à mesure des accointances, il ne restait plus qu'à Xenoblade de nous inviter à construire notre colonie. Colony 6 sera ce havre de paix que les Homs réfugiés feront évoluer grâce à vos quêtes accomplies. Optionnel devant l'Éternel, Xenoblade a la courtoisie de ne jamais nous imposer quoi que ce soit. Il propose même un système de succès propre qui ne reprendra pas à zéro au moment de commencer un « New Game + » alléchant, assez riche pour donner envie de tout refaire depuis le début, tout de suite après les 50-60h de jeu minimum. Tranquille.

« Et techniquement, alors ? » : c'est la question qu'on ne veut pas poser. Le bon fan de RPG, il sait mettre de côté cet aspect qui se traduit généralement en CG super belles qu'on reverra des dizaines de fois dans les bandes-annonces. Il y a 20 ans, on regardait le dos des jaquettes et les petites photos dans les quelques magazines de jeux vidéo présents dans les kiosques ; aujourd'hui le grand public se fiera à une pub TV bien goupillée. Finalement, tant mieux. Ce sont des joueurs qui n'ont pas mérité un Xenoblade segmentant, tout comme ils ont fait l'impasse sur Final Fantasy XII sur PlayStation 2, « parce qu'il n'est pas en HD ». Un parallèle de plus avec son auguste ainé : sortir un peu comme le bilan d'une génération passée. Certes, Xenoblade peut paraitre « momoche » par moment, un fait qui sera parfois secouru par une direction artistique convaincante. D'accord, les anim' sont parfois ridicules (ah, ce saut ringard). Ok, y a pas le même budget que pour FFXIII, mais il y a plus d'intensité dramatique dans une seule séquence bien balancée de Xenoblade que dans tout le méga-hit de Square Enix. Bon, et le framerate qui ralentit quand ça surcharge, d'accord. Heureusement, les amoureux de la musique RPG « made in épique » vont adorer. Des noms ! Yoko Shimomura, Yasunori Mitsuda, et puis ACE+ et Manami Kiyota. Une dream team qui, de Chrono Trigger à Xenogears en passant par Kingdom Hearts, nous a tant fait vibrer dans le passé et s'en donne ici à cœur joie. N'hésitant pas à varier les styles, la joyeuse bande excelle dans les pures scènes où, poussés dans leur dernier retranchement, les héros se dépassent pour se sauver et sauver les autres. Là, on serre le poing avec eux, on y croit. On a p'tet pas la HD, mais on est dedans quand même.

Xenoblade Chronicles
Xenoblade Chronicles
Xenoblade Chronicles


On se demanderait presque où est la patte Nintendo ; celle qui, de Fire Emblem à Mother, rend les rares RPG de l'éditeur si uniques. Cette patte, on la retrouve dans la générosité du soft. Générosité en XP qui dégouline à tout bout de champ. Des monstres, d'objets rares et de quêtes remplies, mais aussi dans chacune des nouvelles zones que l'on explorera. Et pourtant, le tout reste parfaitement calibré sans être trop difficile. Si l'on suit un flow de jeu normal, on est rarement aussi « ric-rac » pour tuer les boss que dans un Dragon Quest, où ils se terminent au dernier millimètre de HP du dernier héros resté en vie. Non, Xenoblade se la joue cool, tellement cool qu'il ne t'oblige pas à faire du « Marche avec Moi » mais à téléporter son équipe de zone en zone. À aucun moment ce n'est justifié par le scénario mais c'est comme ça. On imagine dans nos rêves les plus fous (ou bizarres) l'ombre d'Iwata planer au-dessus de l'épaule de Monolith Soft pour leur lâcher une bonne parole du genre « vous allez quand même pas gaver le joueur à refaire ces kilomètres de marche en montagne en sens inverse ?! ». Bien sûr, à force d'être trop généreux, on se loupe parfois, comme avec ces centaines d'objets qui ne servent qu'aux quêtes annexes, à ces coffres laissés par les monstres qu'on aimerait oublier s'ils ne contenaient pas parfois quelques puissantes armes. Comme les bonbons, un excès trop radical fait mal aux dents et c'est cette surabondance qui finit par ennuyer le joueur qui sera obligé de trier bêtement ces items à l'utilité contestable. Mais à part ce tout petit incident de parcours, Xenoblade reste droit dans ses bottes, fidèle à ses promesses et ses ambitions de « jeu dont on se souviendra ».

Xenoblade Chronicles
Xenoblade Chronicles
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Difficile de juger de la portée d'un jeu beau mais sans HD, proposé à la Wiimote alors qu'il se joue bien avec le pad à l'ancienne, au fond du canapé, dans le noir pour mieux vivre ses cinématiques. Xenoblade, c'est l'efficacité d'un RPG façon années 2000, mâtiné d'un savoir-faire Nintendo pour couper les poils qui dépassent. Xenoblade offre tout simplement ce que les autres se refusent de faire depuis des années. Un jeu pas simplement cool, pas seulement une aventure réussie, mais un tout, avec un système qui reprend ce qu'il y a de meilleur chez les autres en étant de surcroît généreux en nouveautés. Xenoblade est juste un RPG authentiquement culte, vibrant, qui va rester collé dans les synapses. Parole de gamer.

gif : petite Flèche orange
Test réalisé à partir d'une version japonaise. La version finale propose les voix anglaises et japonaises, et des textes à l'écran affichés en français.

Xenoblade Chronicles
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