Certains jeux connaissent un parcours sinon chaotique, du moins hésitant. Warhawk est de ceux-là : initialement présenté comme le porte-étendard de la SixAxis et critiqué, à raison, pour son flagrant manque d’ambition, le titre développé par Incognito n’a pas connu une glorieuse entrée en matière. Récemment délesté de son mode solo et définitivement réorienté vers le online, Warhawk a encore tout à prouver. Incognito a-t-il su redresser l’assiette ?
Faucon, mais vrai jeu.
Warhawk avait de quoi susciter la crainte d’un échec cuisant : amputé de sa dimension solo à peine cinq mois avant sa sortie sur le PlayStation Network, celui-ci aura laissé planer le doute quant à la qualité de sa finition. Ces derniers mois ont du être particulièrement mouvementés et éprouvants pour les développeurs d’Incognito. Accouché dans la douleur, Warhawk a le mérite d’avoir éviter le
crash de fort belle manière.
C’est dans sa version téléchargeable que nous avons pu décortiquer le titre d’Incognito, en attendant sa commercialisation sur Blu-ray, toujours prévue pour le 26 septembre. Après une courte attente (le jeu pèse un peu moins de 800 Mo) et une installation en vitesse, nous voilà donc accueillis par un menu tout en sobriété. Le dépouillement affiché par celui-ci pourra d’ailleurs heurter la sensibilité des joueurs peu familiers des champs de bataille virtuels. En effet, les deux principaux modes nous sont dévoilés abruptement : « En Ligne » et « Parties Locales », soulignés des traditionnelles « Options ». Le plus petit espoir de pouvoir s’échauffer en solitaire vient donc s’échouer contre l’austérité de ce menu, duquel transparaît d’ailleurs très clairement la coupure nette et franche qu’a subi le jeu.
C’est donc vers quelques parties en ligne que nous nous dirigerons, histoire de mitrailler illico dans le vif du sujet. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce Warhawk accueille d’ores et déjà une large communauté de joueurs, comme en témoignent les nombreux serveurs mis à disposition par ces derniers. En effet, aux côtés des serveurs officiels classés, en bleu, apparaissent en blanc les parties créées par des joueurs. Celles-ci nous proposent de nous joindre à des affrontements certes, plus modestes, mais néanmoins aussi fluides et disputés. Chaque serveur affiche, comme il se doit, le mode de jeu en vigueur (Death Match, Death Match en équipe, Capture de drapeau et Zones), le nombre de joueurs connectés et sa capacité d’accueil (jusqu’à trente-deux joueurs tout de même !), la carte sur laquelle se déroule la partie et, enfin, le
ping ou, autrement dit, le temps de latence moyen constaté sur le serveur. Mais trêve de descriptions, voyons maintenant ce que ce Warhawk a dans le ventre avec, pour commencer, notre vidéo exclusive de
gameplay.
Vidéo Exclu #3 - Gameplay
Vidéo Exclu #3 - Gameplay
Je n’aime guère la guerre …
… mais Warhawk a su me convertir au militarisme virtuel sur console. Disons le tout de suite : le titre d’Incognito a du punch et le bon goût d’accueillir les joueurs consoles en douceur. En effet, ces derniers auront le plaisir de découvrir un jeu qui pourra leur paraître presque familier, car très ouvert et bien pensé pour le support console. Ainsi, les environnements sont vastes, très vastes mêmes, et proposent de nombreuses solutions, qu’elles soient individuelles ou collectives. Les développeurs nous offrent ainsi la liberté d’engager le combat selon plusieurs approches : bien entendu, le nouvel arrivant optera spontanément pour la démarche « perso », histoire de se familiariser avec la jouabilité du titre et les possibilités offertes. Mais le chien de guerre solitaire, porté par l’appât du
frag, peut également faire le choix de se joindre à la meute (tout particulièrement en Death Match par équipe) et d’élaborer des stratégies de groupes. Ainsi, Warhawk n’est pas de ces jeux qui condamnent irrémédiablement les guerriers solitaires à l’inefficacité et à la mort, mais de ceux qui autorisent aussi la chasse en solo.
Une volonté plus manifeste encore lorsque l’on explore les champs de bataille, truffés d’armes lourdes et autres véhicules en tout genre. Ainsi, l’arsenal mis à disposition dépasse de loin l’équipement de notre personnage, par ailleurs déjà assez conséquent (arme de poing, fusil d’assaut, lance-flammes, lance-roquettes, fusil sniper etc.).
Batteries de DCA, tourelles lance-missiles et mitrailleuses sur pied jalonnent les aires de combat, au même titre que jeeps, tanks et Warhawks, ces fameux chasseurs au
design retro-futuriste. Tous ces éléments animent de manière explosive les champs de bataille qui prennent véritablement vie sous les assauts des nombreux joueurs les peuplant. Car, rappelons-le, trente-deux soldats s’employant avec acharnement à éradiquer l’adversaire, sillonnant le terrain à pied, à quatre roues, à chenilles ou dans les airs, se battant bec et ongles pour la domination des différents avant-postes jalonnant les
maps (cinq pour le moment, proposées selon plusieurs configurations), voilà qui assure le spectacle.

Un festival pyrotechnique favorisé par une jouabilité simple et intuitive. Les commandes sont ainsi intelligemment pensées et résolument orientées vers le plaisir le plus immédiat possible. En effet, ces dernières peuvent être résumées assez brièvement : saut, tir, jet de grenade et sélection de l’armement, pour un personnage à pied. Les véhicules ne sont pas en reste et proposent une conduite souple et accessible. Ces derniers peuvent d’ailleurs être pilotés à l’aide de la reconnaissance de mouvements de la manette, fonctionnalité qui, rappelons-le, a longtemps été présentée comme le centre névralgique de Warhawk. Dès lors, celle-ci offre-t-elle la plus value de sensations si largement vantée par Sony ? Pas vraiment. Jeeps et tanks ne profitent absolument pas de cette fonctionnalité qui a même tendance à rendre la conduite imprécise et énervante. Cependant, le pilotage des Warhawks se révèle un peu plus attrayant. Certes, un léger temps d’adaptation sera nécessaire, mais, sitôt acquise la maîtrise de sa sensibilité si particulière, la reconnaissance de mouvements offre un plaisir de jeu à part. Pour autant, elle ne saurait supplanter l’utilisation traditionnelle de la manette qui garde la primauté en termes de précision et manœuvrabilité, capital lorsqu’il s’agit des réaliser des actions offensives. Car c’est ici que la jouabilité au SixAxis trouve vite ses limites : les
dogfights se révèlent tout bonnement impossibles à tenir et accrocher une cible jusqu’à son élimination relève de l’exploit. Dommage car les sensations de pilotage sont bien présentes.
Le ramage se rapporte-t-il au plumage ?
Reste enfin à achever notre bilan sur la dimension technique du titre d’Incognito. Celui-ci s’en sort avec les honneurs, d’autant qu’il n’occupe que 800 Mo sur le disque dur de la console. Graphiquement, Warhawk n’est certes pas une merveille de finesse, mais l’ensemble reste propre et sobre. D’aucuns pourront peut-être lui reprocher un excès de sobriété qui vire parfois à l’austérité : le titre ne s’accorde que très peu de fantaisie avec de très rares effets de chaleur, de fumée ou autre
shaders, ainsi que des textures assez dépouillées. Attention cependant : Warhawk reste un jeu beau, agréable à l’œil, mais évidemment en-deçà de ce que l’on est en droit d’attendre d’une PlayStation 3. Simplement, les développeurs d’Incognito ont su le parachever pour en faire un titre bien fini et économe, dans le but évident de préserver sa fluidité.
La démarche est ainsi intelligente et efficace. Trente-deux joueurs s’affrontant dans des
maps gigantesques, des véhicules, des tirs de mitrailleuses, de roquettes, de DCA, un vrai festival guerrier et aucune chute de
frame-rate. Tout s’enchaîne merveilleusement bien et l’on oublie bien vite le relatif dépouillement visuel du jeu. Des aspects autres que la qualité graphique du jeu mérite peut-être plus de réserves : on pense notamment à l’animation des personnages à la limite du grotesque, ou encore à quelques archaïsmes comme la possibilité de traverser les arbres. On pourra également tiquer sur la discrétion de la bande-son qui, même si elle souligne tout en nuances certains moments forts des combats, aurait pu apporter encore un peu plus de souffle au titre d’Incognito. Enfin, on pourra reprocher à cette version téléchargeable un DRM assez contraignant : le jeu est ainsi lié à un compte utilisateur et ne peut être installé que sur un total de cinq machines. De plus, une fois lancé sur une autre machine, l’utilisateur devra attendre vingt-quatre heures avant de pouvoir jouer sur une autre PS3. Reste que ces quelques petits reproches ne viennent pas entacher la qualité globale de Warhawk qui se présente comme le premier titre d’action totalement orienté vers le multijoueur en ligne sur la console de Sony. Une réussite, assurément.
Conclusion
Après un développement chaotique, on peut affirmer que Warhawk revient de loin. Entièrement dédié au jeu en ligne, le titre d’Incognito transforme l’essai avec panache et constitue indéniablement une bonne surprise. Avec ses
maps riches et vastes pouvant accueillir jusqu’à trente-deux joueurs, sa jouabilité intuitive et accessible et son
gameplay particulièrement bien pensé pour le support console, Warhawk saura vous captiver jusqu’à enchaîner partie sur partie. A trente euros ça ne se refuse pas !
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