Né d'une sorte de pari sur la rentabilité d'un tel projet, Victoria II doit voir le jour avant la fin de l'année en exclusivité sur PC. Dans leur fief de Stockholm, nous avons eu l'occasion de longuement discuter avec les concepteurs de Paradox Interactive qui nous en ont présenté une version encore largement en développement, mais déjà très complète. Mis entre parenthèse durant presque sept ans, le XIXe siècle, sa révolution industrielle, ses mouvements sociaux et ses empires coloniaux reviennent donc au travers d'un jeu de gestion / stratégie au potentiel impressionnant. Impressions.
Sur le papier, Victoria II a tout pour devenir la nouvelle référence du genre
Ne tournons pas autour du pot, Victoria II est - comme nombre de titres Paradox - destiné à ce que l'on appelle un marché de niche. L'incroyable richesse de son
gameplay implique forcément un investissement de la part du joueur et ne peut donc être pleinement compatible avec la notion de grand public. Il ne faut cependant pas se laisser impressionner et depuis que Paradox développe des jeux de gestion / stratégie, le concept s'est affiné, de même que l'interface qui est l'un des éléments clefs de cette suite de
Victoria : Un Empire En Construction.
L'unique vidéo de Victoria II actuellement disponible : une « simple » bande-annonce
Victoria II est effectivement basé sur le dernier moteur mis au point par Paradox et déjà utilisé sur Europa Univesalis III puis
Hearts Of Iron III... Être la licence la moins porteuse du studio suédois a au moins cet avantage :
le moteur est maintenant bien maîtrisé par les développeurs qui semblent parvenus à un titre autrement mieux optimisé. Du coup, la navigation sur la carte du monde - au cœur d'un jeu de
grand strategy - se fait de manière beaucoup plus confortable et l'utilisation du zoom est autrement plus souple.
De la même manière,
l'interface profite d'une impressionnante refonte qui n'élimine évidemment pas le problème du nombre d'options disponibles (c'est aussi ce qui fait la force du jeu), mais rend l'ensemble beaucoup plus digeste. Paradox a effectivement généralisé l'utilisation des icônes afin de montrer les choses beaucoup plus directement au joueur. Les informations sont de ce fait plus accessibles alors que de multiples bulles d'aide sont toujours là pour compléter les choses, pour apporter le surcroît de précision parfois nécessaire.
Sur le fond, Victoria II est évidemment très proche de son ancêtre. Il s'agit donc toujours de
prendre en main n'importe quelle nation du monde pour la conduire de 1835 à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale. Ce « n'importe quelle nation » donne au final le choix parmi plus de 200 pays et permet d'obtenir des parties radicalement différentes : les objectifs et les moyens de les accomplir n'auront rien de commun selon que l'on décide de partir avec la toute puissance britannique, la dynamique Belgique ou le très en retard Japon qui attend l'Ère Meiji pour prendre son envol.
Dans les faits en revanche, Victoria II se distingue nettement du jeu de 2003... En sept ans, les développeurs ont eu le temps de revoir une grande partie des mécaniques de jeu, afin de rendre l'ensemble plus logique, plus accessible, mais également plus réaliste. Le système politique de notre nation dépend ainsi d'une sorte de chambre haute qui empêche le joueur de faire tout et n'importe quoi : il s'agit ici de
traduire l'inertie de la population d'un état. Impossible par exemple de promulguer une succession de lois impopulaires sans en subir les conséquences.
Qui dit grand strategy, dit également beaucoup de gestion, mais l'interface profite d'une refonte réussie
Cette « astuce » (les régimes politiques n'ont pas forcément de chambre haute) doit permettre à Paradox de retranscrire la tension sociale d'une époque qui fût celle du capitalisme roi, mais aussi celle de
l'émergence d'idées comme le socialisme. Des théories qui ont impact direct sur les orientations économiques (laissez-faire, capitalisme d'état...) et donc sur le développement du pays. Prenons le cas d'une nation adepte du laissez-faire : celle-ci se refuse à subventionner quelque industrie que ce soit et, en temps de paix, nombre de secteurs peuvent s'en trouver affecter (l'armement par exemple). Sitôt que la guerre menace d'éclater, les choses deviendrait critique pour une telle nation, qui risquerait fort d'être moins bien préparée.
L'aspect diplomatique doit encore être peaufiné, mais là aussi, Paradox a décidé de revoir sa stratégie afin d'éviter les problèmes de pays mineurs qui s'aventurent sur de lointains continents.
Un système de sphère d'influence est à l'étude alors que la notion de grande puissance (les huit nations « de tête ») devrait prendre de l'importance : pour certaines actions, il faudra appartenir à ce collège de nations... Il resterait encore beaucoup à dire sur ce jeu de
grand strategy qui - sur le papier - a tout pour devenir la nouvelle référence du genre : un moteur bien rodé, un large éventail d'actions et des parties de longue haleine sont les atouts principaux d'un jeu que l'on va surveiller de près d'ici à sa sortie fixée, pour l'heure, au troisième trimestre 2010.
D'anciennes captures tirées d'une version très largement modifiée depuis
Publié le Lundi 8 Fevrier 2010 par Nerces