Non contents d'avoir défiguré Autobots et Decepticons en cherchant à jouer la carte du réalisme clinquant, Michael Bay et Steven Spielberg se sont sentis obligés de monopoliser à nouveau des milliers de salles de cinéma pour nous infliger Transformers : La Revanche. Quand un bon film se voit adapté en jeu vidéo le résultat est déjà rarement probant. Alors quand il s'agit d'un nanar 100% matière grasse dont le scénario, la mise en scène et la plastique confinent à la nullité la plus totale, il y a du soucis à se faire ...
On s'en souvient (ou pas), Traveller's Tales s'était vu confié la réalisation du premier opus. Une production maigrement financée, peu de temps pour la mener à bien, le studio californien ne pouvait pas vraiment compter sur des conditions de travail idéales.
Malgré le désir de bien faire perceptible manette en mains, Transformers premier du nom fut un demi-échec. Deux ans plus tard, c'est au tour de Luxoflux, déjà à l'oeuvre sur Kung-Fu Panda ou Shrek 2, de reprendre la main.
Dans un premier temps, ce deuxième volet se montre très proche de son prédécesseur. Deux campagnes jumelles, Autobots et Decepticon, un
gameplay sans grande finesse, une progression découpée en divers objectifs et une réalisation somme toute correcte. Pourtant,
il apparaît assez vite que Luxoflux a cherché à se démarquer du travail de Traveller's Tales sur de nombreux points. A commencer par le
gameplay qui tente d'aménager une petite marge de progression en apportant deux ou trois subtilités.
Transformers : La Revanche : Vidéo-Test de Transformers : La Revanche
« Un gameplay qui, au fond, reste beaucoup trop bourrin pour se montrer captivant »
A l'aide de quelques combinaisons de touche, notre géant de fer - Autobots comme Decepticon - peut désormais réaliser des sauts à toute vitesse, deux types d'attaques éclaires à la suite d'une transformation ou encore user d'une caractéristique qui lui est propre (bouclier, régénération, etc.). De plus un mode
Overdrive peut-être déclenché un court instant pour bénéficier d'une invincibilité couplée à une force de frappe décuplée.
Ces nouvelles possibilités offrent un peu plus de dynamisme et incite le joueur à faire preuve d'un certain style lors des combats. Pour autant, ces apports restent mineurs et ne transcendent jamais un
gameplay qui, au fond, reste beaucoup trop bourrin pour se montrer captivant. Il s'agira donc une fois encore de marteler une seule touche au corps à corps - chaque mécha ne disposant que d'un seul enchaînement de coups - et d'alterner entre les deux armes disponibles à distance.
Le système de lock désastreux du premier opus a heureusement été abandonné au profit d'une vue centrée sur le personnage et laissant au joueur le soin de calibrer ses salves. Une petite assistance vient encore faciliter la manœuvre rendant les joutes à distances beaucoup plus jouables que ne l'étaient celles du précédent volet. L'utilisation des pétoires est toujours limitée par leur surchauffe, de quoi inciter le joueur à varier son offensive entre armes principale et secondaire. Mais une fois encore cette petite restriction n'apporte pas beaucoup plus de complexité à l'action.
Quelques exemples de Decepticons : des modèles 3D de qualité
De plus, malgré de nouvelles possibilités offertes au joueur, Luxoflux a malheureusement tiré un trait sur bon nombre d'interactions avec le décor : notre colosse ne peut plus se saisir d'objets comme projectiles ou armes de mêlée improvisés. Pourquoi un tel choix ?
Entre nouveautés mineures et inexplicables césures, le gameplay de ce deuxième épisode ne vole donc pas bien plus haut que celui de son prédécesseur. On imagine aisément que la volonté présidant à cette approche consistait surtout à ne pas trop encombrer les acheteurs compulsifs grisés par le film (sic) de trop de subtilités.
« Tout comme son prédécesseur, Transformers : La Revanche affiche des modèles 3D d'une belle complexité »
Bref un exutoire somme franchement limité mais qui a tout de même le mérite de ne pas faire trop mauvaise figure en terme de réalisation. Tout comme le premier volet, Transformers : La Revanche affiche des modèles 3D d'une belle complexité s'agitant et se transformant avec grâce. De ce point de vue le travail fournit par Luxoflux s'avère satisfaisant.
On se montrera moins élogieux au sujet des décors, souvent ternes et pauvres. Quant à la physique nous n'avons pas vraiment noté d'évolution depuis le premier volet : spectaculaire certes mais pas crédible pour un sous. Dommage, en insistant sur ce point les interactions avec le décor auraient apporté un peu plus d'épaisseur au titre.
Du point de vue de la progression, là aussi il y a eu du changement.
Exit le monde semi-ouvert mis en place par Traveller's Tales, Transformers : La Revanche se veut une succession de missions principales et secondaires accessibles depuis un globe les répertoriant. Si Luxoflux a eu la bonne idée de graduer la réussite de chacune d'entre elles avec l'attribution de médailles, points de campagne,
energon (énergie requise pour l'évolution des Transformers) et objectifs secondaires, leur enchaînement s'avère malheureusement assez rébarbatif.
La faute à des objectifs redondants : défourailler la faction adverse, escorte, sauvetage, protection de zone. Et c'est à peu près tout.
Enfin on ne peut pas dire que la mise en scène entre deux missions donne franchement envie de passer à la suite. Certes,
le film original est un actioner bien lourdaud mais si l'ambition du titre consiste à drainer les spectateurs satisfaits (mais qui sont-ils ?!) il eût peut-être été plus intelligent de jouer la carte de l'immersion. Au lieu de ça le joueur doit se contenter de petites conversations entre Autobots ou Decepticons, parfois amusante mais rarement suffisante pour ressituer l'enjeu des missions. Pour finir, le jeu en ligne s'avère anecdotique : pour un titre comme Transformers l'intégration du multijoueurs relève plus du passage obligé que d'un ajout pertinent.
Conclusion
Cela va sonner comme un couplet rabâché maintes et maintes fois mais à qui pourrions-nous décemment conseiller Transformers : La Revanche si ce n'est aux accros de l'univers posé sur pelloche par ce gros bourrin de Michael Bay et suffisamment fortunés pour consentir à un investissement de soixante euros ? Personne. Le titre de Luxoflux n'est rien d'autre qu'un produit dérivé un peu paresseux. Reprenant quelques-uns des acquis laissés par Traveller's Tales tout en essayant d'apporter deux ou trois nouveautés sans grande envergure, Transformers : La Revanche ne surprendra personne. Un titre passable.

Modélisation et animation de qualité

Physique spectaculaire

Gameplay légèrement rénové

Décors ternes et pauvres

Bourrin et rébarbatif

Quelques abandons dommageables

Très peu de mise en scène
Ce jeu vous intéresse ? Retrouvez-le dans le Comparateur de Prix
Comparer les prix de Transformers : La Revanche sur Xbox 360
Comparer les prix de Transformers : La Revanche sur PlayStation 3
Publié le Mercredi 1er Juillet 2009 par Virgile