Après des Chroniques de Riddick surprenantes (dans le bon sens du terme), les développeurs suédois de Starbreeze Studios rempilent en s'attaquant à une autre licence, nommée The Darkness. Derrière ce titre bien ténébreux qui débarque sur consoles nouvelle génération, se cache un univers de comics (bande dessinée américaine) noir, violent qui nous plonge à mille lieues de notre réalité, tout en nous proposant de vadrouiller dans une ville de New York plutôt effrayante. Va-t-il réussir à nous offrir une expérience unique et envoûtante, ou bien s'essouffle-t-il rapidement après les premières heures de jeu ?
Le Jackie show
Tout d'abord, le comics n'étant pas ultra-populaire en France, il semble évident de commencer sur l'origine de l'univers. The Darkness est né en 1996 de l'esprit de Marc Silvestri, également auteur de Witchblade, une série d'ailleurs bien liée à The Darkness, ne serait-ce de par certains « cross-overs » (histoires regroupant des héros appartenant à des comics différents). Cet univers, c'est celui de Jackie Estacado, un jeune homme ayant quelques liens avec la mafia, qui voit sa vie changée radicalement à l'occasion de ses vingt et un an. Sans en dévoiler trop sur l'histoire, disons que notre protagoniste principal se retrouve « aidé » par une puissante entité maléfique nommée le Darkness. Cette dernière lui confèrera certains pouvoirs surnaturels comme celui d'invoquer des alliés, le fait de pouvoir envoyer un échantillon rampant du Darkness explorer les horizons parfois inaccessibles au héros, celui de pouvoir déplacer de gros objets via une tentacule, de briser les sources de lumière, etc. Mais avant toute chose, accrochons-nous à notre siège et partons avec le tout début de The Darkness grâce à la vidéo ci-dessous :
Visionner notre vidéo Press Start Partie #1 - L'entrée des Ténèbres
Une petite brise tard de Starbreeze

Après cette entrée en matière pour le moins alléchante à la mise en scène impeccable, digne d'un GTA diront certains, rentrons dans le vif du sujet. Ne nous laissons pas amadouer par cette ambiance réaliste et mafieuse, car le titre de Starbreeze fait dans la « sombre-attitude » avec des décors nocturnes, souvent glauques et ombragés... Et même lorsque les lumières de la ville gêne l'avancée du Darkness (ce dernier perd son pouvoir en étant trop proche des sources lumineuses), il suffit de tirer dessus ou de donner un coup de tentacule pour se retrouver dans l'ombre et retrouver toutes nos facultés destructrices. Vous l'avez compris, le nom du jeu n'est absolument pas anodin, ou plutôt, les développeurs ont bien compris la dimension « sombre » (au sens propre comme figuré) de la série de Silvestri. The Darkness ne tourne pourtant pas non plus du côté d'un survival horror ou d'un jeu gore à outrance : les moments de frayeur sont très rares (même si cela dépend bien sûr de la sensibilité de chacun) et l'option « gore » désactivable (bien qu'activée bien sûr par défaut), confirment ce jugement. On se retrouve donc plus avec un jeu d'aventure bien gratiné d'action plutôt que d'un fps pur (sous-entendu bourrin), au sens généralement admis.
On se balade souvent en métro, à flâner en toute liberté entre les arrêts, à parler aux divers passants (plus ou moins démonstratifs et bavards), à passer quelques coups de téléphone... Tout ceci nous conduit à une sensation de jeu presque « Shenmue-iesque » (titre culte de Sega) : on peut se tromper d'arrêt ou de direction, faire un petit don à des jeunes danseurs de hip-hop (ce qui les encourage d'ailleurs à nous montrer de quoi ils sont capables), jouer au bonneteau, récupérer des numéros de téléphone distillés partout dans les zones à visiter. Ces petits coups de fil sont des petites récompenses qui n'ont pas un grand intérêt intrinsèque, mais valent finalement vraiment le détour, d'autant que les dialogues sont souvent délicieusement humoristiques et satyriques. Petit exemple en images avec cette vidéo exclusive :
Visionner notre vidéo Exclu #1 - Quand on arrive en ville...
Plus fort que le Loch Ness, voici le Darkness
La première moitié de l'aventure est exceptionnellement prenante et tripante, notamment du fait de son rythme en deux temps. The Darkness joue en effet habilement sur deux tableaux (celui du FPS et celui de l'aventure) en jonglant entre scènes intenses de tir (« gunfight » pour les intimes) et des moments plus calmes d'exploration avec du recueil d'informations à la clé. Le joueur suit donc le rythme de l'épopée de Jackie, en parcourant des lieux faisant la part belle aux effets d'ombre et lumière. La bande son est vraiment impeccable doublages en anglais et musique), qui colle à l'émotion du moment : bien « punchy » et « rock » pendant les combats et plus calme pendant les temps morts... Et n'oublions pas la vue à la première personne (d'où le rapprochement avec le genre FPS -
« First Person Shooter »-) : l'immersion est vraiment totale. Mais Jackie ne sera pas seule dans cette épopée car, comme nous l'avons rapidement évoqué plus haut, il est possible d'invoquer des Darklings (sortes de larbins démoniaques). Il y a en quatre types : le Massacreur, le Mitrailleur, le Kamikaze et le Tueur de Lumière. Chacun possède sa petite spécialité : le Kamikaze peut exploser des ennemis ou éléments bloquant (et lui-même par la même occasion !), quant au Tueur de Lumière, il s'occupera principalement de détruire les sources lumineuses.
Visionner notre vidéo Press Start Partie #2 - Les pouvoirs des Ténèbres
Les armes, tout comme les phases de FPS, sont assez classiques, mais suffisamment efficaces pour nous satisfaire. Pistolets, revolvers, mitraillettes, fusil automatique, fusil d'assaut, fusil antiémeutes ou fusil tactique : l'arsenal type d'un bon tireur est présent. En réalité, ce sont surtout les pouvoirs du Darkness qui ajoutent du piment aux phases d'action, et nous permettent par exemple une attitude plus proche de l'infiltration (avec l'ombre rampante par exemple). Tout ceci parvient à créer une expérience de jeu originale, vraiment enrichissante pour peu qu'on adhère à l'univers. Certains passages ont vraiment tout pour être cultes, et le souci du détail de certains passages... qui ne laisseront pas de marbre la plupart des joueurs (même si la sensibilité et l'émotivité est un bien propre à chacun). La partie qui suit, justement, montre bien cette facette plus sensible et plus fine de The Darkness, avec des détails au niveau de l'interactivité vraiment croustillants...
Visionner notre vidéo Exclu #3 - Avec Jenny
Des tâches blanches sur un tableau noir

Une aventure de qualité donc, bien mise en scène et globalement bien réalisée, tripante et originale... mais qui n'est pas sans défaut. La durée de vie, qui avoisine la dizaine voire la quinzaine d'heures (en fonction de votre capacité à flâner dans les décors, le niveau de difficulté, votre précision, votre inspiration, des missions annexes...) est dans la moyenne. Malheureusement elle n'est pas vraiment rallongée par un mode multijoueur, certes présent, mais très (trop) classique. « Deathmatch », « Capture The Flag », « Survivor »... rien de bien novateur, que ce soit en ligne ou en liaison multi-consoles. Le pire, c'est que l'ensemble n'est pas toujours fluide lorsque l'on est en ligne. Espérons, que ce problème est dû à la jeunesse du service multijoueur. Rappelons en revenant rapidement sur le mode solo, que la durée de vie paraît souvent courte lorsque le jeu est prenant et que les missions ne sont pas vraiment délimitées en niveaux (seuls quelques cinématiques et des petits monologues qui masquent les chargements coupent l'aventure). Et franchement, on est souvent tenté de flâner et donc de perdre du temps... Une durée de vie donc difficile à jauger et qui diffèrera en fonction des joueurs ; sachant qu'il est aisément imaginable de revenir au moins une deuxième fois car une seule sauvegarde n'est gérée et il est impossible de lancer un niveau précédemment réussi.
Autre rang des quelques déconvenues, on note que certains passages du mode aventure sont assez corsés ou avec une ligne à suivre peu explicite. Le rythme du jeu qui alterne phases de gunfight intenses et phases calmes d'exploration, séduira autant qu'il divisera. Quelques inégalités au niveau de la réalisation sont aussi visibles : les rues de la ville font vides par rapport au métro plutôt bien vivant et rempli, certains personnages que l'on rencontre sont vraiment crédibles, d'autres le sont bien moins... quant aux interactivités avec les éléments du décor, elles sont elles aussi bien inégales (on peut regarder et exploser une télévision, mais pas certaines caisses, etc.). Enfin, dernier point négatif, l'adaptation paraîtra pas à 100% fidèle pour les gros fans de The Darkness : le héros semble par exemple globalement un peu trop lisse et « gentil » par rapport à la série. Mais rien de rédhibitoire au demeurant, rassurez-vous ! Comme c'est le cas pour bon nombre d'adaptations de comics (notamment celles sur grand écran), on garde sensiblement l'esprit de l'oeuvre originale et on l'ajuste au support, aux goûts actuels, etc.
Visionner notre vidéo Exclu #2 - Gameplay
Conclusion :
The Darkness est une fois de plus une très bonne surprise sortie des studios de Starbreeze, comme cela a été le cas avec Les Chroniques de Riddick. L'immersion et la qualité de l'expérience « next-gen » qui nous est proposée, lui confèrent une aura plus « jeu d'aventure-action » qu'un FPS purement bourrin. Malgré ses quelques faiblesses de « jeunesse », The Darkness a tout pour conquérir les adeptes de jeux sombres et prenants.

L'univers immersif, prenant et assez fidèle

Le souci du détail

Le début exceptionnel

Certains côtés "shenmue-iesque" de l'aventure

Pouvoirs du Darkness

Environnement sonore de haute-volée

Certains éléments vont toucher des joueurs en plein coeur

Un rythme et un univers qui diviseront

Multijoueur peu intéressant

I.A. bête mais assez précise

Certains éléments inégaux (rues de la ville vides alors que métro plein, persos parfois crédibles ou non, interactivités...)

Certains passages galères
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Publié le Jeudi 5 Juillet 2007 par Damien