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Test Tales Of Graces (Nintendo Wii) : 8/10 sur JeuxVideo.fr



Les +

  • Des personnages qui grandissent
  • Une histoire très bien menée
  • L'efficacité Tales of à son maximum
  • La richesse de jeu habituelle "Tales of"
  • Gestion intéressante des Titres
  • Le jeu DS ! gratuit !

Les -

  • DLC payant honteux, comme d'hab'
  • Des murs invisibles. Partout !
  • Techniquement moins beau que Vesperia
  • Quelques chargements, mais ça passe
La note de jeuxvideo.fr
8.0
tres bon
Niveau d'attente
des lecteurs de Jeuxvideo.fr
Elevé
(Attendu par 99% des lecteurs)
(82 votes)
Publiée le 19/02/2010 à 14:02, par Nathan

Test de Tales Of Graces : enfin un excellent RPG sur Wii !

« Tales of », c'est un label primeur d'un RPG, fraicheur garantie, 100% naturel. Que des épées, de la magie, du bon sentiment, avec de l'entrain, de la cuisine et même de jolis dessins animés pour en mettre plein la vue. Une recette qui dure et qui marche.

Du cliché tu vas avoir

Révolutionnaire il y a une décennie pour son mélange d'orthodoxie et de combats orientés action, la série des « Tales of » occupe et domine désormais le créneau du J-RPG traditionnel. On serait même tenté de dire par manque de concurrence, chaque nouveau Dragon Quest suivant un rythme quasi bissextile. Les Tales of proposent méthodiquement les mêmes éléments distinctifs du genre, déclinés année après année. Ce qui compte, c'est que la sauce prenne : un monde heroic fantasy un peu passe-partout, où le héros et ses camarades vont exalter la justice et l'amitié. S'ajoutent quelques petites subtilités d'écriture plutôt mature où il est parfois question de problème raciaux « car, tu vois, les hommes-loups, ils ont un cœur tout comme nous », ou classique avec le chancelier qui prétextera un conflit frontalier pour chiper la couronne de son roi et lancer une guerre massive (il faut toujours se méfier des chanceliers dans les RPG). Tales of Graces bascule plutôt dans la deuxième solution, mais avec un certain panache.

Comme à chaque fois, il y a un thème dont la traduction fait plutôt sourire. Celui de Graces donne quelque chose de ronflant du genre « RPG où l'on recherche la force de protéger ». Sans rire. Mais tout s'explique par le héros. Asbel est l'ainé de la famille Lhant, un châtelain qui dirige avec justesse son comté. Ce dernier fonde de grands espoirs en son fils dont il espère qu'il prendra dignement sa succession. N'ayant manqué de rien, le jeune garçon est un idéaliste rêveur qui va un jour faire la rencontre d'une jeune fille mystérieuse qu'il appellera Sophie. Véritable cliché vivant du J-RPG, elle a des cheveux violets qu'elle porte comme Sailor Moon et des vêtements vaguement suggestifs. Mais elle est renfermée. Du coup, elle s'exprime un peu comme un robot. Heureusement, les autres enfants lui apprennent un peu la vie. Elle agace déjà Cheria, la petite-fille du majordome des Lhant, dont on devine les sentiments réprimés envers Asbel. Derrière, plus timide et renfermé encore, il y a Hubert, le frère cadet d'Asbel. Lui aussi n'est pas vraiment très clair, car il nourrit un vrai sentiment d'infériorité vis-à-vis de son frangin. Il reste Richard, un jeune prince en devenir, qui accompagne les autres mômes lors de leurs vadrouilles champêtres.

Même enfants, les personnages de Tales of Graces sont écrits de manière assez fine et subtile. Certes, ils ont un peu l'air d'avoir été piochés dans la grande machine à fabriquer aléatoirement de l'heroic fantasy de Namco Bandai, mais l'alchimie entre ses gosses fonctionne bien. Et c'est quand on commence à les apprécier, c'est-à-dire assez vite, que survient l'inévitable évènement assez grave. Ne comptez pas ici sur un spoiler, désolé. Mais ce sera un électrochoc pour Asbel qui, résolu, part s'engager à l'Académie militaire de la capitale pour devenir un vrai chevalier. Adieu le projet qui visait à reprendre la boite de Papa, il vit son Oedipe à fond. Il veut être libre. C'est décidé, il va chercher à posséder la force de protéger les siens. La fameuse thématique du début, la clef de voute de Tales of Graces.

Tales Of Graces
Tales Of Graces
Tales Of Graces
De l'enfance à l'âge adulte, l'ambiance reste assez enjouée


On s'était dit rendez-vous dans 7 ans

Saut générationnel. Paf, sept ans dans la gueule. Asbel termine tout juste ses classes. Il est presque un adulte. Mais la donne a changé. L'amitié, ça se cultive, et lui n'a pas été fichu de revenir chez lui une seule fois en un septennat. Même pas une lettre, rien. La famille, chafouine ; l'amitié, envolée ; les haines refoulées, exaltées ! Le saut dans le temps, c'est la plus efficace des vieilles recettes RPG depuis Dragon Quest V et Phantasy Star 3 pour donner du liant, de l'émotion. Il y a chez Tales of Graces le plaisir très « Facebookien » de retrouver ses amis qui ont grandi, qui ont changé de pays, de travail. Ainsi, même si on ne sait plus trop pourquoi on se bat, au moins on joue quand même pour retrouver tous ses vieux contacts. Heureusement, les inévitables conflits entre royaumes vont nous rappeler qu'il faut sauver notre terre natale.

Tales of Graces arrive au moment où Vesperia est encore frais dans les mémoires. Complet, précis, Vesperia a vu son aura magnifiée par l'absence de vraie concurrence HD. Sur Wii, Tales of Graces profite aussi d'être le seul debout sur le champ de bataille. Parmi les plus ressemblants, il y a bien eu le deuxième Tales of Symphonia, pas très flamboyant et à l'intérêt limité si on ne s'est pas farci le premier sur Gamecube. Il y a eu aussi Arc Rise Fantasia de Marvelous Entertainement, qui ressemble à s'y méprendre à un Tales of (normal puisqu'il est le fruit d'un débauchage intense du Namco Tales Studio). Une expérience intéressante et toujours inédite en France. Bref, on a fait le tour de la question, Graces a intérêt à balancer du petit bois sinon les possesseurs de Wii vont faire la gueule.

Tales Of Graces
Tales Of Graces
Tales Of Graces
Les combats ne dépayseront aucun habitué


La routine

Techniquement, on n'est malheureusement pas sur console HD, donc la Wii fait avec les moyens du bord. Les gueules des personnages sont très soignées en rendu 2D, mais on sent tout de suite que ça va être délicat dès qu'il s'agira de faire un peu de finesse, les expressions faciales, le mouvement des doigts, les drapés des costumes, etc. Du coup, Tales Studio a choisi la meilleure solution : tendre vers l'expressionnisme. Les mouvements, les attitudes sont un peu exagérés, les contrastes sont plus marqués que d'habitude. À défaut d'une débauche technique, ça vit, c'est coloré, ça bouge. Les corps s'expriment. Mais un joueur sortant de la réalité cel-shadée de Vesperia risque de trouver l'emballage 3D un peu laid. Et pourtant, Tales of Graces ne mérite pas d'être snobé sur ce simple critère.

Tales Of Graces
Comparé à ses confrères, Tales of Graces le sera tout le temps, souvent bêtement comme les concours de qui fait pipi le plus loin en colo. Car au final, la carrosserie brille et la finition est travaillée. Le design d'habitude assez infantile d'Inomata Mutsumi trouve un nouveau souffle avec le passage générationnel. Le productif Motoi Sakuraba, placardisé co-compositeur (forcé de donner dans les mélopées tristounettes avec Resonance of Fate), laisse entrapercevoir - telle Cindy Lauper - ses vraies couleurs. Oui, ces ritournelles enjouées et dynamiques fleurant bon le Tales of. Traditionnel à mort, toujours, on retrouve aussi l'inévitable système de cuisine aux algorithmes simples du genre « pâte + tomate = pizza ». En plus de l'expérience, vous pourrez vous attribuer des titres qui servent enfin ! « Apprenti magicien », « chevalier dézingueur » et autres titres pittoresques ne serviront pas que de décoration à vos fiches de personnages mais vous octroieront de précieux bonus constants. Les plus flemmards pourront bidouiller les menus pour que tout se fasse automatiquement. Auto ou manuel, c'est le B.A BA de l'offre des Tales of, que ce soit pour les systèmes ou les combats.

Vidéo #2 - Vidéo commentée par Nathan et Damien

Vidéo commentée par Nathan et Damien


Combats rapides, comme d'habitude

Tales Of Graces
Un Tales ne serait rien sans sa mécanique de combat bien rodée. Après une dizaine d'épisodes, on s'attend à avoir le traditionnel assemblage combats RPG/action. Toujours la même came ? Pas faux : rien ne ressemble plus à un Tales qu'un autre Tales, malgré les Star Ocean, Eternal Sonata et tous les cousins germains de la famille recomposée du combat semi-automatisé. Et pourtant, on s'aperçoit qu'il y a deux courants majeurs bien distincts dans Tales. Comme dans Ken le Survivant, ces deux écoles stylistiques se tiraient un peu la bourre jusqu'à ce que Namco mélange les cartes.

Mais pour un connaisseur, la traçabilité d'un Tales of est aussi évidente que celle du bœuf français. Le fan sait lire entre les lignes. Namco a beau avoir bougé les meubles ou avoir muté le producteur principal de la saga sur le dernier Blue Dragon DS (encore inédit en France), on peut dresser un portrait-robot de Tales of Graces comme un [logiciel:212058 arbre généalogique]. Alors que Vesperia était le fils naturel de l'équipe de Symphonia, c'est les traits de Tales of Destiny qu'on retrouve chez Graces. Ça n'a l'air de rien, mais ce schisme technique peut transformer en Saint Barthélemy chaque page de forum de fans, où chacun s'amusera à balancer sa liste de Tales préférés.

Alors quoi, Tales of Destiny et Graces, même combat ? Un peu beaucoup quand même. On y retrouvera même ce parfum assez agréable d'un jeu PlayStation 2. Les CC (Chain Capacity) font leur retour. Tels des points d'action, leur nombre détermine le maximum de combos que pourront enchainer vos personnages. Ils augmentent grâce aux armes, tranquillement. On retrouve aussi des Blast Calibur, soit des furies qui déclenchent les habituelles images bitmap de héros qui gueulent de façon classe. On pourra aussi faire des esquives à 360°, des parades, etc. Pas de réelle liberté de mouvement ni de véritable « free run » comme on dit chez les concurrents. Et puis il y a une jauge bicéphale, cette inévitable barre de limite qui promet des jolis combos une fois remplie. On ne perd alors plus de CC pendant quelques secondes et on se lâche. Jouissif.

Tales Of Graces
Tales Of Graces
Tales Of Graces
Et si on a un peu d'argent, on s'amusera avec les costumes


Tales fait sa (petite) révolution

Mais il faut savoir que chez Namco Tales Studio, il y a un mec à plein temps qui cherche et trouve des nouveaux sigles sexy pour définir les combats. Tales of Graces se bat sous la bannière du « SS-LMBS », Style [logiciel:208084 Shift] Linear Motion Battle System pour les intimes. Derrière ces termes criards se cachent deux mini-révolutions. Attention, il faut penser à l'importance d'un changement dans un Tales of, cette architecture qui n'a que peu changé jusqu'ici. Tout d'abord, comme dans FFXIII il n'y a plus de MP.

Tales Of Graces
Fini les points de magie. Une complexité en moins qui met un terme définitif à la frustration du lapin sauvage achevé par une cosmo-nova de la sorcière de l'équipe. Le bon truc pour arriver en rade d'énergie magique devant un boss. Cela vise aussi à automatiser la vie du joueur, pratique pour apprécier l'autre nouveauté : deux boutons d'action complémentaires. Un pour les coups physiques, l'autre pour la technique (qui a été un peu « normalisée » au passage, puisqu'on peut l'utiliser jusqu'à plus soif). Seuls les points de CC limitent un usage abusif des attaques. Fini le bourrinage, il faudra prévoir quand taper et quand refaire le plein, peinard dans un coin de l'arène. C'est véritablement un changement de style de combat pour le personnage qui devra se composer à deux boutons les meilleurs combos du monde.

L'avantage d'un Tales est toujours conséquent : pas besoin d'une expérience trigonométrique avancée ni de longues analyses façon Resonance of Fate. C'est du prêt à jouer par excellence, où tout est réglable ou automatisable ; très pratique quand on doit monter ses niveaux tout en faisant cuire le poisson pané du diner. Mais ce serait gâcher un peu le plaisir de mener son équipe, voire de passer de l'un à l'autre des personnages pour les tueurs qui viseraient à faire des vidéos complètement craquées de leurs exploits pour Youtube.

Entre capitalisme et gratuité

Le seul vrai service gratos de Namco Bandai au Japon a été celui du remplacement des DVD. Les premières séries sorties d'usine montraient de grosses failles logicielles. Pas cool, mais heureusement, cette réalité ne frappera pas la future sortie occidentale de Tales of Graces. En revanche, il y a d'autres raisons de repasser à la caisse. Tel un môme pris les doigts dans la confiote, Namco Bandai s'est fait une très mauvaise réputation sur Internet et au Japon pour sa politique en « Contenu téléchargeable ». Les mots du Démon. Comprenez par là « quelques lignes de code de bidules absolument facultatives qui vont cramer la carte bleue des fans ». Tales of Vesperia sur X360 a été cruellement surnommé « la version Beta » depuis que la version PS3 est disponible, avec plein de contenus supplémentaires dont un personnage, mais aussi avec encore plus de costumes de carnaval payant. De l'habillage de ses héros comme des poupées, aux niveaux d'XP consentis contre espèces virtuelles et trébuchantes, Namco Bandai veut que l'on repasse à la caisse. Au Japon, la dernière vague de costumes Vesperia basées sur des personnages connus (Katamari, Keroro Gunsô, Hatsune Miku) s'est vendue comme des petits pains. Déplaisante pratique qui nous fait aussi penser que ça fait cher la ligne de code. Et Tales of Graces n'échappe à cette rationalisation en pleine période de crise : pour s'habiller bien et être beau, il va falloir casquer.

Tales Of Graces
Mais le plus beau, c'est que derrière toute cette diatribe anticonsumériste vaguement engagée, on trouve un ilot de gratuité. « Le marchant Kamenin ». Derrière ce personnage à la carapace de Tortue Géniale qu'on retrouve aussi bien dans les grandes villes ou les petits villages, se cache un mini-jeu DS. La formule est simple : les anciens modèles, la Lite et la bonne vielle « tank DS » téléchargeront le soft directement à l'oeil depuis la Wii, tandis que la DSi pourra le garder ad vitam moyennant un coût de 200 points Nintendo. Pas cher, cousin ! Oh grosse surprise : il s'agira d'un donjon-rpg comme on en voit de plus en plus en France ! Le truc facile à bricoler. Un personnage, seul, qui descend dans des couloirs, des coursives, de grandes salles infestées de monstres. Après quelques niveaux et un boss, on remontera à la surface pour balancer ses exploits à bord de la Wii. Tout ça pour récupérer des objets qu'on cuisinera ou fusionnera. Depuis Final Fantasy VIII et son élevage de Chocobo via Pocket Station (le gadget PSOne qui n'est sorti qu'au Japon), on a rarement vu une aussi bonne définition du mot « facultatif ». Sans vouloir être défaitiste, « le marchant Kamenin » est typiquement le machin encombrant qui va se prendre le mur de la localisation en pleine poire.

Mais de toute manière, Tales of Graces n'a pas besoin d'artifices pour séduire. Sa durée de vie joue pour lui. Au-delà de son découpage théâtral en grands actes, il y a toute une flopée de quêtes, de cartes à collectionner, de fusions d'objets et de découvertes. Les gens qui jouent en boucle à Vesperia vous le diront, le vrai fun commence quand on est suffisamment fort pour faire valdinguer les boss cachés en zappant entre ses 4 persos (sur les 7 généralement disponibles), quand les mélanges alchimiques et culinaires deviennent exponentiels. Ces derniers temps, les quêtes sont zappées, parfois même transformées en après-midi de chasse, comme dans FFXIII. Tales of Graces joue la carte de la sympathie et de la convivialité. « Tu voulais de l'heroic fantasy, du mini-jeu, de l'aventure ? Bah tu vas en avoir ! » semble crier Tales of Graces, jusque dans notre Wiimote.

Conclusion

Tales of Graces ne présente aucune surprise majeure. Il part même avec des handicaps. Avant même sa sortie, il doit vaillamment se battre et supporter la rivalité d'une génération HD qui se la joue, de manière pas toujours justifiée. Mais Namco Tales Studio est sur des rails bien solides. Ils ont réussi à se créer une péninsule sur laquelle se rassemblent les fans déroutés par ces RPG aux pistolets laser et aux fusées cosmiques. Ils veulent du terroir. Heureusement, après 10 ans de recherche et de détermination, Tales of Graces consacre un peu plus l'avènement d'un style nouveau, un RPG « néo-classique ». Le plaisir dans la tradition, on signe.



Tales Of Graces
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