VideoTest de Super Mario Galaxy

Un Mario Carré !
Depuis deux générations, la sortie d’une console Nintendo n’est plus accompagnée de son traditionnel épisode de Super Mario. Remplacée poste pour poste lors du lancement de la GameCube par un Luigi’s Mansion sympathique mais trop convenu dans ses mécaniques de jeu pour n’être autre chose qu’un simple palliatif, la saga ne semble plus autant conditionner la destinée des machines griffée Nintendo. En effet, la Wii aura attendu une année quasi complète avant de voir débarquer Super Mario Galaxy et n’aura pas même profité d’un remplaçant sorti des studios de la maison mère. Signe d’un changement de politique de la part de Nintendo, la relative dégradation du statut de la série fait de Super Mario Galaxy un titre (presque) comme les autres dans la stratégie du constructeur. Bien sûr, peu de titre de la firme peuvent se targuer d’afficher Shigeru Miyamoto au Game Design Concept, Yoshiaki Koizumi en tant que Game Designer, Koji Kondo à la bande-son ou encore Satoru Iwata comme producteur exécutif, mais les faits sont là : Super Mario Galaxy n’a pas été mis en avant comme l’ont été ses prédécesseurs. Fort heureusement pour tous les joueurs élevés aux champignons, le replacement stratégique de ce nouvel opus n’a pas empêché Nintendo d’accoucher d’un véritable chef d’œuvre.



Le level-design de Super Mario Galaxy est à la fois dense et morcelé
Si l’illustre Super Mario 64 doit toujours son irrésistible force d’attraction à ses niveaux ouverts et, plus généralement, à la très large part faite à l’exploration, Super Mario Galaxy prend, quant à lui, une toute autre orientation et marque clairement son identité dès les premières minutes de jeu. Le titre est ainsi divisé en sept galaxies, elles-mêmes subdivisées en plusieurs planètes. Jusqu’ici rien que du très classique puisque ce déroulement non-linéaire est une caractéristique de la série depuis Super Mario 64. Toutefois, la distinction majeure entre Super Mario Galaxy et ses prédécesseurs se situe dans l’architecture des niveaux qui, d’ouverts et truffés de chemins de traverses, deviennent morcelés et beaucoup plus linéaires. Le joueur est-il gagnant au change ? Oui, contrairement à ce que peut laisser entendre le terme « linéaire ». Car ce parti pris de level-design intensifie grandement le rythme de l’aventure et densifie l’expérience délivrée par le titre, beaucoup plus diluée dans Super Mario 64. Ce dernier était ainsi marqué par un tempo beaucoup plus lent, propice à la flânerie, là où celui de Super Mario Galaxy est nerveux et haché. Un changement de style assez radical mais qui fait honneur à l’esprit d’innovation qui porte la saga depuis ses débuts.



Le jeu propose une bonne dose de variété dans l'utilisation du combo Wiimote / Nunchuk
Des étoiles plein les yeux

Comme le laisse transparaître notre VidéoTest, Super Mario Galaxy est non seulement une leçon de game design, mais aussi un vrai plaisir pour les yeux et les oreilles. Alors que se multiplient les titres bas de gamme sans identité esthétique ni qualités techniques d’aucune sorte, qu’il est bon de se laisser envoûter par un jeu parvenant à marier ces deux dimensions. Grâce l’utilisation intelligente d’effets de brillance, de transparence, de chaleur et de relief, l’univers de Super Mario Galaxy s’avère à la fois cohérent et palpable. L’atmosphère enchanteresse du titre de Nintendo doit ainsi beaucoup à cette convergence des efforts artistiques et techniques, mais pas seulement.



Oui, Super Mario Galaxy est beau, très beau même. Un exemple à suivre ...
En effet, les compositions de Koji Kondo donnent une épaisseur supplémentaire à cet univers. Grâce à la performance du Super Mario Galaxy Orchestra, les thèmes musicaux, anciens et nouveaux, prennent une ampleur inédite pour la saga. Les nostalgiques de Super Mario 64 seront d’ailleurs ravis d’entendre certains des thèmes marquants de cet illustre épisode réorchestrés avec brio. Bref, un Koji Kondo au sommet de son art alternant compositions enjouées, parfois grandiloquentes mais jamais pompeuses ; petites mélodies enfantines et amusantes ; et thèmes aux intonations dramatiques plus prononcées, tels celui accompagnant les planètes « Bowser » ou celui soufflant sur les affrontements dantesques entre notre minuscule Mario et son ennemi de toujours.
Conclusion
Super Mario Galaxy tient largement ses promesses. Il n’est d’ailleurs pas exagéré d'affirmer qu’il va même bien au-delà de tout ce à quoi nous nous attendions. A n’en pas douter, le titre de Nintendo constitue la réponse qu’attendaient tous les admirateurs esseulés de la firme de Kyôto, pas forcément très à l’aise avec sa nouvelle orientation. Et quelle réponse ! C’est simple, Super Mario Galaxy est le meilleur épisode de la saga, le meilleur jeu de plateformes de tous les temps et l’un des tout meilleurs jeux de cette décennie. Super Mario 64 a enfin trouvé son digne successeur. Une magistrale leçon de game design, une démonstration du potentiel technique de la Wii, bref un jeu exemplaire à tous les niveaux qui s’inscrit d’ores et déjà au firmament des plus grands titres de l’Histoire du jeu vidéo. Pour tout le bonheur que nous avons pris et prenons encore à découvrir ce titre, nous tenons à adresser un grand Merci à Nintendo.
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