Test de StarCraft 2 Heart Of The Swarm : Kerrigan est de retour
Après deux longues années d’attente, Blizzard s’est enfin décidé à lâcher Kerrigan pour le deuxième épisode de Starcraft II. Et Heart of the Swarm est encore une fois ce qu’il se fait de mieux en termes de STR, que ce soit en solo ou en ligne.
Blizzard est un développeur qui aime prendre son temps. Un peu trop même aux goûts de ses fans. Le développeur californien avait promis lors de la sortie de Wings of Liberty que les épisodes suivant les aventures de Jim Raynor sortiraient rapidement, environ tous les ans. En fait, il aura fallu plus de deux années pour mettre enfin la main sur cette première extension. Une attente qui en valait la peine puisque Heart of the Swarm est un jeu typiquement made in Blizzard avec une campagne solo de haute volée et un mode multijoueur ultra solide.
Souvenez-vous. Dans Wings of Liberty on suivait Jim Raynor, le Terran au cœur aussi grand que son amour du whisky, dans sa quête pour retrouver un artefact alien permettant de redonner à Kerrigan – à la tête de l’essaim – son humanité. Heart of the Swarm se déroule quelques semaines après la fin de Wings of Liberty. L’ancienne Reine des Lames est de nouveau humaine et consciente, mais elle n’a pas oublié sa haine envers Mengsk et désire plus que tout pendre l’empereur Terran à une corne d’Ultralisk. Et suite à un retournement de scénario aussi banal que prévisible, Kerrigan va décider de revenir au cœur de l’essaim Zerg pour assouvir sa vengeance. L’occasion pour le joueur de l’aider à reprendre la main sur des nuées désorganisées et à retrouver une partie de son pouvoir perdu après sa transformation. Nous voici partis pour suivre aux quatre coins de l’univers la très charismatique Kerrigan durant une vingtaine de missions et une bonne dizaine d’heures pour bouffer essentiellement du Terran.
Blizzard ne déçoit pas d’ailleurs avec cette campagne solo. Si sa structure reprend les bases du précédent épisode (possibilité de taper la discute avec des PNJ dans le QG, évolution de ses unités et choix de mission), il est ici question de Zergs et de mutations. D’une part, en réussissant les objectifs primaires et secondaires des missions, Kerrigan va gagner des niveaux d’expérience et acquérir de nouvelles aptitudes. Attaques puissantes, possibilité de réaliser des bonds, d’invoquer des unités alliées ou encore de soigner ses troupes, très vite la nouvelle Reine des Lames ressemblera plus à un héros mortel et multifonction d’un DotA-like qu’au « simple » Jim Raynor et ses mercenaires. D’autre part ce sont les unités Zergs elles-mêmes qu’on fera évoluer au sein du Léviathan, l’immense vaisseau organique Zerg servant de QG. Ici, on décidera de donner la capacité aux Cafards de pouvoir se déplacer une fois enterré ou d’augmenter leurs points de vie. Mieux, certaines missions spéciales de la campagne permettent de choisir des mutations constantes pour ses unités. Est-ce qu’on préfèrera avoir des Zerglings sauteurs de falaises ou décidera-t-on de les faire éclore en moins de trois secondes et par grappe de trois ? Cet aspect mutant de la race est parfaitement exploité et s’avère des plus plaisant pour les fans de la série et de l’univers en général.
La campagne en elle-même est sans franche surprise, mais maîtrisée de bout en bout. Missions d’attaque ou défense en temps limité, infiltration dans un vaisseau Protoss avec une larve de Reine, et même quelques boss-fights contre de « nouveaux » ennemis sont quelques-unes des joyeusetés de ce mode solo. Tout est extrêmement bien ficelé : les missions durent rarement plus d’une demi-heure, il n’y a jamais un temps mort et les traditionnelles cinématiques qui arrachent la rétine incitent à continuer et à découvrir la fin du jeu. Et ce, malgré la grande pauvreté du scénario et de la narration, finalement le plus gros point faible du titre. Dès la troisième mission on devine facilement tout ce qu’il va se passer ensuite et les interludes avec les PNJ présents sur le Léviathan feraient passer les dialogues de Die Hard 5 pour du Flaubert. Sans parler des relations entre Jim Raynor et Kerrigan aussi surfaites qu’une histoire d’amour des Ch'tis à Ibiza. Des défauts pardonnables tant cette campagne est plaisante à jouer, mais qu’on espère voir corrigés dans Legacy of the Void.
Du côté du mode multijoueur, là aussi Blizzard nous a gâtés. À commencer par la refonte complète de Battle.net. Beaucoup plus clair avec des menus désormais lisibles et instinctifs, de nombreuses options sociales y font leur apparition. On peut désormais rejoindre bien plus facilement des canaux de discussion liés à des sites web ou des communautés, trouver des joueurs ou des clans, rejoindre des parties de modes personnalisées via le menu arcade ou encore regarder des ralentis avec des amis. Des améliorations en apparence superficielles, mais qui étaient demandées de longue date par les joueurs et qui font enfin de Battle.net une plateforme de jeu utilisable par le commun des mortels. On notera également l’arrivée de nouveaux tutoriels pour mieux appréhender les parties multijoueurs. Apprentissage de build-orders, initiation à la micro-gestion et à la reconnaissance, importance de l’économie sont quelques-uns des sujets abordés dans ces missions d’apprentissage. Ce qui n’empêchera pas d’ailleurs de se prendre d’humiliantes taules une fois face à des adversaires bien humains.
Car les « vraies » nouveautés du mode multijoueur de Heart of the Swarm modifient considérablement la face des joutes en ligne. Sans rentrer dans les détails des nouvelles unités présentes (deux pour les Terrans et les Zergs et trois pour les Protoss), les matchs ont énormément gagné en dynamisme et en mouvement. Fini les longues parties à se regarder dans les yeux et à tenter de monter l’armée idéale pour contrer celle de son adversaire. En permettant aux Zergs de tirer littéralement des unités d’artillerie dans la mêlée, en donnant aux Protoss des moyens d’attaquer plus rapidement et de se défendre plus tôt et en octroyant un surcroît de mobilité aux Terrans, les matchs sont désormais plus nerveux et plus mobiles. Il n’est plus rare désormais d’ouvrir plusieurs fronts en même temps sur la carte pour mettre la pression sur son adversaire et l’étouffer économiquement. La contrepartie, c’est que le jeu est plus exigeant que jamais au niveau de la micro-gestion (contrôle de ses unités et de leurs pouvoirs spéciaux), sans avoir baissé l’exigence de la macro-gestion (économie, construction de drone et gestion de la base). Autrement dit, si vous trouviez que le mode multijoueur de Wings of Liberty était trop exigeant pour vous, celui de Heart of the Swarm ne devrait pas vous réconcilier avec le studio. La bonne nouvelle toutefois, c’est que Blizzard a désormais intégré des parties multijoueur avec matchmaking sans classement et que les ligues du ladder ont été rééquilibrées de façon à ne plus stagner indéfiniment en ligue Bronze. C’est toujours ça de pris.
Test PC réalisé sur une machine à base de Core i7 3,6 GHz, 8 Go de mémoire vive et GeForce GTX 690.



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Bande-annonce #5 - Les nouveautés de Heart Of The ...
La campagne en elle-même est sans franche surprise, mais maîtrisée de bout en bout. Missions d’attaque ou défense en temps limité, infiltration dans un vaisseau Protoss avec une larve de Reine, et même quelques boss-fights contre de « nouveaux » ennemis sont quelques-unes des joyeusetés de ce mode solo. Tout est extrêmement bien ficelé : les missions durent rarement plus d’une demi-heure, il n’y a jamais un temps mort et les traditionnelles cinématiques qui arrachent la rétine incitent à continuer et à découvrir la fin du jeu. Et ce, malgré la grande pauvreté du scénario et de la narration, finalement le plus gros point faible du titre. Dès la troisième mission on devine facilement tout ce qu’il va se passer ensuite et les interludes avec les PNJ présents sur le Léviathan feraient passer les dialogues de Die Hard 5 pour du Flaubert. Sans parler des relations entre Jim Raynor et Kerrigan aussi surfaites qu’une histoire d’amour des Ch'tis à Ibiza. Des défauts pardonnables tant cette campagne est plaisante à jouer, mais qu’on espère voir corrigés dans Legacy of the Void.
Hi gl hf !Retour au sommaire


C'est l'heure de la vengeance pour Sarah Kerrigan
ConclusionRetour au sommaire
Digne successeur de Wings of Liberty, Heart of the Swarm est une réussite sur quasiment tous les plans. Doté d’une campagne solo maîtrisée de bout en bout avec une héroïne aussi charismatique que puissante, on ne s’ennuie vraiment jamais durant la grosse dizaine d’heures proposées. Ajoutons à cela un mode multijoueur ultra complet et ultra efficace bien parti pour être la nouvelle référence du STR compétitif et vous avez entre les mains un titre à la durée de vie potentiellement infinie. Que demander de plus ? Un scénario qui n’insulte pas l’intelligence ? Allez, on espère que ce sera corrigé dans Legacy of the Void.Test PC réalisé sur une machine à base de Core i7 3,6 GHz, 8 Go de mémoire vive et GeForce GTX 690.




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