Sonic teste la Nintendo DS
Un vétéran fait ses débuts sur Nintendo DS : Sonic le hérisson bolide donne aujourd’hui le meilleur de lui-même sur la dernière portable du rival de toujours.

Une jouabilité traditionnelle et innovante à la fois
Le jeu vous propose le choix entre deux personnages, Sonic et une nouvelle venue, l'élégante chatoune Blaze The Cat, joliment réalisés dans une 3D cell shadée. Le jeu s’échelonne sur dix niveaux en 2D, et laisse le choix entre un mode aventure, un mode multijoueurs à deux, évidemment sans fil, avec une seule cartouche (en avoir deux n'apportera rien de plus) et un contre la montre. Encore faudra-t-il débloquer tout cela de haute lutte, puisqu'au départ, seul notre épineux fonceur sera disponible. Les modes alternatifs au mode principal où progresse notre « histoire prétexte », s'ouvriront au mieux progressivement ou, au pire, seulement une fois le scénario bouclé.
Pour ce faire, une jouabilité 2D des plus traditionnelles qui semble s'être interrogée sur ce que pouvait bien pouvoir apporter la portable à double écran (dont un tactile) à un principe de jeu ayant fait ses preuves plutôt que devoir adapter à toute force celui-ci aux particularités de la DS. Excellent parti pris, qui combine le meilleur de l'expérience acquise sur les différents titres sortis sur les différents supports, tout en parvenant à insuffler une vraie fraîcheur à un système pourtant archi rebattu.
En effet, le double écran ne se contente pas d’amplifier avec bonheur l'expérience de la course à deux inaugurée dans Sonic 2 (sur Mega Drive). Il exploite également complètement les possibilités d'une architecture résolument verticale, déjà esquissée dans le Sonic Pocket sur la NeoGeo Pocket de SNK. Grâce à l'apparition d'une jauge de boost qui se remplit au fur et à mesure qu'on élimine des ennemis et qui permettra de pulvériser les lois de la physique et de la gravitation, de nouvelles aptitudes viendront décupler les possibilités habilement exploitées par l'agencement de niveaux où l'on se plaira à enchaîner des hyper-sauts ou des pirouettes stylées. La 2D des décors, certainement la plus belle de toute la série - malgré l'absence d'arrière-plans à défilement différentiel - intègre des éléments-clés en 3D, en plus des personnages qui gagnent en présence et en délié.




Une réalisation somptueuse qui mêle habilement 2D et 3D
Pour autant, la 3D complète n'est pas totalement absente. Elle n’apparaît qu’à bon escient, comme dans les phases d’affrontements en huis clos face au boss de transition ou encore dans les « aires surprises » que seul Sonic peut atteindre. Ainsi, les séquences d'attaque du boss profitent de la mobilité du point de vue et des déplacements dans un espace à trois dimensions. Et si les ruées en pipelines des niveaux bonus seront les seules à exploiter l'écran tactile, elles le feront judicieusement : y faire glisser à droite ou à gauche le hérisson bleu à l'aide du stylet permettra une meilleure amplitude et aisance que l'eût fait la croix directionnelle, ou mieux encore, pointer à toute vitesse de minuscules numéros dans l'ordre idoine, ne pouvait guère se faire qu'au stylet... Au cours de ces séquences, les capacités techniques de la portable sont parfaitement exploitées pour un spectacle visuellement superbe.
Autant que possible, il conviendrait de jouer avec le casque pour profiter au mieux des musiques particulièrement harmonisées au dynamisme survolté d'une action impeccablement animée, véloce et fluide. Les bruitages, quant à eux, s’en tiennent à une recette éprouvée qui n'a rien perdu de son impact malgré son âge. Une difficulté pouvant s'avérer relativement corsée, la rejouabilité offerte par des chemins réservés à l'un ou l'autre des personnages, se mesurer à un adversaire dans des courses endiablées sur les dix circuits déblocables, ou encore retenter le score en temps limité sur chacun de ceux-là, sont autant de points qui assurent une très bonne longévité au titre.




Conclusion
Sans trahir ses prestigieuses origines, ce premier Sonic sur DS, a su intelligemment les transcender tout en mettant discrètement à profit les spécificités du support. Sa richesse en matière de jouabilité, d'agencement de niveaux, d'inventivité sur un terrain pourtant largement défriché, alliée à la magnificence de sa réalisation, en font un joyau d'amusement, de rythme, de vitesse et de fluidité. Loin d'être un Sonic de plus, cette « ruée » (« rush » en anglais) pourrait bien être LE Sonic.
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