Test de Sniper Elite V2 sur PC : j'appuie sur la gachette
Sept ans après un premier épisode lacunaire mais apprécié, Sniper Elite revient dans une V2 du même acabit.
Succès commercial surprise sur la précédente génération de machines, Sniper Elite avait séduit les joueurs grâce à son infiltration sans concession et surtout à sa mécanique de snipe exigeante. Rebelote sept ans plus tard, Rebellion étant une nouvelle fois à la baguette pour une petite virée dans le Berlin dévasté de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l'œil jamais vraiment loin de la lunette.
Les premières minutes de jeu sont surprenantes, surtout pour qui a pratiqué le premier volet : la santé qui se régénère automatiquement et la disparition incompréhensible du système d'uniformes de l'original ne présagent en effet rien de bon quant à cette V2. Heureusement, on retrouve rapidement ses marques une fois le Mosin Nagant en mains. Repérer la cible, la viser, retenir sa respiration, prendre en compte la direction et la vitesse du vent avant de presser la détente pour assister, au ralenti, à l'éclatement de la rate de la cible, cela n'a pas de prix. L'effet rayons X souvent utilisé lorsque la balle atteint l'objectif est des plus saisissant, esthétiquement gore et surtout incroyablement jouissif. Éclater les testicules, le crâne, la colonne ou encore le cœur d'une cible est un « bonheur » qui ne s'estompera jamais.
Toujours entre infiltration et séquences d'action à distance, Sniper Elite V2 est d'une efficacité surprenante tant que l'on reste dans les clous du level design. Chaque niveau a beau proposer son lot de zones vastes, le jeu n'en est pas ouvert pour autant. C'est d'ailleurs en essayant de varier les approches que l'on prend les nombreux défauts du jeu en pleine poire. Les problèmes de collisions sont permanents, dus aux décors bien trop statiques qui bloquent le personnage au moindre contact avec un mur ou même un débris posé sur le sol. Gênant, d'autant que les gravas ne manquent pas dans ce Berlin pilonné de concert par les Américains et les Soviétiques.
Très dirigistes, les environnements n'en sont pas moins variés dans leur organisation tout au long de la dizaine de niveaux. À l'intérieur ou en plein air, en ville ou dans une base reculée en rase campagne, la variété visuelle et l'effort consenti sur la verticalité des lieux sont rafraichissants, surtout pour un titre estampillé World War II. Dommage donc ne pas bénéficier d'un peu plus de liberté en ces lieux, les quelques gadgets (pierre pour attirer l'attention d'un ennemi, mine de proximité...) étant presque inutiles au final. On se limite donc à retenir sa respiration pour aligner les cibles, qui gambadent allègrement d'une couverture à l'autre. Pas bien malins, les ennemis jouissent également d'un pathfinding aléatoire les amenant bien souvent à bloquer sur un décor, à la merci de votre prochaine bastos.
Assez stupides, les Allemands et Soviétiques affrontés n'en sont pas pour autant manchots. Leur capacité à nous aligner à 100 mètres avec un fusil automatique est certes un peu agaçante, mais a au moins le mérite de nous forcer à vivre à couvert et à repérer correctement les lieux avant de lancer l'offensive. C'est, avec sa mécanique de tir qui demande précision et concentration, la grande qualité de Sniper Elite V2 : les sensations sont réelles lorsque, à l'entrée d'une église dont il faut atteindre le sommet, on scanne l'environnement à la jumelle pour repérer l'ensemble des cibles à mettre à mal, en utilisant les bruits environnants pour couvrir le son du coup de feu. Fantassins en pleine ronde, snipers embusqués sur les toits, tanks qui circulent et dont le réservoir constitue le seul point faible ; une bonne reconnaissance est nécessaire quelle que soit la situation, l'action frontale et directe n'étant jamais la meilleure solution.
Dommage donc de se heurter à des scripts grossiers faisant spawner des ennemis un peu partout et un peu tout le temps, empêchant le joueur méthodique de se reposer sur son travail d'observation pour progresser. Cela permet certes de dynamiser les situations de jeu - même si on est très loin d'un Call Of Duty à ce niveau - mais parait surtout très agaçant lorsque cela nous force au die & retry basé sur le « par cœur ». C'est un peu moins la galère à deux en coopération, toute la campagne pouvant être parcourue avec un ami. Une initiative fort louable même si cela rend le tout forcément plus facile, le défi multijoueur étant apporté par les autres modes de jeu : l'Observation dans lequel l'un tient le fusil et l'autre les jumelles pour marquer les cibles, vagues d'ennemis successives façon Horde de Gears Of War ou encore Mini-missions avec éléments à trouver et ramener au point de départ sont en effet un poil plus corsés, quoique.



La meilleure récompense du sniper : le ralenti et les rayons X pour admirer les dégâts
Bizarrement, Rebellion n'a pas jugé utile d'inclure de mode compétitif dans les versions consoles de son jeu. C'est incompréhensible et surtout extrêmement dommageable : sur PC, l'expérience est assez excellente malgré le faible nombre de cartes (quatre) et d'armes (trois). En DM, TDM ou TDK (où la distance de frag est la donnée la plus importante), on profite enfin d'environnements vastes et d'ennemis un peu plus malins, le gameplay assez lent propre à la profession de tireur d'élite offrant des sensations différentes des ténors de l'action en ligne. Pas de système de progression, pas d'insulte pour camping, des règles de jeu personnalisables : l'ambiance sur les quelques serveurs est excellente, personne ne cherchant spécialement à leveler comme un sale. Un état d'esprit qui rappelle un peu les deux premiers Call Of Duty en ligne, pour ceux qui s'en rappellent.
Grevé de tout versus, Sniper Elite V2 sur consoles ne peut pas non plus s'appuyer sur sa réalisation pour compenser. Parfois joli sur PC, notamment grâce à des éclairages dynamiques réussis et à une netteté générale propice au repérage de planqué, V2 est tout l'inverse sur consoles : c'est moche, un peu flou, pas toujours fluide. Bref, le résultat est franchement peu convaincant sur ces supports, alors même que l'on ne leur fera pas l'affront de comparer ici la précision d'une souris et d'un stick analogique pour tout ce qui touche au headshot. Un peu timide niveau mise en scène, Sniper Elite V2 arrive néanmoins à imposer sa petite patte grâce à une bande son travaillée et efficace, où les bruits d'os broyés côtoient le battement de notre cœur sur fond de bombardements. On a déjà connu la Seconde Guerre Mondiale moins à son avantage dans le jeu vidéo.
La réalisation catastrophique et surtout l’absence inexcusable de multijoueur compétitif grèvent Sniper Elite V2 d’une bonne partie de son intérêt sur Xbox 360 et Playstation 3. On pourra donc aisément enlever un point ou deux à ces versions.









BOOM HEADSHOTRetour au sommaire


Très dirigistes, les environnements n'en sont pas moins variés dans leur organisation tout au long de la dizaine de niveaux. À l'intérieur ou en plein air, en ville ou dans une base reculée en rase campagne, la variété visuelle et l'effort consenti sur la verticalité des lieux sont rafraichissants, surtout pour un titre estampillé World War II. Dommage donc ne pas bénéficier d'un peu plus de liberté en ces lieux, les quelques gadgets (pierre pour attirer l'attention d'un ennemi, mine de proximité...) étant presque inutiles au final. On se limite donc à retenir sa respiration pour aligner les cibles, qui gambadent allègrement d'une couverture à l'autre. Pas bien malins, les ennemis jouissent également d'un pathfinding aléatoire les amenant bien souvent à bloquer sur un décor, à la merci de votre prochaine bastos.
L'US Army tient son Vassili ZaïtsevRetour au sommaire





Bizarrement, Rebellion n'a pas jugé utile d'inclure de mode compétitif dans les versions consoles de son jeu. C'est incompréhensible et surtout extrêmement dommageable : sur PC, l'expérience est assez excellente malgré le faible nombre de cartes (quatre) et d'armes (trois). En DM, TDM ou TDK (où la distance de frag est la donnée la plus importante), on profite enfin d'environnements vastes et d'ennemis un peu plus malins, le gameplay assez lent propre à la profession de tireur d'élite offrant des sensations différentes des ténors de l'action en ligne. Pas de système de progression, pas d'insulte pour camping, des règles de jeu personnalisables : l'ambiance sur les quelques serveurs est excellente, personne ne cherchant spécialement à leveler comme un sale. Un état d'esprit qui rappelle un peu les deux premiers Call Of Duty en ligne, pour ceux qui s'en rappellent.

ConclusionRetour au sommaire
Malgré tous ses défauts, comme des collisions trop aléatoires, une IA débile et des problèmes de script agaçants, Sniper Elite V2 reste un jeu éminemment sympathique. Déjà parce que son ambiance particulière, bien appuyée par une mécanique de shoot exigeante pour des killcams dantesques, le rend unique en son genre. Ensuite parce que ses modes coopératifs et sa difficulté générale (certes un peu toc compte tenu des défauts évoqués plus haut) lui offrent une durée de vie conséquente bien heureuse pour qui ne jure que par la microchirurgie au plomb. L'exemple typique du jeu mal fagoté sur lequel on pourra passer beaucoup de temps, surtout avec un pote.La réalisation catastrophique et surtout l’absence inexcusable de multijoueur compétitif grèvent Sniper Elite V2 d’une bonne partie de son intérêt sur Xbox 360 et Playstation 3. On pourra donc aisément enlever un point ou deux à ces versions.









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