Test de Silent Hill Origins sur PSP

L'origine du mal?

Pas tellement de surprise dans Silent Hill Origins de ce côté-là, puisque les éternels « Hopital » et « Motel » font leur retour, d’autres environnements pas tellement plus originaux étant également de la partie. Le level design est bien classique et dénote un peu par rapport aux tentatives de la Silent Team (équipe en charge des Silent Hill précédents). Ceux-ci avaient en effet pris pas mal de risque dans le dernier épisode en date. Pas de grande prise de risque non plus au niveau du design des monstres peuplant les différentes zones. Climax l’a joué prudent sur ce coup là, avec une mention spéciale néanmoins pour les poupées désarticulées du théâtre. Mais le plus gênant, c’est bel et bien le déroulement de l’aventure elle-même. Trop mécanique et évident, celui-ci ne posera aucun problème aux habitués de la série, ni même aux petits nouveaux. On progresse sans mal tout au long de l’histoire, d’autant plus que le nombre d'objets offensifs disponibles est en forte hausse. Ceux-ci sont de trois types : armes de mêlées classiques (matraque, pied de biche…), objets lourds (télévision, bombonne de gaz…) et armes à feu (pistolet, fusil, mitrailleuse...). Les deux premiers types d'armes ont une durée de vie limitée, mais ce léger problème est largement contrebalancé par le nombre d’armes et de munitions placés dans les lieux. Il n’y a pas un moment où l’on est à court. Le « bourrinage » est donc la solution la plus adéquate dans presque toutes les situations, alors que la série nous avait plus habitués à fuir l’affrontement. A l’inverse, les objets régénérateurs sont plutôt bien distribués, provoquant quelques situations de stress réjouissantes, si l’on peut dire.



Tout doux, comme un bisou du diable

Les énigmes sont plutôt bien adaptées à la PSP, mais trop rares et surtout bien trop faciles. L’idée de faire passer le personnage dans l’univers parallèle (sanglant, organique et bien plus glauque que l’univers normal) par les différents miroirs disposés dans le jeu n’était pas forcément une mauvaise idée, mais elle est ici mal utilisée et sert de gadget pour masquer le faible nombre d'environnements différents. Cela se traduit ici par une accentuation de la directivité du soft. Le déroulement du jeu s’en retrouve gâché, sachant qu’aucun choix du niveau de difficulté ne vient rehausser le challenge proposé. D'un autre côté, Silent Hill Origins est très beau, peut-être le plus beau jeu de la console sorti sur notre continent. Le travail effectué sur les lumières est tout simplement époustouflant alors que le jeu reste toujours très fluide. Tandis que les animations du héros sont très mécaniques et donc pas tellement naturelles, les attitudes des monstres sont très réussies. Ces individus apparaissent tels de réels écorchés vifs, aux cris gutturaux et à l’allure dérangeante car très humaine quand même. Les décors sont d’excellentes factures, chaque plan étant remarquablement constitué pour améliorer une ambiance déjà somptueuse. Ajoutons à cela des cinématiques rares mais d’un très bon niveau et le constat est sans appel : l’enrobage de ce Silent Hill Origins est impressionnant et nous fait d’autant plus regretter la présence de tous les défauts cités au long du test.



Conclusion
Beau et doté d’une ambiance idéale même sur portable (merci Monsieur Yamaoka), Silent Hill réussit haut la main un pari technique peu évident au départ. La jouabilité reste fidèle aux épisodes précédents, défauts compris. Le principal écueil du titre de Climax vient de sa trop grande directivité et surtout de sa simplicité. La durée de vie plus que limitée (moins de quatre heures en traînant dans la ville) et un côté action, assez déplaisant pour le fan de Silent Hill que je suis, finissent d’achever un soft pourtant maîtrisé artistiquement parlant. Les personnages charismatiques et les quelques éléments de scénario révélés par cet opus convaincront peut-être les amateurs de cet univers propre à la série, et l’ambiance pourra séduire les joueurs friands de sueurs froides. Là où Silent Hill 2 proposait une expérience intense, bourrée de symbolique et assez ardue au niveau du challenge, Silent Hill Origins se contente d’être un produit de consommation rapide, agréable à parcourir mais trop bourrin et surtout trop court. Un bon jeu, mais un Silent Hill très moyen.
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