Resident Evil : The Darkside Chronicles en Vidéo-Test
Alors que les fans de la saga Resident Evil attendent de Capcom qu'il revienne au style horrifique qui fit la gloire de la franchise, l'éditeur semble faire la sourde d'oreille à ces revendications. Pour seule réponse, les nostalgiques des premières heures de la série devront à nouveau se contenter d'un produit dérivé à haute teneur en fan service : Resident Evil The Darkside Chronicles. Suite du mollasson Umbrella Chronicles, ce nouveau rail shooter a-t-il au moins la décence de corriger les impairs de ce dernier ?
Tandis que Resident Evil : Umbrella Chronicles retraçait les évènements de Resident Evil 0, Resident Evil et Resident Evil 3 pour se clore sur une quatrième partie inédite, sa suite revisite logiquement les épisodes 2 et Code : Veronica tout en proposant à son tour un nouveau scénario intitulé Opération Javier. The Darkside Chronicles part donc avec un certain capital sympathie puisque Resident Evil 2 et Code Veronica figurent parmi les épisodes les plus populaires de la saga. Mais un tel choix implique aussi une sacré responsabilité : celle de respecter autant que faire se peut la narration des jeux originaux. Un impératif dont Cavia - le studio en charge de cet opus - s'est accommodé avec plus ou moins de réussite.
Les fans de la première heure apprécieront de redécouvrir les univers de Resident Evil 2 et Code Veronica au travers d'un cheminement respectant à la lettre celui des jeux originaux mais ne manqueront pas de relever quelques petites entorses à l'esprit de ces derniers : Claire et Leon ne se lâchent pas d'une semelle durant toute la progression du second volet, Steve Burnside troque son faciès de Di Caprio pré-pubère et en devient nettement moins attachant, Claire ne manque jamais une occasion de nous faire reluquer sa cambrure, Alexia Ashford se plaît à chanter un peu n'importe où, etc. Mais s'agissant d'un titre qui n'exploite l'univers Resident Evil que comme prétexte à un déluge d'action, ces petites trahisons ne pèsent pas bien lourd dans la balance.
Car contrairement à son prédécesseur, ce Darkside Chronicles parvient à maintenir un rythme quasi-constant et ne se perd pas en vaines tentatives de mise en scène singeant les jeux originaux. Rappelons en effet que Resident Evil : Umbrella Chronicles souffrait d'une progression laborieuse, le titre cherchant à concilier son parti pris action avec l'ambiance horrifique des épisodes revisités. The Darkside Chronicles corrige cet écueil pour une grande part. La caméra ne s'appesantit plus d'interminables secondes en cadrages trop insistants. Cette volonté de proposer un rythme qui faisait défaut à Umbrella Chronicles a d'ailleurs conduit Cavia à mettre l'accent sur l'immersion du joueur.
Désormais, la caméra s'agite, tangue, chancèle, tout ça dans le but de retranscrire la perspective changeante et souvent chaotique du personnage incarné. Un effet plus ou moins réussi car ce qu'il gagne en intensité le titre le perd aussi parfois en lisibilité. Il est ainsi très fréquent de gaspiller quelques cartouches en perdant sa cible de vue, la faute aux soubresauts de la caméra. Plus gênant, il arrive parfois que le cadre viennent se poser deux petites secondes sur un assaillant puis s'en détourne aussi sec, nous laissant une minuscule fenêtre de tir ... totalement factice puisque notre personnage s'est déjà précipité vers une autre créature et ne reviendra pas sur sa précédente cible. Un peu agaçant à la longue.
Il n'empêche que ce nouveau Chronicles n'a plus grand chose du rail shooter amorphe et bancal qu'était son prédécesseur. En plus d'un tempo nettement plus soutenu, cette suite est aussi mieux construite. Les boss fights, par exemple, s'avèrent beaucoup plus intenses grâce à un découpage en plusieurs séquences de jeu. Les vagues d'ennemis sont à la fois plus nombreuses et surprenantes, et les headshots consécutifs sont récompensés par des multiplicateurs de points encourageant à faire mouche. Les développeurs ont également eu l'ingénieuse idée d'émailler la progression de quelques moments en pleine obscurité. Équipé d'une lampe-torche, le joueur devra donc balader ce mince faisceau dans les ténèbres pour localiser ses cibles.
Des séquences de jeu particulièrement réussies dont Capcom serait d'ailleurs bien avisé de s'inspirer pour un véritable Resident Evil sur Wii, l'utilisation de la Wiimote dans le rôle du combo arme/lampe-torche étant tout à fait convaincante. D'une manière générale, le découpage du jeu est bien plus équilibré grâce à des checkpoints mieux positionnés et une narration alternant judicieusement entre les trois chapitres du jeu. L'Opération Javier est en effet le fil conducteur d'une histoire construite comme un long flashback de Leon se remémorant les évènements de Resident Evil 2 et Code Veronica. A noter que Opération Javier se situe chronologiquement peu de temps avant le quatrième volet, Léon étant déjà à la solde du gouvernement américain.
Mais revenons au gameplay du jeu qui a connu quelques petites retouches. Tout d'abord, notre coéquipier - maintenant visible à l'écran lorsqu'il est incarné par le CPU - se montre enfin décisif et place quelques headshots de temps à autre. En contrepartie le bougre - ou la bougresse - se montre plus vulnérable puisqu'une jauge de vie lui est désormais attribuée. A plusieurs reprises notre intervention sera sollicitée pour sortir le CPU des mains putréfiées d'un mort vivant. Autre petit changement significatif, l'apparition d'un système de points rétribuant le joueur d'un multiplicateur de score à chaque série de headshots. Une carotte qui remplit très bien son office en incitant le joueur à plus de précision. A ce titre, les headshots sont désormais plus simples à réaliser. Encore un cadeau fait aux joueurs occasionnels diront certains. Pour notre part nous y voyons plutôt une manière de rendre le titre encore un peu plus explosif ... et c'est le cas de le dire.
Bref, jusqu'ici le titre de Cavia fait beaucoup mieux que son prédécesseur. Un constat encore appuyé par une réalisation nettement plus aguichante : modélisation plus complexe (en témoigne les personnages accompagnant le joueur dans son périple), textures assez fines dans l'ensemble mais aussi effets de chaleur et de particules à foison, plus grande interactivité avec le décor, le résultat est tout à fait honnête. Pas « le plus beau jeu de la console » comme s'en vantaient les développeurs de Cavia mais tout à fait satisfaisant malgré tout. Finalement, seul le chapitre inédit vient entacher le tableau en donnant à voir les environnements les moins inspirés du jeu. Enfin, la bande-son réjouira les fans de la saga puisque les thèmes accompagnant l'action sont, pour la plupart, issus des jeux originaux - tout du moins en ce qui concerne les chapitres RE2 et Code Veronica, évidemment.
Après l'échec Umbrella Chronicles, Capcom a eu la bonne idée de refiler le bébé au studio Cavia qui s'est plutôt bien accommodé de sa mission. The Darkside Chronicles se révèle nettement plus nerveux que son ainé notamment grâce à une caméra accompagnant intelligemment l'action et une progression mieux pensée. Certes le jeu accuse encore quelques problèmes au premier rang desquels un manque de lisibilité lorsque la caméra devient spasmophile, une durée de vie encore un peu limitée en raison d'un manque de replay value ou un chapitre inédit pas franchement grisant. Mais en dépit de ces petites remontrances, Cavia a fait du bon boulot et nous livre un rail shooter tout à fait honnête. Attention cependant à ne pas vous jeter dessus si vous ne nourrissez pas un intérêt certain pour l'ensemble de la saga ...
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« Ce Darkside Chronicles parvient à maintenir un rythme quasi-constant et ne se perd pas en vaines tentatives de mise en scène singeant les jeux originaux »
Les fans de la première heure apprécieront de redécouvrir les univers de Resident Evil 2 et Code Veronica au travers d'un cheminement respectant à la lettre celui des jeux originaux mais ne manqueront pas de relever quelques petites entorses à l'esprit de ces derniers : Claire et Leon ne se lâchent pas d'une semelle durant toute la progression du second volet, Steve Burnside troque son faciès de Di Caprio pré-pubère et en devient nettement moins attachant, Claire ne manque jamais une occasion de nous faire reluquer sa cambrure, Alexia Ashford se plaît à chanter un peu n'importe où, etc. Mais s'agissant d'un titre qui n'exploite l'univers Resident Evil que comme prétexte à un déluge d'action, ces petites trahisons ne pèsent pas bien lourd dans la balance.
Vidéo-Test de Resident Evil : The Darkside Chronic

Désormais, la caméra s'agite, tangue, chancèle, tout ça dans le but de retranscrire la perspective changeante et souvent chaotique du personnage incarné. Un effet plus ou moins réussi car ce qu'il gagne en intensité le titre le perd aussi parfois en lisibilité. Il est ainsi très fréquent de gaspiller quelques cartouches en perdant sa cible de vue, la faute aux soubresauts de la caméra. Plus gênant, il arrive parfois que le cadre viennent se poser deux petites secondes sur un assaillant puis s'en détourne aussi sec, nous laissant une minuscule fenêtre de tir ... totalement factice puisque notre personnage s'est déjà précipité vers une autre créature et ne reviendra pas sur sa précédente cible. Un peu agaçant à la longue.
« Ce nouveau Chronicles n'a plus grand chose du rail shooter amorphe et bancal qu'était son prédécesseur »

Des séquences de jeu particulièrement réussies dont Capcom serait d'ailleurs bien avisé de s'inspirer pour un véritable Resident Evil sur Wii, l'utilisation de la Wiimote dans le rôle du combo arme/lampe-torche étant tout à fait convaincante. D'une manière générale, le découpage du jeu est bien plus équilibré grâce à des checkpoints mieux positionnés et une narration alternant judicieusement entre les trois chapitres du jeu. L'Opération Javier est en effet le fil conducteur d'une histoire construite comme un long flashback de Leon se remémorant les évènements de Resident Evil 2 et Code Veronica. A noter que Opération Javier se situe chronologiquement peu de temps avant le quatrième volet, Léon étant déjà à la solde du gouvernement américain.
Vidéo #18 - Retrouvailles avec Code Veronica

Bref, jusqu'ici le titre de Cavia fait beaucoup mieux que son prédécesseur. Un constat encore appuyé par une réalisation nettement plus aguichante : modélisation plus complexe (en témoigne les personnages accompagnant le joueur dans son périple), textures assez fines dans l'ensemble mais aussi effets de chaleur et de particules à foison, plus grande interactivité avec le décor, le résultat est tout à fait honnête. Pas « le plus beau jeu de la console » comme s'en vantaient les développeurs de Cavia mais tout à fait satisfaisant malgré tout. Finalement, seul le chapitre inédit vient entacher le tableau en donnant à voir les environnements les moins inspirés du jeu. Enfin, la bande-son réjouira les fans de la saga puisque les thèmes accompagnant l'action sont, pour la plupart, issus des jeux originaux - tout du moins en ce qui concerne les chapitres RE2 et Code Veronica, évidemment.
Conclusion
Après l'échec Umbrella Chronicles, Capcom a eu la bonne idée de refiler le bébé au studio Cavia qui s'est plutôt bien accommodé de sa mission. The Darkside Chronicles se révèle nettement plus nerveux que son ainé notamment grâce à une caméra accompagnant intelligemment l'action et une progression mieux pensée. Certes le jeu accuse encore quelques problèmes au premier rang desquels un manque de lisibilité lorsque la caméra devient spasmophile, une durée de vie encore un peu limitée en raison d'un manque de replay value ou un chapitre inédit pas franchement grisant. Mais en dépit de ces petites remontrances, Cavia a fait du bon boulot et nous livre un rail shooter tout à fait honnête. Attention cependant à ne pas vous jeter dessus si vous ne nourrissez pas un intérêt certain pour l'ensemble de la saga ...
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