Annoncé officiellement depuis le mois d'avril, Red Steel 2 se fait très discret. Et pour cause, toutes les informations essentielles ont été verrouillées pour ne paraître qu'à l'E3. Maintenant que l'on y est, on va enfin pouvoir vous parler du jeu édité par Ubisoft avec consistance.
« Un héros sans nom qui possède un look de cow-boy solitaire ayant croisé le chemin d'un samouraï »
Si Red Steel vous mettait dans la peau d'un Yakuza devant sauver sa dulcinée (au cœur d'un univers proche de la réalité), dans Red Steel 2, vous pouvez oublier les clichés de gangsters modernes. On y incarne un personnage au passé trouble, une entité dont on ne sait que très peu de choses si ce n'est qu'il est le dernier survivant de son clan et qu'il prépare sa revanche.
D'ailleurs, ici on n'évolue plus dans des décors inspirés de la réalité, mais dans un univers à mi-chemin entre la mégapole et le désert, une sorte de western moderne. Une ambiance d'ailleurs soutenue par de nombreux clichés empruntés au genre : les portes battantes des saloons, les enseignes colorées, les ruelles désertes avec le vent qui soulève des nuages de poussière.
Les clichés vont même bien plus loin, c'est notre héros sans nom qui possède un look de cow-boy solitaire ayant croisé le chemin d'un samouraï. Au-delà du révolver et du sabre dont il se sert, sa façon brutale de se faire justice comme dans l'Ouest américain, ainsi que son désir de revanche sur l'honneur à l'asiatique, font de lui une caricature parfaite et complète des deux univers. Il aura comme ennemi suprême le chef d'un clan de guerriers redoutables craints par tous. Même si ses méthodes demeurent assez radicales pour éliminer la pègre, le personnage principal aura un minimum d'honneur pour toujours rester du bon côté, il défend veuve et orphelin avec toute la morale que ça implique.
« Il faut vraiment donner une impulsion vive et ample pour que le jeu traduise le mouvement en gros coups d'épée »
Le jeu est un titre dont la progression se fait sous deux angles. S'il sera évidemment question d'affrontements, traverser les lieux ne se fait pas qu'au rythme des confrontations qui s'enchaînent. Red Steel 2 nous promet également des phases d'exploration assez denses. Pour le moment, il ne s'agit encore que de belles paroles et nous n'avons pas vu cet aspect du jeu lors de la présentation. Il est vrai que le premier Red Steel souffrait quand même d'un manque global de variété ; on peut se réjouir de voir ce paramètre enfin pris en compte dans le jeu d'action/aventure exclusif à la Wii.
Comme dans le premier, Red Steel 2 se joue avec le Nunchuck pour les déplacements et le curseur de la Wiimote fait office d'organe de direction comme le fait la souris dans les FPS sur PC. Ce qui change, c'est la prise en compte du Wii MotionPlus. Ce petit boitier à greffer sur l'arrière de la Wiimote apportant plus de précision au contrôle des mouvements. Le jeu d'Ubisoft prend un pari risqué en ne basant son jeu que sur l'utilisation de cet accessoire, mais les quelques minutes passées à jouer donnent raison à l'éditeur. Les mouvements ne sont pas brouillons et certaines animations correspondent parfaitement à l'exécution du joueur. Surtout au niveau des parades.

Les premières minutes du jeu sont surtout contemplatives grâce à une introduction qui a le mérite de mettre tout de suite dans le bain. On se retrouve attaché, impuissant, à l'arrière d'une moto pour être trainé à toute allure jusqu'à ce que mort s'ensuive... avant de pouvoir tirer sur le motard pour mettre fin à cette course folle. On commence donc le titre directement au cœur de l'action dans des rues désertes à chercher une issue, pendant que les acolytes du bourreau à deux roues ne viennent nous récupérer pour nous dire ce qu'ils ont pensé de notre façon de maltraiter leur boss.
La présentation en vidéo exclusive
« Tous les joueurs, quel que soit leur niveau, peuvent réussir à terminer le jeu »
Avant les premiers face-à-face, on tombe sur une place avec quelques mannequins pour apprendre les bases du jeu. Une bonne façon de comprendre qu'il faut vraiment donner une impulsion vive et ample pour que le jeu traduise le mouvement en gros coups d'épée. Sinon il ne se contente que de petites frappes peu efficaces contre les armures.
Le gameplay est très instinctif, tout est simple à réaliser et on sent tout de suite la puissance du héros. La combinaison de l'arme blanche et l'arme à feu permet certains combos qui ne sont pas sans rappeler certaines techniques de combat de Devil May Cry. Les adversaires ont chacun une contrainte particulière à gérer. L'un est équipé d'une armure et il faut mettre de très gros coups au corps à corps. L'autre d'une arme à feu et il faut lui courir après et l'achever sans trainer pour ne pas qu'il commence à causer de sérieux dégâts pendant que l'on s'occupe de ses copains. Et encore, Red Steel 2 proposera des dizaines d'ennemis différents qui, lorsqu'ils seront ensemble, promettent d'être complémentaires dans la difficulté.
Cependant, la version que l'on a eue sous nos yeux n'était qu'une toute première version jouable. Avec quelques petits défauts et manques qui, nous dit-on, seront compensés dans la version finale. Notamment au niveau de la lenteur globale des opposants... Même s'il faut que le personnage principal soit quand même supérieur à ces derniers afin d'honorer son statut de « seul contre tous », ça semble très -trop, même- facile. Les esquives permettent de prendre le dessus avec beaucoup d'aisance. On a même pas eu besoin de se servir du revolver pour venir à bout de cette démonstration.
L'avantage c'est que même les joueurs les moins expérimentés y trouvent leur compte. D'ailleurs, Ubisoft affirme que tous les joueurs, quel que soit le niveau, peuvent réussir à terminer le jeu en prenant du plaisir. Autre petite déception : nous n'avons cependant pas pu observer les
finish spécifiques qui permettent de terrasser un adversaire en difficulté (avec un genou à terre, etc.).
« L'utilisation du Wii MotionPlus s'avère payante »
D'un point de vue technique maintenant, Red Steel 2 semble s'inscrire comme un bon jeu en cel-shading exploitant honorablement les capacités de la console Nintendo, mais rien de révolutionnaire pour le moment. À confirmer avec une version un peu plus avancée. Au niveau de la jouabilité, l'utilisation du Wii MotionPlus s'avère payante, car le gros défaut du premier Red Steel était l'interprétation très aléatoire des mouvements du joueur avec la Wiimote, une tare que l'on ne pourra vraisemblablement pas reprocher à sa suite. Une bonne nouvelle.
Toujours prévu pour la fin d'année 2009, Red Steel 2 semble bien parti pour redorer le blason d'une des premières licences de la Wii. Même s'il subsiste quelques attentes et quelques mystères au niveau de son contenu, le titre d'Ubisoft fera partie des titres les plus attendus pour l'automne sur la console de Nintendo et probablement à juste titre. À suivre de très près dès que l'on en saura un peu plus en termes de contenu, en espérant que les prochaines réponses à nos interrogations arrivent d'ici la rentrée.