flechePublicité

Preview Poly Play (Autre) : sur JeuxVideo.fr



Preview

  • Les Allemands ont toujours été de gros consommateurs de jeux électroniques, en arcade, sur consoles comme sur PC, de loin la machine privilégiée des joueurs germaniques aujourd’hui. Nos voisins n’ont pourtant pas de renommée créative, ni d’éditeur mondialement puissant sur le secteur. Si l’Allemagne attend encore ses Michel Ancel, Frédérick Raynal et David Cage, l’Histoire (avec un grand H)...
Niveau d'attente
des lecteurs de Jeuxvideo.fr
Elevé
(Attendu par 100% des lecteurs)
(5 votes)
Publiée le 23/04/2014 à 18:04, par Maxence

Rétro : Poly Play, la borne allemande et communiste

Poly Play est la seule borne d'arcade développée par l'Allemagne de l'Est dans les années 80. Et on y a joué.

Les Allemands ont toujours été de gros consommateurs de jeux électroniques, en arcade, sur consoles comme sur PC, de loin la machine privilégiée des joueurs germaniques aujourd’hui. Nos voisins n’ont pourtant pas de renommée créative, ni d’éditeur mondialement puissant sur le secteur. Si l’Allemagne attend encore ses Michel Ancel, Frédérick Raynal et David Cage, l’Histoire (avec un grand H) peut en partie l’expliquer : séparé en deux lors de la Guerre Froide, par le rideau de fer et le fameux mur de Berlin, le pays n’a pas eu de politique franche et unie de développement ludique.

Une borne historiqueRetour au sommaire
Berlin
Les Allemands de l’Ouest étaient de gros joueurs, mais l’état jugeait plutôt négativement la pratique dans les années 80. Le choix a rapidement été fait de préserver la jeunesse de toute pratique ludique, en confinant les jeux dans les salles obscures réservées aux adultes. Aucun effort n’a logiquement été consenti pour soutenir le développement, ni même encourager la création d’entreprises de pointe sur le secteur. La partie Est de l’Allemagne, au contraire, a rapidement cru à l’intérêt des jeux vidéo. Au niveau éducatif et culturel, le gouvernement soviétique a œuvré au maximum pour pousser ses têtes blondes à pratiquer l’informatique, dans le but avoué de les intéresser à l’électronique, pratique transverse très importante selon lui.

Poly Play
En 1981, cet état d’esprit atteint son paroxysme avec le développement, par les fonctionnaires de la RDA (République Démocratique Allemande), d’une borne d’arcade. Poly Play sera le premier, et finalement le seul, jeu vidéo jamais produit officiellement par l’Allemagne de l’Est. Fabriqué à près de 1000 exemplaires, pour un coût unitaire astronomique de 35 000 marks de l’Est (117 387 Francs Français de l’époque, ou 17 895 €), Poly Play marque cet effort de démocratisation de notre média à son époque balbutiante et foisonnante. Il sera principalement distribué dans les centres de vacances et les confédérations syndicales.

Détail amusant, le défaut de fabrication de son monnayeur permettait aux plus malins de jouer en ne payant qu’un pfennig au lieu des cinquante demandés (un demi mark) initialement, en insérant la pièce avec vélocité. Profondément anticapitaliste, l’état Est-Allemand n’a néanmoins pas jugé bon de corriger le problème, la plupart des monnayeurs étant de toute façon désactivés dans les lieux publics. Avec son écran de 512 x 256 pixels, son affichage 50 Hz et ses dix fringantes couleurs, Poly Play attirait autant l’attention par ses graphismes léchés que son imposante carrure ou que sa finition bois du plus bel effet.

Zilog Z80
Elle incorpore une copie soviétique du très populaire Zilog Z80, un processeur 8 bits créé aux États-Unis en 1976 et particulièrement populaire dans les années 80, notamment présent dans les ColecoVision, Master System et Game Gear. Même la Game Boy en utilisait certaines fonctionnalités. La borne propose huit jeux, le programme faisant état de quatre autres qui n’auraient finalement pas été intégrés à la machine. La plupart reprennent des concepts populaires à l’époque (Robotron, Pac Man, Mole). A noter que la borne propose un stick à boule et ne dispose que d'un seul bouton. Nous avons eu l’occasion de mettre la main dessus, au Computerspielemuseum de Berlin.


  • Hirschjagd est un jeu de chasse dans lequel le héros dispose de dix munitions. Un cerf se balade sur la carte, et le joueur à quinze secondes pour tirer sous peine de perdre sa balle. S’il touche l’animal, la cartouche revient dans son chargeur, elle est définitivement perdue sinon. Une fois les dix munitions utilisées, la partie s’arrête. L’animal peut disparaitre d’un côté pour réapparaitre de l’autre, tandis que le joueur ne peut franchir cette frontière imaginaire. Le « stress » monte à mesure que l’animal accélère, mais globalement le jeu n’est pas très difficile.
Poly Play

  • Hase und Wolf est un clone de Pac-Man dans lequel le lapin doit ramasser les légumes et éviter le loup, qui rôde sur la carte. Il peut néanmoins se transformer en carnivore, en ingurgitant une pilule spéciale, et ainsi croquer le loup. La maniabilité est cela dit nettement moins souple et accessible que l’original, rendant le tout assez difficile. A noter que ce mini-jeu utilise la licence Nu, pogodi!, un dessin animé russe débuté en 1969 et achevé en 2006. Un bip-bip et le coyote soviétique qui colle bien avec la problématique de Pac-Man.

  • Schmetterlinge n’est pas incroyable non plus, avec son principe de Mole où il faut attraper un maximum de papillons avant la fin du temps imparti. Il faut se placer parfaitement à l’horizontal pour attraper quelque chose, sachant que les différents types d’insectes rapportent plus ou moins de points suivant leur rareté. Marrant trente secondes.
Poly Play

  • Abfahrtslauf est un jeu de ski de descente. Il s’agit de durer le plus longtemps possible en dirigeant son skieur entre les portes, mais la vitesse augmente tellement rapidement que tenir plus de six ou sept secondes tient de l’exploit. Le truc, c’est qu’une petite pression se transforme en gros écart de route, empêchant toute maitrise de la part du joueur. Clairement l’un des titres les moins amusants de la machine, même si on peut modifier un peu la difficulté en augmentant l’espacement entre les portes.

  • Autorennen est un jeu de course en vue du dessus, façon Micro Machines. Il faut boucler les quatre tours en tête, ce qui n’est pas très compliqué compte tenu du peu de vaillance de l’IA adverse. Le circuit compte même un pont, ce qui permet au jeu de modérer l’avance de l’ordinateur si vous êtes vraiment un boulet. Le pont passe uniquement en mode tunnel lorsque vous arrivez à sa portée, ce qui permet de ne jamais avoir plus d’un demi-tour de retard sur l’IA. Malin.
Poly Play

  • Schiessbude est une simulation de fête foraine : il faut tirer sur les cibles au fusil pour marquer le plus de points possible. Un point pour un ballon abattu, deux pour un canard et trois pour une fleur. Régulièrement, un des volatiles s’échappe du stand pour venir vous voler une munition. Les touches successives remplissent la jauge de combo qui multiplie le score, un échec la fait repartir de zéro. Cela pousse le joueur à rester précis, tout en étant rapide pour tuer les canards voleurs avant qu’ils ne vous dépouillent. Pas mal.

  • Merkspiel est une sorte de Simon, soit un jeu de mémoire dans lequel les six formes différentes s’enchainent au hasard. Chaque forme correspond également à un son, ce qui aide le joueur à s’y retrouver lorsque beaucoup de signes différents s’enchainent. Simple et efficace.
Poly Play

  • Wasserrohrbruch est le titre le plus original de Poly Play. Il vous place aux commandes d’un homme chargé de contenir une inondation. Il doit collecter les gouttes qui tombent du plafond, et vider régulièrement son seau en haut de marches d’escalier – ce qui implique de pousser le stick en diagonal – pour finalement redescendre et le re-remplir. Les gouttes s’accélèrent, et le joueur perd une vie lorsque son personnage est submergé. La partie est sensiblement plus longue que pour les autres jeux.
Poly Play


On retiendra nécessairement plus Poly Play pour son côté historique que pour ses qualités ludiques. Son excellente finition la rend néanmoins toujours fringante trente ans plus tard, même si le menu principal aurait bien besoin d'un coup de peinture fraiche. Censée motiver les jeunes joueurs à s'intéresser à l'électronique, elle aura peut-être convaincu quelques Est-Allemands de lorgner du côté du capitalisme occidental, Poly Play repompant sans vergogne la plupart des succès américains de l'époque. Notons quand même la pointe d'originalité de la simulation de dégât des eaux, mini-jeu engageant seulement plombé par la rugueuse prise en main imposée par la borne. Ne serait-ce que pour mettre la main sur l’unique jeu d’arcade produit par l’Allemagne de l’Est, il serait criminel de ne pas tenter quelques parties de Poly Play si l’on croise l’une de ces machines en état de fonctionnement.

Poly Play
Poly Play
Poly Play
flechePublicité

LES OFFRES

Partenaires Jeuxvideo.fr

Idées cadeaux JV

Tests

Grand Theft Auto 5

Grand Theft Auto 5

Joueurs confirmés | Xbox 360 , PS3 , PS4 , Xbox One
flechePublicité
flechePublicité
)[0]; s.parentNode.insertBefore(ins, s); })();