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Test Pokémon Version Blanche (Nintendo DS) : 8/10 sur JeuxVideo.fr



Sortie le 04 Mars 2011 , Nintendo DS

Les +

  • Nouvelles bestioles vraiment réussies pour la plupart
  • Calibré aussi bien pour les fans que les grands débutants
  • Il y a une histoire !
  • Convivialité de l'expérience en ligne
  • Durée de vie très importante
  • Difficulté à la hausse

Les -

  • Quelques petits soucis de tempo ça et là
  • Forcément, certains monstres, au secours
  • Pokémon Global Link simplet
  • Rien pour changer l'avis des "anti"
La note de jeuxvideo.fr
8.0
tres bon
La note des internautes
8.8

(1744 votes)
Publiée le 04/03/2011 à 11:03, par Nathan

Test de Pokémon Version Noire et Blanche

C'est avec une nouvelle armée qui a déjà reconquis le Japon que les Pokémon envahissent pacifiquement le monde. La force tranquille du RPG est de retour.

Revoir un Pokémon tout frais, pour beaucoup, c'est comme retrouver un copain d'avant sur un site social de rencontres. On regarde ses photos, on essaye de voir ce qui a changé, on scrute aussi sa fiche pour voir s'il n'est pas devenu trop bête et surtout, si c'est une fille, on vérifie qu'elle est jolie. Et puis vient le moment fatidique où l'on « redemande en ami » cette personne qu'on a déjà côtoyée pendant des années. Pokémon Noir & Blanc, c'est un peu ce mec rigolo dont on aimerait avoir des nouvelles, après tout ce temps.

Touche pas à mon Poke
Pokémon Version Noire
Le staff de la Pokémon Company l'a répété à longueur d'interviews, 15 ans après l'épisode fondateur, Noir & Blanc sera un épisode ré-vo-lu-tion-naire. Comme pour un mandat présidentiel, une fois élu, on se la coule douce avec des remakes, un inévitable épisode « compilation optimisée ». Puis fin du mandat, il faut sortir la nouveauté. C'est un cycle de quatre ans, comme pour le Président des États-Unis, à croire qu'ils se sont passés le mot. Mais ce coup-ci, nouvelle génération oblige, il n'y a aucune retenue. Ils ont mis tout ce qu'ils avaient en tête sur papier. La hype sera donc au rendez-vous avec une question : « C'est quoi la révolution selon Pokémon ? ». Attachez vos ceintures : c'est un casting complètement nouveau, sans Pikachu et les autres gus. Jusqu'à la fin du jeu, et ce, sans pouvoir transvaser ses anciens Pokémon, si ce n'est via un code obtenu par mini-jeu. Bref, pas une seule gueule connue cachée dans les fourrées, pas l'ombre d'un Ratata. Ça tombe bien, on ne pouvait plus le voir en peinture, celui-là.

Gameplay #1 - Press Start

Pokémon Version Blanche : Gameplay #1 - Press Start


Fini les vieilles idoles de la fin des années 90's, la Pokémon Company a décidé de faire exploser les pokédex. Mais est-ce si révolutionnaire ? Malgré ses frappes chirurgicales au service du progrès, Game Freak a réalisé le jeu le moins clivant du monde, à tel point qu'on va tout de suite dire qui sera concerné par ce jeu. C'est aussi simple que cela. D'un côté, il y a les fans. Eux qui détestent qu'on change la moindre virgule à une formule à succès, n'ont pas d'inquiétude à se faire. On aurait pu croire que la greffe des nouveaux personnages ne prendrait pas. Et pourtant, Pokémon Company a cartonné. Sur les 150 (et plus) nouvelles bestioles, on peut deviner à la louche que deux tiers leur plairont. C'est presque mathématique. Parce qu'il faut les voir, les nouveaux, entre les bestioles judokas et les soucoupes extra-terrestres.

Attention, il y en a des canoniquement affreux, ceux dont on pourrait presque prouver la laideur par des chiffres complexes sur des tableaux Excel. La palme de l'atroce revient à Musharna, une espèce de fœtus rose, sans doute le mélange d'une nuit d'alcool et de vidéos d'échographies. Et puis on le reverra souvent, lui. Heureusement, entre le crocodile Rockabilly, le Pokémon qui fait du nunchaku avec une poutre de combat, le raton-espion, le taureau-afro ou encore le robot tout droit sorti d'un Miyazaki, on a notre lot de personnalités cool qui donnent envie de jouer avec. C'est garanti.

« En foutant à la porte toutes les anciennes têtes de gondoles, Game Freak a vraiment réussi à créer un appel d'air, une véritable nouvelle dynamique. »

Deuxième type de « consommateurs » : les occasionnels, ceux qui ont joué à Pokémon il y a quelques années, peut-être en zappant deux ou trois générations parce qu'ils avaient des mauvaises notes cette année-là en cours. Ce sont ceux qui connaissent le générique mais n'ont pas le niveau suffisant pour balancer le pokérap par cœur. En gros, c'est le casual gamer qui est retourné, en grandissant, sauver des galaxies et des princesses sur consoles HD. Si d'aventure, vous vous êtes reconnus dans ce portrait fluo, eh bien Pokémon Noir et Pokémon Blanc seront vos amis. En foutant à la porte toutes les anciennes têtes de gondoles, Game Freak a vraiment réussi à créer un appel d'air, une véritable nouvelle dynamique. Ces joueurs redécouvriront les mécanismes tout en essayant de comprendre pourquoi ce nouveau Pokémon légendaire a une queue en forme de turbine nucléaire.

Dernière catégorie de joueurs : ceux qui ont essayé et qui n'en peuvent plus. Lassé par le mécanisme habituel des combats aléatoires où l'on change de Pokémon pour qu'ils partagent leurs points d'expérience ? Ras-le-bol du sempiternel cycle « route, village, arène, badge, route, village, etc. » ? Vous n'en pouvez plus de ce système élémentaire feu-eau-pierre ? Alors dans ce cas, fuyez ! Pokémon Company n'a fait aucun effort pour vous convaincre. Structurellement, c'est exactement la même chose qu'avant. Les différents changements, forcément sans profondeur, provoqueront un haussement d'épaules. Tant pis pour eux.

Pokémon Version Noire
Pokémon Version Noire
Pokémon Version Blanche
Pokémon Version Blanche
Les nouveaux Pokémon sont, dans leur majorité, vraiment réussis


« Pas-de-politique mais... »
Passons en revue quelques-unes de ces nouveautés. Désormais, les saisons passent, au rythme d'une par mois. Un des Pokémon réagit d'ailleurs à ce cycle et existera en 4 versions différentes. Ainsi, des zones ne seront visitables qu'à un moment précis et tant pis pour les retardataires, sans parler de l'éternelle complémentarité entre les cartouches avec lesquelles il faudra encore plus jouer. Certains Pokémon ne sont disponibles que durant un temps limité tel Victiny, proposé au Japon uniquement durant le premier mois de commercialisation du jeu. Il y a désormais deux rivaux au lieu d'un, comme ça chacun aura son starter. Et puis, il y a ces changements qu'on pourra qualifier dans l'air du temps. Pokémon Company a adoubé pour la première fois une femme dans le rôle du professeur-mentor de l'aventure. Il y a aura même quelques dresseuses métisses sur votre chemin. Ouais, 2010 est dans la place. Mais après tout, on aurait tort de se moquer, le droit de vote des femmes n'a pas encore soixante ans en France. Pas de quoi crâner.

Pokémon Version Blanche
Mais le nouveau Pokémon a décidé de s'engager encore plus avec l'exaltation d'un jeune militant. Ainsi, on sera confronté à une Team Plasma qui, pour une fois, sera plutôt dans le camp des idéalistes. Ces activistes se sont en effet fixés comme objectif de libérer les Pokémon oppressés par les dresseurs tels que vous. Oui, vous le rond de cuir suppôt d'un régime oppresseur. Que les joueurs apolitiques se rassurent, ce renversement de codes sur fond d'éco-terrorisme si à la mode en ce moment reste plus trivial que dans Mother 3 (considéré par beaucoup comme le meilleur RPG Nintendo à ce jour). Rien de trop engagé au final, mais ce fond idéologique donne à l'aventure une tension supplémentaire accentuée par la présence accrue des maîtres d'arènes Pokémon, parties prenantes de l'histoire. Et on imagine fort aisément comment toute cette mise en place sera transcendée par une bonne adaptation française, une habitude pour l'éditeur. Bref, même modeste, il y a ici une réelle personnalité qu'on ne trouvait pas dans les épisodes passés. On nous a promis une rupture tranquille, ce sera heureusement un changement dans la continuité.

La Pokélutte finale
Mais de quoi rêvent les Pokémon ? C'est la réponse très chaste qu'apportera le Pokémon Dream World, une nouveauté complètement hors sujet, sans doute pour cause de serveurs à la ramasse. Dans ce mode totalement inédit, il faudra mettre au lit un de ses Pokémons via Wi-Fi. Son sommeil enverra vos données à un serveur magique du « Pokémon Global Link ». De là, on accèdera via son PC à un monde parallèle tout en flash (et tant pis pour les iPad !). Ce Dream World au design vraiment différent est un croisement entre Animal Crossing et Farmville. On plante des objets pour en récupérer d'autres et on aménage sa chambre, si possible mieux que Valérie Damidot. Et puis l'intérêt, c'est surtout d'y retrouver les anciens Pokémons dans la forêt des Rêves, via des mini-jeux assez simplistes. Ce n'est peut-être qu'un gadget facilement utilisable par des gamins, mais il y avait un marché à prendre, celui des joueurs devenus adultes et qui ne peuvent pas « squatter » leur cartouche durant les heures de bureau.

Pokémon Version Noire
Le reste de la logistique en ligne est toujours aussi calibré voire très encadré. Les messages envoyés par le Global Link sont écrits à l'avance avec des mots clefs pour éviter qu'on parle d'hémorroïdes à de parfaits inconnus. Le troc en ligne de Pokémon via la bourse d'échange avec des inconnus ou avec ses amis (qui pourront faire le choix parmi 3 bestioles affichées) est un réel plaisir. L'efficacité du « LiveCaster », ce visiophone réservé aux versions DSi et DSXL, varie selon la connexion mais permet de gribouiller des tatouages sur la gueule de ses copains. Mais une fois passé le plaisir de la découverte, on repasse en tchat vocal. La chambre de rencontres est par contre un must de convivialité. Il y a aussi un très dispensable mode « Hi-Link », qui n'est pas sans rappeler nos longues parties en réseau de Dragon Quest IX. On y part en vadrouille dans le monde de ses copains, mais seulement pour remplir des petites missions sans aucune importance. Toujours popularisée par ce même DQIX, on retrouve cette communication instantanée par Wi-Fi via les DS restées en veille, planquées dans les poches et les sacs. Pas d'information intime ni le « 06... » des joueurs croisés dans les transports en commun, juste quelques statistiques rigolotes et des mini-missions façon « club des 5 ». Gadget bis, mais encore une option immersive de plus.

Reste la technique pure, c'est à dire des décors 3D et des personnages 3D pixelisés, un choix sans doute justifié par un côté « néo-rétro ». Ça ne gênera pas les fans qui, de toute manière, jouent généralement en version sans animation pour aller plus vite, histoire de ne pas se lasser du tempo hypnotique des changements de Pokéball. Au final, c'est un peu comme pour ces bruitages qui grésillent toujours un peu : avec l'habitude, on n'y fait même plus attention. Sans entrer dans de trop gros détails pour laisser aux « pokétechniciens » le plaisir de la découverte, les règles des combats en 2 vs. 2 (même contre des Pokémon sauvages) ont été aussi un peu modifiées avec notamment des attaques combinées. Et puis, il y a encore des bastons à 3 vs. 3, où la position de vos combattants est primordiale pour atteindre les adversaires. Promis à un succès lors des tournois inter-fans, ce Noir & Blanc se voit complètement rééquilibré, y compris au niveau de l'I.A de l'adversaire qui aura encore plus d'initiative qu'avant. Il changera ses Pokémon rien que pour vous enquiquiner. Et puis ça cogne dur, de plus en plus fort, et il faudra faire preuve d'encore plus de stratégie pour ne pas crever en un coup bien placé. Et puis, plus généralement, ce rééquilibrage se fait sentir sur les Pokémon les plus banals pouvant devenir de vraies brutes au gré des broussailles. Avec son système de combat toujours aussi bien huilé, Pokémon Noir & Blanc propose une aventure loin d'être un long fleuve tranquille et c'est tant mieux.

Pokémon Version Noire
Pokémon Version Noire
Pokémon Version Noire
Pokémon Version Blanche
C'est aussi l'épisode le plus ergonomique et convivial de la série


Cet article a été réalisé à partir de la version japonaise de Pokémon Version Noire et Blanche.

Conclusion :
Pokémon Noir & Blanc joue sur la richesse à fond les ballons et pourtant, pour la première fois depuis le jeu original, on a enfin la sensation que le « BAC Pokémon + 10 section Psychokwak » n’est plus requis pour comprendre la mécanique. Entièrement rééquilibré et armé d'un « vrai » scénario, il permet à Noir & Blanc de quitter un peu son ghetto de pokénerds, forcément acquis à sa cause, pour séduire enfin de nouveaux joueurs. Réussi de bout en bout, c'est sans doute l'épisode le plus paradoxal, mélange d'audace crypto-révolutionnaire et d'un conservatisme ancré dans les traditions. Alors, faut-il se laisser tenter par l'aventure ? Fermez les yeux. La réponse est au fond de nous-mêmes, elle résonne comme une sagesse asiatique : « Toi-même, tu sais. »



Pokémon Version Noire
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