Panzer Tactics DS : on blinde la stratégie ?

La taca taca tactiqu' du Panzer...
Avant toute chose, expédions rapidement le classique paragraphe consacré au scénario. Il faut dire que 10tacle n'a pas fait preuve d'une grande originalité. C'est donc sans surprise à la tête des trois principales armées du théâtre européen de la Seconde Guerre Mondiale que nous avons la joie de nous retrouver. Chaque faction (la Wehrmacht, les Alliés (ici Royaume-Uni et États-Unis) et l'Armée Rouge) dispose de sa propre campagne pour un total confortable de trente missions. Une fois débloquée (autrement dit réussie), chaque mission devient en plus jouable à volonté via la rubrique scénario du menu principal. Les missions ne sont guère plus originales sur le principe, puisque comme dans tout jeu de stratégie qui se respecte, il s'agit de remplir quelques objectifs simples allant de la prise de villes, à l'interception de convois, en passant par le dynamitage de bunkers et autres joyeusetés du genre.




De la Norvège à l'Afrique du Nord en passant par la Belgique ou la Pologne : on voit du pays !
Cela dit et là où les développeurs font preuve d'une certaine audace pour un jeu DS, c'est qu'ils ne font pour ainsi dire aucune concession. Panzer Tactics affiche ainsi des champs de bataille parfois très vastes (une bonne partie de la Belgique, le Sud de la Norvège...) et nous propose de combattre sur tous les fronts : terre, mer, air. Du coup, le nombre d'unités accessibles dépasse les 150 pour l'ensemble des trois factions et la variété est évidemment de mise : blindés, véhicules de reconnaissance, artillerie, destroyers, cuirassés, sapeurs, infanterie, parachutistes, canons antichar, batterie antiaérienne, bombardiers, chasseurs... Histoire d'être au niveau, les environnements font également preuve d'une certaine variété et au travers des trois campagnes, il est ainsi possible de rencontrer des zones verdoyantes, des paysages enneigés ou des étendues désertiques.

D'abord très faciles avec la campagne de l'Axe, les missions qui nous sont proposées débutent toujours avec au moins un double objectif : le « principal » est celui qui conditionne la réussite de la mission alors que le secondaire permet d'obtenir des bonus parfois vraiment très avantageux pour la mission suivante. Il faut cependant savoir que la durée de la mission est limitée et que pour décrocher les trois étoiles (niveau de réussite optimal), il ne faut pas traîner ! Ces trois étoiles ne sont pas indispensables pour atteindre la mission suivante, mais là encore, il s'agit d'obtenir un bonus, cette fois en points de prestige. Véritable « wargame », Panzer Tactics repose sur la gestion des troupes et il n'est donc pas question de récolter des ressources puis de produire des unités comme sur les jeux de stratégie plus classiques.




Gestion du terrain, de la météo et de nombreuses unités différentes : Panzer Tactics est un jeu très complet
Ici, les ressources sont remplacées par des points de prestige qui augmentent avec la conquête de zones stratégiques (villes, aérodromes) et la destruction d'unités adverses. Les objectifs secondaires et les étoiles déjà citées sont deux autres moyens d'accumuler des points de prestige. Au début de chaque mission, on peut dépenser une partie de ces points pour acheter de nouvelles unités qui viendront compléter les unités de base (des troupes allouées en fonction de la mission) et les unités clefs (des troupes qui suivent le joueur de scénario en scénario). Ces points permettent également d'améliorer les unités clefs afin de leur faire profiter d'améliorations techniques, mais sont également utilisables en cours de mission.

Les vieux routards regretteront de leur côté que les combats ne soient pas plus gigantesques puisqu'en règle nous ne dépassons pas la cinquantaine d'unités en présence, mais l'ensemble s'avère déjà très riche. Il nous faut encore parler du système d'expérience qui permet d'améliorer nettement les unités clefs que l'on parvient à garder vivantes d'une mission à l'autre ou des officiers qui accordent des bonus aux troupes environnantes. Enfin, à côté du mode solo et de ses trente missions, nous pouvons compter sur un excellent mode multijoueur. Celui-ci propose dix cartes à découvrir à deux sur la même console (hotseat) ou à quatre en local / Wi-Fi. On regrette toutefois que même en mode local il soit nécessaire de posséder une carte par console présente... Mais reconnaissons que, malgré tout, Panzer Tactics est une petite merveille.
Vidéo #17 - Aperçu des différentes phases de jeu
Conclusion
Chancre de ce que certains appellent le casual gaming, la portable double-écran de Nintendo vient une fois encore de nous prouver qu'elle est surtout la plus polyvalente des consoles actuelles. Rarement à l'honneur, le genre du wargame vient effectivement de trouver un représentant de poids avec ce Panzer Tactics. Le système de jeu, conçu pour être accessible à un maximum de joueurs, n'est pas sans rappeler l'ancêtre Battle Isle. Les différentes phases de l'entraînement sont un peu longues, mais permettent d'aborder sereinement la première campagne et, ainsi, de se lancer dans une trentaine de mission qui tiennent en haleine pendant un bon moment. L'interface est limpide, malgré la petitesse de certaines icônes et l'ensemble se dévore plutôt qu'il ne se découvre. Enfin, cerise sur un gâteau déjà savoureux, le multijoueur donne une dimension sans équivalent qu'il s'agisse du mode hotseat, du local ou du Wi-Fi.
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