VidéoTest de No More Heroes : un touchdown ?

Whatever happened to the heroes ?
Travis Touchdown. Avec un nom pareil, la vie commence forcément sous les meilleurs auspices. Béni par le Saint Patron des patronymes, Travis partait donc avec un capital style indéniable. Otaku, loser, pornographe et fashion victim, Travis voit sa petite vie peinarde et oisive bousculée le jour où il fait l’acquisition d’un beam katana (un sabre laser) sur un site de ventes aux enchères. Complètement fauché, notre nerd en cuir et lunettes de soleil décide de mettre à profit sa récente acquisition en acceptant un job de tueur à gage. Sa cible : Helter Skelter, classé numéro 11 par l’UAA (United Assassins Association). Cette tâche accomplie, Travis pensait rentrer tranquillement au bercail se taper un shoot them up en s’enfilant des burritos. C’était sans compter sur les règles implicites de Santa Destroy : en prenant la place de 11ème il est aussitôt entré dans un système dont il ne pourrait plus jamais sortir. Menacé par tous les prétendants à la 11ème place, il ne peut dès lors plus reculer et se lance dans une escalade de violence, tragique et sanglante, pour atteindre la première place … mais aussi, et surtout, pour profiter des faveurs en nature promises par Sylvia Christel, mystérieuse commanditaire des assassinats de Travis pour le compte de l’UAA.



Travis : otaku, loser, fashion victim ... et catcheur !
Disons le tout de suite : le scénario, la mise en scène et les personnages de No More Heroes sont d’une fraîcheur et d’une originalité qui font du bien. Empreintes d’un esprit comics / manga, tout en étant tributaires de la culture cinématographique et musicale de Suda 51, ces composantes charnières du titre de Grasshopper Manufacture participent grandement à son charisme. Avant de nous convaincre grâce à son gameplay, No More Heroes nous a d’emblée séduit de son indéniable classe. Dialogues ciselés, personnages très bien écrits, situations tantôt drôles, explosives et tragiques, l’aventure que propose No More Heroes est pour le moins pimentée. Certes, son déroulement pourra sembler quelque peu linéaire : après avoir amassé suffisamment d’argent pour payer le prochain contrat, direction l’antre de l’assassin à abattre, non sans avoir au préalable dérouillé ses hommes de main. Ceci dit, les phases de jeu précédant chaque duel se révèlent suffisamment intéressantes, rythmées et concises pour éviter de briser le rythme de la progression. Entre missions d’assassinat s’apparentant le plus souvent à de petits jeux de massacre et jobs plus innocents sous forme de mini-jeux, gagner sa croûte ne relève pas d’un dur labeur. Et puis, il faut bien le dire, la curiosité de découvrir chacun des boss est assez stimulante pour nous jeter de plein pieds dans la gueule du loup. Et on en redemande ! La preuve en VidéoTest.



Payer ses contrats demande des moyens et le travail ne manque pas à Santa Destroy
No More Heroes any more …





Le système de combat est très bien pensé et diablement prenant
Finalement, les seuls travers du titre de Suda 51 concernent sa réalisation. Et le moins que l’on puisse dire c’est que, de ce point de vue là, No More Heroes cumule les imperfections. Un constat particulièrement douloureux lorsque l’on sillonne les rues de Santa Destroy au guidon de l’imposante bécane de Travis. Clipping, ralentissements, textures en retard, scintillement, textures fades et collisions abracadabrantes, tout y passe. Impossible d’excuser ces lacunes en arguant une circulation dense où des rues animées puisque Santa Destroy est désespérément vide, au même titre que les aires de jeux précédents les boss battle. Une débâcle technique qui nuit sévèrement à l’intérêt de ces phases de jeu en open world. On a beaucoup reproché à Killer 7 sa linéarité et son dirigisme, Suda 51 en a pris acte mais échoue en partie dans sa tentative de proposer une progression plus libre. Si nous avons apprécié les nombreuses missions annexes éparpillées dans Santa Destroy, la navigation y est pourtant beaucoup trop laborieuse pour prendre un quelconque plaisir. Dommage. Mais la force de No More Heroes est justement d’aller au-delà de ses évidentes tares techniques en délivrant une puissante expérience ludique mais aussi esthétique et dramatique. Et ça, c’est la classe.
Conclusion
No More Heroes fait partie de ces jeux qui, bien qu’entachés de multiples défauts techniques, font preuve d’une force de caractère impressionnante. Un titre charismatique dont la structure linéaire ne l’empêche pas d’être terriblement accrocheur et dont on garde un sacré souvenir, à peine entaché de quelques désagréables réminiscences, dont une dimension open world mal maîtrisée, la faute à une réalisation inaboutie mais aussi une injustifiable censure privant le titre de ses giclées d'hémoglobines. Néanmoins, No More Heroes s'impose tout simplement comme le meilleur jeu délivré par un éditeur tiers sur Nintendo Wii.







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