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Test Ninokuni : The Another World (Nintendo DS) : 7/10 sur JeuxVideo.fr



Les +

  • Une relation forte avec le personnage principal
  • Des runes assez amusantes à dessiner
  • Des dessins animés superbes
  • Joe Hisaishi à la musique, un régal
  • Des quêtes à télécharger, à la Dragon Quest IX
  • Un régal pour les enfants (qui savent lire et écrire)

Les -

  • L'utilisation ultra contraignante du livre
  • Le poids du livre en question
  • La 3D pas toujours du meilleur goût
  • Encore un système de monstres, vraiment ?
La note de jeuxvideo.fr
7.0
bon
Niveau d'attente
des lecteurs de Jeuxvideo.fr
Elevé
(Attendu par 91% des lecteurs)
(277 votes)
Publiée le 29/12/2010 à 18:12, par Nathan

Test import de Ninokuni sur DS : la magie Ghibli sur DS

Après des dizaines d'années à se faire courtiser par le monde des jeux vidéo, le mythique studio Ghibli a enfin cédé aux avances de Level-5. Début de l'idylle sur DS.

Tout sur ma mère
Même en s'adressant aux enfants, il faut toujours un drame originel pour donner sa raison d'être à un récit. Ninokuni n'y va pas avec le dos de la cuillère : c’est en courant au secours de son fils Oliver, trop occupé à jouer, qu'Arie, mère « célibattante » comme sait les tailler Miyazaki dans ses films, va trouver la mort. Le petit garçon n’a rien pu faire pour la sauver de la maladie qui la rongeait. Torturé par le remord, il pleure à grosses goutes sur la peluche justement offerte par sa mère.

Shizuku, c'est son nom, va prendre vie et lui révéler qu'en fait, il existe deux réalités parallèles inséparables, deux faces d'une même pièce. Il y a la nôtre, où il y a la télé-réalité et où l’on paye des impôts. Et puis la « deuxième », celle évoqué dans le titre japonais, peuplée d’animaux fantastiques et de magiciens, un monde fantastique estampillé « Studio Ghibli ». Tous les êtres humains existent dans ces deux continuums, mais en vivant des vies différentes. Sa mère est donc en vie, quelque part dans ce deuxième monde, et aucun sorcier malfaisant ne va se mettre en travers de sa route pour la retrouver, pas même le boss de fin.

« Ghibli a choisi de ne pas finir comme les dinosaures »

Pas d'histoire de vengeance, ni de guerre fratricide encore moins de trahison, juste la douleur d'un môme devenu orphelin, telle sera la matrice de l'illustre studio Ghibli pour son entrée dans le monde des jeux vidéo. Pourtant, souvenons-nous que son mentor, Hayao Miyazaki (réalisateur de la Princesse Mononoke, le Voyage de Chihiro, Totoro, et tant d’autres classiques inscrits au panthéon de l’animation) a toujours manifesté un profond dégout pour les jeux vidéo et un mépris pour tout ce qui est « gadgeterie multimédia ». Triste réalité : le studio doit se préparer sérieusement à l'après-Miyazaki qui, ces derniers temps, n'écrit plus que les scénarios (comme c'est le cas du dernier Arrietty, le petit monde des chapardeurs). Évoluer ou disparaitre, Ghibli a choisi de ne pas finir comme les dinosaures.

Ceux qui ont réussi ce mariage impossible, c’est Level-5. De Dragon Quest IX à Inazuma Eleven, c’est l'éditeur qui a la baraka en ce moment. En signant ce pacte créatif avec Ghibli, la société de Fukuoka confirme sa place dans le G7 des développeurs japonais et rafle le poste de « dreammaker » des mains de Square Enix. Grâce à la renommée du studio d'animation, c'est désormais de manière quasi-officielle que Level-5 devient la firme qui fait rêver petits et grands.

Ninokuni : The Another World
Ninokuni : The Another World
Ninokuni : The Another World
Les dessins animés sont légion, comme pour fêter la toute première production jeu vidéo du studio Ghibli.


« 352 (!) pages d'un bouquin trop lourd à emporter partout mais qu'il faudra garder à portée de main »


Ninokuni : The Another World
Cet événement ne pouvait pas donner un « petit jeu », à l'image de la gargantuesque boite qui contient le titre, l'équivalent d'un bon gros deluxe pack bien lourd. Pour comprendre le pourquoi du comment, flashback sur Oliver et Shizuku. En s'éveillant, la petite mascotte, qui a littéralement « pignon sur nez », offre un grimoire faisant du jeune garçon un apprenti magicien. Le joueur a le même dans la boite. Enjolivé de dorures, broché comme les vieux Jules Verne de la bibliothèque de papy, serti d'un joyau garantissant le pedigree exceptionnel du soft et rempli de pages marronnasses pour faire plus vrai, il contient avant tout les sortilèges, associés à des runes.

À chaque fois, deux traits suffiront pour déclencher le sort. Oliver, donc vous, devra tracer ces extraits d'alphabet magique sur l'écran de la DS pour les déclencher. La plupart du temps, il sera possible d'utiliser quelques raccourcis pour se sauver du tracas à chercher parmi les 352 (!) pages d'un bouquin trop lourd à emporter n'importe où, mais qu'il faudra garder à portée de main car le jeu y fait souvent appel. Et tant pis pour sa pomme, si on l'oublie au cours d'un long voyage en avion ou d'un long séjour « jeu » dans les cabinets, une petite note explicative flotte dans la grosse boite pour vous rappeler que sans ce livre, vous ne pourrez pas avancer dans l'aventure.

À toi de jouer, synergie
À première vue, on pourrait croire que ce joli ouvrage a été conçu dans l'optique d'une protection contre le piratage. Parfois, Ninokuni ira jusqu'à vous exiger des mots de passe présents dans des pages, disséminés un peu au hasard dans le bouquin pour contrer les petits malins adeptes de la photocopieuse. On pense très fort à ces manuels des jeux PC remplis de codes anti piratages dans le coin des pages. Une véritable purge pour le client fidèle, enquiquiné systématiquement à tous les démarrages des jeux qu'il aura honnêtement achetés. Vingt ans plus tard, un tel procédé serait sous-estimer les joueurs un peu débrouillards qui se trouveront un fichier PDF à l'ère d'internet.

En recevant exactement le même bouquin qu'Oliver qui découvre les pages d'un manuscrit qui le dépasse, trop gros pour lui, trop gros pour nous, Level-5 joue à fond la carte de la mise en abîme. Une route barrée ? Un retour dans sa propre dimension ? Donner la parole à un chat mignon ? Quelques traits et c'est réglé, toujours de manière linéaire mais cohérente. Rien d'inédit dans cette démarche, des jeux d'aventures (notamment chez Sierra On-Line) ont déjà tenté l'opération, mais Ninokuni réussit la fusion ludique, une véritable synergie avec l'usage du stylet (à l'image des petits Japonais dans les publicités TV qui maitrisent parfaitement l'ordre des traits runiques), une justesse primordiale pour un apprentissage correct de l'écriture des kanji. Ninokuni sait segmenter, il a choisi de plaire aux enfants.

« Un bon vieux système au tour par tour des familles »

À part cet « événement littéraire », Ninokuni reste un J-RPG (jeu de rôle à la japonaise) dans la plus grande tradition du style, s'inspirant ça et là des différentes productions Level-5. Pas de combat aléatoire comme dans Dragon Quest IX ; on dispose d'une équipe tournante grâce aux monstres que l'on récupèrera dans son équipe et puis, bien entendu, un bon vieux système au tour par tour des familles où l'on choisira juste sa position, avant pour frapper plus fort et vice versa. Il n'y a absolument rien d'original de ce côté-là et quelque part, c'est assez rassurant. Rien ne déborde, comme si Ninokuni avait été imaginé avec un contrôle parental bienveillant en tête.

Alors qu'aujourd'hui, chaque RPG s'efforce d'imaginer son propre système rien qu'à lui, il faut presque remonter à la génération 16 bit pour se souvenir de quelque chose d'aussi élémentaire, d'aussi « carré » que le déroulement des combats de Ninokuni, influencé par la simplicité légendaire du tour par tour de Dragon Quest. Même si le jeu a l'élégance de ne pas piétiner, de toujours avancer, il propose de nombreuses quêtes annexes pour augmenter sa durée de vie. En plus de la traditionnelle chasse, on devra utiliser ses runes pour prendre le courage, la gentillesse ou encore la confiance chez des PNJ pour les disséminer chez d'autres qui n'en ont pas.

Ninokuni : The Another World
Ninokuni : The Another World
Ninokuni : The Another World
Ninokuni : The Another World
Un réel retour aux sources du J-RPG avec un système qui ne fait jamais de vague. Si simple qu'il en est presque déroutant.


Un univers qui transpire le savoir-faire Ghibli
Cette rusticité, on la retrouve jusque dans la 3D des personnages du jeu (et surtout les monstres) laissant une marge d'amélioration considérable en attendant le prochain Ninokuni sur PlayStation 3. En attendant, Ghibli assure dans tous les autres domaines. En maître de l'expression corporelle dans l'animation, le studio appose sa fameuse patte dans chaque mouvement de personnages. Les dessins animés nous rappellent à quel point le studio sait donner vie avec simplicité à tout un univers fantasmagorique et baroque. Comme pour les films du studio, il y a vraiment une recherche de cette saveur nostalgique et puissamment évocatrice dans chacun des décors, tous dessinés à l'ancienne. Et puis ça vit, ça cause beaucoup, grâce aux comédiens dont certains experts reconnaitront la voix japonaise du professeur Layton.

Enfin, la clef de tout grand RPG, c'est une bande-son efficace. Musicien attitré de Miyazaki et des premiers Kitano, c'est Joe Hisaishi qui relève le défi et repousse toutes les appréhensions il faut dire que le compositeur des thèmes incroyables de Porco Rosso et de Mononoke a la réputation de souvent recycler ses idées d'un projet à l'autre, ce qui lui vaut parfois de gentilles moqueries de la part de Toshio Suzuki, le producteur de tous les films de Miyazaki. Et puis les gamers se souviennent bien de sa seule incartade dans les jeux vidéo, Tengai Makyô 2 dont la bande-son est plus que fortement inspirée de Mon Voisin Totoro. Pour Ninokuni, Joe s'est déchaîné. Une bonne dizaine de pistes totalement inédites pour un CD Audio qui, lui, n'aura pas besoin d'un grimoire de 300 pages pour être écouté. Une vraie réussite.

Ninokuni : The Another World
Ninokuni : The Another World
Ninokuni : The Another World


« Il n'y a aucune aspérité dérangeante, on y progresse comme dans du beurre »

Mais ce qu'il y a de plus remarquable chez Ninokuni, c'est de prendre subtilement en contrepied toute l'imagerie habituelle du récit à clef du rite initiatique cher à Ghibli. La phrase « C'est l'histoire d'une jeune fille qui va découvrir que grandir, ce n'est pas si facile » pourrait résumer la grande majorité des films du studio. L'abandon, le temps qui passe, le passage si délicat vers l'âge adulte... toutes ces thématiques, Level-5 les a sabrés au profit d'un scénario tenant compte des exigences d'un RPG, qui plus est pour enfant. Choisir un garçon plutôt qu'une fille comme héros était déjà un pas vers un canevas plus classique auquel aspire Ninokuni.

Ainsi, il n'y a aucune aspérité dérangeante, on y progresse comme dans du beurre, assisté par la même flèche de direction et la même phrase explicative située en haut de l'écran qu'on trouvait déjà dans Inazuma Eleven, déjà un RPG ciblé « cour de récré ». Comme si Level-5 s'était rendu compte qu'il fallait séduire toute une nouvelle génération de joueurs qui n'ont plus de grandes aventures à vivre. Tout le symbole de Ninokuni est là : Oliver ne cherche pas à se venger d'un monstre sans pitié, il part sauver sa mère au-delà des mondes. Ghibli sanctifiait la recherche de l'émotion passée, désormais Ninokuni célèbre le temps retrouvé.

Conclusion :
En visant ouvertement le public traditionnellement enfantin des films Ghibli, Level-5 fait un pari audacieux, alourdi encore plus par un livre trop lourd pour être trainé dans son cartable. D'un côté, Ninokuni essaie de compliquer la sauce pour que le joueur mérite de vivre dans la peau de cet apprenti magicien. Et de l'autre, on sent pertinemment que ce RPG ne sortira jamais de la zone de confort à laquelle il se cantonne. Pas d'audace, soit. Ce ne sera pas une révolution créative. Mais dans le genre qui cherche un second souffle artistique et commercial qu'est le J-RPG, Level-5 a choisi de nous faire incarner symboliquement un garçon plein de tendresse prêt à tout pour sauver sa mère. Tel un film Ghibli, Ninokuni nous invite à visiter des paysages qui fleurent bon la nostalgie et l'enfance. Et, c'est certain, personne n'a fait mieux dans le genre sur DS.

Ninokuni : The Another World
Ninokuni : The Another World
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Test réalisé à partir de la version japonaise du jeu
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Les avis des internautes

Note moyenne des internautes : 7.0
1 BONNE RAISON D'Y JOUER
L'avis de : Anonyme
Très bon
ninokuni on se prend dans l'histoire.Avec le style pokemon et dragon quest 9 et avec un zeste de professeur layton et du zelda tout pour plaire
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