VidéoTest de Ninja Gaiden II : du sang et des boyaux !

CIA, trippes à l’air et gros nichons
Situé quelques années avant le tumulte du premier opus, alors que Ryû s’apprête à prendre la succession de son père Joe Hayabusa, Ninja Gaiden II nous embarque évidemment dans une longue et sanglante chasse au démon. Le Clan de l’Araignée Noire fomente le retour sur Terre du Grand Démon et il faudra l’intervention de Sonia, bimbo saucissonnée de cuir et roulant pour la CIA, pour que notre ninja tueur de démons mesure l’ampleur de l’affaire. Katana et shurikens aiguisés, Ryû se lance donc dans un tour du monde en quatorze chapitres pour éradiquer la racaille démonique, du premier sous-fifre jusqu’au grand patron. Vous l’aurez noté, on nage une fois de plus en pleine série Z. Un ninja en skaï, une belle blonde lourdement armée, une secte maléfique surveillée par la CIA, des démons éructant leurs envies de domination mondiale : tout est réuni pour un grand moment de n’importe quoi. Mais c’est pour ça (aussi) que l’on aime Ninja Gaiden, ce côté kitsch et sanglant digne de certaines productions cinématographiques de seconde zone au charme inimitable. Un parti pris aussi bien scénaristique qu’esthétique puisque le design général du titre, personnages et décors, joue de ce mélange entre horreur et grotesque. Rien de neuf de ce côté-là donc, les joueurs ayant apprécié le côté décalé et outrancier du premier épisode seront ravis de prolonger l’expérience avec peut-être encore plus d’intensité puisque le design va loin, très loin, avec pléthore de créatures toutes plus barrées les unes que les autres.



Le design des ennemis rappelle parfois certains vieux films de monstres
On regrettera néanmoins une certaine inégalité dans le design des environnements avec quelques gros ratés. On pense ainsi à la ville de New-York battue par les eaux, décevante aussi bien visuellement qu’en termes d’architecture, ou encore à plusieurs autres décors souterrains ternes et monotones. D’une manière générale, Ninja Gaiden II n’est rien d’autre qu’une succession de couloirs dont l’enchaînement est heureusement ponctué d’un soupçon de verticalité et autres rares séquences de plateforme. Toutefois, une imbrication de couloirs ne signifie pas nécessairement un level design au rabais dès lors qu’elle est efficacement maquillée. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas dans ce Ninja Gaiden II et l’impression de courir d’un spot d’ennemis à un autre est souvent trop prégnante. A l’opposé, nous avons été agréablement surpris par quelques superbes environnements, tel le parcours infernal séparant Ryû du Grand Démon, paysage apocalyptique et démesuré survolé de nuées démoniaques et rehaussé de couleurs lumineuses. Mais le bilan reste en fin de compte bien mitigé. Heureusement, la sauvagerie qui faisait le sel du premier opus est encore à l’ordre du jour et son gameplay bétonné a connu quelques retouches intéressantes, comme nous le détaillons dans notre VidéoTest.
Un Ninja Gaiden ta console !




Les exécutions en mettent plein la vue et plein les murs
Le titre réserve en effet d’autres surprises, notamment des ennemis beaucoup plus coriaces qu’autrefois. En effet, malgré les multiples amputations dont ils sont les victimes leur combativité reste intacte, leur insufflant la force de se traîner au sol jusqu’à atteindre Ryû pour lui asséner une ultime attaque. Il faudra donc se montrer vigilant et se garder de tourner le dos à un homme tronc que l’on aura eu la négligence de laisser en vie. Car la sanction peut-être sévère et renverser le cours d’un combat dont l’issue semblait pourtant acquise. D’une manière générale nous avons également noté un plus grand nombre d’assaillants lors de la plupart des combats que n’en proposait le premier épisode. Tous ces petits changements réunis rééquilibrent un système de combat que certains trouvaient (à raison ?) trop aride malgré une technicité qui faisait beaucoup de bien au genre. Les sensations de jeu s’en trouvent ainsi décuplées et nous avons pris, pour notre part, encore plus de plaisir à dézinguer du démon que dans le premier opus. Reste que si le niveau de difficulté nous a semblé plutôt équilibré et le challenge progressif, certains boss comptant pourtant parmi les personnages clefs de l’histoire se sont montrés ridiculement faibles comparativement à d’autres créatures de moindre importance. Ainsi, le fameux Genshin rencontré dès le début du jeu puis retrouvé dans l’un des derniers chapitres n’a pas tenu plus d’une trentaine de secondes contre votre serviteur, là où d’autres boss mineurs ont demandé de nombreuses tentatives avant de succomber. Et les exemples de ce genre ne manquent pas puisque c’est la quasi-totalité des seigneurs démons rencontrés qui ne se sont pas montrés à la hauteur de leurs palabres. Une faiblesse que l’on a du mal à s’expliquer.



Certains environnements sont particulièrement décevants ...



... d'autres tout simplement superbes
Comme vous pouvez vous en douter, les innombrables luttes jalonnant l’expédition punitive de Ryû sollicitent l’emploi d’un arsenal conséquent. Et de ce côté-là, ce second opus se montre classique, voire frileux. En effet, on retrouve bon nombre des instruments de mort déjà disponibles dans le premier épisode : katana, double katana, tonfas, bâton, etc. Même chose en ce qui concerne les armes de jet, avec shurikens, arc, kunai et autres. On dénombre tout de même quelques sympathiques trouvailles telles que la faux, dévastatrice dans son ultime évolution, ou encore le lance-pieux, très utile durant les combats sous-marins, l’une des nouveautés de cet opus. Bref, un équipement tout juste complété de quelques nouveautés, mais auquel il est désormais possible d’accéder par une simple pression de la croix directionnelle, au même titre que parchemins de ninpô et items. Une manière d’éviter les temps morts dont étaient trop souvent entrecoupés les affrontements du premier opus et tout particulièrement les boss battles.

Conclusion
Moins exemplaire que son illustre prédécesseur, Ninja Gaiden II s’en tire tout de même avec les honneurs, grâce à son gameplay toujours plus grisant et sa démesure assumée. Reste que ses nombreuses lacunes techniques, sa difficulté hasardeuse et son esthétique inégale demeurent surprenante pour un titre que l’on attendait irréprochable sur ces points. Il n’empêche que la dernière création de Tomonobu Itagaki pour le compte de Tecmo enchaîne les moments de bravoure et parvient à réformer avec succès son système de combat, sans faillir à sa réputation de jeu hardcore. Encore un grand moment de jeu vidéo à vivre sur console !
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