Metroid Other M : Samus entre les mains de la Team Ninja
A la différence de la saga Alien, principale inspiration de ses créateurs, la série des Metroid n'a pas beaucoup changé de mains. Pendant longtemps, elle fut la chasse gardée des développeurs du fameux Nintendo Research and Development 1, plus ancien studio interne de la firme. Il aura fallu attendre 2002 pour que le constructeur se décide à confier sa franchise à un autre studio. Avec la série des Prime, Retro Studios a su poser un regard neuf sur la saga. Six ans plus tard, c'est au tour de la Team Ninja de s'y essayer à son tour et force est de reconnaître que les développeurs des Ninja Gaiden ont revisité le mythe avec talent.
Avant de vous jeter avidement sur cet Other-M, un petit conseil : mieux vaut réviser un peu son Super Metroid pour ne rien manquer du scénario de ce nouvel opus. Les références y sont assez nombreuses, suffisamment pour perdre le néophyte. Inévitable dans la mesure où Other M est tout simplement la suite directe de Super Metroid. L'histoire commence alors que Samus est recueillie par la Fédération Galactique après sa victoire contre Mother Brain. Un combat dont notre héroïne est sortie brisée aussi bien physiquement que mentalement. Le sacrifice du bébé metroid pour la sauver du dernier assaut de Mother Brain l'a profondément affectée. Remise sur pied, la chasseuse de primes reprend sa route. Quelques temps après, son vaisseau capte un signal de détresse qui la conduit à une station spatiale totalement dépeuplée ... ou presque. En effet, Samus y retrouve une troupe de militaire emmenée par Adam Malkovich, son mentor, autrefois son supérieur lorsqu'elle officiait dans l'armée. En dépit des réticences d'Adam, Samus décide donc d'accompagner le groupe de militaires ...
Voilà pour le pitch. Nous n'en dirons pas plus, mais sachez que l'histoire dans son ensemble est un peu tirée par les cheveux. Surtout lorsqu'elle tente de justifier un choix de game-design tel que la désactivation des armes et capacités spéciales de Samus. La raison à cela ? Adam préfère éviter que son ancienne protégé ait recours à toute la puissance de son armure par mesure de sécurité. Du coup, il faudra attendre que la situation l'exige à certains moments clefs de l'aventure pour que la chasseuse de primes puisse exprimer son plein potentiel. Rageant, surtout lorsqu'on se retrouve face à une porte fermée requérant l'utilisation d'un Super Missile dont l'usage ne nous sera malheureusement pas autorisé avant plusieurs heures de jeu. Mais passons. Chronologiquement, Other M s'inscrit après les épisodes Prime et Super. Deux opus dont la Team Ninja propose la synthèse en alternant plusieurs perspectives selon les besoins du level design.
Si tout commence avec un bon vieux scrolling horizontal à l'ancienne, Samus n'est pas coincée sur un seul et unique plan. Rapidement, il devient possible de bifurquer en profondeur voir carrément de se promener dans de vastes salles ouvertes. Le titre n'a de cesse d'alterner plusieurs perspectives allant même jusqu'à permettre au joueur de passer derrière la visière de Samus façon Metroid Prime. Il suffit pour cela de pointer la télécommande sur l'écran pour que la vue bascule à la première personne. Car, en dehors de cette vue FPS, le titre se joue comme avec un pad classique, Wiimote à l'horizontale. Et force est de constater que le passage de l'une à l'autre vue ne souffre d'aucun accroc ... ou presque. On note en effet quelques légers décrochages de temps à autres mais rien de trop agaçant. Et heureusement d'ailleurs, car l'usage des missiles n'étant possible qu'en passant en vue subjective, une transition hasardeuse aurait sérieusement compliqué les choses en plein combat. En parlant d'armes, on retrouve l'arsenal de Samus au grand complet : son rayon, simple ou chargé, les petites bombes à semer sous forme de morphball et les différents types de missiles.



Metroid Prime ? Et non, perdu. Other M reprend à son compte la vue subjective introduite par la trilogie de Retro Studio
Mais la surpuissance de Samus ne s'arrête pas là. Other M introduit quelques nouvelles capacités comme un système d'esquive terriblement efficace et d'une tolérance assez étonnante. En effet, pour esquiver une attaque il suffit d'appuyer sur n'importe quelle direction avant l'impact. Et le timing est particulièrement large. Il est ainsi à la portée de tout le monde d'enchaîner une série de plusieurs esquives face à une horde d'ennemis déchaînés. Mieux encore, si une charge du rayon est lancée juste avant de réaliser une esquive elle atteint automatiquement son maximum une fois Samus retombée sur ses pieds. Un bon gros cadeau qui permet de défourailler ses ennemis en multipliant la combinaison esquive + charge gratuite. Un bonus qui facilite tout de même grandement les choses ... peut-être un peu trop d'ailleurs. Les vétérans de la saga ne manqueront pas de tiquer sur cette largesse. Mais qu'ils se rassurent, cela ne fait pas de Other M un jeu « peinard ».
En effet, si le menu fretin se laisse dessouder sans trop d'efforts, d'autres streums un peu plus costauds devront être combattus en faisant preuve d'un minimum de stratégie. Il faudra par exemple alterner entre rayon et missiles - et donc changer de vue sans tarder, achever certaines bestioles en leur grimpant sur le dos ou encore viser un point précis de leur anatomie. Les gros morceaux ne manqueront pas de punir une approche hasardeuse en défonçant copieusement les jauges de vie. Et le pluriel n'est pas une faute de frappe. Samus peut en effet gagner en résistance à mesure qu'elle déniche certains bonus. Mais attention car une jauge se vide souvent en trois ou quatre assauts. Qu'on se rassure, les points de sauvegarde et de restauration de l'énergie sont nombreux et réguliers. Mieux encore, une fois toutes les jauges épuisées, il est possible d'en recharger une manuellement (voire plus en collectant certaines améliorations). Certes, en ayant recours à cette capacité notre personnage est exposé quelques instants, mais avouez que le titre se montre une nouvelle fois très généreux.
On peut comprendre ce genre de « cadeaux » fait au joueur par le parti pris résolument action de cet opus. Les ennemis sont beaucoup plus nombreux qu'à l'accoutumée et les scènes d'action ne manquent pas. Faut-il comprendre que la castagne prend le pas sur l'exploration ? Pas totalement, mais ce dernier aspect est un peu en retrait. Contrairement à la plupart des précédents épisodes, les allers et retours sont rares et le titre se révèle beaucoup plus linéaire dans sa progression. Il faudra ainsi attendre la fin de l'histoire pour être invité à revisiter les lieux en toute liberté. Malgré tout, le level design fait la part belle aux casse-têtes en tout genre. Certains mécanismes sont sacrément bien cachés et il faudra souvent de longues minutes d'observation avant de les repérer. Il faudra également se creuser les méninges pour comprendre le fonctionnement de certains d'entre eux . Enfin, le jeu impose même parfois de scruter les lieux en vue subjective jusqu'à la découverte d'un indice déclenchant la prochaine cut-scene. Malheureusement, ces séquences se révèlent affreusement pénibles : il nous est ainsi arrivé de bloquer pendant un gros quart d'heure avant de localiser le minuscule point d'intérêt que nous étions sensés trouver. Frustrant.
Reste que le parti pris action / spectacle est assez prégnant. Cela se ressent par exemple dans la volonté affichée par la Team Ninja de raconter une histoire à l'aide de cinématiques de fort belle facture, quoiqu'un peu trop bavardes. C'est comme si, après avoir été contrainte au mutisme, Samus ne pouvait plus s'empêcher de parler, au tout du moins de ruminer ses pensées. Les soldats de la Fédération Galactique rythme également l'aventure à chacune de leurs apparitions. Dès lors le jeu perd beaucoup de ce qui faisait jusqu'ici la puissance immersive de la saga : la solitude de Samus et, conséquemment, celle du joueur. Other M c'est une autre ambiance, une dimension plus collégiale, une narration un peu plus cinématographique. Les fans les plus attachés au style Metroid en seront peut-être outrés. Mais dès lors qu'on a accepté Other M comme un épisode à part qui, mine de rien, tente des choses, il n'y a pas de quoi en faire un scandale.
En revanche, certains pourront légitimement pester contre la réalisation du titre. Très en deçà de la série des Prime, Other M n'est jamais aussi moche que lors des cut scene. Les textures sont alors d'une grossièreté à la limite de l'acceptable. Heureusement, au cœur de l'action la faiblesse de la réalisation passe au second plan. Notamment grâce à sa fluidité (presque) sans faille et à une large gamme d'effets visuels explosifs. Et puis il faut bien avouer que la distance à laquelle se positionne la caméra arrange pas mal les choses. Deuxième contre-poids à la faiblesse de la réalisation, la direction artistique fera le bonheur des amoureux de la saga. On retrouve ici tout ce qui fait le charme des Metroid : la bizarrerie de son bestiaire, la variété des ambiances et quelques boss qui en imposent. La bande-son est également une petite réussite dans son genre et parvient à insuffler un supplément d'intensité à la plupart des moments clefs du jeu.
Incontestablement, Metroid : Other M est une franche réussite qui, à sa façon, fait tout à fait honneur à sa prestigieuse lignée. Et le défi relevé par la Team Ninja était pourtant loin d'être gagné d'avance. Car reprendre la main sur la franchise Metroid après Retro Studios a de quoi filer les miquettes. Alors bien sûr, Other M n'est pas exempt de reproches à commencer par une réalisation faiblarde, une histoire à dormir debout qui n'a même pas le bon goût de s'achever par un boss fight mémorable et un parti pris action / spectacle qui ne conviendra surement pas à tous les fans de la saga. D'ailleurs, sur ce dernier point, si le premier Metroid fut influencé par Alien alors Other M a du l'être par Aliens. Mais dès lors qu'on l'accepte pour ce qu'il est, à savoir un regard neuf sur une franchise mythique et pas un nouveau point de départ, aucune raison de crier au blasphème. Other M est une aventure haletante qui vous captivera sans vous lâcher pendant une grosse dizaine d'heures et bien plus encore si vous souhaitez l'achever à 100%. Alors franchement, fan de la première heure ou parfait néophyte, vous attendez quoi là ? Hein ?






Metroid Other-M ou le Super Metroid Prime

Voilà pour le pitch. Nous n'en dirons pas plus, mais sachez que l'histoire dans son ensemble est un peu tirée par les cheveux. Surtout lorsqu'elle tente de justifier un choix de game-design tel que la désactivation des armes et capacités spéciales de Samus. La raison à cela ? Adam préfère éviter que son ancienne protégé ait recours à toute la puissance de son armure par mesure de sécurité. Du coup, il faudra attendre que la situation l'exige à certains moments clefs de l'aventure pour que la chasseuse de primes puisse exprimer son plein potentiel. Rageant, surtout lorsqu'on se retrouve face à une porte fermée requérant l'utilisation d'un Super Missile dont l'usage ne nous sera malheureusement pas autorisé avant plusieurs heures de jeu. Mais passons. Chronologiquement, Other M s'inscrit après les épisodes Prime et Super. Deux opus dont la Team Ninja propose la synthèse en alternant plusieurs perspectives selon les besoins du level design.




Metroid Prime ? Et non, perdu. Other M reprend à son compte la vue subjective introduite par la trilogie de Retro Studio
Mais la surpuissance de Samus ne s'arrête pas là. Other M introduit quelques nouvelles capacités comme un système d'esquive terriblement efficace et d'une tolérance assez étonnante. En effet, pour esquiver une attaque il suffit d'appuyer sur n'importe quelle direction avant l'impact. Et le timing est particulièrement large. Il est ainsi à la portée de tout le monde d'enchaîner une série de plusieurs esquives face à une horde d'ennemis déchaînés. Mieux encore, si une charge du rayon est lancée juste avant de réaliser une esquive elle atteint automatiquement son maximum une fois Samus retombée sur ses pieds. Un bon gros cadeau qui permet de défourailler ses ennemis en multipliant la combinaison esquive + charge gratuite. Un bonus qui facilite tout de même grandement les choses ... peut-être un peu trop d'ailleurs. Les vétérans de la saga ne manqueront pas de tiquer sur cette largesse. Mais qu'ils se rassurent, cela ne fait pas de Other M un jeu « peinard ».

« Other M c'est une autre ambiance, une dimension plus collégiale, une narration un peu plus cinématographique »
On peut comprendre ce genre de « cadeaux » fait au joueur par le parti pris résolument action de cet opus. Les ennemis sont beaucoup plus nombreux qu'à l'accoutumée et les scènes d'action ne manquent pas. Faut-il comprendre que la castagne prend le pas sur l'exploration ? Pas totalement, mais ce dernier aspect est un peu en retrait. Contrairement à la plupart des précédents épisodes, les allers et retours sont rares et le titre se révèle beaucoup plus linéaire dans sa progression. Il faudra ainsi attendre la fin de l'histoire pour être invité à revisiter les lieux en toute liberté. Malgré tout, le level design fait la part belle aux casse-têtes en tout genre. Certains mécanismes sont sacrément bien cachés et il faudra souvent de longues minutes d'observation avant de les repérer. Il faudra également se creuser les méninges pour comprendre le fonctionnement de certains d'entre eux . Enfin, le jeu impose même parfois de scruter les lieux en vue subjective jusqu'à la découverte d'un indice déclenchant la prochaine cut-scene. Malheureusement, ces séquences se révèlent affreusement pénibles : il nous est ainsi arrivé de bloquer pendant un gros quart d'heure avant de localiser le minuscule point d'intérêt que nous étions sensés trouver. Frustrant.

En revanche, certains pourront légitimement pester contre la réalisation du titre. Très en deçà de la série des Prime, Other M n'est jamais aussi moche que lors des cut scene. Les textures sont alors d'une grossièreté à la limite de l'acceptable. Heureusement, au cœur de l'action la faiblesse de la réalisation passe au second plan. Notamment grâce à sa fluidité (presque) sans faille et à une large gamme d'effets visuels explosifs. Et puis il faut bien avouer que la distance à laquelle se positionne la caméra arrange pas mal les choses. Deuxième contre-poids à la faiblesse de la réalisation, la direction artistique fera le bonheur des amoureux de la saga. On retrouve ici tout ce qui fait le charme des Metroid : la bizarrerie de son bestiaire, la variété des ambiances et quelques boss qui en imposent. La bande-son est également une petite réussite dans son genre et parvient à insuffler un supplément d'intensité à la plupart des moments clefs du jeu.
Conclusion
Incontestablement, Metroid : Other M est une franche réussite qui, à sa façon, fait tout à fait honneur à sa prestigieuse lignée. Et le défi relevé par la Team Ninja était pourtant loin d'être gagné d'avance. Car reprendre la main sur la franchise Metroid après Retro Studios a de quoi filer les miquettes. Alors bien sûr, Other M n'est pas exempt de reproches à commencer par une réalisation faiblarde, une histoire à dormir debout qui n'a même pas le bon goût de s'achever par un boss fight mémorable et un parti pris action / spectacle qui ne conviendra surement pas à tous les fans de la saga. D'ailleurs, sur ce dernier point, si le premier Metroid fut influencé par Alien alors Other M a du l'être par Aliens. Mais dès lors qu'on l'accepte pour ce qu'il est, à savoir un regard neuf sur une franchise mythique et pas un nouveau point de départ, aucune raison de crier au blasphème. Other M est une aventure haletante qui vous captivera sans vous lâcher pendant une grosse dizaine d'heures et bien plus encore si vous souhaitez l'achever à 100%. Alors franchement, fan de la première heure ou parfait néophyte, vous attendez quoi là ? Hein ?
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