Après Blue Dragon, Mistwalker nous livre son second RPG sur 360. Développé en parallèle à Blue Dragon et en partenariat avec le studio Feel Plus, Lost Odyssey a bénéficié du savoir-faire de Hironobu Sakaguchi, d'un chara-design assez atypique confié à Takehiko Inoue (mangaka à l'origine de Slam Dunk et Vagabond). Une nouvelle odyssée nous est proposée, dans un univers mature et mélancolique. Pourra-t-elle pour autant devenir le cheval de Troie de Microsoft, qui ralliera davantage les fans de RPG japonais sur sa dernière console de salon ?
C'est l'histoire d'un mec...
Le scénario nous met d'emblée dans la peau de Kaïm Argonar, un mercenaire âgé tout de même de 1000 ans ! Comme cela est possible ? Simplement parce que notre héros se targue d'être immortel, malheureusement pour lui, il semble un tantinet amnésique. Notre courageux « jeune homme » (d'apparence donc) se voit assigné d'une mission capitale après la désastreuse apparition d'une météorite sur un champ de bataille, où Kaïm paraît être le seul survivant. Puisqu'une vidéo vaut mieux qu'un long discours, voici ci-dessous notre vidéo Press Start des dix premières minutes du jeu, laquelle va vous mettre tout de suite dans l'ambiance :
Press Start#1 - Début de l'aventure
Press Start #1 - Début de l'aventure
4 DVD : L'Odyssée de l'espace
On se rend rapidement compte que l'on a affaire à un RPG au tour par tour, assez traditionnel au niveau de la possibilité des actions (exemple : Attaquer, Défendre, Formation, Sort, etc.) comme dans son concept. Les amateurs de
Final Fantasy ne seront pas dépaysés, même si Lost Odyssey apporte un système assez novateur liant héros immortels et mortels. Un immortel peut ainsi apprendre de nouvelles compétences lorsqu'on le lie avec un autre mais ne dispose que d'une réserve de compétences limitée en combat. Il faudra donc choisir intelligemment. Le mortel, lui, ne peut pas apprendre ni de ses pairs ni des immortels. Cependant, et ça a son importance, il dispose en combat de toutes les compétences préalablement connues. Si l'on ajoute à cela la barre de « Condition de Garde » (« CG »), sorte de mur défensif établi en fonction du total des points de vie des héros mis en première ligne. La vidéo commentée qui suit va vous expliciter les différents mécanismes de jeu ainsi que les différents points forts et faibles de Lost Odyssey :
VidéoTest de Lost Odyssey sur Xbox 360
VidéoTest de Lost Odyssey sur Xbox 360

Pour être tout à fait précis, je dois avouer que le titre ne m'avait pas fait une grande impression lors de sa présentation lors du Tokyo Game Show 2006. Encore à l'état embryonnaire, il nous présentait le début de l'aventure avec des lacunes techniques grossières (affichage tardif de nombreux éléments et textures, gros ralentissements...) et, plus inquiétant, une certaine lourdeur au niveau des déplacements sur la zone dévastée de la grosse bataille initiale (un chemin tout tracé entouré de murs invisibles, animation du héros limitée...). Même les premières joutes réalisées avec Kaïm, bien que joliment mises en scène, n'étaient pas forcément très jouissives : les combats étant assez longs, lourds et peu intéressants (seulement trois possibilités étaient activées : Attaque, Défense, Objet). Pourquoi je parle de cela ? Tout simplement, car même si on note une amélioration technique par rapport à ladite démonstration, le début du jeu en version finale est strictement identique. Ainsi, les premiers instants du titre de Feel Plus ne fera pas forcément mouche auprès de la totalité des joueurs et n'est absolument pas révélateur du contenu final. Tout cela pour dire, qu'au fur à mesure de mon avancée, au fil des compétences acquises et des contrées explorées, Lost Odyssey m'a conquis.
Feel Plus...

Pas forcément du fait de ses innovations (globalement bien timides), pas forcément par son accessibilité (la plupart des combats sont disputés et certains boss sont bien ardus), mais par sa sincérité, sa volonté de susciter des émotions aux joueurs ainsi que par son côté onirique qui nous transporte dans un univers cohérent et mature. Et pour cela, même si la patte artistique est très appréciable, c'est bien la personnalité du produit qui prime et faisant partager un peu plus qu'un « simple jeu ». J'en veux pour preuve les Rêves de Kaïm, représentés sous la forme de récits textuels et accessibles soit en dormant soit dès l'écran titre. Certes le choix de laisser aux joueurs habitués systématiquement aux cinématiques spectaculaires peut surprendre, voire effrayer certains. Cela dit, à moins d'être totalement insensibles ou fermé à la littérature, ces textes sont globalement tous captivants et riches en émotions (citons par exemple l'histoire de Mamie Coto ou de la petite menteuse). De plus, les développeurs ont pensé à rendre la chose plus attractive via de petites animations des caractères ou des fonds d'écran, la présence de quelques sons d'ambiance.
Vidéo Exclu #2 - Techniques, persos et menus
Vidéo Exclu #2 - Techniques, personnages et menus

La localisation a, elle aussi, bénéficié d'un soin appréciable aussi bien au niveau textuel (même quelques petites fautes de frappe ou de français, que l'on peut difficilement pointer du doigt au vu de la qualité globale et du nombre colossal de dialogues) que vocal (les voix françaises sont bien meilleures que celles de Blue Dragon et assez satisfaisantes). Et bien que les tons ou la synchronisation labiale ne soient pas du niveau du doublage original japonais (activable à tout moment dans les options, sauf en combat), cet effort est si rare qu'il ne peut qu'être encouragé. En bref, malgré certaines maladresses (lacunes techniques, la certaine lourdeur des chargements et ralentissements, utilisation abusive et pas toujours justifiée des scènes aux écrans partagés...), Lost Odyssey recèle bien des finesses et petits détails sympathiques (animations des personnages pendant qu'on gère les actions en combat, changement d'armes et accessoires bien visibles sur les héros, pointes d'humour, mimiques de certains personnages parfois saisissantes...).
Conclusion :
C'est un fait, Lost Odyssey ne paie pas de mine et ne fera sans doute pas que des adeptes. Derrière un univers et une patte artistique indéniable se cache un RPG solide, traditionnel dans son concept mais avec suffisamment de bonnes idées, de soucis du détail et de personnalité qu'il en devient incontournable pour tout fan du genre qui se respecte. Long, souvent ardu, entaché quelque peu par des lacunes techniques (ralentissements, chargements omniprésents...), Lost Odyssey est une oeuvre mature à bien des niveaux qui réussit son pari principal : nous émouvoir et nous dépayser grâce à quatre DVD. Les RPG sur ne sont pas légions et ceux disposant d'un univers original avec une vraie âme, encore moins. Une expérience très plaisante, pour peu que l'on adhère bien sûr au style, où le tout est supérieur à la somme des parties.
Ce jeu vous intéresse ? Retrouvez-le dans le
Comparer les prix de Lost Odyssey sur Xbox 360
( les afficher maintenant )