Test de Lollipop Chainsaw : aussi bon qu'une sucette ?
Comme prévu, Lollipop Chainsaw se présente comme un beat'em all complètement barré, mais malheureusement bien trop daté pour faire de l'ombre aux références du genre.
Lollipop Chainsaw, c'est avant tout un personnage : Juliet Starling, la chasseuse de démons aux atouts supérieurs à ceux de Buffy. Pom-pom girl sexy du lycée de San Romero, Juliet raffole des sucettes. Une insinuation à la hauteur de l'humour omniprésent dans l'aventure, gras et parfois un peu naze, il faut l'avouer. Après, comme on dit, l'humour est forcément subjectif et le jugement porté à Lollipop Chainsaw dépend aussi de ce que l'on attend d'un jeu vidéo.
Le scénario est également bien décalé. Il raconte l'histoire d'un jeune homme - mal dans sa peau - qui s'est mis en tête de dominer l'univers en ouvrant la brèche de l'autre monde. C'est là que les zombis rentrent en scène ; toute la population de la ville est infestée. Un air de déjà-vu, certes, mais la mise en scène totalement loufoque nous garde quand même en haleine durant ce périple dans les rues de la cité. Stade de football, école, déchetterie, banlieue chic, la production de Grasshopper nous fait visiter tous les lieux cultes des séries américaines.
En fait, Lollipop est en quelque sorte un hommage à la culture pop' kitsch américaine, dans toute sa splendeur. Et c'est plutôt réussi. Ambiance sonore composée avec des morceaux des années 60, direction artistique soignée, Lollipop nous fait facilement plonger dans son univers barré. Hélas, les séquences cinématiques sont plombées par une traduction catastrophique, où les propos traduits sont parfois à l'opposé de la version originale ! Les traducteurs auraient-ils passé plus de temps à reluquer la petite culotte de Juliet ? Possible... On incarne donc la belle blonde au travers des différents niveaux organisés en séquences où le but est on ne peut plus simple : tout dégommer.
Pas de réflexion, pas de monde ouvert ; on avance, on tranche et on sauve quelques élèves perdus au passage. Un menu ensanglanté qui se rapproche finalement de No More Heroes, du même créateur. Armé d'une tronçonneuse, le joueur enchaîne donc les combos avec une grande facilité, en alternant entre coups de pied sautés, découpage et esquive rotative grâce au bouton de saut. C'est assez jouissif. Mais si Lollipop se veut très accessible, le gameplay est aussi extrêmement basique. Certains défendront peut-être ce côté old school, mais impossible de ne pas le comparer aux références du genre, beaucoup plus riches. On a vraiment l'impression d'en faire vite le tour, comme un dîner avec une blonde qui tourne en rond... Heureusement, il reste quelques moments de folie, comme le « Ticket Nick », un combo où l'on se sert de la tête de son copain (accroché à ses fesses) comme d'une arme vivante. Hilarant. Quant aux sucettes, elles sont utilisées pour reprendre la vie.
La tronçonneuse est également évolutive. En remportant des points et des pièces, on accède à une boutique où l'on peut acquérir toutes sortes d'objets (exemple : nouvelles tenues) et différentes améliorations. L'arme principale peut alors se transformer en fusil à pompe ou en gourdin. Mais comme les niveaux sont eux aussi trop simplistes, on n’a pas vraiment le sentiment de profiter pleinement de son petit joujou. Dommage que la direction artistique ne soit pas au service du gameplay, finalement. C'est ce que l'on aurait voulu. Et si les ennemis déboulent rapidement en grand nombre, on regrette également que la caméra soit si capricieuse, rendant certains passages un peu lourds. On tombe aussi régulièrement sur des séquences de « QTE » qui contribuent à dynamiser les combats contre les boss. Histoire de ne pas rendre l'expérience trop répétitive, les séquences sont entrecoupées par des mini-jeux avec Nick. Ils sont souvent bourrés de références sur l'univers geek.
Si les décors sont plutôt variés, l'ensemble des environnements reste quand même bien vide. Il faut l'avouer : Lollipop est techniquement bien loin de ce que l'on peut attendre d'un jeu de ce registre en 2012. Le moteur graphique sent le grenier. Mais malgré tous ces défauts, on a quand même envie d'avancer, de découvrir les situations farfelues, les boss... C'est un peu comme-ci on avait ce besoin fou de conclure avec sa nouvelle conquête. Néanmoins, pas besoin d'une dizaine de rendez-vous, puisqu'il faut compter 7 heures pour en faire le tour, en mode « Normal ». Pas de multijoueurs non plus, mais un mode « Défi » permettant de revisiter les niveaux, de découvrir de nouvelle fin, et partager ses meilleurs scores sur le réseau. Rien de très passionnant cependant, étant donné que le jeu est assez prévisible dans son ensemble.
Un jeu perversRetour au sommaire



Une production sans ambition ?Retour au sommaire


ConclusionRetour au sommaire
Punchy, violent, bourré de références, Lollipop Chainsaw ne déroge à la règle des jeux signés Suda51 avec une direction artistique en cel-shading vraiment singulière. Mais comme souvent avec les productions du développeur japonais, le gameplay sent le réchauffé et le moteur graphique est sérieusement daté. Malgré quelques moments de folie, on se lasse quand même trop rapidement, notamment à cause de ce gameplay trop basique. Mais comme on dit : l'amour rend aveugle et certains plongeront dans le décolleté de Juliet sans rater une seconde de cette - trop courte - expérience. Il saura donc sans doute trouver son public parmi les joueurs avertis.
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