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Test Limbo (Xbox 360, PS3, Playstation Vita, Xbox One, PS4) : 8/10 sur JeuxVideo.fr



Sortie le 21 Juillet 2010 , Xbox 360 Sortie le 20 Juillet 2011 , PS3 Sortie le 05 Juin 2013 , Playstation Vita Sortie le 05 Décembre 2014 , Xbox One Sortie le 01 Janvier 2015 , PS4 Sortie le 02 Août 2010 , Plus de tests sur PC

Les +

  • Une expèrience esthétique ET ludique totalement envoûtante
  • Des énigmes très bien pensées et retorses
  • Un univers naïf, cruel et insaisissable
  • Une réalisation sans faille (physique, animation)

Les -

  • 1200 Points Microsoft, ça fait cher
La note de jeuxvideo.fr
8.0
tres bon
La note des internautes
8.3

(150 votes)
Publiée le 29/07/2010 à 17:07, par Virgile

Limbo : notre test d'un coup de coeur sur XBLA

Les plateformes de téléchargement sont incontestablement le nouvel eldorado pour tous les studios indépendants. La preuve nous en est à nouveau faite avec Limbo, du studio dannois Playdead, petite merveille de direction artistique récemment apparue sur le Xbox Live Arcade. Un titre passionnant dont les partis pris ludiques et esthétiques s'affranchissent avec bonheur d'un grand nombre de poncifs sans cesse régurgiter par le jeu vidéo.

Limbo sans Verlaine


Limbo
Limbo, c'est une aventure sans concession. Pas de caractérisation du héros, aucun scénario ni même de progression architecturée en niveaux. Nous sommes tout simplement à des années lumières des standards de game design actuels. Mais c'est avant toute chose le parti pris esthétique de Limbo qui le place instantanément au rang d'une des plus belles œuvres vidéo-ludiques de sa génération. Limbo n'est pas simplement un jeu en noir et blanc comme on a pu le lire ici ou là. Playdead fait en effet usage d'un vaste spectre de nuances et joue avec subtilité sur les degrés de luminosité.

Gameplay #1 - Quelques énigmes

Limbo : Gameplay #1 - Quelques énigmes


Le résultat n'est pas si éloigné du cinéma expressionniste allemand des années 20 et 30. Il y a du Murnau et du Fritz Lang dans l'utilisation particulièrement ingénieuse que Limbo fait des effets de focale et dans cette luminosité tantôt vaporeuse tantôt saturée. Les éléments de premier plan surgissent ainsi avec d'autant plus de force qu'ils s'opposent assez radicalement à ce jeu de nuance. Qu'il s'agisse du personnage ou des éléments de décors avec lesquels il peut interagir, tout ce qui apparaît en premier plan se compose de formes aux contours précisément dessinés et noyées dans les ténèbres. Un contre-jour au sens le plus fort du terme. A partir de contraintes semblables à celles dont s'accommodaient les cinéastes susnommés, Playdead livre ainsi une composition visuelle d'une puissance évocatrice assez rare pour un jeu vidéo. On peut d'ailleurs affirmer sans trop se tromper que les développeurs danois revendiquent implicitement cette filiation esthétique avec le cinéma expressionniste, comme le suggère le grain ombrageux de l'image dont les incessantes variations rappellent évidemment les imperfections des vielles pelloches monochromatiques.

Limbo


Mais l'excellence de la direction artistique de Limbo ne s'arrête pas là. A l'instar du rendu visuel, l'environnement sonore enchante par la discrétion et la subtilité avec laquelle il parvient à nous immerger dans ce monde étrange. A partir d'une gamme de bruitages assez restreinte et de boucles sonores lancinantes soulignant quelques moments forts, la bande-son parachève la création d'un univers tout à la fois cohérent et insaisissable. Car Playdead se garde bien de livrer les clefs du mystère au joueur qui se trouve ainsi plongé dans les profondeurs d'un monde qui le submerge. Privés de tout repère, sans aucune motivation explicitement formulée en préambule, nous n'avons finalement aucune raison de braver les dangers qui nous attendent. Nous pourrions tout aussi bien laisser notre personnage tel que nous le trouvons au début de l'aventure : dormant paisiblement dans les hautes herbes sans que rien ne vienne troubler son sommeil. Mais devant l'écran il y a un joueur qui ne peut s'empêcher de presser la touche A pour briser la sérénité de ce tableau.

« Le parti pris esthétique de Limbo [...] le place instantanément au rang d'une des plus belles œuvres vidéo-ludiques de sa génération »


Limbo
Arraché à ses rêveries, le petit homme est donc sommé d'avancer et de s'enfoncer toujours plus profondément dans les limbes. Mais pourquoi ? Nous ne le saurons jamais. Les péripéties du protagoniste de Limbo ne sont régies par aucune nécessité. Il ne s'agit donc pas d'une quête mais d'une confrontation avec l'arbitraire d'un monde auquel le joueur cherche à donner un sens. Un monde qui se révèle d'ailleurs d'une terrible cruauté. Car les embûches sont nombreuses et impitoyables. Limbo est un jeu qui fonctionne en grande partie sur le principe de la progression par l'échec. Avant de comprendre une énigme il faudra bien souvent tomber dans le panneau, parfois même volontairement. Alors vient la phase d'observation et de réflexion pour en défaire les mécanismes. La difficulté des pièges jalonnant notre chemin va crescendo et évolue en fonction de la nature et de la complexité de leurs rouages. Certaines énigmes se résolvent à tâtons parfois même dans la douleur tandis que d'autres font sens au premier coup d'oeil. Il arrive également de se casser les dents sur un problème qui n'en mérite pas tant en restant coincé dans un schéma de pensée inapproprié à la situation. Mais rassurez-vous un échec renvoie systématiquement aux prémisses de l'énigme. Et comme un petit aperçu en vidéo est beaucoup plus parlant que de longues et fastidieuses explications, voilà quelques exemples de ce qui vous attend dans Limbo.

Gameplay #2 - ... et encore des énigmes !

Limbo : Gameplay #2 - ... et encore des énigmes !


L'échec équivaut presque toujours à une mort d'une terrible violence. Une violence d'autant plus saisissante qu'elle surgit dans un univers d'apparence si naïf. Notre petit bonhomme finit régulièrement noyé, empalé, écrabouillé et même démembré. A plusieurs reprises, de mystérieux enfants pas plus haut que lui chercheront à lui ôter la vie en usant de procédés à la limite du sadisme. Bref, sous des airs de gentil trip onirique Limbo dépeint un univers impitoyable et absurde. Une cruauté que ne vient même pas atténuer la fin du jeu. Après un périple de quatre heures environ, pas le moindre dénouement. D'ailleurs, c'est peut-être là le seul point faible de Limbo. Non pas l'absence de lumière au terme de ce voyage au coeur des ténébres, mais ces quatre petites heures de jeu monnayées 1200 Points Microsoft. Ca n'est pas tant la durée de vie du titre qui est en cause que le prix auquel il nous est proposé. Néanmoins, ceux que la brièveté du périple déçoit pourront toujours retenter l'expérience afin de débloquer tous les succès et d'inscrire leur nom sur le leaderboard.

Conclusion


Authentique expérience esthétique, petite merveille ludique, Limbo est un diamant noir. Un instant de jeu vidéo à la fois intense et fugace. Plutôt que de recourir à un découpage forcément artificiel, Playdead fait le choix de délivrer une aventure sans discontinuité et nous offre ainsi de progresser naturellement jusque dans les tréfonds de ce monde étrange. Un univers à la fois naïf et cruel d'une beauté crépusculaire. On ne peut finalement lui reprocher qu'une chose : son prix qui, plus que sa modeste durée de vie, pourra légitimement en effrayer certains. Ceux-là pourront patienter jusqu'à ce que le titre de Playdead soit proposé à moindre coût. A ce moment là, ne faites pas de bêtise : foncez tête baissée.



Limbo
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