Vidéo-Test du Parrain 2 : peut-on vraiment refuser ?
Le Parrain fut l'une des (très) grosses déceptions de l'année 2006. Son manque cruel de finition et l'absence globale d'intérêt avait plombé le titre d'Electronic Arts, qui bénéficiait pourtant d'un énorme capital sympathie du à la fantastique trilogie cinématographique de Francis Ford Coppola dont il reprend l'ambiance et les principaux thèmes. L'éditeur américain remet le couvert trois ans plus tard avec le Parrain 2. La licence est affaiblie, mais loin d'être morte. C'est un peu quitte ou double en somme...
Comme prévu, le scénario du jeu reprend le second long métrage de Coppola. L'aventure commence à Cuba, lorsque la fête des mafieux notoires est interrompue par la démission du président, signant la fin du règne de ceux-ci sur l'île qui bascule dans le giron communiste. Retour à New York pour suivre le destin de Dominic, chargé par Michael Corleone de fonder sa propre famille. Un brin mollassonne, la narration du jeu reste néanmoins habilement construite, réussissant à s'affranchir de l'histoire de base, quitte à mieux y revenir ensuite. On regrette néanmoins que le doublage français ne soit jamais vraiment dans le ton. Etait-il si difficile de faire un simple sous-titrage ?
Le Parrain 2 propose, comme son prédécesseur, de mener sa famille fraichement créée vers les sommets du pouvoir et de l'argent, le tout grâce au crime organisé. A New York, Miami et La Havane, il faudra se faire respecter de la faune locale et se faire une place dans la pègre américaine. Police ou bandes rivales, tous se dresseront à un moment ou à un autre sur votre route, et il faudra discerner ses vrais amis des profiteurs qui n'en veulent qu'à votre réussite. Le but du jeu est donc d'étendre votre territoire en conquérant les différents « commerces » qui s'offriront plus ou moins facilement à vous, tout en se débarrassant petit à petit des factions rivales.
On gérera donc ses macros et micros stratégies dans un monde ouvert composé de trois villes bien différentes. Miami est de loin le plus grand environnement, en plus d'être le plus intéressant. Les nombreux business (qui forment des monopoles indispensables à la victoire) vous donneront plus ou moins de fil à retordre selon la stratégie du gang adverse qui les contrôle. Sans être vraiment factice, ce monde ouvert ne s'appréhendera pas comme celui d'un Saints Row 2 par exemple. Pas grand chose d'autre à faire que d'investir/détruire un commerce adverse, aider un administratif corrompu en échange d'un service ou simplement rendre service à un passant en échange de précieuses informations sur les gangs rivaux. Cette absence de variété n'est pas tellement gênante, dans la mesure où gérer son empire comme ses petites affaires vous demandera déjà la majorité de votre temps.
Cette gestion s'effectue par la fameuse interface « Vue du Don », modélisation 3D de la ville sur laquelle il est possible de zoomer à volonté ou presque. En plus de vous donner un aperçu rapide de la situation actuelle, elle vous permettra de gérer vos possessions (nombre de garde à poster, attaques ou destructions de bâtiments par vos hommes de main...), tout en vous permettant de customiser/ordonner/modifier votre famille proche. De nombreuses informations sont présentes, du cash journalier engrangé par votre clan au listing des hommes à corrompre en passant par l'apparence visuelle de vos hommes.
Mais avant de penser à gérer son empire, il va falloir commencer en bas de l'échelle, et prendre les choses en main personnellement pour faire avancer les affaires. Reprenant le système de contrôle nommé "Main Noire" du premier opus, ce second volet agrémente les séquences d'extorsions, où il s'agit de faire peur aux gérants des différents établissements, de possibilités supplémentaires plutôt intéressantes. Que l'on choisisse la force pure ou l'intimidation, différentes possibilités s'offrent à vous, garantissant au jeu une bonne variété dans le crime. L'arsenal n'a pas beaucoup évolué, mais se révèle suffisamment large pour répondre à l'ensemble des situations rencontrées. D'autant que nous ne sommes pas seuls à mener la famille vers les sommets.
En bon Don qui se respecte, il vous faudra recruter correctement vos alliés les plus proches pour vous forger une équipe homogène parée à toutes les situations. Cogneur, démolisseur, toubib ou encore mécanicien, chaque homme pourra utiliser ses spécialités à votre profit, et il ne tiendra qu'à vous d'améliorer leurs caractéristiques ou même de les promouvoir pour en tirer le meilleur parti. Seuls trois personnes peuvent vous accompagner dans vos déplacements, mais pas de panique, les allers/retours, même d'une ville à l'autre, sont instantanés pour vos collaborateurs. Sans qu'ils soient étincelants d'intelligence, leur participation se révèle bien souvent indispensable, ne serait-ce que pour servir de chair à canon. Le système est au final très permissif. Les aficionados de la stratégie impitoyable risquent donc d'être une nouvelle fois frustrés par l'absence globale de contrainte. Cependant, un public plus large, clairement visé par le titre, trouvera ici largement de quoi faire pour s'amuser.
Malheureusement, il faudra être patient pour faire évoluer ce beau petit monde comme on l'entend, la faute à une maniabilité rigide au possible. Notre personnage parait vraiment trop lent et trop pataud, expliquant sans doute la possibilité d'encaisser énormément de balles ennemies avant de poser un genou à terre. Cela fait un peu tâche, mais contribue à rendre le jeu accessible pour le plus grand nombre. Viser n'est pas si évident non plus, le ciblage automatique des ennemis n'étant pas aussi souple qu'on l'aurait souhaité. La vue du Don propose quant à elle un grand nombre de possibilités, malheureusement pas toujours très accessibles ou visibles au premier regard. Le menu n'est pas un modèle d'ergonomie, et il n'est pas rare de multiplier les allers-retour pour trouver une option bien précise. Dommage, car la carte était plutôt jolie et pratique, un effet de zoom sympathique nous permettant de distinguer grandes artères et petites ruelles.
Le menu est donc plutôt réussi esthétiquement, à défaut d'être vraiment pratique à utiliser. Le jeu lui-même n'a pour sa part clairement pas bénéficié du même soin. Le design des villes n'est pas forcément raté, mais l'enrobage technique est tel qu'il est difficile d'en profiter. Clipping omniprésent, affichage tardif des textures, par ailleurs bien trop simplistes, gros ralentissements lors des phases en véhicule ou encore animations rigides à en mourir (et on ne parle même pas de la modélisation des personnages lors des cinématiques, tout simplement inadmissible...) offrent un rendu qui pique les yeux.

Techniquement raté, Le Parrain proposé néanmoins quelques effets de toute beauté
Bien loin des ténors du genre, le moteur vieillot de ce Parrain 2 ne fait pas illusion une seconde. Les bugs divers sont légions, et si on oublie petit à petit ce marasme graphique permanent au profit de l'action et de la gestion, difficile de pardonner à Electronic Arts ce résultat visuel accablant. Seuls quelques effets de lumière et d'explosion relèvent un peu le niveau. C'est d'autant plus dommage que les musiques, pour la plupart constituées de remix de la bande-son du film, mettent plutôt dans le ton et font preuve d'une variété étonnante.
Le Parrain 2 ne fait au final pas vraiment mieux que son prédécesseur. Le fossé technique entre le titre d'EA et la concurrence est effrayant, et le manque de finition global montre clairement l'intérêt de l'éditeur américain dans ce projet : vendre sur le nom plutôt que sur les qualités du jeu. Ceci étant dit, tout n'est pas à jeter dans Le Parrain 2. Son système de jeu est efficace et propose au joueur une bonne dose de liberté bien contrôlée par un scénario qui utilise aussi intelligemment le film qu'il sait s'en détacher. On s'attachera volontiers à sa petite famille, malgré une localisation française loin d'être irréprochable et une maniabilité d'un autre temps. Les amateurs du premier volet en auront pour leur argent, les autres devront clairement y réfléchir à deux fois avant d'envisager l'investissement. Loin d'être un bon jeu, Le Parrain 2 n'en est pas pour autant mauvais.
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« Le scénario du jeu reprend le second long métrage de Coppola »


« Miami est de loin le plus grand environnement, en plus d'être le plus intéressant »
On gérera donc ses macros et micros stratégies dans un monde ouvert composé de trois villes bien différentes. Miami est de loin le plus grand environnement, en plus d'être le plus intéressant. Les nombreux business (qui forment des monopoles indispensables à la victoire) vous donneront plus ou moins de fil à retordre selon la stratégie du gang adverse qui les contrôle. Sans être vraiment factice, ce monde ouvert ne s'appréhendera pas comme celui d'un Saints Row 2 par exemple. Pas grand chose d'autre à faire que d'investir/détruire un commerce adverse, aider un administratif corrompu en échange d'un service ou simplement rendre service à un passant en échange de précieuses informations sur les gangs rivaux. Cette absence de variété n'est pas tellement gênante, dans la mesure où gérer son empire comme ses petites affaires vous demandera déjà la majorité de votre temps.
Cette gestion s'effectue par la fameuse interface « Vue du Don », modélisation 3D de la ville sur laquelle il est possible de zoomer à volonté ou presque. En plus de vous donner un aperçu rapide de la situation actuelle, elle vous permettra de gérer vos possessions (nombre de garde à poster, attaques ou destructions de bâtiments par vos hommes de main...), tout en vous permettant de customiser/ordonner/modifier votre famille proche. De nombreuses informations sont présentes, du cash journalier engrangé par votre clan au listing des hommes à corrompre en passant par l'apparence visuelle de vos hommes.
Mais avant de penser à gérer son empire, il va falloir commencer en bas de l'échelle, et prendre les choses en main personnellement pour faire avancer les affaires. Reprenant le système de contrôle nommé "Main Noire" du premier opus, ce second volet agrémente les séquences d'extorsions, où il s'agit de faire peur aux gérants des différents établissements, de possibilités supplémentaires plutôt intéressantes. Que l'on choisisse la force pure ou l'intimidation, différentes possibilités s'offrent à vous, garantissant au jeu une bonne variété dans le crime. L'arsenal n'a pas beaucoup évolué, mais se révèle suffisamment large pour répondre à l'ensemble des situations rencontrées. D'autant que nous ne sommes pas seuls à mener la famille vers les sommets.
« Cogneur, démolisseur, toubib ou encore mécanicien, chaque homme pourra utiliser ses spécialités à votre profit »


« Le moteur vieillot de ce Parrain 2 ne fait pas illusion une seconde »
Le menu est donc plutôt réussi esthétiquement, à défaut d'être vraiment pratique à utiliser. Le jeu lui-même n'a pour sa part clairement pas bénéficié du même soin. Le design des villes n'est pas forcément raté, mais l'enrobage technique est tel qu'il est difficile d'en profiter. Clipping omniprésent, affichage tardif des textures, par ailleurs bien trop simplistes, gros ralentissements lors des phases en véhicule ou encore animations rigides à en mourir (et on ne parle même pas de la modélisation des personnages lors des cinématiques, tout simplement inadmissible...) offrent un rendu qui pique les yeux.



Bien loin des ténors du genre, le moteur vieillot de ce Parrain 2 ne fait pas illusion une seconde. Les bugs divers sont légions, et si on oublie petit à petit ce marasme graphique permanent au profit de l'action et de la gestion, difficile de pardonner à Electronic Arts ce résultat visuel accablant. Seuls quelques effets de lumière et d'explosion relèvent un peu le niveau. C'est d'autant plus dommage que les musiques, pour la plupart constituées de remix de la bande-son du film, mettent plutôt dans le ton et font preuve d'une variété étonnante.
Conclusion
Le Parrain 2 ne fait au final pas vraiment mieux que son prédécesseur. Le fossé technique entre le titre d'EA et la concurrence est effrayant, et le manque de finition global montre clairement l'intérêt de l'éditeur américain dans ce projet : vendre sur le nom plutôt que sur les qualités du jeu. Ceci étant dit, tout n'est pas à jeter dans Le Parrain 2. Son système de jeu est efficace et propose au joueur une bonne dose de liberté bien contrôlée par un scénario qui utilise aussi intelligemment le film qu'il sait s'en détacher. On s'attachera volontiers à sa petite famille, malgré une localisation française loin d'être irréprochable et une maniabilité d'un autre temps. Les amateurs du premier volet en auront pour leur argent, les autres devront clairement y réfléchir à deux fois avant d'envisager l'investissement. Loin d'être un bon jeu, Le Parrain 2 n'en est pas pour autant mauvais.
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