Kingdom under fire: the crusaders : Un long dimanche de batailles.
Je ne vis que pour vous, mon Seigneur. Dieu m´en est témoin. Les forces du Mal ont franchi la frontière, la guerre fait rage au nord et notre peuple tremble...

Un royaume sous les flammes
L'œuvre monumentale de Tolkien vient d'être portée à l'écran par le génialissime Peter [logiciel:185644 Jackson]. Il a réussi avec 3 films à imposer dans l'inconscient collectif la vision d'un passé légendaire où les Hommes accompagnés d'Elfes et de Nains luttent pour leur survie. L'affrontement entre le Bien et le Mal en est la base, la pureté contre la souillure, la lumière face aux ténèbres. Les deux Tours et le Retour du Roi ont été adaptés également sur console. Ces deux bons titres font la part belle aux batailles titanesques et aux paysages enchanteurs de la Terre du Milieu. Kingdom Underfire s'en inspire fortement et tente d'aller plus loin, en proposant des combats au corps à corps avec plus de 100 personnages à l'écran simultanément. Il faut le voir pour le croire. Aucun ralentissement, les armures se fracassent, le sang coule le long des bras et des jambes. De plus, vous serez souvent confrontés à des ennemis gigantesques tels des trolls des cavernes ou des scorpions géants. C'est un réel plaisir que de se jeter dans la mêlée de tout son poids en criant : "pour Gondor !". Mais parfois le Mal a du bon, ainsi vous pourrez commencer l'aventure dans le camp obscur et diriger une superbe Lucrétia qui pourfend l'air avec une aisance à faire pâlir Alizée. Cette dernière dispose de combos beaucoup plus élaborés et tranche de façon élégante. Alors que Gérald le gentil à la coiffure de moine ne fait pas dans la fioriture et lamine sans se soucier de ses compatriotes. Heureusement que vos amis sont immunisés contre votre rage légendaire. Donc, deux camps et quatre campagnes, car, après avoir fini les deux premières, deux nouveaux personnages pourront être contrôlés par vos soins. La durée de vie s'en ressent et je vous garantis que KUF ne se terminera pas en une après-midi. Si vous disposez du Xbox live, la vie sera trop courte. Les premières batailles sont fantastiques et jamais de tels affrontements ne furent aussi bien retranscrits. Les développeurs auraient pu s'arrêter là et nous proposer un jeu bourrin réservé aux nerveux de la gâchette, aux inconditionnels du frappage de manette, et bien non, puisque l'aventure ne fait que commencer.


Quand l'esprit rejoint la guerre
Toi bourrin dans l'âme, tu peux passer ton chemin, car, même si les premières missions sont d'une violence rare, les suivantes s'avéreront plus subtiles et vous obligeront à vous creuser les méninges, en pleine action comme au repos. Les créateurs ont voulu installer des phases de stratégie assez poussées qui raviront les fans de RTS. Il faudra donc déplacer vos troupes pour mieux encercler vos adversaires, lancer votre cavalerie pour affaiblir l'infanterie rivale, exposer en première ligne vos lanciers pour protéger votre roi...Les potentialités sont infinies et c'est vous qui, avec de la pratique, tenterez de contrecarrer les plans ennemis afin d'apporter la victoire à votre camp. De ce fait, certains triomphes ne s'arracheront pas à la puissance de votre épée mais bien à votre intelligence situationnelle : la rapidité de vos actions déterminera souvent l'issue de la guerre. Pour ce faire, entre chaque mission, vous pourrez améliorer les compétences de vos troupes et leurs armements grâce aux points d'expérience glanés lors des rixes précédentes. Cet aspect ne devra pas être négligé sous peine de voir vos unités se faire hacher menu. Vous vous apercevrez au fil de l'aventure que les possibilités sont énormes et que la réflexion est de mise.


Le doux son des armes
Cependant, KUF est loin d'être parfait. Certes les phases de corps à corps sont superbes, mais au détriment des décors qui, eux, sont d'une pauvreté affligeante. Le déplacement des armées est très laborieux et vous vous emmêlerez souvent les pinceaux. Ce qui est très fâcheux, car une erreur de placement et c'est presque le game over assuré. On en jetterait sa Xbox par la fenêtre tant cette jouabilité est parfois rebutante. Les mouvements de caméra ne seront pas là pour vous rattraper puisqu'il n'est pas rare de s'apercevoir que les troupes ne regardent jamais dans la bonne direction.Pour finir, parlons un peu de l'ambiance. Je m'attendais, pour ma part, à une bande-son onirique, féerique, assez dans l'esprit de celle des films de Peter Jackson. Hélas, nous nous retrouvons avec un riff de guitare lourd, répétitif qui n'accompagne en rien nos exploits. De plus, le doublage 100% français n'est pas grandiose, les personnages ont des voix rauques et sans nuance. Les entrées en mêlée se font par des petits râles et non par des hurlements. Et comble de tout, votre favori Gérald conclura vos victoires par un superbe : "Ils vont en prendre une".


Conclusion
Kingdom Underfire est plutôt un bon titre. Ses qualités sont nombreuses et malheureusement ses défauts aussi. Certaines phases de combat sont gâchées par une jouabilité rebutante qui nécessite plus qu´un long apprentissage. De ce fait, KUF ne peut atteindre l´excellence. Mais si les phases de stratégie et de réflexion ne vous repoussent pas, alors jetez-vous dessus, car sur Xbox des jeux comme celui-ci, il n´en existe pas.









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