Vidéo-Test de Kane & Lynch 2 : Dog Days
Kane & Lynch, c’est avant tout un jeu d’action bancal à la réalisation désuète à peine sauvé par un couple de héros bien barré et des références cinématographiques prestigieuses. À vrai dire, c’est surtout la grosse campagne marketing déployée par Eidos autour du titre qui l’a rendu populaire auprès des joueurs (1,4 millions d’exemplaires vendus). Presque trois ans plus tard, IO Interactive remet ça : des trailers en veux-tu en voilà, des tas de previews dans la presse spécialisée et un nouveau parti pris graphique qui attire nécessairement l’attention. Les développeurs danois ont-ils, une nouvelle fois, tout misé sur le buzz pour vendre ?
Vous l’avez sans doute constaté à la vue des nombreuses vidéos mises à disposition par Eidos : Kane & Lynch 2 change radicalement d’orientation visuelle. Gros grain sur l’image, lumières et couleurs qui bavent et caméra qui tremble servent cette fois-ci de théâtre au duo de gangsters toujours au mauvais endroit, au mauvais moment. Les premières minutes de jeu sont rassurantes : ce parti pris esthétique (façon vidéo DV publiée sur Youtube) colle parfaitement avec le nouveau cadre de nos pérégrinations, Shanghai, et avec le drame quasi-shakespearien qui va se jouer devant nous. L'accepter ou non sera avant tout une question de goût.
Le héros de ce Dog Days (titre qui renvoie directement au film Dog Day Afternoon, ou Un après-midi de chien en VF, de Sidney Lumet avec Al Pacino), c’est Lynch. Le psychotique du premier volet tente de refaire sa vie, entre sa nouvelle copine et ses petits jobs crapuleux. Le gros contrat qui l’attend le pousse à rappeler son vieux compère, Kane, toujours partant dès que quelques dollars sont en jeu. Les retrouvailles sont houleuses, mais l’aventure peut enfin décoller.
Décoller, enfin, en théorie, puisque contrairement à ce que l’on était en droit d’attendre, optimistes que nous étions devant une maitrise évidente de la narration durant ces premières minutes, le scénario de ce K&L2 souffre du syndrome de l’encéphalogramme plat. On rencontre des barons de la pègre locale, ils se retournent contre nous, on les flingue et on en rencontre de nouveaux. Pour l’originalité ou même la qualité, on repassera. Pire, le traitement des personnages a perdu de son côté improbable, Lynch faisant pourtant un tas d’effort pour essayer de paraitre dingo, en vain. Kane et son acolyte ne sont plus aussi drôles, ne font plus aussi peur et leurs échanges verbaux sonnent définitivement creux, et ce malgré un doublage français une nouvelle fois impeccable (attention : la synchronisation labiale, quand elle est présente, fait un peu de la peine). Paf, on a déjà perdu le principal intérêt du premier volet...
Le dispositif esthétique, s’il ne masque pas vraiment bien les carences techniques (animations, finesse des textures), a le mérite de poser les bases solides d’une ambiance furieuse et « cradingue » à souhait, en plus de parfaitement coller avec le côté foutraque de Shanghai. Les premiers niveaux sont ainsi l’occasion pour les développeurs de superbement croquer la cité chinoise, populaire et fourmillante de détails. Malheureusement, d’un strict point de vue ludique, ces premiers niveaux montrent également toute la limite de ce Kane & Lynch 2 : des couloirs incessants (quand les niveaux s’ouvrent enfin, vers la fin, les environnements sont trop quelconques et bien moins interactifs), un système de couverture qui peine souvent à se montrer efficace et une intelligence artificielle copiée/collée du premier volet, donc systématiquement aux fraises. Les séquences de tir, bien que redondantes, ne manquent néanmoins pas d'un certain intérêt, notamment au niveau de leur construction et de leur évolution. On ressent ainsi de bonnes montées d'adrénaline par moments, sans que cela n'atteigne jamais de vrais sommets de plaisir non plus. Dommage que l'on soit obligé d'aller vomir après une dizaine de secondes de course, tant l'effet « caméra qui bouge » se montre plus redoutable qu'un voilier en pleine tempête niveau secousses.
Des efforts de mise en scène ruinés en quelques secondes par des erreurs flagrantes de gameplay ou d’IA, c’est quand même bien dommage. D’autant que notre allié, toujours présent à nos côtés, ne se montre pas particulièrement plus futé que nos adversaires. Les rares cartes un peu plus larges auraient pu permettre de mettre en place quelque stratégie de contournement, si cet idiot de Kane ne se sentait pas obligé de nous suivre systématiquement, où que l’on aille. On se rabattra donc sur la possibilité de compléter les 11 chapitres du jeu en coopération, en écran partagé (un peu « gerbos » avec tous les effets de caméra, et peu lisible) ou en ligne, fonctionnalité nettement plus intéressante.
Conseil d’ami : évitez le mode Difficile, particulièrement agaçant puisque si votre personnage n’est pas capable d’aligner une tête, les ennemis se transforment par contre en clones de Jim Elison (oui, The Sentinel, la fameuse série !), capables de vous aligner de n’importe quelle façon, surtout si vous êtes bien à l’abri. C'est à se demander si les ennemis bénéficient du même arsenal que vous, tant la différence de précision est flagrante entre leurs pétoires et les vôtres. Frustrant, ce mode Difficile est pourtant le seul à offrir au jeu d’IO Interactive une durée de vie acceptable (six heures, pas plus !), le jeu se terminant en 4h30 maxi en mode normal. Oui, c’est court, très court même.
Comme pour le premier opus, IO pare son titre d’atours multijoueur séduisants pour allonger un peu tout ça. Outre le mode Fragile Alliance, tiré du premier volet et à priori bien corrigé, surtout au niveau de l'équilibre et de la lisibilité (faites équipe lors d'un braquage et choisissez le bon moment pour trahir vos coéquipiers), on trouve un mode Flic infiltré au potentiel fun bien réel (un joueur doit buter discrètement tous les mercenaires en se faisant passer pour l'un d'entre eux). Sur six cartes (trois à venir en DLC, sympa !), ces deux modes devraient satisfaire les amateurs de challenge qui auraient (et ils seront nombreux) torché un solo largement dispensable, sans pour autant atteindre les hautes sphères du genre. À noter qu'un Deathmatch classique est également de la partie.
Les développeurs danois ont eu la bonté d'inclure un mode Arcade reprenant le principe de Fragile Alliance mais jouable exclusivement en solo. Une bonne mise en bouche avant de passer en ligne pour se faire la main sur les quelques cartes disponibles, et surtout pallier à la quasi-absence de grands moments du mode Histoire. À la différence du premier épisode, et pour en revenir à l'aventure, ce Dog Days manque quand même un peu de piquant, de ce genre de situations incongrues qui a elles seules pourraient justifier l'existence du jeu. On a évidemment cette scène de nu, qui se transforme finalement en phase d'infiltration ratée, ou encore une petite séquence aérienne bien violente, mais ces pics rythmiques restent trop marginaux pour sauver un Kane & Lynch 2 : Dog Days qui s'empêtre finalement dans la médiocrité. En plus, la fin est nulle...
Les nouvelles aventures de Kane et Lynch déçoivent une fois de plus. Si l’artifice trouvé pour contrebalancer un tas de carences techniques fonctionne plutôt bien, le joueur se heurte sans cesse à des problèmes de gameplay rédhibitoires, quand ce n’est pas l’intelligence artificielle sommaire qui agace. Déçus par le système de jeu, le scénario crétin et la durée de vie riquiqui du solo, les joueurs se rabattront sur des modes multi à même de rattraper le tout sur le papier, ou décideront plus sagement de passer leur chemin en attendant de débusquer le dernier jeu des créateurs d’Hitman à 15€ au fond du bac discount de leur supermarché favori. Allez IO, on arrête les conneries, et on fait un nouveau Hitman qui tabasse !












Lynchage en règle !


Vidéo-Test de Kane and Lynch 2 : Dog Days
Décoller, enfin, en théorie, puisque contrairement à ce que l’on était en droit d’attendre, optimistes que nous étions devant une maitrise évidente de la narration durant ces premières minutes, le scénario de ce K&L2 souffre du syndrome de l’encéphalogramme plat. On rencontre des barons de la pègre locale, ils se retournent contre nous, on les flingue et on en rencontre de nouveaux. Pour l’originalité ou même la qualité, on repassera. Pire, le traitement des personnages a perdu de son côté improbable, Lynch faisant pourtant un tas d’effort pour essayer de paraitre dingo, en vain. Kane et son acolyte ne sont plus aussi drôles, ne font plus aussi peur et leurs échanges verbaux sonnent définitivement creux, et ce malgré un doublage français une nouvelle fois impeccable (attention : la synchronisation labiale, quand elle est présente, fait un peu de la peine). Paf, on a déjà perdu le principal intérêt du premier volet...
« Des efforts de mise en scène ruinés en quelques secondes par des erreurs flagrantes de gameplay »

Des efforts de mise en scène ruinés en quelques secondes par des erreurs flagrantes de gameplay ou d’IA, c’est quand même bien dommage. D’autant que notre allié, toujours présent à nos côtés, ne se montre pas particulièrement plus futé que nos adversaires. Les rares cartes un peu plus larges auraient pu permettre de mettre en place quelque stratégie de contournement, si cet idiot de Kane ne se sentait pas obligé de nous suivre systématiquement, où que l’on aille. On se rabattra donc sur la possibilité de compléter les 11 chapitres du jeu en coopération, en écran partagé (un peu « gerbos » avec tous les effets de caméra, et peu lisible) ou en ligne, fonctionnalité nettement plus intéressante.
Gameplay #5 - Coopération en splitté
Conseil d’ami : évitez le mode Difficile, particulièrement agaçant puisque si votre personnage n’est pas capable d’aligner une tête, les ennemis se transforment par contre en clones de Jim Elison (oui, The Sentinel, la fameuse série !), capables de vous aligner de n’importe quelle façon, surtout si vous êtes bien à l’abri. C'est à se demander si les ennemis bénéficient du même arsenal que vous, tant la différence de précision est flagrante entre leurs pétoires et les vôtres. Frustrant, ce mode Difficile est pourtant le seul à offrir au jeu d’IO Interactive une durée de vie acceptable (six heures, pas plus !), le jeu se terminant en 4h30 maxi en mode normal. Oui, c’est court, très court même.
Dog Days plus agréable en meute ?


Conclusion
Les nouvelles aventures de Kane et Lynch déçoivent une fois de plus. Si l’artifice trouvé pour contrebalancer un tas de carences techniques fonctionne plutôt bien, le joueur se heurte sans cesse à des problèmes de gameplay rédhibitoires, quand ce n’est pas l’intelligence artificielle sommaire qui agace. Déçus par le système de jeu, le scénario crétin et la durée de vie riquiqui du solo, les joueurs se rabattront sur des modes multi à même de rattraper le tout sur le papier, ou décideront plus sagement de passer leur chemin en attendant de débusquer le dernier jeu des créateurs d’Hitman à 15€ au fond du bac discount de leur supermarché favori. Allez IO, on arrête les conneries, et on fait un nouveau Hitman qui tabasse !
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