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Test Ivy The Kiwi ? (Nintendo DS, Nintendo Wii) : 7/10 sur JeuxVideo.fr



Sortie le 29 Octobre 2010 , Nintendo DS , Nintendo Wii

Les +

  • Gameplay neuf et plein de richesses
  • Maniabilité à la hauteur
  • Charmante esthétique crayonnée
  • Impression d'harmonie générale
  • Le prix!

Les -

  • Limité en ampleur par son côté "petit jeu"
  • Répétition des textures et décors
La note de jeuxvideo.fr
7.0
bon
La note des internautes
6.6

(32 votes)
Publiée le 25/11/2010 à 14:11, par Benoît

Vidéo-Test d'Ivy the Kiwi ? : un vent de fraicheur

Sorti dans une relative discrétion, Ivy the Kiwi? est typiquement le genre de jeu auquel on ne prête que peu d'attention... On aurait tort ici, tant la fraicheur de son concept et sa réalisation charmante proposent une expérience de grande valeur.

Ivy The Kiwi ?
Dans la longue procession des jeux de la rentrée, il en émerge parfois qui parviennent à nous enchanter d’avantage que certains des gros hits attendus; Ivy the Kiwi ? est incontestablement de ceux là. Tirant le meilleur parti de moyens pourtant limités, son développeur, Prope focalise son attention sur une idée de gameplay véritablement novatrice, sur fond de joli conte pour enfant. Le pitch mignon comme tout assure la séduction : une petite oiselle à demi coincée dans sa coquille part à la recherche de sa mère dans un monde plein de dangers. Une jolie petite histoire bien servie par une idée simple et pleine de fraîcheur, qui s’avère d’une impressionnante richesse. Qu’on se le dise, cet Ivy est l’une des bonnes surprises de cette fin d’année !

Mais alors, bon sang, c'est un Kiwi ou pas ?!
Ivy The Kiwi ?
Le premier contact avec le jeu n’est pourtant pas spectaculaire. Avec sa palette chromatique désaturée à la limite du terne et l’emploi répété des mêmes textures et modèles, Ivy the Kiwi ? laisse une impression de dénuement qui ne l’aide par à taper dans l’œil. Il ne faut pas s’y tromper : derrière cette apparente fadeur se cache un titre qui opère une séduction discrète et efficace. De l’aspect crayonné des textures aux arrières plans dressés au fusain et pastels, tout ici participe d’une personnalité feutrée et d’une élégante cohérence esthétique. S’adaptant à la modestie de ses moyens, le titre adopte une épure assumée, comme pour ne pas capter l’attention par l’autorité d’un design criard. Un choix judicieux puisqu’en plus d’être éminemment sympathique à l’œil, cette économie des effets permet au jeu de se mettre au service du gameplay, son cœur battant.

A l’instar des Lemmings, l’oiselle avance d’elle-même, d’abord vers la droite, sans qu’il faille appuyer sur aucun bouton de direction. Elle ne fait demi-tour vers la gauche que lorsqu’elle rencontre un obstacle, fonçant tête baissée vers le danger. L’interaction s’opère alors par l'intermédiaire de lianes que le joueur trace à l’écran dans une limite de trois plants simultanés, les nouvelles pousses effaçant les anciennes. Pour se faire, il suffit d’appuyer sur le bouton A pour créer le point de départ de la branche, puis de tracer une ligne en maintenant la pression. Lâcher le bouton ancre la plante : on peut ainsi changer la direction de l’oiseau fonceur, ralentir sa course où bien l’accélérer en variant la déclivité de la pente. Les premières actions sont élémentaires : il suffit en général d’éviter les trous et de gravir les escaliers.

Vidéo-Test d'Ivy the Kiwi sur Wii avec Jean-Marc et ...

Vidéo-Test d'Ivy the Kiwi ? sur Wii avec Jean-Marc et Benoît


« Le mouvement perpétuel de l’oiseau devient alors une sorte de "matière première" ouverte à notre inventivité, à travailler comme une pâte »
Ivy The Kiwi ?
Très vite, d’autres dangers s’invitent, plus redoutables encore : le moindre contact avec les pics acérés, goutes d’eau mortelles, et autres rats s'avère fatal. Pour se sortir de certaines situations, on peut également compter sur l’élasticité de la plante pour projeter Ivy sur les ennemis et les murs friables à la manière d’un arc. Satisfaction ludique notable, on découvre toutes les richesses du gameplay comme "par surprise" dans l'urgence des situations tendues, les lianes se muant en mur protecteur, rampe de lancement, piste d’atterrissage ou trampoline selon les besoins du moment.

Les tableaux en eux même sont relativement courts et se jouent en un temps limité à 300 secondes. Cette durée plus que suffisante au départ propose un véritable challenge lors des derniers mondes, surtout si l’on veut rassembler toutes les plumes éparses. Le doigté devient alors primordial dans la réussite des passages de plus en plus retors par la suite, certains d'entre eux exigeant un tracé rapide et nerveux là où d’autre nécessitent un accompagnement tout en douceur. De même, on apprend vite qu’il ne faut pas nécessairement « lâcher » la liane et qu’il est parfois préférable d’en conserver un bout pour l’utiliser comme une raquette afin d’amortir ou propulser l’oiseau : le jeu pratiqué de cette façon incite à une grande attention aux comportements physiques du personnage, et permet une maîtrise complète de sa trajectoire; d’autant que la maniabilité très réactive et fiable permet de faire à peu près ce que l’on veut naturellement.

Petit oiseau deviendra grand
Ivy The Kiwi ?
Ce qui distingue Ivy the Kiwi ? et le rend si singulier à nos yeux, c’est qu’il se détache de l’approche statique des hybrides plateforme/réflexion, pour lui préférer l’élan d’une démarche toujours dynamique. Le mouvement perpétuel de l’oiseau devient une sorte de « matière première » ouverte à notre inventivité, à travailler comme une pâte. Quand les classiques du genre réflexion choisissent le level design comme point focal et ne prévoient pas de contact direct avec le personnage, Ivy the Kiwi ? gravite uniquement autour de son principe d’interception du déplacement. Ici, il ne s’agit pas tant de compléter le décor en en dessinant les parties manquantes que de capter l’énergie cinétique de l'oiseau fonceur afin de la sculpter et de la retoucher sans cesse. Dans une articulation tout à fait nouvelle entre le joueur et le personnage, il se produit un fascinant passage de relai, une forme de collaboration inédite. Loin d’être une modulation mineure, ce changement de perspective invite à une nouvelle disposition vis-à-vis de la plateforme : celle d’une participation créative à la progression.

Par son gameplay seul, le titre parvient de surcroit à induire le souci pour un autre être que soi (ce en quoi le jeu nous renvoie à Ico et son gameplay prévenant). Ivy étant clairement identifiée comme une entité séparée, la seule préoccupation du joueur, c’est d’assurer sa survie à tout prix. Cette articulation entre l’entêtement obsessionnel de l’oiseau (son incessante marche en avant) et le principe de protection qui est au cœur même du gameplay, produit tout au long de la progression un bel effet de sollicitude envers le personnage. L'aventure au final n'en est que plus attachante et mémorable, sans que jamais le manque d'enrobage narratif ne se fasse ressentir.

La durée de vie du titre dépendra de l’usage que l’on en fait : si le temps nécessaire pour compléter totalement les 10 mondes ne dépasse pas les quatres heures, les niveaux subissent après la fin de l'aventure solo une refonte vers le plus corsé. Dans le même esprit, la partie multi propose de partager le même écran et de travailler en équipe (multipliant le nombre de lianes par deux), où bien de faire la course en split screen, avec la possibilité d’obstruer la route de l’autre joueur. Une adaptation bien pensée du mode solo, que l’on imagine conviviale à défaut de l’avoir essayé nous même. On pourrait éventuellement formuler un regret quant à la répétition des textures de blocs et au manque de richesse des modèles, et rêver à une présentation plus opulente... mais c'est aussi, paradoxalement, ce qui fait la cohérence de ce jeu, en parfaite adéquation avec ses moyens.

Conclusion
Au final, même si Ivy the Kiwi? ne se départit jamais vraiment de son apparence de petit jeu, il ne s'avère pas moins complètement cohérent. Son gameplay novateur, d'abord simple, devient de plus en plus riche et s'accorde harmonieusement avec une réalisation charmante, malgré les moyens limités. Plus encore, c'est son angle neuf sur le genre plateforme, focalisé sur la dynamique et la physique du personnage, qui le démarque vraiment. Ivy fait partie de ces titres "chercheurs", dont les trouvailles sont suffisamment prometteuses pour féconder de nombreux jeux futurs. Mais pour l'heure, il offre simplement un pur plaisir ludique nimbé de douceur, d'autant plus recommandé qu'il est trouvable neuf pour 25 euros.



NB : la version DS est identique à la version Wii, à la seule différence que sa jouabilité au stylet, moins pratique, et aussi un peu moins sympathique. A noter : le deuxième écran présente la carte du niveau en permanence, un plus pratique pour se repérer.
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