Imaginez un studio de développement de renom, responsable de très bons First Person Shooters sur console : la série des TimeSplitters mais surtout le mythique Golden Eye sur N64, auxquels de nombreux développeurs de Free Radical ont participé à l'époque. Imaginez une exclusivité sur un support costaud ayant pas mal à prouver même après plus d'un an d'existence. Imaginez un éditeur aux dents longues très puissant pour chapeauter le tout. Imaginez enfin un buzz incroyable, à coup d'annonces, de teasers et autres reports. A la fin, deux possibilités : jeu de l'année ou cruelle déception. Haze joue-t-il dans la cour des grands ?
Ça commence mal...
Mantel est une multinationale comme on les aime, en 2048. Pharmaceutique, médias et surtout action militaire, les activités de ce groupe sont aussi vastes qu'il est sans scrupule. On incarne le sergent Shane Carpenter, fraîchement engagé dans la branche armée de Mantel, qui découvre le terrain et les nombreuses injections de Nectar, véritable boost apportant de nombreuses capacités. Mantel lutte contre une faction de rebelle à consonance sud américaine, La Main Tendue. Les exactions de ces terroristes sont présentées comme horribles, mais bien évidemment les choses ne sont pas aussi simples. Ainsi, le héros rejoindra rapidement l'équipe adverse après s'être rendu compte que le Nectar trouble grandement la perception et aliène son être. Le pitch n'est vraiment pas inintéressant, mais très mal mis en scène et desservi par un doublage raté. On n'y croit pas une seule seconde, et même si l'espèce de morale religieuse qui s'installe dans l'intrigue est tempérée dans les derniers instants du jeu, le tout s'avère particulièrement bancal et mal fini. Un comble pour une production aussi longue à sortir. Qu'il s'agisse de Mantel ou de la Main Tendue, le scénario donne sans vergogne dans le caricatural à outrance. Raté...
De biens beaux Schtroumph jaunes
Ces deux factions ont un intérêt certain au niveau du
gameplay. En tant que soldat de Mantel, il s'agit de tirer la quintessence des bienfaits du Nectar, avec notamment la possibilité de
zoomer grandement lors des tirs, d'être extrêmement puissant au corps à corps et de distinguer facilement les ennemis dans le champ de bataille. Il faudra par contre correctement gérer ses injections de nectar, la surdose se payant très cher. Vue troublée, problèmes pour se déplacer, visée qui s'emballe ou encore tir incongru sur ses propres coéquipiers seront autant de symptômes qu'il faudra affronter en cas d'overdose. Le rebelle devra donc nécessairement utiliser lui aussi le nectar afin de pousser son ennemi jusqu'à la sature, afin au pire de le tuer plus facilement ou au mieux de le faire s'attaquer à son propre camp. Grenade ou couteaux au nectar seront les moyens les plus pratiques pour y parvenir. Un simple tir dans la réserve de nectar d'un opposant se révélera encore plus efficace. A noter la possibilité de plonger en tant que rebelle (assez inutile) ou encore de feindre la mort afin de berner les soldats adverses. L'ensemble du jeu, qu'il s'agisse du solo ou du multijoueur (sur lequel nous reviendrons plus loin), est donc fondé sur l'équilibre entre les deux factions. Si les possibilités offertes en théorie par ces diverses fonctionnalités sont sous-exploitées, on peut quand même saluer cette dualité dans le
gameplay, rendant l'expérience de jeu variée à souhait pour qui s'investit dans le titre. Mais, car il y a un mais… (et même pleins).
Overdose de défauts
Si sur le papier l'ensemble paraît séduisant, dans les faits tout n'est pas si rose. D'une part, le jeu est d'une certaine mollesse, surtout dans les déplacements. La vitesse grisante et le punch d'un TimeSplitters semblent bien loins à présent pour Free Radical. Qu'il s'agisse de la visée, du rythme de l'action ou de l'intelligence pathétique des adversaires, Haze se révèle d'une incroyable mollesse. On passe son temps à se traîner dans les couloirs, un poil plus larges si un véhicule traîne dans les parages. On enchaîne les séquences de shoot sans passion et les kilomètres à deux à l'heure dans des niveaux peu inspirés tant en termes d'esthétique que de
level design. Pas une seule séquence d'anthologie, de celles dont on sort lessivé par l'extrême violence, ne vient égayer une expérience de jeu parfois sympathique, souvent ennuyeuse. Si on ajoute à cela une visée assez imprécise et la sensation de ne pas maitriser ou comprendre la façon dont on touche ses adversaires, alors il ne reste à Haze qu'à se saouler au Nectar en attendant un éventuel retour plus que suggéré par l'histoire. Heureusement qu'il est possible de faire partager l'expérience de jeu à quelques amis, histoire de ne pas souffrir seul du cruel manque de finition du jeu.
VidéoTest de Haze : le Nectar jusqu'à la lie
La pHaze cachée d'un ratage
Bonne nouvelle, différents types de multijoueur sont au programme. Commençons par la coopération, véritable nerf de la guerre des productions actuelles. Une nouvelle fois, l'idée est excellente.
Split screen, LAN ou Internet, les combinaisons sont très nombreuses. Il paraît important de privilégier un écran par personne , au risque de devoir pester contre les gros ralentissements et la faiblesse des textures. Le tout reste néanmoins assez fun, même s'il est impossible de
zapper les cinématiques longuettes et peu intéressantes, surtout pour qui a fait le solo. Le côté affrontement n'est pas en reste, avec un mode Assaut rafraichissant et relativement novateur entraînant les joueurs dans quelques missions renouvelant un peu l'action : protéger un champ de fleur, escorter un véhicule etc. Le
deathmatch convaincra peut être les joueurs lassés de
Call Of Duty 4 : Modern Warfare, même si un léger déséquilibre s'est fait ressentir entre les deux factions, avec avantage certain pour Mantel. Loin (très loin) de sauver le jeu, le multi reste le côté le plus agréable de Haze, qui saura faire passer le temps des plus démunis en jeu en ligne sur PS3.
Un multijoueur sans génie mais solide tente de rattraper le tout
Finissons par ce qui constitue peut être le point le plus critiquable de Haze : la réalisation. L'ensemble est globalement entre deux états : le raté et le bâclé. Les textures sont grossières, et les nombreux bugs de collision montrent clairement qu'aucun soin particulier n'a été apporté à la finition du jeu. Le design, tant des personnages que des décors, est tellement fade que cela en devient absurde. Principal argument de Free Radical, les 60 Fps constant. Si l'on peut se féliciter d'une animation effectivement sans faille dans la première moitié du jeu, les moments ou le monolithe noir peine sont par la suite réguliers, notamment lors de grosses explosions. L'absence de temps de chargement est également un excellent point, largement tempéré par de longues cinématiques de transition en véhicule durant lesquelles il ne se passe rien. Le tout a globalement une bonne année de retard, voire plus. Heureusement que les effets de lumières et que quelques beaux panoramas relèvent un peu le niveau. Ah, j'allais oublié la durée de vie, dans la moyenne des autres FPS, bien plus long dans un mode Difficile souvent frustrant a réserver aux puristes du jeu de shoot (qui n'achèteront probablement pas le jeu de toute façon...).
Conclusion
Après tout le battage autour de Haze, difficile de masquer son désappointement face à cet énorme gâchis. Inférieur en tout point à COD 4, le titre de Free Radical se permet d'enchaîner les bugs et autres approximations pour nous servir une production terne visuellement et surtout incroyablement molle et dirigiste. Espérons que Free Radical saura trouver les ressources pour redorer son blason avec le prochain TimeSplitters, car la réputation du studio est désormais ternie par cette trop faible production. Heureusement que le multi solide qu'il propose l'empêche de tomber dans les abîmes vidéoludiques.

Le Nectar

Deux gameplay différents

Multi varié

Relativement toujours fluide

Grosses lacunes techniques

Linéaire

Désespérément mou

Histoire ennuyeuse

Doublage raté

Intelligence artificielle absente

Bugs en tout genre

Level design quelconque
Comparer les prix de Haze sur Playstation 3
Publié le Jeudi 22 Mai 2008 par Maxence