God Hand : à ne pas mettre entre toutes les mains

Aussi mythique que celle de Maradona ?

Parlons rapidement de notre brave héros, qui se prénomme Gene. C'est un vagabond qui a perdu son bras droit en voulant sauver une belle donzelle du nom d'Olivia, malmenée par une bande de voyous. Cette dernière lui confie le God Hand, un bras divin surpuissant. Il a le sang chaud et un franc-parler qui va lui valoir bon nombre d'ennuis... Comme le montre cette vidéo exclusive :
Un titre contre-au-verset

Du coup, le jeu prend des aspects personnalisation et stratégie capitaux pour le bon déroulement de l'aventure. Certains coups permettent en effet de casser la garde, d'autres sont plus rapides, d'autres font décoller du sol les ennemis. Il faut donc très souvent configurer ses combinaisons afin de lutter au mieux contre un adversaire (en fonction du type de l'ennemi, de sa garde sans oublier de sa manière d'attaquer). Ensuite vient s'ajouter une roulette, qui permet de lancer un coup spécial souvent bien puissant et délirant. Le coup « casse-noix », à la signification transparente, en est un exemple assez évocateur. Cela dit, la roulette nécessite une ou plusieurs sphères de roulette qui se trouveront dans certains éléments à détruire (caisses, tonneaux…) ou en faisant disparaître certains ennemis. Il faudra donc fouiller un maximum et utiliser ses sphères avec parcimonie. Enfin, à chacun des coups échangés avec les adversaires, une jauge de tension se remplit jusqu'à nous donner l'occasion de déchaîner le God Hand : les coups sont plus rapides et le héros est invincible pendant un court instant. Certains éléments comme des battes, barres de fer, bouts de bois ou même des parasols peuvent servir d'armes temporaires.



Une main de fer fun, dans un gant de velours pixellisé

God Hand est avant tout un jeu défoulant, une sorte de grosse comédie parodique, plus proche du western spaghetti que du film gore. Clover a d'ailleurs ajouté des petits mini-jeux qui s'ajoutent à l'aventure principale. Ainsi, des zones de défis et entraînement sont accessibles après avoir fini un niveau, tout comme un casino où vous pourrez vous essayer aux machines à sous, Poker et [logiciel:129142 BlackJack]. Une course de chihuahuas est même à débloquer ! Finissons cet article sur un des éléments au coeur du gameplay : la difficulté. S'il est inutile de nier que le titre est plus ardu que la moyenne des jeux actuels, même en mode « facile », il est loin d'être impossible (rappelons-nous les beat them all d'antan). Principalement parce que God Hand comporte une variable de difficulté (jauge en bas à gauche de l'écran) qui varie en fonction de nos agissements. Lorsque l'on inflige des dégâts aux ennemis, la jauge de difficulté augmente. Inversement, lorsque l'on subit des dégâts, elle baisse.



Ainsi, les ennemis sont de plus en plus coriaces à mesure que le niveau de difficulté augmente, mais les bonus qu'ils laissent sont également plus importants : de quoi ravir les joueurs acharnés (« hardcore gamers »). Donc, oui il n'est pas rare de perdre. Oui, la jauge de vie est très précieuse (un conseil : pensez à l'améliorer en priorité). Mais avec un minimum de persévérance et d'ingéniosité, on parvient à ses fins. D'autant que chaque résurrection de votre héros (au nombre illimité) est accompagnée de bonus supplémentaires, et que les niveaux les plus longuets possèdent des checkpoints bien disposés. Au delà des critères de ce qu'on l'estime être un « bon jeu » (réalisation, maniabilité, durée de vie), c'est vraiment ce que l'on ressent DualShock en main qui fera de God Hand une expérience appréciée ou détestée. Personnellement, j'ai vraiment adhéré au concept, au character design et à cette ambiance si particulière. D'autres n'accrocheront pas, et ils n'auront pas tort. Le pire, c'est qu'on peut s'amuser davantage sur God Hand que sur des jeux plus « propres » techniquement. C'est peut-être ça aussi, le talent du studio Clover ?
Conclusion :
Avec des lacunes techniques que l'on espérait disparues (murs transparents, déplacement rigide, caméra imparfaite, décors vides...), un contenu décalé et une difficulté relevée, God Hand ne fera assurément pas l'unanimité. Pourtant, du moment qu'on accroche au gameplay nerveux, assez ingénieux et franchement tripant, on arrive à fermer les yeux sur la forme et même à maîtriser une maniabilité déroutante pas optimale, mais loin d'être injouable. God Hand arrive donc à susciter une bonne dose de fun auprès des amoureux de beat them all. D'autant qu'il est vendu au prix assez honnête d'environ 40 euros. Un bon jeu, pour public averti, dans tous les sens du terme.
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