Geist : Be my Geist…
Rares sont les jeux uniquement dédiés à la GameCube et encore plus rares sont les jeux dédiés n'étant pas basés sur les personnages de chez monsieur Nintendo....

Une seule consigne : Innover.
Il semble que ce soit le maître mot de Nintendo. À l'époque, Eternal Darkness avait voulu renouveler le genre du Survival Horror en y incluant une dimension narrative supplémentaire, et surtout en nous proposant une aventure originale. Et là, nous voilà en présence d'un FPS incluant une nouvelle dimension, une innovation de gameplay, la possession. Comme à son habitude, Nintendo (enfin son sous-traitant, n-Space) soigne son histoire, et il nous offre un scénario complet et immersif qui nous plonge au cœur des affres de John Raimi. À lui seul, il nous permet de tenir jusqu'au bout et de vouloir connaître la fin. On se retrouve loin des univers colorés de Mario et compagnie pour entrer dans des couloirs glauques, sombres, parsemés de monstres et de tâches de sang.


Fantôme, vous avez dit fantôme ?
Le pauvre John. Après une opération commando qui a mal tournée, le voilà séparé de son corps. Fantôme errant, libéré par le spectre d'une enfant, il se retrouve à devoir tenter de s'échapper tout en sauvant son dernier coéquipier du même sort que lui. Et les embûches commencent.Geist oscille entre deux jouabilités :La première et la plus « complexe », en tout cas la partie innovante, est celle concernant l'état spectral de John. On se ballade on flotte, on possède gens et objets… À noter que les êtres vivants ne peuvent être possédés sans avoir été au préalable effrayés. En résulte une perpétuelle recherche de ce qui rendra l'hôte mort de peur. On s'amuse alors à prendre possession de divers objets, du thermostat de chaudière au pot de peinture en passant par la caisse d'explosifs, la gamelle du chien, le miroir, les pommeaux de douche ou encore les ordinateurs. En agissant sur ces objets, on provoque des séries d'événements étranges qui déstabilisent et effrayent les hommes et les animaux, permettant ainsi de prendre leur contrôle. À noter que ce gameplay s'étend parfois pour prendre le contrôle de mitrailleuses automatisées et tuer tout ce qui bouge ou encore de grenade que l’on peut faire exploser à la figure du boss… Jouissif.La seconde est une jouabilité FPS classique lorsque l'on possède nos hôtes. Ici on avance, on mitraille, on scanne, on soigne, on boulonne, on renifle, on répare… Bref, un panel d'actions important dépendant du type de personne/animal possédé. À noter que, lorsqu'on possède un soldat, les munitions sont infinies. Le jeu n’en est pas plus facile pour autant vu le peu de temps passé dans un même corps, mais cela reflète la volonté des développeurs de ne pas trop donner de fil à retordre au joueur. Finalement, on se retrouve avec un soft qui se suit comme un film, dans lequel on reste rarement coincé longtemps et qui se finit assez vite. Le tout agrémenté d'une maniabilité hors pair… On est aux anges.


Parce qu'il y a toujours un mais…
Il y a cependant quelques points noirs au tableau. On comptera parmi eux la faible durée de vie et, même pour un FPS. Geist se termine rapidement. On peut aussi parler de la faiblesse graphique qui donne l’impression de revenir aux tous débuts du GameCube : la réalisation n'arrive même pas à la hauteur de celle d’Eternal Darkness, l'un des premiers jeux sortit sur la console, c'est dire ! La modélisation est de piètre qualité et les textures peu détaillées. On oublie assez vite ce mauvais point, certes, mais il n'en reste pas moins que l'on se retrouve avec un jeu moyennement attrayant. Les effets de lumières sont jolis, mais c'est bien tout… Un point faible inexcusable, surtout quand on voit les retranchements dans lesquels la console a été poussée avec des jeux comme Resident Evil 4…


Conclusion
Finalement, l'avis est mitigé. Si on devait comparer à la masse des FPS tous supports confondus, nul doute que Geist ne resterait pas dans les mémoires malgré son approche définitivement originale. Mais il est une certitude: Geist est un des rares FPS du GameCube. Plus encore, il est le seul FPS exclusif à cette console (si l'on excepte les Metroïd Prime, qui tiennent plus du FPPS, ou First Person Platform Shooter) et l'effort vaut la peine d'être récompensé. Il est nécessaire d'encourager Nintendo dans cette voie et peut-être pourrons-nous bientôt compter autant de jeux adultes que de jeux « à la Mario »… Bravo Nintendo !









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