Test de Fire Emblem : Awakening : le retour de la flamme
Après quelques années à tourner un rond, Nintendo a décidé de repenser son Fire Emblem 3DS, le but étant de redonner la patate d'entant à cette série culte.
Après des années à ricocher entre la Gamecube, la DS, la Wii puis la DS à nouveau, les Fire Emblem ont atteint une phase critique : la série se contente de se répéter, quitte à remettre à neuf une vieille édition. L'évidence, c'est que, même sur 3DS, Fire Emblem ne pourra jamais suivre ses petits copains dans la course à la technique. Ce sera toujours des tactics rpg solide mais à la réalisation trop cavalière pour combattre de front les concurrents, sans même parler des productions occidentales. Pour Nintendo et Intelligent Systems, la situation est grave: c'est évoluer ou mourir par lassitude.
Depuis le dernier épisode, un remix planplan inédit en occident, on a senti un revirement idéologique important : la mort n'est plus forcément mortelle. Pendant des années, Fire Emblem était le contre-exemple idéal face aux arguments bateau du type « Nintendo ne conçoit que des produits simples pour les enfants ». Car de l'autre côté du prisme Mario-Zelda, il y avait les chevaliers de Fire Emblem dont la mort était inéluctable. Loin des tactics-rpg traditionnels où décéder n'est qu'un petit passage à vide en attendant la fin de la map en cours, Fire Emblem entretenait toujours ce suspense cruel. La moindre contre-attaque pouvait toujours trucider sa cavalerie toute entière en un tour de jeu.
Seulement voilà, Awakening propose aussi cette difficulté réglable. Fini la mort irrévocable avec le « Débutant » qui permet au passage de sauver à n'importe quel moment. Les défis sont toujours un peu délicat mais avec ce twist de design, Fire Emblem redescend à une accessibilité très Shining Force. On est loin du piège sadique de la version Super Famicom qui sauvegardait pile avant le coup de grâce infligé à votre personnage, une inévitable humiliation comme on n'en fait plus depuis les années 90.
Mais ce Fire Emblem reste fidèle à ses clichés assez simples : un prince héritier aux cheveux bleus qui mène son escadron face à quelque vilains dictateurs et sorciers maléfiques. Il va devoir rétablir la paix dans son royaume à l'aide de ses chevaliers, ses archers, ses amazones montant des chevaux ailés, tout y est. Le B.A BA d'un jeu du genre. De toute manière, on n'attend pas nécessairement Fire Emblem pour la qualité de son scénario ou ses dialogues mais on est surpris de voir une vraie volonté de mise en scène. Entre quelques séquences animées intermédiaires (une première !), de vieilles icônes feront leur retour tel Marth, devenu depuis un prince légendaire mais très énigmatique.
Là encore, Intelligent Systems a voulu donner un semblant de dimension épique qui semblait manquer aux Fire Emblem précédents, tombés qu'ils étaient dans la routine. Le design a été modernisé et confié à un vétéran de la cool attitude, Yusuke Kozaki, qui s'y connait en panache puisque c'est à lui que l'on doit les personnages flamboyants de No More Heroes. Bizarrement, ses jolies illustrations donnent des personnages 3D un peu bizarre, "sans pied". On pense d'abord à un bug, à des bottes enfouies sous la boue rappelant l'audace des premiers jeux 32-bits mais non, c'est bien un effet de style. Même la traditionnelle fenêtre de combat a pris un coup de jeune, avec différentes caméras (dont une embarquée, inutile mais rigolo) et la possibilité d'accélérer les escarmouches.
Et même sur la carte, il y a du nouveau. On pourra désormais attaquer à deux personnages à la fois en combinant les unités. Mais le plus intéressant sera de placer ses combattants sur des cases adjacentes, histoire de faire profiter les plus faibles de certains bonus comme un meilleur ratio de frappe ou d'une meilleure esquive. Le gameplay s'en trouve métamorphosé et un chouïa simplifié. Simplifiées aussi sont les cartes de jeu qui permettent de voir exactement les dégâts que l'on va infliger ainsi que le pourcentage de chance de toucher son adversaire. Cela rend Awakening plus agréable sans pour autant le rendre plus simple. La difficulté ainsi que la possibilité de profiter de ces bonus sont vraiment laissées à la discrétion du joueur.
Enfin, on pourra jouer aux entremetteurs puisque Intelligent Systems a intégré, après une longue absence, la possibilité de former des couples : en collant régulièrement deux combattants de sexe opposé (attention, on n'est pas totalement libéral chez Nintendo), en les faisant communiquer. A la clef de ce club de rencontre, la possibilité de disposer ensuite d'un gamin cumulant la force et les spécificités de ses darons.
Pas de problème, la mission pour les « laboureurs d'or » est dispo... pour 300 yens (3€). Avec des monstres bien débiles pour que l'achat soit justifié. Même tarif pour l'XP ou les items rares. Même la plupart des héros des épisodes précédents refont une apparition payante tandis que d'autres, plus mineurs, sont téléchargeables gratuitement. Sympa. Entre le sourire de revoir des personnages qui surgissent du passé et la grimace en pensant à la somme qu'il faut débourser pour tout télécharger, on se dit que Fire Emblem était à deux doigts de devenir un jeu free to play.
Test réalisé le 23/05/2012 à partir d'une version commerciale japonaise du jeu. La version française est identique au niveau du contenu. On apprécie d'avoir le choix entre les voix anglaises et japonaises pour les quelques dialogues doublés du jeu, ainsi que l'excellente qualité de la traduction française des textes (parfois teintés d'humour et toujours cohérents avec l'univers).












L'Ordre et la MoraleRetour au sommaire

Seulement voilà, Awakening propose aussi cette difficulté réglable. Fini la mort irrévocable avec le « Débutant » qui permet au passage de sauver à n'importe quel moment. Les défis sont toujours un peu délicat mais avec ce twist de design, Fire Emblem redescend à une accessibilité très Shining Force. On est loin du piège sadique de la version Super Famicom qui sauvegardait pile avant le coup de grâce infligé à votre personnage, une inévitable humiliation comme on n'en fait plus depuis les années 90.

« Un semblant de dimension épique qui semblait manquer aux Fire Emblem précédents »
Là encore, Intelligent Systems a voulu donner un semblant de dimension épique qui semblait manquer aux Fire Emblem précédents, tombés qu'ils étaient dans la routine. Le design a été modernisé et confié à un vétéran de la cool attitude, Yusuke Kozaki, qui s'y connait en panache puisque c'est à lui que l'on doit les personnages flamboyants de No More Heroes. Bizarrement, ses jolies illustrations donnent des personnages 3D un peu bizarre, "sans pied". On pense d'abord à un bug, à des bottes enfouies sous la boue rappelant l'audace des premiers jeux 32-bits mais non, c'est bien un effet de style. Même la traditionnelle fenêtre de combat a pris un coup de jeune, avec différentes caméras (dont une embarquée, inutile mais rigolo) et la possibilité d'accélérer les escarmouches.
Et même sur la carte, il y a du nouveau. On pourra désormais attaquer à deux personnages à la fois en combinant les unités. Mais le plus intéressant sera de placer ses combattants sur des cases adjacentes, histoire de faire profiter les plus faibles de certains bonus comme un meilleur ratio de frappe ou d'une meilleure esquive. Le gameplay s'en trouve métamorphosé et un chouïa simplifié. Simplifiées aussi sont les cartes de jeu qui permettent de voir exactement les dégâts que l'on va infliger ainsi que le pourcentage de chance de toucher son adversaire. Cela rend Awakening plus agréable sans pour autant le rendre plus simple. La difficulté ainsi que la possibilité de profiter de ces bonus sont vraiment laissées à la discrétion du joueur.
Enfin, on pourra jouer aux entremetteurs puisque Intelligent Systems a intégré, après une longue absence, la possibilité de former des couples : en collant régulièrement deux combattants de sexe opposé (attention, on n'est pas totalement libéral chez Nintendo), en les faisant communiquer. A la clef de ce club de rencontre, la possibilité de disposer ensuite d'un gamin cumulant la force et les spécificités de ses darons.
Ça imprime de l'argent !Retour au sommaire
A grand renfort d'annonces, Fire Emblem: Awakening est aussi le premier jeu Nintendo à recourir aux DLC, soit l'autre plaie d'Egypte du jeu vidéo moderne. Ils ne sont en rien nécessaire pour terminer le jeu qui se traverse d'ailleurs assez rapidement si l'on se contente seulement de l'histoire centrale. Mais, même en se déplaçant librement sur la mappemonde pour se refaire des combats, là aussi une première pour Fire Emblem, on se rend compte assez vite qu'on va manquer soit d'argent, soit d'XP. Pas de problème, la mission pour les « laboureurs d'or » est dispo... pour 300 yens (3€). Avec des monstres bien débiles pour que l'achat soit justifié. Même tarif pour l'XP ou les items rares. Même la plupart des héros des épisodes précédents refont une apparition payante tandis que d'autres, plus mineurs, sont téléchargeables gratuitement. Sympa. Entre le sourire de revoir des personnages qui surgissent du passé et la grimace en pensant à la somme qu'il faut débourser pour tout télécharger, on se dit que Fire Emblem était à deux doigts de devenir un jeu free to play.
ConclusionRetour au sommaire
Dans les faits, Fire Emblem: Awekening est de loin le meilleur épisode depuis les années 90. Il n'y a vraiment que ce découpage d'éléments sympathiques en DLC, cette déplaisante pratique dans laquelle plonge ici Nintendo, devenant malheureusement du même coup « un éditeur comme les autres ». Car pour le reste, c'est un concentré de savoir-faire à l'ancienne. Personnalité, dynamisme, défi et surtout complexité, tout y est, fidèle à la réputation hardcore de la série. Mais pour plaire à un nouveau public, il a fallu transiger avec la difficulté, un élément fondamental dans l'ADN de la série. Ne plus respecter l'ultime tabou, l'âpreté de la mort aurait pu être les clous du cercueil de Fire Emblem. Au contraire, cela doit nous rappeler que ce qui est grand survivra et renaitra. Toujours.
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