Test de Escape Plan : grande évasion ou fuite sans éclat ?
SOMMAIRE
Dès sa première et succincte présentation à l'annonce du line-up de la PlayStation Vita, Escape Plan nous a tapé dans l'oeil. Pour la Rédaction c'était clair : le titre de Fun Bits Interactive figurait parmi nos principales attentes sur la nouvelle portable de Sony. Aujourd'hui entre nos mains et après en avoir fait le tour, notre verdict est un peu plus mitigé que ce que nous pressentions ...
Escape Plan c'est, au fond, l'histoire de deux révolutionnaires, Laarg et Lil, le gros et le petit. Prisonniers du joug de Bakuki, les deux compères n'ont pas le choix : s'ils ne veulent pas finir changés en moutons envoyés à l'abattoir ou en larbins du tyran, ils doivent fuir au péril de leur vie.
Et c'est ici que le joueur intervient pour mener ces deux insurgés vers la liberté. Concrètement, Escape Plan se présente comme un jeu de réflexion architecturé comme beaucoup d'autres titres du genre disponibles sur supports tactiles. Une succession de casse-têtes assez courts dont on fait le tour en à peu près quatre heures. Autrement dit, Escape Plan est un soft calibré pour une pratique nomade et ponctuelle.



L'histoire de Lil et Laarg nous est racontée au travers d'une succession de charmants dessins
Et c'est dans ce cadre bien délimité que se formule la proposition ludique de Escape Plan. Avec une arme de taille : la PlayStation Vita et ses contrôles hybrides. Le titre de Fun Bits se présente d'ailleurs comme une sorte de vitrine des différentes fonctionnalités de la console. Au fil de la progression de nos deux lascars hors-normes, la jouabilité s'enrichit de nouvelles manipulations.
Aux premiers instants de l'aventure, le maniement de Lil (Laarg le rejoignant un peu plus tard) ne requiert qu'un glissement de doigt sur l'écran tactile pour le mettre en mouvement et une simple pression sur le personnage pour l'immobiliser. Puis, une fois les deux compagnons de galère réunis, leurs possibilités d'action s'étendent. Lil peut par exemple s'emplir le gosier de café puis, électrisé par la surdose de caféine, être projeté en avant en le « pinçant » d'un doigt sur l'écran et l'autre sur pavé tactile au dos de la console.
Certains tableaux requerront même de le gonfler d'air et le promener à l'aide du gyroscope au fil de parcours de plus en plus périlleux. De son côté, Laarg peut forcer le passage de certains accès bloqués en défonçant les planches de bois entravant sa progression. Et toutes ces possibilités ne sollicitent que les contrôles tactiles. Les boutons ne servent à rien, pas plus que la croix directionnelle. Seuls les deux sticks analogiques ont un usage : à gauche, le zoom sur l'action; à droite, le déplacement de la caméra dans le niveau.
Escape Plan joue donc la carte du (presque) tout tactile, de face comme de dos. En plus de mouvoir nos deux compères, tripoter son écran est aussi utile pour interagir avec le décor. Que ce soit au premier ou au second plan, de nombreux éléments de toutes sortes et de toutes tailles participent à la résolution de la plupart des casse-têtes. Et beaucoup d'entre eux devront être poussés du premier au second plan et inversement en tapotant l'écran ou le dos de la console.
D'autres problèmes de jouabilité viennent malheureusement gâcher un peu la fête, comme l'utilisation du stick droit pour promener la caméra dans le niveau, parfois nécessaire pour ménager un parcours sans risque à notre personnage alors qu'il progresse dans les airs sous forme de ballon par exemple. Les allers et retours de Lil aux dangers qui l'attendent plus loin sont assez pénibles.
Enfin, toujours au chapitre de la jouabilité, il arrive fréquemment qu'il faille se contorsionner pour enchaîner des actions sur l'écran puis le dos de la console, un mouvement de caméra par-ci, un petit basculement de la console par-là etc. Bref, toutes ces manipulations successives ou simultanées nuisent au confort de jeu.
Mais fort heureusement, l'intérêt général du titre parvient à tempérer l'agacement. La grande majorité des niveaux offre assez de challenge et de perfidie pour entretenir l'intérêt du joueur. Les énigmes ne se renouvellent peut-être pas autant que nous l'aurions espérer mais l'ensemble reste tout à fait satisfaisant. Requérant aussi bien une analyse a priori qu'une progression par l'échec, les pièges concoctés par Fun Bits mettront souvent votre jugeote à l'épreuve.
Chaque nouvel environnement introduit de nouveaux obstacles et complexifie la donne. Il faudra par exemple parfois avoir recours à l'aide passive des moutons envoyés à l'abattoir ou encore se défaire des serviteurs embrigadés par Bakuki en les attirant dans des pièges. Et rien ne sera épargné à nos deux évadés : lave, électricité, pales de ventilation acérées, pics hérissant le sol ou le plafond, les dangers sont nombreux.
On ne s'ennuie donc pas tout au long des quatre petites heures que compte l'aventure. C'est peu, mais au bout du compte, tout dépend de votre pratique. Si vous profitez de la structure épisodique du jeu pour le grignoter par courtes sessions, cela ne vous dérangera pas outre mesure. En revanche, si vous êtes plutôt du genre à enchaîner les tableaux enfoncé dans le canapé, la douzaine d'euros qu'il vous en aura couté vous paraîtra peut-être un peu excessive. Il vous restera tout de même la possibilité d'améliorer vos scores sur chaque épreuve ou encore de relever les défis hebdomadaires d'ores et déjà annoncés. Mais cela reste léger.
Heureusement, pour faire passer l'addition, Fun Bits a mis de l'amour dans son jeu. Escape Plan jouit d'une direction artistique de belle tenue. Tout en noir, blanc et nuances de gris, Escape Plan la joue plus figurative qu'un Limbo et, sans mobiliser des ressources techniques colossales, s'avère très joliment réalisé.
Enfin thumbs up pour la bande-son épatante concoctée par la petite équipe de Seattle. Mariant thèmes jazzy et morceaux de musique classique consacrés par l'Histoire (dont un final absolument fantastique), le score de Escape Plan est un vrai bonheur pour les oreilles.






Un Escape Plan rondement menéRetour au sommaire

Et c'est ici que le joueur intervient pour mener ces deux insurgés vers la liberté. Concrètement, Escape Plan se présente comme un jeu de réflexion architecturé comme beaucoup d'autres titres du genre disponibles sur supports tactiles. Une succession de casse-têtes assez courts dont on fait le tour en à peu près quatre heures. Autrement dit, Escape Plan est un soft calibré pour une pratique nomade et ponctuelle.



L'histoire de Lil et Laarg nous est racontée au travers d'une succession de charmants dessins
Et c'est dans ce cadre bien délimité que se formule la proposition ludique de Escape Plan. Avec une arme de taille : la PlayStation Vita et ses contrôles hybrides. Le titre de Fun Bits se présente d'ailleurs comme une sorte de vitrine des différentes fonctionnalités de la console. Au fil de la progression de nos deux lascars hors-normes, la jouabilité s'enrichit de nouvelles manipulations.
« Escape Plan se présente comme un jeu de réflexion architecturé comme beaucoup d'autres titres du genre disponibles sur supports tactiles »

Certains tableaux requerront même de le gonfler d'air et le promener à l'aide du gyroscope au fil de parcours de plus en plus périlleux. De son côté, Laarg peut forcer le passage de certains accès bloqués en défonçant les planches de bois entravant sa progression. Et toutes ces possibilités ne sollicitent que les contrôles tactiles. Les boutons ne servent à rien, pas plus que la croix directionnelle. Seuls les deux sticks analogiques ont un usage : à gauche, le zoom sur l'action; à droite, le déplacement de la caméra dans le niveau.

La PlayStation Vita sens dessus dessousRetour au sommaire
Une interactivité poussée qui souffre néanmoins d'un problème en particulier : le pavé tactile arrière. Il est ainsi extrêmement fréquent de commettre des erreurs fatales du fait d'un placement des doigts hasardeux, absence de visibilité oblige. Ce tâtonnement a quelque chose de très crispant et complique inutilement la résolution de certains puzzles.
Enfin, toujours au chapitre de la jouabilité, il arrive fréquemment qu'il faille se contorsionner pour enchaîner des actions sur l'écran puis le dos de la console, un mouvement de caméra par-ci, un petit basculement de la console par-là etc. Bref, toutes ces manipulations successives ou simultanées nuisent au confort de jeu.
« Une interactivité poussée qui souffre néanmoins d'un problème en particulier : le pavé tactile arrière »

Chaque nouvel environnement introduit de nouveaux obstacles et complexifie la donne. Il faudra par exemple parfois avoir recours à l'aide passive des moutons envoyés à l'abattoir ou encore se défaire des serviteurs embrigadés par Bakuki en les attirant dans des pièges. Et rien ne sera épargné à nos deux évadés : lave, électricité, pales de ventilation acérées, pics hérissant le sol ou le plafond, les dangers sont nombreux.
Une évasion en quatrième vitesseRetour au sommaire

Heureusement, pour faire passer l'addition, Fun Bits a mis de l'amour dans son jeu. Escape Plan jouit d'une direction artistique de belle tenue. Tout en noir, blanc et nuances de gris, Escape Plan la joue plus figurative qu'un Limbo et, sans mobiliser des ressources techniques colossales, s'avère très joliment réalisé.

Conclusion
Peut-être pas au niveau où nous l'espérions, Escape Plan est cependant un jeu de réflexion accrocheur et très attachant. Architecturé comme beaucoup de jeux du même genre sur smartphones et tablettes, le titre de Fun Bits Interactive se grignote avec plaisir mais ne résiste malheureusement pas longtemps à une pratique intensive. Quatre heures pour en voir le bout, mais quatre heures de plaisir grâce à l'intelligence retorse mise en œuvre par ses créateurs dans la conception des nombreux pièges qu'ils nous proposent de déjouer. Le seul mauvais souvenir laissé par cette chouette aventure tient malheureusement à une jouabilité tantôt hasardeuse tantôt fouillie. Mais rien de tragique pour autant et Escape Plan figure indéniablement dans le haut du panier des jeux de lancement de la PlayStation Vita.





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