Test de Duke Nukem 3D
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Le studio 3D Realms aime prendre son temps : presque 10 pour nous pondre Prey, sans compter le nombre d’années à attendre Duke Nukem Forever. Conscient sans doute de ce léger « payage de tronche » envers les joueurs, les développeurs ricains tentent tant bien que mal de combler l’attente, qui n’en est plus vraiment une, en nous offrant en ce grisonnant automne 2008 un portage/remake XBLA de leur classique de toujours : Duke Nukem 3D. Opportuniste chez 3D Realms ?
Your face, your ass…. What difference?Retour au sommaire

Car ce portage Xblox Live Arcade agit comme une madeleine de Proust transgénique. Dès le mythique générique d’intro, à base de gros riffs de guitare en midi, la tronche improbable de Duke nous ramène en 1996. Ingénieux et décomplexé, le FPS de 3D Realms fait partie des titres qui ont fait évolué le jeu vidéo dans son ensemble. Cette renaissance XBLA conserve toutes les saveurs de l’original. Pour quelles raisons Duke 3D reste-t-il un titre si important me demanderont les jeunots ? Tout d’abord, l’ambiance y est incomparable. Prenez le héros du jeu pour commencer : un GI Joe humain accumulant tous les clichés de la brute épaisse, mais cool. Duke, c’est une voix, grave et puissante, balançant à intervalles régulier des vannes aux Aliens, tout en les achevant d’un coup de latte. Vulgaire, n’hésitant à se soulager dans la tête d’un boss après l’avoir décapité (véridique), macho juste ce qu’il faut (il a toujours un billet sur lui, prêt à être glissé à une stripteaseuse), Duke a fait marrer toute une frange de joueurs dans les années 90 et en fait autant en 2008. En sus de son personnage principal attachant, Duke Nukem 3D est aussi bourré de références à la culture geek et d’autres easter eggs délirants. C’est donc un vrai bonheur d’explorer les niveaux de fond en comble, à la recherche du moindre détail croustillant.
Duke n’a pas pris une ride… ou presqueRetour au sommaire

Cependant, qu’on ne s’y trompe pas : Duke Nukem 3D XBLA n’est qu’un portage, sans aucune mise à jour technique. N’oublions pas que le titre est sorti en 1996, et ça se voit. Décors en 3D sommaires, personnages en 2D pixélisés à souhait… Duke accuse son âge d’un point de purement esthétique. Si les vieux routards du PC ne s’en offusqueront aucunement, trop heureux de pouvoir à nouveau chanter Born to be wild sur l’estrade d’un bar miteux, les profanes habitués aux textures bump-mappées risquent de plisser les yeux face à ce qui leur apparaitra comme un amas de pixels baveux. De ce fait, cette réédition s’adresse avant tout au vieux gamer nostalgique ou à l’amateur de FPS peu regardant sur l’aspect graphique (un paradoxe en soi).
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Le verdictRetour au sommaire
Oui, Duke Nukem 3D est un des plus importants FPS de ces quinze dernières années. Le titre de 3D Realms mixe brillamment gameplay nerveux mais plus subtil qu’il n’y parait et ambiance délicieusement décalée. De ce point de vue, le titre n’a pas pris une ride en 12 ans, pour qui ferme les yeux sur une technique de 12 ans d’âge, justement. Mais tous les joueurs parviendront t-il à prendre du plaisir avec un FPS techniquement dépassé, aussi brillant soit il ? Rien n’est moins sûr.