Après la glorieuse entrée dans les charts européennes de Dragon Quest : L'Odyssée du Roi Maudit, le mythe DraQue semble enfin installé dans nos vertes contrées et, à moins d'un regrettable cataclysme, devrait y séjourner pour les années à venir. Preuve en est la parution de titres de moindre envergure tels que Dragon Quest Monsters Joker ou encore Dragon Quest Swords : La Reine Masquée Et La Tour Des Miroirs, qui nous intéresse présentement. A l'origine, un produit dérivé à destination des enfants consistant en une épée de plastique détectrice de mouvements armé de laquelle le joueur devra pourfendre nombre d'ennemis. A l'écran, un petit soft, logé dans le bouclier, en 2D et vue subjective. Bref, une curiosité que l'Europe n'a jamais accueillie et n'accueillera probablement jamais. Mais voilà que débarque sa suite spirituelle sur Wii. Ca tombe bien.
Kenshin Dragon Quest vagabonde …
Jamais bien complexe, un scénario typiquement Dragon Quest a cette agréable particularité de se lancer vite et bien. C'est une fois de plus le cas avec Dragon Quest Swords : La Reine Masquée Et La Tour Des Miroirs qui, malgré son titre à rallonge comme les japonais les aiment tant, joue la carte de la simplicité. Un prince de la mort congédié il y a peu mais dont l'ombre plane toujours, une vertueuse princesse aux agissements pas très clairs, et un jeune et fougueux aventurier (ça, c'est vous) prêt à résoudre ce mystère. Voilà, pour les ingrédients scénaristiques, sur lesquels nous ne nous étendrons pas puisque là n'est pas l'intérêt premier du titre de Square Enix.
Non, ce qui fait sa spécificité par rapport à tous les autres épisodes de la saga (Kenshin mis à part) c'est son gameplay pour le moins … déroutant. Passe encore la vue subjective assez inhabituelle mais à laquelle on se fait rapidement, mais le cheminement sur rails voilà qui risque d'en chagriner plus d'un ! En effet, si ce n'est dans l'enceinte du château où quelques largesses nous sont offertes pour nous dégourdir les jambes, tous les déplacements nous sont dictés par un couloir invisible. Un couloir à embranchements, mais un couloir malgré tout. Le joueur ne peut donc qu'avancer, reculer ou courir. Mais pourquoi diable cette volonté de l'enrôler dans une marche forcée ? Tout simplement parce que, comme nous l'avons souligné à propos de Kenshin Dragon Quest, la cible privilégiée de cette « suite » reste les plus jeunes et, ce, malgré le 12+ dissuasif ornant la jaquette. On comprend ainsi rapidement que cet opus ne s'adresse absolument pas aux aventuriers chevronnés qui ne supporteront pas longtemps de déambuler sur des parcours fléchés, mais à un public avide de gesticulations. Et de ce point de vue, le titre de Square Enix dispose de quelques arguments prompts à satisfaire son public.
Le système de combat de Dragon Quest Swords s'avère amusant
Epaulé par un personnage de soutien lanceur de sorts géré par la console (il est néanmoins possible de leur attribuer une tactique de jeu), Wiimote en main et Nunchuk au placard le joueur se charge pour sa part de taillader tout ce qui défile à l'écran. Coups verticaux, horizontaux, diagonaux et estocades constituent l'essentiel du répertoire d'attaques. Mais heureusement, pour se défaire de ses assaillants il faudra plus que des gesticulations désordonnées. Capables de se déplacer aussi bien latéralement qu'en profondeur, les ennemis ne sont pas de simples
punching ball et ne doivent, en conséquence, pas être pris à la légère. En effet, pour atteindre une bestiole se promenant dans le coin supérieur droit de l'écran il faudra tout d'abord la cibler avec la touche A sous peine de brasser du vent en s'acharnant sur le milieu de l'écran, zone d'impact par défaut. Ainsi, lorsque l'écran se trouve surpeuplé de créatures en tout genre, il faut se montrer réactif et précis pour les cibler efficacement.
Les Coups de Maître apporte une touche d'immersion supplémentaire
Et ce n'est pas tout puisque notre héros est également équipé d'un bouclier dont le joueur peut se servir en pressant la gâchette B. Idéal pour parer les projectiles qui, du reste, peuvent être renvoyés à l'expéditeur avec le bon timing de frappe, le bouclier se dégrade pourtant à mesure des coups encaissés. S'il peut être réparé grâce à un item spécial, il faudra néanmoins s'en servir avec parcimonie pour ne pas arriver démuni devant le boss d'un donjon. Voilà pour le cocktail d'actions de base, bien équilibré et donnant lieu à quelques sympathiques passes d'armes. Bien sûr quelques attaques spéciales viennent pimenter les combats. Une fois la jauge de puissance gonflée à bloc, une petite pression de la touche 2 et la séquence d'attaque se lance. Chaque pouvoir acquis se déclenche en réalisant deux mouvements successifs, tels que brandir son épée au ciel ou tournoyer sa lame puis frapper. Une petite mise en scène sympathique qui vient régulièrement dynamisé les combats tout en offrant une touche d'immersion supplémentaire. De quoi ravir les plus jeunes (oui, encore eux). Petit bémol tout de même : nous avons noté quelques petites faiblesses dans la reconnaissance de mouvements, notamment dans la réalisation des estocades. Relativement agaçant. Mais là n'est pas le plus gros reproche dont écope ce Dragon Quest …
Dragon Quest Swords : La Reine En Survet' Et Le Parcours Santé De La Mort
Divisé en huit chapitres, ce DraQue est construit sur un schéma inamovible : allers et retours du château, lieu central d'où démarrent chacune des huit quêtes, aux donjons, progressivement accessibles à mesure que le scénario avance. En dehors de ce parcours, il faudra se contenter de quelques mini-jeux vite fatigants (tombola, jeux de tirs, etc.) pour seules activités annexes. Ne comptez pas non plus sur les possibilités d'évolution de l'équipement pour voler quelques heures supplémentaires de votre précieux temps, puisque cette dimension a été réduite à sa plus simple expression. De même, à part quelques cailloux à soulever sur votre chemin et autres coffres posés en évidence, les environnements se révèlent désespérément pauvres. Complètement verrouillée, la quête que propose Dragon Quest Swords souffre de monotonie aigüe, en plus d'une durée de vie famélique. Comptez une huitaine d'heures pour en venir à bout et deux ou trois heures de rab pour en explorer les quelques ramifications.
Le style Toriyama fait toujours mouche
Court et loin d'être intense, Dragon Quest Swords ne nous propose qu'une petite promenade en lieu et place des immenses quêtes auxquelles nous a habitué la saga. «
Est-ce bien grave compte tenu de la catégorie de joueurs ciblés par le titre ? » se demanderont certains. Et bien oui, car les huit heures de balade sur rails entrecoupées de quelques
cut-scenes mollassonnes et de dialogues soporifiques n'ont rien d'enthousiasmantes et ce quelque soit le profil du joueur. Bref en dehors des nombreux combats émaillant l'aventure, il n'y a malheureusement pas grand-chose à retenir de cette dernière. Dommage, car avec une progression plus mouvementée et plus de secrets à dénicher, Dragon Quest Swords aurait pu s'attirer la sympathie d'un large public. Grand public n'est pas nécessairement synonyme de productions étriquées, comme l'est Dragon Quest Swords. Il y a de la place pour des titres à plusieurs niveaux de lecture, capables de contenter un public varié. C'est le choix qu'aurait du faire Square Enix. Dommage. On retiendra tout de même une bande-son dans la veine des grands noms de la saga, un
character design et un univers toujours aussi accrocheurs (indémodable Toriyama ...) malgré une réalisation somme toute convenable mais loin d'être renversante.
Conclusion
A trop vouloir cibler son titre, Square Enix a malheureusement loupé le coche. Dragon Quest Swords offre pourtant quantité de combats, servis par un
gameplay accrocheur. Mais voilà, ce qui aurait pu être une aventure ouverte au plus grand nombre se contente de n'être qu'une promenade, souvent laborieuse, la faute à un dirigisme radical et une progression monotone. Reste un jeu avec lequel les plus jeunes ne manqueront pas de s'amuser … au moins durant quelques heures.

Combats amusants

Les Coups de Maître

Le style Toriyama

Bande-son épique

Durée de vie famélique

Dirigisme total

Environnements vides

Pas ou peu de secrets à dénicher

Quelques soucis de reconnaissance de mouvements
Comparer les prix de Dragon Quest Swords : La Reine Masquée Et La Tour Des Miroirs sur Nintendo Wii
Publié le Mercredi 21 Mai 2008 par Virgile