Dragon Quest : L'épopée des Elus, l'heure du verdict

L'épopée des Elus ? Mais élus par qui ?!




S'ensuit alors une quête aux confins du monde et au-delà au cours de laquelle notre héros gagnera le soutien des personnages incarnés durant les quatre premiers actes. Une quête dont l'ultime dessein sera bien entendu de mettre à bas le terrible Psaro. D'une simplicité enfantine dans ses tenants et aboutissants, le scénario de Dragon Quest : L'épopée des Elus l'est donc beaucoup moins dans sa structure narrative. On prend ainsi beaucoup de plaisir à incarner chacun des Elus et cette succession d'histoires dans l'histoire offre quelques moments de rupture rafraîchissants. Le joueur est ainsi régulièrement revigoré par de nouveaux challenges et le tempo de l'aventure constamment relancé. Dès lors, malgré l'aridité de ses mécanismes de jeu et la sévérité de ses sanctions, ce quatrième épisode s'avère étonnamment moderne dans sa progression. Son conservatisme n'en est alors que plus déstabilisant pour les joueurs habitués des RPG balisés des prémisses à la conclusion en vigueur depuis quelques années. Ici, rien n'est fait pour accompagner l'aventurier dans sa progression. Au contraire, chaque nouveau donjon est synonyme d'une soudaine hausse de difficulté et les imprudents assez fous pour s'y aventurer sans préparation seront sévèrement châtiés. Contrevenir à la règle d'or du leveling est ainsi plus que jamais déconseillé. La prudence s'impose donc et l'on préférera ainsi chasser de la bestiole près de chez soi. Au premier coup dur (manque d'herbes médicinales, un compagnon défait, etc.) une petite visite aux villageois du coin et ça repart. Une fois suffisamment renforcée, notre équipe pourra alors s'aventurer plus loin sur les terres et tenter le donjon.
Beau et intéressant à la fois !





Le titre propose une multitude d'environnements fins et colorés
Si le système de jeu largement éprouvé de Dragon Quest s'avère ici restitué à l'exact, il n'en est évidemment rien de la technique qui transforme littéralement l'expérience délivrée par le titre. Car, en plus d'afficher une patte graphique d'un goût certain et une palette de couleurs d'une merveilleuse richesse, Dragon Quest : L'épopée des Elus propose des environnements entièrement modélisés en 3D autorisant des rotations de caméra à volonté. Une avancée technique qui permet aux développeurs de donner une nouvelle épaisseur à l'univers du titre mais aussi de truffer celui-ci de coffres, tonneaux et jarres astucieusement cachés au regard du joueur. Une bonne façon de l'inciter à utiliser les touches de tranche et ainsi changer sa perspective sur les environnements. Il faut également saluer le parti pris graphique d'ArtePiazza qui mêle habilement 2D et 3D. Si l'intégralité des villages, villes et donjons sont en trois dimensions, les personnages et la carte du monde conservent leur platitude originelle. Un excellent choix qui conserve le cachet old-shool du titre et s'impose comme une solution médiane prompte à satisfaire les déçus de l'orientation full-3D des remake DS de Final Fantasy. Les sprites bénéficient ainsi de sympathiques palettes d'animations et s'avèrent parfaitement bien intégrés aux environnements. Le résultat est très chaleureux tout en exploitant les possibilités offertes par la 3D. Un mélange qui permet également de ne rien perdre du charme du character design d'Akira Toriyama qui aurait probablement souffert du passage à la 3D.




Un système de combat à la fois léger et dynamique qui n'empêche pas le challenge d'être corsé !
Musicalement parlant, ce remake est encore une fois une réussite. Les thèmes orchestrés par Koichi Sugiyama, compositeur historique de la saga, accompagnent avec justesse les moments forts de l'histoire. D'aucuns pourront regretter un nombre de thèmes limité et quelques mélodies redondantes, mais l'ensemble s'avère de très bonne qualité et installera à coup sûr le joueur plus durablement encore dans l'univers du jeu. A cela s'ajoute une sonothèque très old school à base de petits bruitages grésillants au charme désuet qui ne manqueront pas d'émouvoir les joueurs nostalgiques. Reste enfin à aborder la durée de vie du titre, l'un des principaux critères d'évaluation pour tous les amateurs du genre. Compte tenu de l'étendue des terres à parcourir, du challenge relevé, des quêtes et autres activités annexes, comptez sur une bonne trentaine d'heures de jeu pour en profiter convenablement. Bref, pensez à charger régulièrement la batterie de votre petite DS !
Conclusion
En attendant le cinquième opus - considéré comme l'un des meilleurs de la saga - Square Enix gratifie les Nintendo DS européennes d'un remake de très grande classe. Une réalisation de haute volée mêlant heureusement sprites 2D et environnements 3D, des compositions inspirées mais aussi et surtout une aventure rythmée par une narration parfaitement maîtrisée : Dragon Quest : L'épopée des Elus est un petit bijou du genre. Son aridité très old school pourra peut-être jouer contre lui au même titre que la simplicité de son scénario et de ses personnages. Il faudra donc s'efforcer de se défaire des exigences de notre époque (designs sophistiqués à l'excès, systèmes de combats regorgeant de possibilités et autres scénarios alambiqués) pour s'émouvoir de cette belle aventure. Une petite leçon d'humilité qui fait un bien fou.
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